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01/07/2016

De l'or sur le chemin du Plô des Brus

 

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Cela faisait longtemps qu’avec mon copain Gibus nous n’avions pas eu l’occasion de se faire une rando en « duo » compte tenu de nos nombreuses pérégrinations touristiques et des aléas météorologiques. Mais en ce lundi 20 juin, veille de l’été nous étions disponibles et le temps était quasi idéal ! Nous nous lançons donc à l’assaut du Plo des Brus, vaste plateau herbeux situé à plus de mille mètres d’altitude dans la montagne de Rosis. Partis du village de Compeyre, nous entamons l’ascension de la serre de More, hors d’œuvre qui permet à nos vieilles guiboles de retrouver le rythme avant d’entamer le plat de résistance qu’est la sente rocailleuse qui permet d’accéder au Plo.

 

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Le printemps plutôt maussade et frais a retardé la floraison des genêts qui, exceptionnellement, se conjugue avec celle des bruyères, stimulée par l’arrivée des premières chaleurs. Le mariage est somptueux et révèle le talent et la coquetterie de la nature qui parent ces vieilles montagnes du Languedoc d’une tunique odorante et enchanteresse. Tout au fond, on aperçoit notre objectif, le triangle herbeux du Plo coiffé d’une modeste pointe rocheuse. Autant dire qu’il nous reste pas mal de chemin à faire !

 

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Mais l’environnement est si enchanteur que nous avalons les montuosités de la serre de More sans nous en rendre compte, enfin presque ...!

 

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Après être passés au sommet de la serre (815m) nous dévalons vers le portail de Roquenduire, fragment de plateau sédimentaire porté à la verticale par la surrection des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années ! Les dinosaures avaient déjà disparus et je n’étais pas encore né ! Que le temps passe vite !

 

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Une fois dépassé le portail, nous nous retournons pour admirer la serre de More recouverte d’or. Mais cet or, au contraire de celui enfoui dans les coffres des banques, n’a jamais rendu fou aucun homme, bien au contraire ! Sa vision nous réjouit, nous transporte en un pays qui n’a rien à envier au pays des merveilles d’Alice.

 

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Nous voilà engagés sur la sente abrupte qui mène au Plo des Brus et au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, un grandiose paysage se révèle à nos yeux. Peu nous chaut alors que nos articulations grincent, nos cœurs battent la chamade ou que nos poumons jouent les soufflets de forge, la seule vision de ce paysage est un élixir de jouvence.

 

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Nous arrivons au pied des falaises qui bordent le Plô des Brus. C’est toujours émouvant de contempler les entrailles de notre chère planète qui témoignent de sa jeunesse tumultueuse. Alors que notre société vit de plus en plus dans l’urgence, dans l’instantané, dans l’éphémère, la contemplation de la nature nous réinstalle dans la chaine infinie du temps.

 

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Nous suivons la piste qui longe ses falaises et approchons du but sous le regard bienveillant d’un arbuste qui semble prêt à nous tendre une branche secourable pour franchir le dernier obstacle rocheux.

 

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Nous traversons le Plô des Brus déçus de ne pas y apercevoir des mouflons qui apprécient habituellement cette zone herbeuse. Mais le vent qui ne nous est pas favorable les a probablement avertis de notre présence. De toute façon, hormis le sanglier dont le développement anarchique a été favorisé par les sociétés de chasse dans les années 80,  il est de plus en plus difficile d'observer des animaux sauvages dans notre pays dont les politiques, au lieu de gérer courageusement les affaires du pays, passent leurs mandats à faire la pêche aux voix et à ce titre choient les chasseurs et pseudo éleveurs, et se moquent comme d'une guigne du sort de la faune sauvage, autorisant même l'assassinat de loups pourtant protégés par la convention de Berne. 

 

 

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Nous prenons alors la direction du col de l’Ourtigas en traversant une vaste pinède dont le sol est couvert de myrtilliers qui font le régal des randonneurs vers le milieu de l’été.

 

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Parvenus au col de l’Ourtigas nous descendons vers le refuge de Caissenols où mes fidèles lecteurs se sont souvent régalés d’omelettes cuites au feu de bois lors de nos sorties hivernales. Mais aujourd’hui le temps étant estival, nous nous contentons d’un modeste sandwich arrosé néanmoins d’un nectar du pays d’Oc.

 

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Puis nous repartons vers le portail de Roquenduire où l’intense soleil de l’après midi magnifie l’or des genêts .

 

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Et nous gravissons de nouveau la serre de More, cheminant de tas d’or en tas d’or…..heureux « crésus » épargnés par la malédiction !

 

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Nous abordons une zone où les bruyères l’emportent ce qui repose nos yeux aveuglés par l’or des genêts.

 

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Une fois dépassé le dernier cairn qui orne la serre de More, nous plongeons vers le torrent du Casselouvre en vue d’y rafraîchir nos abattis brûlés par le soleil.

 

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Et l’eau du torrent tient ses promesses, jaillie un peu en amont des entrailles fraiches de la Terre. Ragaillardis, c’est d’un pas allègre que nous parcourons les derniers kilomètres qui nous ramènent à notre monture où nous attendent nos deux fidèles  "blondes" Heine et Ken !

 

 

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Aujourd’hui, 3 juillet, j’ai soixante dix balais, de quoi faire un grand ménage dans mon existence pour me débarrasser de l’accessoire et ne me préoccuper que de l’essentiel. J’ai passé ma vie par monts et par vaux, navigué à travers tous les océans, posé le pied sur presque tous les continents, vécu dans divers pays étrangers, et parcouru au total à pied, à vélo, en voiture, en bateau et en avion environ trois tours de terre. J’ai compris très tôt que c’est le pays, c’est à dire la culture au sein de laquelle on nait, qui nous différencie et non les prétendues races où les illusoires différences de couleur de peau qui ne sont pas plus importantes que celles de nos yeux. Et si l’on peut se trouver heureux d’être né quelque part,   je ne comprends pas que l’on puisse s’en déclarer « fier » car l’on n’ y est pour rien et puis cela dénote un sentiment de supériorité inapproprié. J’ai constaté qu’au delà d’un minimum indispensable, l’argent ne contribue en rien au bonheur et que ceux qui consacrent leur vie à l’accumuler sont des infirmes de l’esprit et du cœur. Je pense que le partage nous enrichi et le repli sur soi nous appauvrit. J’ai constaté qu’il ne servait à rien de vouloir à tout prix avoir raison dans la mesure où la véritable réalité des choses nous échappera toujours et qu’il faut être tolérant vis à vis des opinions d’autrui, même si elles nous dérangent, pour autant qu’elles ne nuisent à personne. Une dernière chose : à force de fréquenter souvent monts et vallons, bois et forêts, j’ai gardé bon pied bon œil mais de la mousse a poussé dans mon nez et mes oreilles, ce qui me permet de prétendre que je suis un peu dur de la « feuille », argument très utile pour n’entendre ce que je veux bien entendre et ne faire que ce que je veux faire ! L’âge a ses faiblesses mais aussi ses privilèges !

 

A votre santé !

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Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

 

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur le nom en rouge)

 

Texte & Photos Ulysse

24/10/2015

Jeunes et moins jeunes guibolles sur le chemin de Caissenols !

 

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Hello ! pour les lecteurs de ce blog qui ne me connaissent pas encore je m’appelle Emilie, petite fille d’Ulysse, qui m’a délégué le soin de vous conter notre dernière aventure .

Normalement, les vacances sont une période pendant laquelle on a le droit de se laisser aller, de flemmarder, de faire la grasse matinée sauf quand on a le malheur d’être les petits enfants d’Ulysse. Bon, je galèje parce que même si c’est un peu dur de se lever aux aurores pour partir en rando,  la simple perspective d’aller déguster des saucisses grillées dans le merveilleux refuge de Caissenols nous dédommage de ce sacrifice !

 

 

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Vous me voyez là en compagnie de mon jeune frère Romain et de Tom, le petit fils de Gibus et Marie, au moment où après une heure de marche on fait une pause « chocolatines » grâce à la délicatesse de Gibus qui a eu l’excellente idée de les acheter le matin même. Les anciens ont parfois la mémoire qui défaille mais pas pour les choses essentielles.

 

 

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Quand je vois ce magnifique terrain de jeu, j’ai une pensée pour mes amis qui sont restés à Paris pour les vacances. Même s’ils ont des tablettes ou des jeux video à leur disposition ç’est vraiment du pipeau par rapport à ce que la nature nous offre : vent caressant, soleil régénérateur, nuages vagabonds, frondaisons multicolores, espaces infinis.

 

 

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Et puis il y a ces chemins  séculaires que des générations d’hommes ont parcouru dont on capte l’énergie et qui vous donnent le sentiment qu’en prenant de l’élan on va pouvoir voler !

 

 

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A celles et ceux condamnés aux tristes horizons urbains, j’offre cette vue somptueuse sur la montagne de Rosis où l’esprit vole de cime en cime et s’enivre de la beauté du monde.

 

 

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Nous passons un col orné d’un cairn en équilibre plutôt instable. Il suffirait d’enlever une pierre à la base pour que l’ensemble s’écroule. D’après ce que m’a dit mon papi c’est un peu ce qui se passe avec la nature dont nous détruisons par inconscience des éléments qui permettent notre existence.

 

 

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Si l’on n’y prend garde la vie, qui partout foisonne et prend des aspects et des formes extraordinaires, va s’effilocher et nos sentiers ne traverseront bientôt plus que des déserts. Ce ne sera pas alors la peine de dépenser des milliards pour aller sur la planète rouge car nous y serons déjà !

 

 

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Mais revenons à des préoccupations plus triviales dont l’une – tout à fait prioritaire - est de faire cuire les saucisses et pour cela il faut du bois. Comme les garçons sont restés en arrière pour servir de gardes du corps aux mamies qui progressent à leur rythme, je participe avec Gibus et mon papi à la corvée de bois.

 

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Et voici l’un des moments les plus attendus de nos randonnées : celui où l’on se met à table devant un feu de bois ! C’est un bonheur qu’aucune technologie aussi sophistiquée soit elle n’arrivera à nous procurer. Il est inscrit dans le génome de l’humanité depuis l’invention du feu. Et puis ce qui est fondamental, c’est que le feu de bois est une technologie qui ne demande aucune superstructure à la fois hyper sophistiquée et terriblement fragile comme celles dont dépendent aujourd’hui nos existences.

 

 

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Et voilà notre « Graal » du jour : des chipos et des merguezs grillées, heureux symbole d’une cohabitation pacifique de deux cultures qui vont contribuer à notre félicité. Dans ce qui vient d’un autre monde, regardons ce qui nous enrichit plutôt que ce qui nous sépare.

 

 

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La mimique de mon frérot vous dit combien ce repas fut gargantuesque même si, vu notre jeune âge, nous n’avons pas eu droit aux nectars liquides qui l’accompagnaient.

 

 

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Au retour, on fait une pause auprès d’un arbre mort dont la ténacité à rester debout impressionne mon papi. A chaque fois il en prend une photo car il y voit une exhortation à ne jamais baisser les bras, à ne jamais renoncer à affronter les intempéries pour aller randonner, à ne jamais laisser du vin au fond d’une bouteille pour célébrer le bonheur d’être en vie et de pouvoir marcher !

 

 

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Il faut dire que vu le somptueux spectacle que nous offre ce massif, je comprends que mon papi et Gibus y passent une bonne partie de leur vie.  

 

 caissenols,rosis,feu,civilisationEt puis, comme Alice au pays des merveilles, on y fait  d’étonnantes rencontres, tel cet éléphant perdu de la horde qui accompagnait Hannibal  dans son périple pour aller conquérir Rome.

 

 

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Puis nous repassons au travers du portail de Roquendouire avant de redescendre vers la vallée où nous allons retrouver la « civilisation » dont on sait un peu mieux combien elle est superficielle et fragile et dépendante de la préservation du berceau naturel  où elle a éclôt.

 

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Si vous appréciez ce blog je vous invite à aller écouter mes chansons dont la dernière "Reprends la barre" est un spam et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste "OLD NUT" sur 

DEEZER 

Vous pouvez aussi les écouter sur mon nouveau blog musical 

OLD NUT

Cliquez sur les mots "Deezer" ou "Old Nut" pour y accéder) 

 

TEXTE EMILIE ET ULYSSE & PHOTOS ULYSSE  

 

13/01/2015

Monts et merveilles à nuls autres pareils !

 

En référence aux évènements dramatiques de ces derniers jours, rappelons cette parole du président Franklin Roosevelt : "La seule chose dont il faut avoir peur est la peur elle même" et notre pays a montré  samedi et dimanche dernier qu'il n'avait pas peur.

 

 

 

 

 

 

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Je suis plus enclin dans mes billets à vous montrer les mollets ou la tête d’aventurier de mon copain Gibus que ma bobine. Et il faut dire que mes lectrices ne perdent rien au change, mais bon, pour une fois, je vais faire une exception pour avoir le plaisir de vous dire en tête à tête combien m’est chère votre fidélité à me lire et, pour certains d’entre vous, à me laisser un commentaire.  Et puis, je le fais aussi afin que ma mine débonnaire vous mette en confiance (enfin je l’espère) car nous allons traverser une forêt ou rodent quelques monstres qui pourraient effrayer mes lecteurs ou lectrices les plus impressionnables. J’espère que ça vous réconfortera de me savoir à vos cotés, enfin surtout mes lectrices et qu’elles se serreront contre moi (Oh, les maris ne soyez pas jaloux, je plaisante !).

 

 

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Parlant de monstres, voici d’ailleurs le premier d’entre eux : un loup de belle envergure qui pointe son museau et ouvre une gueule assez large pour enfourner une grand-mère, un petit chaperon rouge et le pot de confiture avec ! Si vous êtes grand mère vous avez donc intérêt à rester derrière moi ! Pour les petits chaperons rouges je ne me fais pas de souci car je pense qu’elles courent plus vite que ce loup un peu dépenaillé !

 

 

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Ce ptérodactyle qui a traversé les âges apparaît autrement plus redoutable et dangereux que messire Isengrin. Profitons du fait que ses ailes sont empêtrées  dans les branchages pour prendre la poudre d’escampette. Cela dit ne soyons pas égoïstes et laissons un peu de cette poudre pour ceux qui passeront ici après nous.

 

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Bon, ayant échappés aux serres du  piaf dinosaurien, nous tombons de Charybde en Scylla, car nous voici face à un vieux sanglier affamé qui n’a pas dû se mettre un gland sous la dent depuis quelques semaines. Je vous conseille, chères lectrices et chers lecteurs de renoncer à une partie de votre pique-nique si vous voulez que l’on puisse poursuivre notre balade. Vous vous montrez compréhensifs, voilà qui est bien ! Le mien est au fond de mon sac et je n’ai pas le temps d’aller le chercher mais je vous revaudrai ça à l’heure du repas, car  Gibus et moi vous réservons une surprise.

 

 

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Ouf! Nous voilà sortis de la forêt et donc d’affaire! Les monstres ne fréquentent guère les espaces ouverts d’où on les voit venir à des lieues à la ronde. Jean-Mi qui nous accompagne et ressemble a un chaperon rouge en est fort aise .

 

 

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Et puis en cet endroit, le vieux chef indien Sitting Bull a trouvé refuge. Il en a fait son territoire de chasse  et son habileté à l’arc dissuade tout prédateur à s’aventurer dans les parages. Il n’aime pas les visages pâles qui ont trahi et décimé son peuple mais il nous a à la bonne car il sait que nous partageons avec lui l’amour de la nature. Il vous fera donc aussi bonne figure, mais évitez de lui demander une autographe. Lisons plutôt l’un des discours qu’il a tenu à ses frères qu’il a défendus contre les « yankee » et qui est, hélas, toujours d'actualité : 

"Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour!
Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence; c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre. 
Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race_petite faible quand nos pères l'on rencontrée pour la première fois, mais aujourd'hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et l'amour de posséder est chez eux une maladie. Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propres usages et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.
Nous ne pouvons vivre côte à côte."

 

 

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Oui, comment ne pas  admirer et aimer la nature une fois que l’on y a mis le pied et découvert la munificence que peut prendre la simple ascension du soleil dans une étole de brume. Certes quand on a l’œil rivé sur un écran d’ordinateur qui vous donne l’évolution du cours du pétrole ou sur une tablette qui vous révèle le tour de poitrine de Lady Gaga on ne sait rien de cette beauté et on mène une vie de con.

 

 

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Pour l’heure, il nous faut suspendre notre contemplation et songer à rejoindre le refuge, ce qui vous vaut le plaisir d’apercevoir enfin les mollets de l’ami Gibus moulés dans un collant rose! Oh ! Ne défaillez pas chères lectrices, je ne pourrais en porter qu’une tout au plus et j’avoue que j’aurais du mal à choisir. Vous m’êtes toutes si chères !

 

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Pour ne pas courir le risque d’être troublée, contemplez plutôt le paysage qui sera encore en place quand les mollets de Gibus (et les miens bien évidemment) ne seront plus que poussière qui se  mélangera à celle des chemins.

 

 

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Bon, je me résigne, je vois que vous avez du mal à  détachez vos yeux admiratifs de mon ami chargé comme un baudet. Mais bon je vous signale que je porte aussi ma part de buches et je vous invite à aller le vérifier sur la première photo. Non mais !  Jaloux, un peu, je suis !!! Contemplez plutôt les pendentifs que l’hiver, ce galant amant, offre à Gaïa notre belle planète. Si vous le souhaitez je peux aller en cueillir un ou deux pour vous et vous les mettre autour du cou ! Je sais "coquinou" je suis aussi !

 

 

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Allez, je cesse de vous taquiner car nous arrivons au refuge et il faut que j’aide l’ami Gibus à allumer le feu, enfin du moins à couper du bois. Excusez moi de devoir  vous abandonner quelques instants.

 

 

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Allez venez c’est prêt ! Je vous invite  à vous mettre à table pour déguster la surprise que Gibus et moi vous avons réservée. Au cours de nos précédentes sorties, vous avez été nombreux(ses) à exprimer votre frustration d’arriver trop tard pour partager nos œufs au plat, aussi avons nous décidé d’emmener une douzaine d’œufs d’autruche afin qu’il y en ait cette fois ci pour tout le monde !   Allez y servez vous !

 

 

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Et tant qu’à faire, nous avons prévu aussi un dessert : bananes flambées au rhum et tant pis pour celles et ceux qui n’aiment pas ce divin breuvage, qui est à lui seul capable de transformer un refuge du pays d’oc – même couvert de neige - en « lolo » antillais ! Bon, je vois à la grimace de Gibus qu’il n’est pas tout à fait d’accord !

 

 

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Le rhum faisant son « petit effet » nous sommes heureux de trouver des cairns pour nous guider sur le chemin du retour (bon là aussi je plaisante !)

 

 

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Il suffit de contempler la foulée martiale de notre ami Jean Mi pour comprendre que nous ne sommes nullement affectés par nos agapes festives. Il faut dire que l’on s’est rendu compte vous aviez bon appétit et que vous ne suciez pas non plus de la glace chers lecteurs(triches), ce qui a considérablement réduit la portion qui nous est habituellement dévolue. Mais attention je ne vous en fait pas le reproche car j'aime la compagnie des gens un brin (voire deux) rabelaisiens !

 

 

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Bon à la demande générale je mets une dernière photo de mon ami Gibus en collant rose ! Je sens que mon blog va connaître un pic de consultations dans les jours à venir.

 

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Mais il nous faut traverser à nouveau la forêt aux monstres et ne vous laissez pas impressionner par cette espèce d'énorme limace cornue qui n’est friande que de champignons. Donc si vous n’avez pas de mycoses sur les doigts de pied vous ne risquez rien ! Allez nous voilà à bon port, j’espère que vous avez apprécié la balade et que les œufs d’autruche ne vous resteront pas sur l’estomac ! A la prochaine ! Bises à mes lectrices.

 

 

Si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson "I don't understand" et les autres si affinité!

  

 (cliquez sur le nom du blog pour y accéder)

Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable)   

 

 

 

 

 

22/10/2014

Heures propices dans la montagne de Rosis (Reprise d'archive)

 

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C‘était un de ces jours de félicité dont on voudrait que jamais ils ne finissent et qui ravivent dans notre mémoire quelques vers du poème « le lac »  écrit par le grand Alphonse dans lesquels il s’épanche sur la fuite inexorable du temps :

 

 Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour:

………

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Oui vraiment, j’aurais aimé que ce jour là, où je suis parti avec des amis baguenauder sur la montagne de Rosis, le temps suspende son vol .

 

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Imaginez, tout d’abord, un chemin en pente douce couvert de feuilles mortes chuintant avec douceur sous nos pas, tandis que les dernières feuilles accrochées aux branches réfléchissent et diffusent les rayons couleur de miel d’un soleil automnal.

 

 

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Puis soudain de terribles grognements se font entendre qui nous clouent sur place et font se dresser nos cheveux sur la tête (sauf moi qui suis chauve, bien évidemment). De derrière un énorme châtaignier surgit alors le monstrueux sanglier qu’Héraclès (l’Hercule des romains), dans le cadre des travaux d’intérêt public auxquels il a été condamné pour avoir tué ses enfants (on était indulgent à l’époque), a piégé et ligoté sur les pentes de l’Erymanthe pour le ramener à Eurysthée, roi de Thyranthe. Ce fabuleux animal a dû profiter de l’inattention de ses gardes pour s’évader et se réfugier dans notre région où les chasseurs sont d’inoffensifs tartarins qui passent leur temps à banqueter et à courir après leurs chiens perdus. Mais le sanglier n’ayant pas oublié sa capture par Héraclès préfère, en nous voyant, prendre la poudre d’escampette, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

 

 

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Pour nous remettre de nos frayeurs, nous restons quelques instants au pied de l’énorme châtaignier derrière lequel le sanglier s’était caché et celui-ci en profite pour nous ouvrir son cœur (aux sens propre et figuré comme l’illustre la photo !)  :

 « Bien malheureux nous sommes, moi et mon peuple, autrefois choyés par les hommes qui nous appelaient arbres à pain et se nourrissaient de nos fruits, ainsi que leur bétail. Mais aujourd’hui les humains nous ont abandonnés et délaissent nos délicieuses châtaignes pour s’empoisonner chez Maquedo. Faute de soins, le chancre et l’encre, deux terribles maladies, nous déciment et si vous n’y prenez garde notre espèce disparaîtra bientôt de la surface de la terre. Malheur alors à vous le jour où vos terres exploitées à outrance et saturées de pesticides seront devenues stériles, nous ne serons plus là pour nourrir vos ventres affamés »

Emus par sa confession, nous l’entourons de nos bras réunis et l’assurons de toute notre affection. Mais que peuvent faire quelques humains pour empêcher le monde d’aller au suicide quand nos dirigeants n’arrivent pas à s’entendre pour restreindre la boulimie dévastatrice de nos économies ?

Vraiment, un jour de félicité pour nous, vous étonnerez vous ! Après avoir été effrayé par un monstre et entendu la confession désespérée d’un vieux châtaignier, comment peut-on se réjouir !

 Le constat apparaît , en effet paradoxal, mais outre le ravissement que procure le spectacle de la nature, la plénitude de la vie ne s’éprouve-t-elle pas justement au travers d’ émotions comme la peur, la tristesse, la compassion, qui aiguisent notre sensibilité, ouvre notre esprit et nous permettent d’enrichir notre vision et compréhension du monde.

 

 

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La marche est, à cet égard,  une source intarissable  d’émerveillements et de méditations. Ainsi ces deux feuilles  quasi-mortes protégées des vents et qui s’accrochent encore quand toutes leur congénères sont tombées attirent notre attention. Nous aussi cherchons à retarder le plus longtemps possible l’heure fatale usant parfois d’artifices. Mais n’est ce pas le caractère éphémère de notre  existence qui lui donne du sens ?

 

 

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Nous approchons du col de la Serre de Majous ou pointe la dent minérale du Portail de Roquendouire. Les nuages poussés par le vent prennent garde à ne pas s’y accrocher.

 

 

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Nous parvenons enfin au col et laissons derrière nous « le portail » pour nous diriger vers le hameau en ruine de Caissenols. Nous mettons nos pas dans ceux de milliers d’hommes et de femmes qui ont emprunté ce chemin au cours des siècles le cœur lourd ou joyeux, l’esprit serein ou préoccupé. Quelque chose d’indicible subsiste de leur passage qui  tisse un fil invisible entre eux et nous.

 

 

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Vous qui  suivez fidèlement nos périples, vous avez sans aucun doute noté que j’ai une prédilection pour les cairns, ces mini phares de la montagne qui permettent en cas de neige ou de brouillard ou dans des zones essentiellement minérales de ne pas perdre le fil du chemin. Cette tradition doit remonter aux premiers temps de l’homme quand les chasseurs les édifiaient  dans une nature alors vierge pour retrouver le chemin de leur abri. Par ailleurs, le cairn a l’énorme avantage sur son substitut moderne, le GPS, de ne pas nécessiter de batterie  et d'être insensible aux intempéries !

 

 

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L’un de mes autres sujets de prédilection en matière de photographies sont les vieilles masures. Chacune d’elles est une leçon de vie qui illustre la détermination et le savoir faire des hommes qui les ont édifiées mais qui nous rappelle aussi que toute oeuvre humaine est éphémère et nous invite donc à jouir du moment qui passe. Et ne croyons pas, orgueilleux que nous sommes, que nos gratte-ciels de 800 mètres de haut échapperont à la destruction !

 

 

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N’oublions pas non plus de prêter attention aux arbres, les seuls êtres vivants  dont la beauté et la vigueur croissent en vieillissant. On les croit immobiles, mais ils sont engagés dans un lent voyage vers le ciel et la lumière qui leur fait prendre parfois d’extravagantes poses et leur donnent l’apparence d’étranges danseurs figés par un sortilège !

 

 

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Leur parure, qui l’été passé absorbait goulûment les rayons du soleil, est tombée à terre qu’elle recouvre d’un dais ocre dont la substance contribuera à la formation de nouvelles feuilles. La nature est bien faite qui pourvoit ainsi à leur nourriture alors que les animaux (dont nous sommes, et certains plus que d’autres !) grâce à leur mobilité peuvent aller en tous lieux la quérir. Mais cette mobilité n’est pas forcément un avantage si, comme le disait le vieux châtaigner, c’est pour aller chez Maquedo !

 

 

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Soudain le ciel s’obscurcit, un énorme nuage engloutit le soleil plus vite que mon petit fils Romain avale une fraise tagada. Un spectacle féerique s’ensuit qui nous laisse sans voix et mon mulot sans mots….D’ailleurs c’est aussi bien car les mots sont parfois incapables de décrire ce qui est …

 

 

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 Le nuage prend possession de la quasi totalité du ciel où ne subsiste plus qu’un halo de lumière dans lequel se dresse la  vigoureuse silhouette d’un vieux châtaignier. Jour de félicité, vous avais je annoncé ! Oui c’en était un, vraiment, si riche du spectacle constamment renouvelé de la nature et des traces que l’homme y a laissées du temps où ils vivaient tous deux en bonne entente. Alors viennent sur mes lèvres, de nouveau, ces quelques vers :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Les Doudous et les Blessures"

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Texte (sauf poème ) & photos Ulysse