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02/12/2013

Réunion de « vieilles guiboles » à Caissenols

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 Il est des jours de notre vie à marquer d’une pierre blanche. Ce mercredi 26 novembre 2013 fut, pour moi, Gibus et nos épouses, de ceux là. Car ce jour prit son envol sous un soleil radieux et nous permit de chauffer nos abattis au feu de bois et nos cœurs au feu de l’amitié. Nous avions, en effet, programmé une rencontre au refuge de Caissenols avec  Bernard et Pierre lecteurs assidus d’Eldorad’Oc et devenus amis suite à une rencontre fortuite que je vous ai contée dans le passé.

 

Nous voilà donc partis de bon matin à l’assaut de la Serre de Majous que traverse le chemin qui mène à Caissenols. Nos épouses nous accompagnant nous dédaignons pour une fois les sentes à mouflons et empruntons le chemin le plus carrossable. Ce qui me laisse pour une fois le temps de soigner le cadrage de mes photos, que je prends d’habitude en déséquilibre sur un pied en tentant de ne pas perdre de vue Gibus qui gambade devant.

 

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Un génie sylvicole un brin facétieux se met soudain à hurler, ravi d’avoir un public féminin à effrayer. « Même pas peur » disent en cœur nos épouses qui en ont vu d’autres, vu que ça fait quelques dizaines d’années qu’elle vivent avec les « marioles » que nous sommes.

 

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Nous arrivons en vue du col de Roquandouire dominé par les sommets enneigés de la Serre de Majous qui culmine à 989 mètres. Cette année l’hiver est venu piétiner les plates-bandes de l’automne sans crier gare, ce qui nous contraint de transporter dans nos sacs à dos un peu de bois sec pour lancer le feu dans le refuge où nous avons prévu de pique-niquer. Si vous ajoutez à cela le thermos de vin chaud, de potage, de thé ou de café et les boissons « énergisantes » qui font le lien entre elles, sans oublier (pour Gibus) la poêle pour l’omelette et le repas de nos compagnes que nous portons par galanterie, vous comprendrez que nous avons un petit aperçu de ce qu’est une vie de mule !

 

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Mais le panorama qui s’offre à nous est tellement somptueux qu’il nous fait oublier les meurtrissures de nos vieux abattis. L’association incongrue de la neige des sommets et des feuillages automnaux des hêtres qui couvrent les flancs de la Serre de Majous est une régal pour nos yeux, jamais lassés de  ce spectacle. L’homme peut s’évertuer à inventer la télévision en Extra-Super-HD le cinéma 3 D et prochainement l’immersion dans les mondes virtuels, jamais ces ersatz ne procureront le doux sentiment d’euphorie et de légèreté de l’âme qui vous saisit quand on est au petit matin, au  sein d’une telle beauté, caressé par un air frais qui vous pince les oreilles.

 

 

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Nous sommes en vue du Portail de Roquendouire, lieu « magique »  que mes lectrices et lecteurs connaissent bien et qui selon les saisons est environné d’une mer mauve de bruyère ou d’un océan d’or de genêts.

 

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Gibus et moi y faisons une petite pause, ce qui permet à nos épouses, dont une partie de l’énergie motrice est consacrée aux muscles labiaux, de nous rejoindre….(oh le mufle !).

 

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Nous empruntons le chemin qui longe le flanc tourmenté de la Serre de Majoux où de rares arbres ont vainement tenté de s’accrocher. Mais la gravité a eu raison d’eux malgré un ultime sursaut de leurs branches vers le ciel.

 

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Quand je parlais, tout à l’heure, d’air frais qui pinçait les oreilles, je n’exagérais point, comme vous pouvez le voir en admirant cette magnifique collection de stalactites de glace offerts par l’Hiver à Gaïa. Ces bijoux là sont plus  beaux que ceux que l’on peut voir chez les joailliers de la Place Vendôme à Paris destinés à cacher le cou ridé de richissimes pachydermes.

 

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Le ciel commence à se couvrir au moment où nous arrivons au refuge de Caissenols, merveilleusement restauré par des bénévoles d’une association. Je profite de l’occasion pour une nouvelle fois les remercier, car c’est un endroit chargé pour nous d’heureux souvenirs auxquels cette journée ajoutera son lot.

Bernard et Pierre, accompagnés d’un ami, François,  sont déjà dans les lieux et en montagnards et épicuriens avertis ont démarré le feu et commencé à mettre la table avec une nappe blanche, s'il vous plait !

 

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Je laisse les photos prises par Bernard (créateur d’un joli BLOG ou la poésie se marrie à la photographie) témoigner de l’ambiance chaleureuse de notre rencontre que n’aurait pas dédaignée Rabelais. A noter qu'au menu, il y avait du foie gras sur canapé de pain d'épice apporté par nos amis. Il manquait le sauternes mais c'était néanmoins un délice !


 

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L’amour de la montagne qui conduit l’homme à tisser des liens étroits avec les arbres, les rochers, les animaux, le vent, la pluie, la neige le prédispose à  l’amitié. Celui qui aime la montagne apprend à aimer les autres car la solidarité est une garantie de survie. Et, cerise sur le gâteau, celui qui aime la montagne vieillit moins vite que les autres, la montagne étant une fontaine de jouvence, comme en témoignent nos vieilles guibolles qui totalisent près de quatre siècles et  passent les cols aussi facilement que d’autres, beaucoup plus jeunes,  escaladent leur canapé !

 

 

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Après deux heures mémorables passés ensemble, nous devons, les journées étant plus courtes, prendre le chemin du retour, le temps s’étant mis définitivement à la grisaille et le froid se faisant plus vif.

 

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L’esprit encore imprégné des chaleureux moments que nous venons de vivre, nous sommes sortis de notre douce torpeur par la vue d’un mouflon qui nous nargue du haut d’une falaise où il se sent à l’abri. Le bougre n’a pas encore appris qu’avec notre espèce nul n’est jamais à l’abri en aucun lieu. Les hommes et animaux qui sont massacrés ou torturés et  mutilés chaque jour aux quatre coins du monde en savent quelque chose.

 

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L’ami Gibus qui au cours de cette sympathique sortie familiale n’a pas eu son compte de cabrioles, ne manque pas l’occasion de franchir le ruisseau de la Taillade sur un pont rustique mis en place par l’Association de Caissenols. Nos épouses sont fort soulagées de ne pas avoir à l’emprunter, un gué permettant de franchir le torrent en contrebas. Un « mariole » par couple ça suffit !

 

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Nous croisons bientôt d’autres acrobates : deux jeunes mouflons qui ne nous ont pas entendu venir et qui manifestement ne sont pas encore familiarisés avec les bipèdes vu les  regards étonnés qu’ils nous jettent. Mais peut être sont ce nos jolies épouses qui les fascinent ! On les comprend !

 

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Mes fidèles lecteurs et lectrices  se diront sans doute  « Tiens Ulysse nous remet encore son vieil arbre mort », il pourrait changer de sujet ! Vivement qu’un éclair le foudroie ! » (en parlant de l’arbre pas de moi, du moins je l’espère). Et bien, non je ne changerai pas de sujet et à chaque fois que je passerai par ici vous y aurez droit ! C'est mon petit privilège d'auteur et j'y tiens ! Car cet arbre là qui continue de se dresser face aux intempéries après sa mort me fascine ! Comme s’il ne voulait pas s’avouer vaincu et que par delà la mort il nous adressait un message : «  Ne vous laissez pas abattre par l’adversité ! Tenez bon ! Ne lâchez rien !  Ne perdez pas votre temps à des fadaises ! Vivez ! Aimez ! Faites vous des amis de chair et d'os et chérissez les ». C’est du moins ce que je crois entendre et j’essaie de suivre ses conseils.

 

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Cette dernière photo où vous nous  voyez descendre un sentier envahi de feuilles de châtaigniers, nos visages empreints d’une joie enfantine, vous dira mieux que des mots le bonheur que nous avons pris à cette mémorable journée qui hélas se termine.

Au plaisir de vous revoir Bernard, Pierre et François….et au plaisir d’avoir de vos nouvelles chères lectrices et chers  lecteurs. J’espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie !

PS : Vous qui êtes, chères lectrices et chers lecteurs, des adeptes de la nature et des choses authentiques prenez quelques minutes pour aller écouter ICI la délicieuse chronique d'Olivier de Robert.

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux du refuge prises par Bernard)

 


06/11/2013

Voulez vous que je l’on vous ravisse ? Suivez nous à Rosis !

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En ces temps où la morosité règne en tous lieux et où notre capitaine qui est censé tenir la barre a perdu le cap, il est revigorant, quand on a l’infini privilège d’être libre de son temps, d’aller se plonger au cœur de la nature à la fois immuable et  changeante. Immuable, car roches, torrents, animaux, arbres nous donnent le sentiment d’une permanence qui nous rassure dans notre monde instable et imprévisible.  Changeante car la ronde des saisons lui confère un charme renouvelé sans modifier en rien son essence. A vous, chères lectrices et lecteurs, qui n’avez peut être pas cette liberté, j’offre donc cette parenthèse virtuelle d’immersion dans la nature, en espérant qu’elle vous apportera un brin de « zénitude ».

 

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Sur le chemin des Banissous, que nous empruntons en vue d’accéder à la montagne de Rosis, nous rencontrons ce que je pensais être une magnifique amanite panthère, mais qui serait en fait une coulemelle, d'après deux de mes lecteurs, Alain et Daniel, que je remercie pour cette précision.  La belle n’a pas froid aux yeux de s’installer ainsi sur le chemin où elle risque de se faire bousculer par les randonneurs, heureusement rares en cette saison.  

 

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Puis nous traversons le ruisseau d’Aussière dont la douce chanson égaie cet univers végétal gagné par la mélancolie automnale. Chaque fois que je rencontre un cours d’eau je pense à l’étonnant voyage de cette matière protéiforme qui va sans cesse des nuages aux océans où dans les profondeurs de la terre et dont le cycle perpétuel a permis l’éclosion de la vie sur la terre.

 


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Après avoir accédé à la Plane (1029m) l’un des sommets de la montagne de Rosis, nous suivons la sente qui court sur la ligne de crête avant de redescendre vers notre point de départ. Les premiers froids de l’automne commencent à roussir les bruyères et les feuilles des hêtres (aussi dénommés fayards). Etant également  à l’automne de nos existences nous nous sentons en harmonie avec notre environnement. Espérons néanmoins que pour ce qui nous concerne l’hiver ne viendra pas trop vite !!

 

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Seuls les genets restent verts pendant la « morte saison ». De fait, leur vitalité et leur prolifération pose un problème d’environnement car ils envahissent peu à peu les massifs du haut Languedoc au détriment des autres végétaux. Autrefois les troupeaux de moutons permettaient de limiter leur extension. Ils ont vite fait de recouvrir les chemins et il faut l’œil avisé de Gibus pour ne pas perdre la trace qui doit nous mener à bon port.


 

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Cette sente passe par les croupes rocheuses qui émaillent la ligne de crête et qui nous ramènent à l’état de quadrupède, nos mains servant autant que nos pieds dans ce genre de situation.

 

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Quand je fais référence aux quadrupèdes, je devrais préciser : genre mouflon pour l’ami Gibus qui survole les obstacles et plutôt hippopotame pour ce qui concerne votre serviteur. Mais bon j’arrive à passer quand même !

 

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Nous évoluons dans un paysage qui évoque une peinture chinoise « shanshui » qui  célèbre la montagne, symbole de la force et l’eau, symbole de vitalité. Bien que l’eau ne soit pas ici visible, elle coule en contrebas dans le vallon et nous en apercevons parfois le cours.

Selon Confucius « L'homme avisé aime l'eau, l'homme vertueux, les montagnes. L'homme avisé se meut comme l'eau, l'homme vertueux est stoïque comme la montagne. L'homme avisé est heureux ; l'homme vertueux a une longue vie. ». Nous qui aimons l’eau et les montagnes serions nous donc avisés et vertueux ? Je répondrai avec sincérité pour ce qui me concerne : pas toujours !

 


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Au sommet de l’une des croupes rocheuses nous tombons sur un tas de crottes fraîches de mouflon, mais c’est hélas la seule trace que l’on verra ce jour de ce noble animal.



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Mais afin que vous ne soyez pas trop frustrés et que vous ayez envie de revenir nous voir, je vous mets une photo d’un magnifique mâle prise  l’an passé à la même époque et dans ce secteur.

 

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Passant au pied des ruines du vieux château de Nébuzon  nous y grimpons espérant y découvrir un somptueux panorama.

 

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Et nous apercevons, en effet, le cours du Casselouvre que nous avons descendu cet été en canyoning (voir ma note du 8 août dernier)

 

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Nous ne manquons pas à la descente d’aller y plonger une tête …..et d’en ressortir vite fait, l’eau étant à une température compatible avec le pastis ! Nous en ressortons plus petits de quelques centimètres…..

 

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Après avoir parcouru ensemble ces merveilleux paysages que recèle le Haut Languedoc, je vais malheureusement devoir partager avec vous un coup de gueule contre quelques individus qui relèvent plus de la race des cancrelats que de l’humanité. Ces "goujats" ont déposé sur le parking du hameau de Cours le Haut où nous étions garés des « encombrants » à coté même d’un panneau d’interdiction informant les habitants de l’organisation d’un dispositif de ramassage à domicile. Je sais bien que mon coup de gueule n’aura aucun effet car ces individus pour agir de la sorte ne doivent même pas savoir lire !

 

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Tout aussi méprisables sont les chasseurs qui ont abattu ce faucon crécerelle dont la photo m’a été communiquée par un ami randonneur Daniel qui les a surpris juste après qu’ils aient commis leur forfait. Mon ami les a interpellés mais ils se sont carapatés comme des cancrelats pour ne pas être identifiés, car c’est un délit. Le faucon est d’autant plus facile à atteindre qu’il a un vol stationnaire afin de repérer ses proies et tirer sur lui est une ignominie. Cet acte n'est hélas pas un cas isolé et vous lirez ICI une liste de bavures et incidents de chasse recensés par la « Buvette des Alpages »

 Ceci dit je ne veux pas diaboliser tous les chasseurs. Même si c’est une activité que je réprouve, elle est légale et tant que les personnes qui la pratiquent  respectent la réglementation et les autres usagers des espaces naturels, on ne peut les condamner. Je dois reconnaître que la majorité de ceux que je croise sont courtois et disposés à cohabiter avec les randonneurs. Mais il serait bien que les fédérations fassent la « chasse » à ceux de leurs membres qui commettent de tels actes.

 

Texte & Photos Ulysse


 

30/10/2013

Et aujourd’hui on va où ? Au Mouscaillou !

 

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Alors que l’hiver s’avance à pas de loup il est bon de pouvoir faire, grâce à internet, un petit saut temporel en arrière et revenir ainsi en mai dernier pour partir à l’assaut du Mouscaillou. Bon, le terme « assaut » n’est pas vraiment approprié car le Mouscaillou est un modeste sommet de 806 mètres qui fait partie de la montagne de Rosis.

 

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D’ailleurs nos épouses nous accompagnent, ce qui vous garantit qu’il n’ y aura rien de scabreux dans notre périple. Pas de pic à franchir ni de ravin ou de torrent à dévaler, rien que des bons sentiers qui  permettent d’admirer le paysage ou de papoter, caractéristique qui permet de distinguer de loin un randonneur d’une randonneuse. Bon je sens que je me suis fait plein d’amies !!! Mon compteur face-de-bouc  va exploser !

 

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Le ciel est un peu laiteux ce qui ne met pas en valeur l’or des genêts qui couvrent les flancs de la montagne. Le paysage et notre rythme de progression sont propices à la méditation, exercice salutaire qui permet de faire un petit lavage-rinçage de nos neurones fortement sollicités par notre monde "hyper-technologisé" où l’on se sent coupable de ne pas répondre dans l’instant au moindre SMS qui nous arrive !

 

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Mais ce paysage paisible et harmonieux n’est pas exempt de « scorie » qui témoigne de l’imbécillité humaine, comme cet affût de chasseurs qui permet à des bipèdes ventripotents de massacrer sans prévenir des animaux dont ils sont loin d’avoir l’intelligence et la dignité.

 

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Nos épouses passent devant un génie grimaçant sans être autrement impressionnées. Les femmes, généralement plus effrayées par une souris que par un éléphant sont toujours, pour les hommes, une source de perplexité.

 

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Les roches déchiquetées qui bordent le chemin témoignent du passé tourmenté de la région. Ici un bloc de quartz s’est retrouvé coincé entre deux rocs de schistes. Il n’est pas près de se libérer !


 

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Par endroits le chemin s’enfonce dans le sous-bois, véritable bain de chlorophylle rafraîchissant et revigorant.


 

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Nous rencontrons deux magnifiques chevaux blancs et noirs qui ne parlent pas un mot de français, ce qui ne nous permet pas de savoir d’où ils viennent. Mais peut être que l’un de mes lecteurs ou lectrices saura me le dire ?

 

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Replongeant dans le sous bois nous tombons nez à nez avec un crocodile des forêts, fort heureusement assoupi .

 

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Puis nous troublons les ébats d’un couple de tipules, grands moustiques inoffensifs, plus communément appelés "cousins" fort occupés à assurer sa descendance. On ne peut pas dire que leur rapport soit très fusionnel, c’est un peu à la manière « british » « for the Queen and the kingdom » !

 

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Puis nous surprenons deux jeunes mouflons pas encore avertis de la dangerosité de l’homme et dont l’innocence nous permet de longuement les observer. Un de ces grands bonheurs que la montagne nous offre !

 

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Nous redescendons par le chemin des Banissous, bordé d’un superbe mur de pierres comme savaient en construire les anciens et sur lequel s’appuient d’extraordinaires chênes verts multiséculaires qui sans lui dévaleraient la pente !

 

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De retour au village de Cours–le-Bas, point de départ de notre périple, nous retrouvons la trace du passage de « bêtes à fusil » manifestement plus  bêtes que les bêtes à corne. Ce qui n’empêchera pas certains de vous dire  que la chasse est une noble tradition !

 

Texte & photos Ulysse (sauf une Buffler)

 

 

 

 

 

 

16/08/2013

Dure, dure ! la serre de Ramendure !

 

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C’en est fini des plongeons dans les torrents du Haut Languedoc, et ce, à la demande de nos petits enfants qui nous ont demandé d’arrêter de faire le « mariole ». A mon avis, ce qui les préoccupe vraiment dans nos aventures c’est d’avoir à porter les sacs de randonnée lors de notre prochaine sortie familiale, si jamais nous en revenions handicapés! On a donc décidé de se calmer un peu, Gibus et moi, histoire de rassurer nos proches, mais c’est promis on remettra ça l’été prochain. Ca ne veut pas dire que l’on va passer le reste de l’été à regarder les feux de l’amour à la télé, pour sûr que non ! Mais on va se contenter d’arpenter des chemins moins périlleux. Cela dit, vous ne serez pas frustrés, car j’ai en stock le récit de quelques belles sorties inédites de l’hiver et du printemps dernier  et qui ont de quoi vous faire frissonner.

 

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Nous voici donc revenus à un matin de juin dernier où nous sommes partis à l’assaut de la serre de Ramendure qui mène au plateau des Bourdils (1086m). Le terrain est extrêmement accidenté et nous avons beaucoup de mal a repéré la vague sente ponctuée de cairns qui suit plus ou moins la ligne de crête. Fort  heureusement nous croisons un antique berger qui a choisi de passer son immortalité en ces lieux (le paradis est, selon ses dires, un endroit ennuyeux) et qui nous donne quelques précieuses indications pour arriver à bon port.

 

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Nous passons à coté d’un éperon rocheux qui a sur l’ami Gibus le même effet qu’un pot de Nutella sur mes petits enfants. Ces derniers ne peuvent pas s’empêcher d’y tremper le doigt alors que Gibus ne peut s’empêcher d’y poser le pied.

 

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Le voilà donc perché sur ce rocher avec autant d’aisance qu’un mouflon tandis que je subis l’implacable loi de la gravité en maugréant après l’article premier de la constitution française qui affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Foutaise ! Moi aussi j’ai le droit de grimper sur le sommet du rocher ; pourquoi donc est ce que je n’y arrive pas !

 

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Gibus aperçoit soudain en contrebas de son perchoir un mouflon qui n’a pas décelé sa présence. Mû par l’instinct du reporter et désireux de vous offrir des clichés dignes de « National Géographic », dans un sursaut de volonté, j’arrive à grimper assez haut pour lui tendre l’appareil photo. Et c’est ainsi que du tréfonds de votre fauteuil vous pouvez observer ce magnifique animal.

 

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On vous en met d’ailleurs trois pour le prix d’un, car à peine avons nous repris notre progression vers le plateau que nous débusquons deux jeunes mouflons qui peinent à s’enfuir dans l’épais taillis végétal qui recouvre les lieux.

 

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Puis nous progressons cahin-caha et caha-cahin au fil des éperons rocheux qui ponctuent la ligne de crête.

 

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L’environnement somptueux et l’air chargé de l’odeur miellée des genêts en fleur fait naître en nous une douce ivresse qui nous permet d’avaler les obstacles sans vraiment nous en rendre compte.

 

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Sauf quand une barre rocheuse un peu plus haute que les autres sollicite un maximum de concentration de notre part, sous peine de devenir  le futur « petit dej’ » des vautours qui évoluent parfois dans le secteur.

 

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Ce sont des lieux qu’affectionnent les mouflons car les bipèdes généralement ne s’y aventurent pas et nous en débusquons un certain nombre pour notre plus grand joie. Cette félicité qui nous envahit quand nous observons des animaux sauvages vient sans doute de ce que cela ravive le sentiment « d’unicité » qu’éprouvait l’humanité à l’égard de la nature à l’aube de son histoire. Nous sommes tous membres d’une même famille issue d’ancêtres lointains et nous l’avons malheureusement oublié.

 

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Mais bien qu’ayant une âme d’homme des bois, notre estomac est plutôt du genre rabelaisien et pour nous la pause-pique est donc sacrée. Ayant soigneusement choisi un emplacement propice à faire la sieste (car nous sommes de vieux amants de Morphée) nous commençons, comme il va de soi, par l’apéritif. Et ce n’est pas parce que l’on est à mille mètres d’altitude au milieu de nulle part que nous ne savons pas recevoir. Asseyez vous donc un instant, je vous en prie, et buvons à notre santé ! Tchin !

 

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Etant parvenus sur le plateau des Bourdils nous nous dirigeons vers le Montahut et passons devant le magnifique Roc d’Ourliadès, dent de pierre plantée dans le ciel azur.

 

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Puis nous grimpons sur le Montahut, indifférents aux maléfices que nous jette à chacune de nos visites  la sorcière qui y campe, grâce aux formules magiques qui permettent de les neutraliser et que nous ont enseignées nos petits enfants qui on lu Harry Potter.

 

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Nous revenons par un bon chemin qui dévale le vallon de la Tourre, les quelques obstacles que nous y rencontrons n’ayant rien de commun avec ceux affrontés le matin même.

 

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Dans ce vallon autrefois habité par l’homme, on croise l’une des ces magnifiques bergeries qui émaillent les contreforts du Haut-Languedoc, témoin silencieux du courage et du génie de leurs bâtisseurs.


Si vous appréciez Eldorad'Oc & Piquesel je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format 

 

  FOTORAMA

 


 

Texte & photos Ulysse