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18/05/2011

Divine la baignade à la cascade d’Albine !

 

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Cela fait un sacré bail que mon ami Gibus et moi n’étions pas allés faire une virée sur le Caroux. Cet hiver, en effet, s’est passé sans chevauchée dans la poudreuse ni raid dans le blizzard. Vous deviez sans doute penser que le temps du déclin était venu et que nos articulations vieillissantes ne nous permettaient plus guère que d’arpenter les plaines viticoles (et les caveaux) du Languedoc.

 Que nenni ! (du moins pour les plaines, pas pour les caveaux) Simplement, l’hiver doux et maussade et le désir de changer d’air nous ont incités à découvrir d’autres lieux. Mais nous revenons aujourd’hui vers notre massif de prédilection en partant de Colombières-le-Haut dont l’orgueilleux clocher est une invitation à grimper au ciel.

 

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Nous empruntons le sentier pentu et rocailleux qui traverse le Roueyras et arrive sur le plateau sommital par le Bel Plo. C’est le genre de chemin où l’on redevient par endroits quadrupède, ce qui est une bonne école d’humilité. Car, au contraire de la ville où la forfanterie et l’esbroufe vous assurent pignon sur rue, la montagne fait généralement payer très cher toute manifestation d’arrogance.

 

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Une fois escaladée l’échelle de pierre qui sert de chemin, le plateau sommital s’offre alors à perte de vue sous son étole de verdure qui tarde à quitter sa couleur hivernale. Ici, à 1000 mètres d’altitude, le climat, soumis à l’influence des vents froids de l'Auvergne, perd ses atours méditerranéens .

 

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D’ailleurs, les rochers taraudés et les arbres courbés témoignent de la rigueur des intempéries qui sévissent en toutes saisons sur le plateau. Les hommes qui vivaient autrefois dans la région s'en accomodaient alors qu’aujourd’hui trois gouttes de pluie ou un peu de tramontane  nous font hiberner et le moindre jour de canicule fait vrombir nos climatiseurs. Le problème est qu’en rafraîchissant nos culs moites ces engins diaboliques réchauffent la planète !

 

PS: j'ai déjà photographié ce rocher au cours d'une précédente randonnée et je vous invite à aller découvrir sa métamorphose sous le pinceau enchanté de Maria D. 

 

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Quel bonheur alors de suivre une piste que les "anciens" - experts en la matière - ont dessiné en suivant une courbe de niveau afin de ménager leurs bêtes ou leurs montures. Elle requiert du promeneur un effort minimum et lui permet de se laisser aller à ses rêveries. Ainsi, un(e) tel(le) pensera à sa déclaration d’impôt à faire avant la fin du mois de mai et tel(le) autre au rosé bien frais que l’on débouchera à l’heure du pique-nique. A chacun son tempérament !

 

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Mais attention, danger ! Il ne faut rêver que d’un œil car dès que vous vous écartez du chemin un vide impressionnant s’ouvre sous vos pas .

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 On entre ici dans le domaine des mouflons qui ne se privent pas de marquer leur territoire. D’ailleurs c’est la seule manifestation que nous verrons d’eux aujourd’hui. Pour nous consoler nous pique-niquons à cet endroit nous appropriant le somptueux panorama qui est habituellement le leur.

 

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N’étant pas mouflons, il nous faut songer à redescendre vers la vallée en empruntant le chemin de Peyre Grosse qui mène au roc du Boutou.  J’aime cet endroit colonisé par les grands pins qui font chanter le vent et dispensent dans l’air l’odeur douce amère de leur résine.

 

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 Puis nous empruntons le chemin qui descend vers les baraques de Caylus, bordé par endroits d’un vieux mur sur lequel un chêne vert appuie nonchalamment l’une de ses branches, En échange, son tronc lui sert de contrefort, bel exemple de solidarité rupestro-arboricole !

 

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La température étant quasi estivale, Gibus m’invite à nous écarter du chemin pour rejoindre à travers d'antiques châtaigneraies la cascade d’Albine et s’y rafraîchir

 

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La cascade qui n’est généralement qu’un maigre filet d’eau en été est en cette saison à son apogée et rebondit majestueusement de rocher en rocher.

 

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Bien que le soleil éclaire généreusement son cours, ses rayons  sont sans grand effet sur la température de l’eau et, rafraîchissant, mais aussi divin, est effectivement le bain que nous y prenons. 

 

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Nul besoin de vous dire que notre sang ayant été vigoureusement fouetté  nous n’avons pas traîné pour achever notre descente!

 

Texte & Phtos Ulysse

21/12/2009

Au hasard dans le brouillard sur le Caroux !

 

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Les nordistes nous imaginent, nous les sudistes, passant la majeure partie de nos journées à jouer aux cartes en sirotant un pastis, sous un ciel éternellement bleu. Et bien pour ce qui concerne le ciel,  leur vision est idyllique, car il arrive qu’il soit gris, voire même qu’on ne le voit point, en raison d’un brouillard à couper au couteau, digne des bords de la Tamise !

C’est la mésaventure qui nous est arrivée l’autre jour que nous avions quitté, pour une fois, notre terrasse de café, pour baguenauder sur le Caroux. Ce majestueux massif, qui offre généralement des panoramas à perte de vue, était recouvert d’un épais brouillard londonien.

Il est vrai que les enfants d’Albion aiment bien notre région et nous leur rendons cette affection, vu que leurs gosiers accueillent généreusement les nectars produits par nos vignerons, mais on espère qu’ils n’ont pas amené avec eux un genre de virus provoquant brumes et brouillards. Ils ont déjà provoqué la panique avec leurs vaches folles et conduit l’un de nos ex-présidents à se ridiculiser  avec des histoires de Princesse . Ca suffit !

 

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Cela dit, mes amis et moi avons en commun avec les grand-bretons de ne pas nous laisser impressionner par les intempéries. Il est vrai que nous ne sommes pas des sudistes d’origine, qui eux sortent le duffle-coat et le passe montagne quand la température descend en dessous de 15° et ne supportent la vue de la glace que dans le pastis.

Aussi avons nous décidé d’effectuer la balade prévue au risque de nous perdre ; mais n’est ce pas quand on se perd que l’on fait les plus belles découvertes !

 

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Nous avons révisé lors de notre dernière balade  la règle N°1 du randonneur (cf. ma note « première neige sur la montagne de Rosis) et bien voici un rappel de la règle N°2 : quand en montagne tu partiras, un sifflet tu emporteras !

Un sifflet qui ne pèse que quelques grammes peut, en effet, vous sauver la vie. Son chant strident est entendu à des centaines de mètres et vous permet d’être localisé si vous êtes pris dans une tourmente de neige ou un brouillard à couper au couteau. Vous pouvez vous en procurer dans tous les magasins de sport ou bien subtiliser celui d’un agent de police, mais cette dernière solution  présente quelques risques.

 

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Quand il fait du brouillard, toute une faune qui habituellement se terre pour ne pas être vue des humains, en profite pour batifoler librement. Ainsi avons nous surpris la souris-tortue géante du Caroux, animal fabuleux dont parle les légendes languedociennes du moyen age .

 

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Un vieux berger arborant une barbe de plusieurs jours, que nous avons croisé sur le chemin, nous a conté son histoire : Il est né il y plusieurs siècles, dans le hameau de Douch situé sur le Caroux,  et y a vécu avec ses deux filles jumelles, sa femme étant morte en couche. Toutes deux raffolaient des fromages de chèvre qu’il fabriquait et les dévoraient avant qu’il n’ait eu le temps de les vendre . Il était ainsi au bord de la ruine .

Ne sachant plus que faire, il invoqua la fée Viviane pour qu’elle trouve une solution. Elle l’avertit que le sort qu’elle jetterait pourrait être dramatique. Mais il était tellement désespéré qu’il confirma à Viviane son accord. Celle-ci, qui était un brin cruelle  (comme Merlin en a fait l’amère expérience) transforma l’une de ses filles en souris et l’autre en tortue et  les lia ensemble en leur disant : en tant que souris vous serez dévorées par l’envie de fromage mais comme tortue vous n’irez jamais assez vite pour pouvoir  vous en emparer avant que votre père ne les vende et cela pour l’éternité.

Pris de remords en voyant ce qu’étaient devenues  ses filles, le berger supplia Viviane de lever le sort. Celle-ci qui aimait aussi le fromage de chèvre lui promis qu’elle le lèverait  quand il lui aurait livré son millionième fromage. Et c’est pourquoi ce vieux berger séculaire mène encore son troupeau sur le Caroux, alors qu’il a largement dépassé les 40 trimestres de cotisation et pourrait jouir d’une retraite méritée.

 

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Emus et attristés par cette sombre histoire, nous poursuivons  à tâtons notre cheminement jusqu’au bord du plateau sommital où le vent, montant de la plaine, provoque une déchirure dans le brouillard. Nous jouissons alors d’une vue somptueuse sur les falaises, dont le pied est ourlé d’un magnifique feston arboré aux couleurs automnales.

 

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Contournant le plateau  par l’ouest nous apercevons au loin, les sommets qui dominent les gorges d’Heric sur le point d’être submergés par une mer de nuages,

 

 

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Nous revenons vers le cœur du plateau où l’alternance des bruyères, de graminées et de genêts composent une fresque vivante que nul artiste ne pourra jamais égaler. Certes les grands peintres nous apprennent à voir le monde et les différents aspects de la réalité et nous ouvrent parfois  la porte d’univers insoupçonnés, mais il manque à leurs œuvres le chant du vent, la prégnance des senteurs et le courant d’énergie tellurique qui parcourt certains lieux.

 

 

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Nous disparaissons soudain dans une masse de brouillard intense que le soleil, déployant toute son énergie, tente vainement de percer. Ce maître du système solaire, adoré des Incas et des anciens Egyptiens, n’est plus qu’un pauvre lumignon blafard pendu dans le ciel gris.

 

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Nous redescendons alors vers le hameau de  La Fage d’où nous sommes partis. Pour notre plus grand bonheur, des mouflons  ébahis de voir des bipèdes affronter de telles intempéries en restent figés sur place. Ils comprennent vite voyant nos sacs à dos que nous sommes inoffensifs, ces magnifiques animaux étant au moins, sinon plus intelligents que ceux qui les chassent.

 

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Et comme pour nous récompenser d’aimer et de respecter leur pays, les mouflons nous accompagnent dans notre descente en nous offrant un spectacle rare, que seuls ceux qui osent affronter frimas et brouillards peuvent contempler.

 

 

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Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer leur ballet car je sais que comme moi vous allez en être enchantés.

 

 

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Rares sont les moments de l’existence où vous sentez monter en vous une onde de joie intense qui vous met en vibration avec l’univers qui vous entoure. Tels furent ces instants où nous étions à la fois homme et mouflon, intimement liés par nos regards croisés.


Texte & Photos Ulysse

09/01/2009

Le Caroux est en vue, mouflon y es tu ?

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Respectueux des traditions j'ai pris une certain nombre de résolutions pour 2009 et jusqu'à présent, foin de fausse

modestie, je suis assez fier de mon score ! J'avais en effet prévu de commencer l'année comme j'avais fini 2008, en allant

tenir compagnie à Neptune, ce que j'ai fait avec deux de mes compagnons « chemineurs » le 1er janvier au matin dans

une mer à 7°, bien moins que les divins breuvages bus la veille au soir !
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Un autre de mes objectifs était de photographier un (au moins !) mouflon (d'autres

préfèrent les starlettes, c'est une question d'age sans doute !) Un ange a du lire ma liste

par dessus mon épaule, car le 5 janvier sur les hauteurs du Caroux j'ai enfin pu apercevoir

cet animal mythique que je traque sans succès depuis des années! Mais laissez moi vous

conter cette dernière aventure !


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Ce jour là, la météo annonçant un temps froid mais ensoleillé pour la journée nous prenons la direction du hameau

de Fages sur les contreforts du Caroux où nous abandonnons notre cercueil à roulettes (il faut dire que rouler sur les routes

de l'Hérault, champion toutes catégories en 2008 des accidents de la route, équivaut certains jours à jouer à la roulette

russe !)



L'équipement hivernal de notre ami Gibus, qui, comme à l'accoutumée, ouvre la marche malgré le fagot de bois

qu'il porte sur son sac, est un bon indicateur de la température qui sévit alors en ces lieux malgré un soleil éclatant.

Tous nos sens sont aux aguets dans l'espoir d'apercevoir des mouflons qui peuplent le massif depuis leur réintroduction

à la fin des années cinquante à partir de sujets originaires de Corse.


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La pureté de l'air qui offre une vision à l'infini, nous permet de vérifier que la terre est toujours ronde, ce qui

malheureusement ne garantit pas pour autant au monde de tourner rond, tant certains bipèdes ont l'esprit tordu ! Malgré

la magnificence du paysage, nous sommes quelque peu frustrés, pas une seule corne de mouflon ne se montrant

à l'horizon !



Nous progressons d'un bon pas en direction du plateau, en foulant les os granitiques du Caroux qui émergent de la

maigre couche de terre arable où ne poussent que la bruyère et quelques arbres égarés que le vent se plait à torturer.

A défaut de mouflons, nous croisons des 4X 4 de chasseurs, pourtant interdits sur les sentiers du Caroux, et de temps à

autre l'écho d'une détonation vient troubler le silence qui règne en ces lieux.



Marianne est bien complaisante avec ces nemrods au petit pied qui hantent monts et vaux leur pétoire en

bandoulière ! Il est vrai qu'elle est née dans l'odeur de la poudre ! Et nos gouvernants actuels qui ont pourtant signé les

accords de Grenelle sur l'environnement ne sont pas à une contradiction ou a une lâcheté près vu qu'ils viennent de faire

adopter des mesures de simplification et d'élargissement du droit de chasse ! C'est sans doute parce qu'il court comme

un lièvre que Nicolas se laisse impressionner par les frénétiques de la gachette !



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Parvenus sur le plateau, nous découvrons, campé à l'horizon, le Canigou, roi des Catalans, emmitouflé dans

une écharpe de nuages qui lui confère une grande élégance. Mais toujours pas la queue d'un mouflon en vue !


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Pour rejoindre le refuge de Fontsalès, nous empruntons le chemin sur pilotis qui franchit la tourbière qui occupe

le centre du plateau où prolifère la drosera, appelée aussi« rosée du soleil » seule plante insectivore croissant sur le

pourtour méditerranéen. Ces pilotis et les panneaux pédagogiques qui les accompagnent sont en bien piteux état et

menacent de sombrer dans l'eau, mais en ces temps de vaches maigres, qui ira mettre un euro pour restaurer un

ouvrage emprunté par des traînes-godillots ?


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Parvenus au refuge, nous faisons un feu d'enfer pour nous régaler - entre autres mets qui n'ont rien à envier à

ceux du réveillon - d'un déliceux vin chaud et d'une galette des rois. J'hérite pour une fois de la fève et j'ai ainsi l'immense

bonheur d'être nommé, par les amis qui m 'accompagnent, roi du Caroux. Je mettrais mes cheveux à couper que c'est

un titre que ce cher Barak Obama, s'il connaissait la beauté des lieux, souhaiterait troquer contre son poste de Président

des Etats Unis.


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Nous nous rendons ensuite à la table d'orientation qui domine la vallée de l'Orb où je prends la mesure de

l'immensité de mon domaine, mais un coup de vent facétieux emporte ma couronne. Me voici roi déchu, mais j'accepte

ce sort sans amertume aucune, n'ayant aucune inclination pour la vie de fanfreluches que mènent les reines et rois

de ce monde.


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Puis nous nous dirigeons vers le flanc ouest du Caroux dominant les Gorges d'Héric et dont l'ossature

d'orthogneiss (mes connaissances géologiques en épateront sans doute certains mais, pour être honnête, elles

doivent beaucoup à internet) a été mis à nu par les intempéries et dresse des chaos rocheux ruiniformes au dessus

du vide. Nous scrutons des yeux les alentours, mais toujours pas la pointe d'une oreille de mouflon à l'horizon !


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J'invite les grelotteux et frissonneux qui passent leur hiver à ramper sous leur couette à affronter a moins une fois

dans leur vie les frimas hivernaux du Caroux pour en admirer la beauté des dagues de glace qui ornent son pourpoint

de pierre.


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Du sommet du Caroux, l'Hérault, que les nordistes prennent pour un département exclusivement balnéaire peuplé

de nudistes, révèle sa nature montueuse. Notez que j'aurais pu choisir l'adjectif montagneux, car certains dénivelés de

randonnée n'ont rien à envier aux balades pyrénéennes ou alpines, mais j'ai voulu éviter le reproche que l'on fait

généralement aux gens du sud ( quelquefois justifié) d'être tous des clones de Tartarin !


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Nous sommes encore émoustillés de la vision des mamelons bleutés des "collines" héraultaises, lorsque enfin

nous apercevons sur la crête devant nous un couple de mouflons qui, grâce au vent contraire, ne nous ont pas « senti »

arriver. Ils nous observent un instant avant de nous montrer leur derrière, manifestant ainsi tout le respect qu'ils ont

pour l'espèce humaine !


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Des Lutins malicieux ont dessiné dans la neige un visage grimaçant qui nous tire la langue ! Sans doute ne savent ils

pas que je suis un ami de Lutin Bleu ! Sans rancune, chers Lutins, le monde a besoin d'irrévérence et d'insolence à une

époque où l' Ordre des Ploutocrates du Rendement à Quinze pour Cent nous a mis dans l'ornière !


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Nous arrivons sur le ponti culminant du Caroux (1090m) et Gibus qui veut faire la pige aux Mouflons se perche sur

le cairn sommital. Sans en référer à Nicolas qui pourrait se "rembrunir" ...nous nous autorisons à lui attribuer le titre

d'homme le plus en vue de ce début d'année 2009 !


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Nous n'avons pas besoin de suivre son exemple pour admirer une dernière fois le majestueux Canigou que

le soleil qui décline commence à ourler d'un brouillard doré.


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Nous empruntons un sentier qui semble mener tout droit au ciel, mais ragaiilardis par cette journée sur

le Caroux nous décidons de rester encore quelques temps sur cette planète, aussi mal en point soit elle, et au dernier

moment nous basculons vers la vallée.


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Revenus près de notre charrette, une voix nous hèle ! Surpris nous nous retournons et découvrons avec

stupeur l'une des falaises du Caroux prendre la forme d'un visage humain et nous adresser ce message

« Merci de votre visite, amis des mouflons, revenez quand vous voudrez, vous serez toujours les bienvenus ! »

Emus aux larmes, nous lui faisons un signe de la main et nous lui promettons de revenir dès que possible.



Texte & Photos Ulysse

18/12/2007

Encore et toujours le Caroux !

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A chacun ses manies, ses névroses ou ses obsessions...Pour ma part j'en ai une de taille qui se nomme ... le Caroux ! Cette montagne mythique a pris place dans mon imaginaire et me hante nuit et jour. Il faut dire que sa masse imposante de granit qui domine la plaine de l'Orb et que l'on aperçoit depuis la mer en impose. Royaume de la bruyère et des fougères, brulée par le soleil ou balayée par les vents, terrain de jeu des mouflons, ses contreforts ravinés, érodés , entaillés portent un immense plateau où le promeneur a le sentiment de n'être plus vraiment sur notre vieille planète mais quelque part entre terre et ciel .

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Et à chaque visite, un différent paysage ! En cet endroit qui connait des variations climatiques extrêmes les végétaux se tiennent au plus près du sol ou se réfugient dans les vallons pour survivre. Ils recouvrent les os de granit du Caroux d'une peau vivante qui ne cesse de changer de couleur selon les saisons.

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A l'or des ajoncs et des genets du printemps succèdent le vert des fougères puis les camaïeus de bleu et de mauve des bruyères de l'été, puis de nouveau, à l'automne, l'or des fougères et le roux des bruyères desséchées et des quelques bosquets d'arbres héroîques qui ont réussi son ascension.

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Son sommet (1091m) n'est pas très haut et pourtant on s'y sent près du ciel, la civilisation et ses villes ne sont pas loin et pourtant on y éprouve un rassérénant sentiment de solitude, pas celle qui vous isole du monde et rend votre âme mélancolique mais celle qui vous exalte et vous permet d'entendre le coeur sourd de l'univers, sans cesse brouillé par le bruit des prothèses mécaniques dont nous avons désormais besoin pour vivre.

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Au coeur d'un de ses vallons, les hommes d'autrefois ont bâti une chapelle, romantique lieu de prières que le soleil couchant éclaire alors que les ombres ont depuis longtemps envahi les collines environnantes. N'est ce pas un message transmis par les générations passées qui nous disent ainsi que quelque soit les nuages ou soucis qui peuvent parfois s'amonceler sur nos existences, la méditation pour certains ou la prière pour d'autres peuvent nous aider à retrouver le chemin de la sérénité.

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Se promener sur le Caroux c'est par le jeu des émotions que sa beauté nous inspire entrer en soi même pour y trouver le chemin secret qui nous relie à l'univers. C'est retrouver la lumière quand nous avançons à l'aveugle dans l'obscurité.

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Je vous l'ai dit dans ma dernière note sur le Caroux, nous ne sommes pas sûr d'aller au paradis mais cela n'a guère d'importance car nous savons qu'un jour ou l'autre nous irons tous au Caroux !


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PS: Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Caroux , il y a dans mes archives quelques itinéraires plus ou moins difficiles. Si vous souhaitez des précisions laissez moi un commentaire et un e-mail.

Texte & photos Ulysse

08:48 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : Caroux, mouflon, bruyère