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06/11/2013

Voulez vous que je l’on vous ravisse ? Suivez nous à Rosis !

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En ces temps où la morosité règne en tous lieux et où notre capitaine qui est censé tenir la barre a perdu le cap, il est revigorant, quand on a l’infini privilège d’être libre de son temps, d’aller se plonger au cœur de la nature à la fois immuable et  changeante. Immuable, car roches, torrents, animaux, arbres nous donnent le sentiment d’une permanence qui nous rassure dans notre monde instable et imprévisible.  Changeante car la ronde des saisons lui confère un charme renouvelé sans modifier en rien son essence. A vous, chères lectrices et lecteurs, qui n’avez peut être pas cette liberté, j’offre donc cette parenthèse virtuelle d’immersion dans la nature, en espérant qu’elle vous apportera un brin de « zénitude ».

 

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Sur le chemin des Banissous, que nous empruntons en vue d’accéder à la montagne de Rosis, nous rencontrons ce que je pensais être une magnifique amanite panthère, mais qui serait en fait une coulemelle, d'après deux de mes lecteurs, Alain et Daniel, que je remercie pour cette précision.  La belle n’a pas froid aux yeux de s’installer ainsi sur le chemin où elle risque de se faire bousculer par les randonneurs, heureusement rares en cette saison.  

 

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Puis nous traversons le ruisseau d’Aussière dont la douce chanson égaie cet univers végétal gagné par la mélancolie automnale. Chaque fois que je rencontre un cours d’eau je pense à l’étonnant voyage de cette matière protéiforme qui va sans cesse des nuages aux océans où dans les profondeurs de la terre et dont le cycle perpétuel a permis l’éclosion de la vie sur la terre.

 


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Après avoir accédé à la Plane (1029m) l’un des sommets de la montagne de Rosis, nous suivons la sente qui court sur la ligne de crête avant de redescendre vers notre point de départ. Les premiers froids de l’automne commencent à roussir les bruyères et les feuilles des hêtres (aussi dénommés fayards). Etant également  à l’automne de nos existences nous nous sentons en harmonie avec notre environnement. Espérons néanmoins que pour ce qui nous concerne l’hiver ne viendra pas trop vite !!

 

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Seuls les genets restent verts pendant la « morte saison ». De fait, leur vitalité et leur prolifération pose un problème d’environnement car ils envahissent peu à peu les massifs du haut Languedoc au détriment des autres végétaux. Autrefois les troupeaux de moutons permettaient de limiter leur extension. Ils ont vite fait de recouvrir les chemins et il faut l’œil avisé de Gibus pour ne pas perdre la trace qui doit nous mener à bon port.


 

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Cette sente passe par les croupes rocheuses qui émaillent la ligne de crête et qui nous ramènent à l’état de quadrupède, nos mains servant autant que nos pieds dans ce genre de situation.

 

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Quand je fais référence aux quadrupèdes, je devrais préciser : genre mouflon pour l’ami Gibus qui survole les obstacles et plutôt hippopotame pour ce qui concerne votre serviteur. Mais bon j’arrive à passer quand même !

 

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Nous évoluons dans un paysage qui évoque une peinture chinoise « shanshui » qui  célèbre la montagne, symbole de la force et l’eau, symbole de vitalité. Bien que l’eau ne soit pas ici visible, elle coule en contrebas dans le vallon et nous en apercevons parfois le cours.

Selon Confucius « L'homme avisé aime l'eau, l'homme vertueux, les montagnes. L'homme avisé se meut comme l'eau, l'homme vertueux est stoïque comme la montagne. L'homme avisé est heureux ; l'homme vertueux a une longue vie. ». Nous qui aimons l’eau et les montagnes serions nous donc avisés et vertueux ? Je répondrai avec sincérité pour ce qui me concerne : pas toujours !

 


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Au sommet de l’une des croupes rocheuses nous tombons sur un tas de crottes fraîches de mouflon, mais c’est hélas la seule trace que l’on verra ce jour de ce noble animal.



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Mais afin que vous ne soyez pas trop frustrés et que vous ayez envie de revenir nous voir, je vous mets une photo d’un magnifique mâle prise  l’an passé à la même époque et dans ce secteur.

 

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Passant au pied des ruines du vieux château de Nébuzon  nous y grimpons espérant y découvrir un somptueux panorama.

 

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Et nous apercevons, en effet, le cours du Casselouvre que nous avons descendu cet été en canyoning (voir ma note du 8 août dernier)

 

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Nous ne manquons pas à la descente d’aller y plonger une tête …..et d’en ressortir vite fait, l’eau étant à une température compatible avec le pastis ! Nous en ressortons plus petits de quelques centimètres…..

 

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Après avoir parcouru ensemble ces merveilleux paysages que recèle le Haut Languedoc, je vais malheureusement devoir partager avec vous un coup de gueule contre quelques individus qui relèvent plus de la race des cancrelats que de l’humanité. Ces "goujats" ont déposé sur le parking du hameau de Cours le Haut où nous étions garés des « encombrants » à coté même d’un panneau d’interdiction informant les habitants de l’organisation d’un dispositif de ramassage à domicile. Je sais bien que mon coup de gueule n’aura aucun effet car ces individus pour agir de la sorte ne doivent même pas savoir lire !

 

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Tout aussi méprisables sont les chasseurs qui ont abattu ce faucon crécerelle dont la photo m’a été communiquée par un ami randonneur Daniel qui les a surpris juste après qu’ils aient commis leur forfait. Mon ami les a interpellés mais ils se sont carapatés comme des cancrelats pour ne pas être identifiés, car c’est un délit. Le faucon est d’autant plus facile à atteindre qu’il a un vol stationnaire afin de repérer ses proies et tirer sur lui est une ignominie. Cet acte n'est hélas pas un cas isolé et vous lirez ICI une liste de bavures et incidents de chasse recensés par la « Buvette des Alpages »

 Ceci dit je ne veux pas diaboliser tous les chasseurs. Même si c’est une activité que je réprouve, elle est légale et tant que les personnes qui la pratiquent  respectent la réglementation et les autres usagers des espaces naturels, on ne peut les condamner. Je dois reconnaître que la majorité de ceux que je croise sont courtois et disposés à cohabiter avec les randonneurs. Mais il serait bien que les fédérations fassent la « chasse » à ceux de leurs membres qui commettent de tels actes.

 

Texte & Photos Ulysse


 

30/10/2013

Et aujourd’hui on va où ? Au Mouscaillou !

 

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Alors que l’hiver s’avance à pas de loup il est bon de pouvoir faire, grâce à internet, un petit saut temporel en arrière et revenir ainsi en mai dernier pour partir à l’assaut du Mouscaillou. Bon, le terme « assaut » n’est pas vraiment approprié car le Mouscaillou est un modeste sommet de 806 mètres qui fait partie de la montagne de Rosis.

 

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D’ailleurs nos épouses nous accompagnent, ce qui vous garantit qu’il n’ y aura rien de scabreux dans notre périple. Pas de pic à franchir ni de ravin ou de torrent à dévaler, rien que des bons sentiers qui  permettent d’admirer le paysage ou de papoter, caractéristique qui permet de distinguer de loin un randonneur d’une randonneuse. Bon je sens que je me suis fait plein d’amies !!! Mon compteur face-de-bouc  va exploser !

 

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Le ciel est un peu laiteux ce qui ne met pas en valeur l’or des genêts qui couvrent les flancs de la montagne. Le paysage et notre rythme de progression sont propices à la méditation, exercice salutaire qui permet de faire un petit lavage-rinçage de nos neurones fortement sollicités par notre monde "hyper-technologisé" où l’on se sent coupable de ne pas répondre dans l’instant au moindre SMS qui nous arrive !

 

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Mais ce paysage paisible et harmonieux n’est pas exempt de « scorie » qui témoigne de l’imbécillité humaine, comme cet affût de chasseurs qui permet à des bipèdes ventripotents de massacrer sans prévenir des animaux dont ils sont loin d’avoir l’intelligence et la dignité.

 

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Nos épouses passent devant un génie grimaçant sans être autrement impressionnées. Les femmes, généralement plus effrayées par une souris que par un éléphant sont toujours, pour les hommes, une source de perplexité.

 

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Les roches déchiquetées qui bordent le chemin témoignent du passé tourmenté de la région. Ici un bloc de quartz s’est retrouvé coincé entre deux rocs de schistes. Il n’est pas près de se libérer !


 

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Par endroits le chemin s’enfonce dans le sous-bois, véritable bain de chlorophylle rafraîchissant et revigorant.


 

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Nous rencontrons deux magnifiques chevaux blancs et noirs qui ne parlent pas un mot de français, ce qui ne nous permet pas de savoir d’où ils viennent. Mais peut être que l’un de mes lecteurs ou lectrices saura me le dire ?

 

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Replongeant dans le sous bois nous tombons nez à nez avec un crocodile des forêts, fort heureusement assoupi .

 

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Puis nous troublons les ébats d’un couple de tipules, grands moustiques inoffensifs, plus communément appelés "cousins" fort occupés à assurer sa descendance. On ne peut pas dire que leur rapport soit très fusionnel, c’est un peu à la manière « british » « for the Queen and the kingdom » !

 

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Puis nous surprenons deux jeunes mouflons pas encore avertis de la dangerosité de l’homme et dont l’innocence nous permet de longuement les observer. Un de ces grands bonheurs que la montagne nous offre !

 

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Nous redescendons par le chemin des Banissous, bordé d’un superbe mur de pierres comme savaient en construire les anciens et sur lequel s’appuient d’extraordinaires chênes verts multiséculaires qui sans lui dévaleraient la pente !

 

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De retour au village de Cours–le-Bas, point de départ de notre périple, nous retrouvons la trace du passage de « bêtes à fusil » manifestement plus  bêtes que les bêtes à corne. Ce qui n’empêchera pas certains de vous dire  que la chasse est une noble tradition !

 

Texte & photos Ulysse (sauf une Buffler)

 

 

 

 

 

 

16/08/2013

Dure, dure ! la serre de Ramendure !

 

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C’en est fini des plongeons dans les torrents du Haut Languedoc, et ce, à la demande de nos petits enfants qui nous ont demandé d’arrêter de faire le « mariole ». A mon avis, ce qui les préoccupe vraiment dans nos aventures c’est d’avoir à porter les sacs de randonnée lors de notre prochaine sortie familiale, si jamais nous en revenions handicapés! On a donc décidé de se calmer un peu, Gibus et moi, histoire de rassurer nos proches, mais c’est promis on remettra ça l’été prochain. Ca ne veut pas dire que l’on va passer le reste de l’été à regarder les feux de l’amour à la télé, pour sûr que non ! Mais on va se contenter d’arpenter des chemins moins périlleux. Cela dit, vous ne serez pas frustrés, car j’ai en stock le récit de quelques belles sorties inédites de l’hiver et du printemps dernier  et qui ont de quoi vous faire frissonner.

 

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Nous voici donc revenus à un matin de juin dernier où nous sommes partis à l’assaut de la serre de Ramendure qui mène au plateau des Bourdils (1086m). Le terrain est extrêmement accidenté et nous avons beaucoup de mal a repéré la vague sente ponctuée de cairns qui suit plus ou moins la ligne de crête. Fort  heureusement nous croisons un antique berger qui a choisi de passer son immortalité en ces lieux (le paradis est, selon ses dires, un endroit ennuyeux) et qui nous donne quelques précieuses indications pour arriver à bon port.

 

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Nous passons à coté d’un éperon rocheux qui a sur l’ami Gibus le même effet qu’un pot de Nutella sur mes petits enfants. Ces derniers ne peuvent pas s’empêcher d’y tremper le doigt alors que Gibus ne peut s’empêcher d’y poser le pied.

 

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Le voilà donc perché sur ce rocher avec autant d’aisance qu’un mouflon tandis que je subis l’implacable loi de la gravité en maugréant après l’article premier de la constitution française qui affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Foutaise ! Moi aussi j’ai le droit de grimper sur le sommet du rocher ; pourquoi donc est ce que je n’y arrive pas !

 

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Gibus aperçoit soudain en contrebas de son perchoir un mouflon qui n’a pas décelé sa présence. Mû par l’instinct du reporter et désireux de vous offrir des clichés dignes de « National Géographic », dans un sursaut de volonté, j’arrive à grimper assez haut pour lui tendre l’appareil photo. Et c’est ainsi que du tréfonds de votre fauteuil vous pouvez observer ce magnifique animal.

 

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On vous en met d’ailleurs trois pour le prix d’un, car à peine avons nous repris notre progression vers le plateau que nous débusquons deux jeunes mouflons qui peinent à s’enfuir dans l’épais taillis végétal qui recouvre les lieux.

 

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Puis nous progressons cahin-caha et caha-cahin au fil des éperons rocheux qui ponctuent la ligne de crête.

 

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L’environnement somptueux et l’air chargé de l’odeur miellée des genêts en fleur fait naître en nous une douce ivresse qui nous permet d’avaler les obstacles sans vraiment nous en rendre compte.

 

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Sauf quand une barre rocheuse un peu plus haute que les autres sollicite un maximum de concentration de notre part, sous peine de devenir  le futur « petit dej’ » des vautours qui évoluent parfois dans le secteur.

 

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Ce sont des lieux qu’affectionnent les mouflons car les bipèdes généralement ne s’y aventurent pas et nous en débusquons un certain nombre pour notre plus grand joie. Cette félicité qui nous envahit quand nous observons des animaux sauvages vient sans doute de ce que cela ravive le sentiment « d’unicité » qu’éprouvait l’humanité à l’égard de la nature à l’aube de son histoire. Nous sommes tous membres d’une même famille issue d’ancêtres lointains et nous l’avons malheureusement oublié.

 

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Mais bien qu’ayant une âme d’homme des bois, notre estomac est plutôt du genre rabelaisien et pour nous la pause-pique est donc sacrée. Ayant soigneusement choisi un emplacement propice à faire la sieste (car nous sommes de vieux amants de Morphée) nous commençons, comme il va de soi, par l’apéritif. Et ce n’est pas parce que l’on est à mille mètres d’altitude au milieu de nulle part que nous ne savons pas recevoir. Asseyez vous donc un instant, je vous en prie, et buvons à notre santé ! Tchin !

 

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Etant parvenus sur le plateau des Bourdils nous nous dirigeons vers le Montahut et passons devant le magnifique Roc d’Ourliadès, dent de pierre plantée dans le ciel azur.

 

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Puis nous grimpons sur le Montahut, indifférents aux maléfices que nous jette à chacune de nos visites  la sorcière qui y campe, grâce aux formules magiques qui permettent de les neutraliser et que nous ont enseignées nos petits enfants qui on lu Harry Potter.

 

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Nous revenons par un bon chemin qui dévale le vallon de la Tourre, les quelques obstacles que nous y rencontrons n’ayant rien de commun avec ceux affrontés le matin même.

 

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Dans ce vallon autrefois habité par l’homme, on croise l’une des ces magnifiques bergeries qui émaillent les contreforts du Haut-Languedoc, témoin silencieux du courage et du génie de leurs bâtisseurs.


Si vous appréciez Eldorad'Oc & Piquesel je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format 

 

  FOTORAMA

 


 

Texte & photos Ulysse

06/03/2013

A l’assaut du Roc du Caroux, cramponnez vous !

 

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Hello ! C’est moi Léo, me voilà de retour dans le  Languedoc pour quelques jours de vacances. Pendant tout l’hiver j’ai suivi les aventures  de Gibus et de mon Papi Ulysse dans les massifs du Haut Languedoc et ça m’a donné des fourmis dans les jambes. J’avoue qu’ils m’épatent ces « vieux » qui résistent vaille que vaille au principe de l’entropie  et je connais pas mal de mes copains qui auraient du mal à les suivre. Mais moi qui ai  collé à leurs basques depuis ma plus  tendre enfance, je leur file le train sans difficulté. Il faut dire que le cocktail hormonal de l’adolescence est, pour ce qui me concerne d’une efficacité redoutable,  et pas seulement pour les loisirs de plein air, car c’est avec frayeur que ma mamie me voit me mettre à table !

 

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Nous voilà donc partis, en ce froid matin hivernal, Gibus, papi et moi à l’assaut du Roc du Caroux par les abrupts et pierreux sentiers des Gardes, des Aiguilles et du Rieutord.  Moi, le parigot condamné à respirer un  air qui sent le benzène et l’eau croupie (la région parisienne est en cette saison un vrai marigot)  je dois vous avouer qu’au sein de cette nature sauvage  dont l’air est pollué par les seuls  pets des mouflons,  je revis !

 

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Nous partons du pont des soupirs qui franchit le torrent d’Héric pour nous diriger vers le col de Bertouyre. Ce pont est bien nommé car à peine l’a-t-on traversé que le sentier met votre souffle et votre cœur à rude épreuve. Aussi ceux qui sont déjà passés par là ne peuvent que soupirer, sachant ce qui les attend. Mais bon, le panorama qui s’offre à vous vous récompense de vos efforts. Quand on est citadin, on finit par oublier que la nature peut être aussi belle. Mais n’est ce pas cette faculté d’oubli qui permet à l’homme de supporter l’insupportable et notamment les métros bondés de gens crevés et maussades et les trains de banlieue en retard ?

 

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Quittant la piste des Gardes fort bien entretenue nous abordons la piste des Aiguilles, beaucoup plus rocailleuse et sportive et  qui, à plusieurs reprises, s’ingénie à nous faire descendre les quelques dizaines de mètres que nous avons eu quelque peine à grimper. Ce petit manège dure environ trois quart d’heure au terme desquels nous nous retrouvons à la même altitude qu’au départ. Je me doute que Gibus et papi ont choisi cette piste pour tester ma résistance et je suis leur rythme sans me plaindre, soucieux de leur montrer que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas que les pouces de musclés et sont capables de faire autre chose que d’envoyer des SMS et de jouer aux jeux vidéo.

 

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J’avoue même que je prends plaisir à emprunter ce genre de chemin taillé par les éléments  dans le corps rocheux du Caroux.  A chaque pas on doit assurer son équilibre en s’aidant  des mains, ce qui crée un lien charnel avec cette montagne  qui au fur et à mesure que l’on grimpe nous transmet son énergie. C’est ainsi que Gibus et mon papy, qui l’arpentent au moins une fois par semaine, restent aussi alertes que des mouflons.

 

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Et puis le panorama qui s’offre à nous dans les trouées de verdure est grandiose. Les aiguilles de pierre se succèdent, orgueilleuses et pourtant vouées à disparaître sous la morsure tenace et patiente du gel, du soleil, de la pluie et du vent. Mais nous serons depuis longtemps retournés en poussière quand cela se produira, à moins que les scientifiques n’aient trouvé d’ici là l’élixir de longue vie. Mais si c’est pour prendre sa retraite à 1255 ans et faire toute sa vie des petits boulots sans intérêt, moi je dis non merci !

 

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Nous parvenons enfin au bout de la piste des Aiguilles pour aborder celle du Rieutord qui monte franchement à travers un chaos de rochers et de végétation, ce qui donne à notre périple un coté « Indiana Jones » qui n’est pas fait pour me déplaire.

 

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Après avoir traversé le torrent du Rieutord, le sentier grimpe sur des dalles rocheuses que le brouillard qui monte n’a pas, fort heureusement, encore rendues glissantes. La randonnée en montage est un bon exercice pour développer sa concentration car il faut à chaque pas s’assurer de la solidité de ses appuis et il est conseillé aux doux rêveurs de s’abstenir ! Mais en existe-t-il encore dans ce monde avide et impitoyable du capitalisme financier d’aujourd’hui ?

 

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Nous parvenons enfin sur le plateau du Caroux au pied du Roc du Caroux(1058m) qui a donné son nom au massif, alors que les premières gouttes de pluie se mettent à tomber. Mais cela ne nous inquiète guère car il ne nous reste plus qu’une petite demi-heure de marche sans difficulté particulière pour rejoindre le refuge de Fontsalès.


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Nous y voici enfin et Gibus fait une nouvelle fois la démonstration de son talent pour « allumer le feu » ! Jauni Halidadais peut en la matière aller se rhabiller, il ne fait pas le poids vis à vis de l’ami de mon papi ! Au passage vous remarquerez que nos T-Shirts sont trempés comme des éponges, ce qui vous donne une idée de la suée que nous avons attrapée en montant jusqu’ici malgré la température hivernale.

 

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Et quel bonheur de déguster enfin une omelette fumante cuite au feu de bois, moi  qui ai  ces dernières semaines bavé d’envie en les contemplant  sur le « blog » de mon papi. Vous qui en rêvez, je vous souhaite d’avoir un jour ce bonheur aussi !

 

 

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Je serais bien resté là le reste de mes vacances mais Gibus et papy qui ne sont pas sans ressource et sans expérience  auraient quand même eu du mal à satisfaire mon appétit féroce.Et quand j’ai très faim je deviens difficile à gérer !! Nous prenons donc le chemin du retour par un sentier heureusement plus convivial qu’à la montée car le temps ne s’est pas arrangé.

 

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Ce massif du Caroux , pourtant de taille modeste, est étonnant par la diversité des panoramas qu’il offre. De multiples torrents y ont creusé d’impressionnantes gorges qui lui donnent, par endroits, un aspect pyrénéen.

 

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Au fur et à mesure que nous descendons, nous retrouvons des conditions plus clémentes, ce qui ajouté au parfait état du chemin nous permet doucement de récupérer des efforts intenses fournis à la montée.

 

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Mais il ne faut pas se fier aux apparences, même quand les conditions semblent favorables, la montagne est imprévisible et toujours un danger nous guette, comme cet énorme rocher en équilibre instable qui pourrait profiter de notre passage pour se laisser choir sur le chemin. Bon, je ne pense pas que ce soit demain la veille, mais on a mis cette photo juste pour faire frémir papa et maman qui sont toujours un peu inquiets quand le grand-père emmène ses petits enfants en randonnée !

 

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En approchant du point de départ le chemin offre l’un des plus belles perspectives sur le massif du Caroux que l’on puisse admirer. Oui vraiment ce petit massif n’a rien à envier à son grand frère pyrénéen et c’est un bonheur que de pouvoir y randonner !

 

Texte Léo et Ulysse, photos Ulysse