suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

22/10/2014

Heures propices dans la montagne de Rosis (Reprise d'archive)

 

DSC00853.JPG

C‘était un de ces jours de félicité dont on voudrait que jamais ils ne finissent et qui ravivent dans notre mémoire quelques vers du poème « le lac »  écrit par le grand Alphonse dans lesquels il s’épanche sur la fuite inexorable du temps :

 

 Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour:

………

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Oui vraiment, j’aurais aimé que ce jour là, où je suis parti avec des amis baguenauder sur la montagne de Rosis, le temps suspende son vol .

 

DSC00849.JPG

Imaginez, tout d’abord, un chemin en pente douce couvert de feuilles mortes chuintant avec douceur sous nos pas, tandis que les dernières feuilles accrochées aux branches réfléchissent et diffusent les rayons couleur de miel d’un soleil automnal.

 

 

DSC00841.JPG

Puis soudain de terribles grognements se font entendre qui nous clouent sur place et font se dresser nos cheveux sur la tête (sauf moi qui suis chauve, bien évidemment). De derrière un énorme châtaignier surgit alors le monstrueux sanglier qu’Héraclès (l’Hercule des romains), dans le cadre des travaux d’intérêt public auxquels il a été condamné pour avoir tué ses enfants (on était indulgent à l’époque), a piégé et ligoté sur les pentes de l’Erymanthe pour le ramener à Eurysthée, roi de Thyranthe. Ce fabuleux animal a dû profiter de l’inattention de ses gardes pour s’évader et se réfugier dans notre région où les chasseurs sont d’inoffensifs tartarins qui passent leur temps à banqueter et à courir après leurs chiens perdus. Mais le sanglier n’ayant pas oublié sa capture par Héraclès préfère, en nous voyant, prendre la poudre d’escampette, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

 

 

DSC00842.JPG

Pour nous remettre de nos frayeurs, nous restons quelques instants au pied de l’énorme châtaignier derrière lequel le sanglier s’était caché et celui-ci en profite pour nous ouvrir son cœur (aux sens propre et figuré comme l’illustre la photo !)  :

 « Bien malheureux nous sommes, moi et mon peuple, autrefois choyés par les hommes qui nous appelaient arbres à pain et se nourrissaient de nos fruits, ainsi que leur bétail. Mais aujourd’hui les humains nous ont abandonnés et délaissent nos délicieuses châtaignes pour s’empoisonner chez Maquedo. Faute de soins, le chancre et l’encre, deux terribles maladies, nous déciment et si vous n’y prenez garde notre espèce disparaîtra bientôt de la surface de la terre. Malheur alors à vous le jour où vos terres exploitées à outrance et saturées de pesticides seront devenues stériles, nous ne serons plus là pour nourrir vos ventres affamés »

Emus par sa confession, nous l’entourons de nos bras réunis et l’assurons de toute notre affection. Mais que peuvent faire quelques humains pour empêcher le monde d’aller au suicide quand nos dirigeants n’arrivent pas à s’entendre pour restreindre la boulimie dévastatrice de nos économies ?

Vraiment, un jour de félicité pour nous, vous étonnerez vous ! Après avoir été effrayé par un monstre et entendu la confession désespérée d’un vieux châtaignier, comment peut-on se réjouir !

 Le constat apparaît , en effet paradoxal, mais outre le ravissement que procure le spectacle de la nature, la plénitude de la vie ne s’éprouve-t-elle pas justement au travers d’ émotions comme la peur, la tristesse, la compassion, qui aiguisent notre sensibilité, ouvre notre esprit et nous permettent d’enrichir notre vision et compréhension du monde.

 

 

DSC00850.JPG

La marche est, à cet égard,  une source intarissable  d’émerveillements et de méditations. Ainsi ces deux feuilles  quasi-mortes protégées des vents et qui s’accrochent encore quand toutes leur congénères sont tombées attirent notre attention. Nous aussi cherchons à retarder le plus longtemps possible l’heure fatale usant parfois d’artifices. Mais n’est ce pas le caractère éphémère de notre  existence qui lui donne du sens ?

 

 

DSC00832.JPG

Nous approchons du col de la Serre de Majous ou pointe la dent minérale du Portail de Roquendouire. Les nuages poussés par le vent prennent garde à ne pas s’y accrocher.

 

 

DSC00872.JPG

Nous parvenons enfin au col et laissons derrière nous « le portail » pour nous diriger vers le hameau en ruine de Caissenols. Nous mettons nos pas dans ceux de milliers d’hommes et de femmes qui ont emprunté ce chemin au cours des siècles le cœur lourd ou joyeux, l’esprit serein ou préoccupé. Quelque chose d’indicible subsiste de leur passage qui  tisse un fil invisible entre eux et nous.

 

 

DSC00879.JPG

Vous qui  suivez fidèlement nos périples, vous avez sans aucun doute noté que j’ai une prédilection pour les cairns, ces mini phares de la montagne qui permettent en cas de neige ou de brouillard ou dans des zones essentiellement minérales de ne pas perdre le fil du chemin. Cette tradition doit remonter aux premiers temps de l’homme quand les chasseurs les édifiaient  dans une nature alors vierge pour retrouver le chemin de leur abri. Par ailleurs, le cairn a l’énorme avantage sur son substitut moderne, le GPS, de ne pas nécessiter de batterie  et d'être insensible aux intempéries !

 

 

DSC00888.JPG

L’un de mes autres sujets de prédilection en matière de photographies sont les vieilles masures. Chacune d’elles est une leçon de vie qui illustre la détermination et le savoir faire des hommes qui les ont édifiées mais qui nous rappelle aussi que toute oeuvre humaine est éphémère et nous invite donc à jouir du moment qui passe. Et ne croyons pas, orgueilleux que nous sommes, que nos gratte-ciels de 800 mètres de haut échapperont à la destruction !

 

 

DSC00908.JPG

N’oublions pas non plus de prêter attention aux arbres, les seuls êtres vivants  dont la beauté et la vigueur croissent en vieillissant. On les croit immobiles, mais ils sont engagés dans un lent voyage vers le ciel et la lumière qui leur fait prendre parfois d’extravagantes poses et leur donnent l’apparence d’étranges danseurs figés par un sortilège !

 

 

DSC00911.JPG

Leur parure, qui l’été passé absorbait goulûment les rayons du soleil, est tombée à terre qu’elle recouvre d’un dais ocre dont la substance contribuera à la formation de nouvelles feuilles. La nature est bien faite qui pourvoit ainsi à leur nourriture alors que les animaux (dont nous sommes, et certains plus que d’autres !) grâce à leur mobilité peuvent aller en tous lieux la quérir. Mais cette mobilité n’est pas forcément un avantage si, comme le disait le vieux châtaigner, c’est pour aller chez Maquedo !

 

 

DSC00927.JPG

Soudain le ciel s’obscurcit, un énorme nuage engloutit le soleil plus vite que mon petit fils Romain avale une fraise tagada. Un spectacle féerique s’ensuit qui nous laisse sans voix et mon mulot sans mots….D’ailleurs c’est aussi bien car les mots sont parfois incapables de décrire ce qui est …

 

 

DSC00922.JPG

 Le nuage prend possession de la quasi totalité du ciel où ne subsiste plus qu’un halo de lumière dans lequel se dresse la  vigoureuse silhouette d’un vieux châtaignier. Jour de félicité, vous avais je annoncé ! Oui c’en était un, vraiment, si riche du spectacle constamment renouvelé de la nature et des traces que l’homme y a laissées du temps où ils vivaient tous deux en bonne entente. Alors viennent sur mes lèvres, de nouveau, ces quelques vers :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Les Doudous et les Blessures"

Cliquez :

ICI

Texte (sauf poème ) & photos Ulysse

 

26/05/2014

De battre nos coeurs ont continué....

 Après avoir pioché au cours des semaines passées dans mes archives, je vous offre aujourd'hui le récit d'une nouvelle aventure ! 

Merci pour votre patience et votre fidélité à me suivre...

 

 * Le titre de ma note est un clin d'oeil au très beau film de Jacques Audiard "De battre mon coeur s'est arrêté" 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

On dit des gens sans ambition qu’ils végètent ou de ceux qui sont inactifs (selon des critères éminemment subjectifs, car penser est la plus noble et productive des actions) qu’ils sont de vrais légumes. C’est dire la piètre estime que les humains ont généralement du monde végétal ! Je ne suis pas de ceux là, et vois dans les plantes, et notamment les arbres, les êtres les plus sophistiqués qui soient. Car tout en étant condamnés à l’immobilité, ils savent trouver de quoi se nourrir, prospérer, transformer l’énergie du soleil, capter l’oxyde de carbone, qui est un poison pour l’homme et émettre de l’oxygène qui nous permet de respirer !  Et les scientifiques sont en train de découvrir qu’ils  sont capables de communiquer entre eux et de faire preuve d’empathie envers leurs congénères !  Respect , chers arbres ! Et vous en voyez là de magnifiques qui jouent à sauter le muret de pierres que les anciens ont bâti pour protéger le chemin qu’ils ont tracé pour accéder à la montagne de Rosis où autrefois allaient paître leurs troupeaux d’ovins.

NB: Sur la question de la capacité des arbres à communiquer, je vous invite à consulter ce passionnant site dont la référence m'a été fourni par Framboise, l'une de mes lectrices, dans son commentaire. Je l'en remercie

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

D’ailleurs en mourant les arbres  révèlent leur véritable nature et les orbites vides de leurs yeux que leur écorce masquait sont des fenêtres ouvertes sur le mystère de la vie.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Certains arbres morts, dont les racines ne leur apportent plus la sève nourricière, broutent ici et là quelques feuilles de leurs jeunes et vigoureux voisins qui n’en prennent pas ombrage !

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

A peine sortis de la forêt nous découvrons un ancien abri de berger perché sur l’épaule de la Serre de More. Pour le construire, les anciens ont emprunté quelques os de la Terre, en en faisant en quelque sorte un prolongement. Ceux qui y vivaient préservaient ainsi le lien originel entre l’homme et la nature  qui leur faisaient comprendre que leur survie dépendait d’elle.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Cette masure est en parfaite harmonie avec le paysage environnant, au contraire des prétentieux gratte ciels que les hommes dressent aujourd’hui dans lesquels leurs vies périclitent faute de  pouvoir y entendre les battements du cœur de notre Terre Mère Gaïa.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Vivre ici au cœur des montagnes devait être une dure épreuve mais qui vous rendait immortel, puisqu’au milieu de cet environnement, qui vous conte des histoires vieilles de centaines de millions d’années, on comprend que la vie et la mort ne sont que les deux faces d’une existence transcendantale.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Au fond du vallon, on aperçoit le Casselouvre, dont nous avons l’été dernier descendu le cours lors d’une randonnée-canyoning mémorable !

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

On en devine le cours tortueux et escarpé qui sinue au cœur de la montagne de Rosis  qui commence à être illuminée par l’or des genêts.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

D’avoir aperçu ce cours d’eau fraiche et tonique (c’est le moins que l’on puisse dire) nous a donné envie d’aller y plonger une tête (et le reste si affinité !). Descendant pour le rejoindre nous passons devant une modeste capitelle qui devait plus servir à protéger les chopines des bergers des feux du soleil qu’à abriter les hommes ! Le vin chaud , c’est bon pour l’hiver !

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Et plouf ! nous y sommes !  L’ami Gibus prenant le chemin le plus court pour s’y tremper en se jetant d’un promontoire rocheux, alors que votre serviteur, désireux de ne pas vous priver d’Eldorad’Oc que vous semblez apprécier, l’a rejoint d’une façon plus précautionneuse.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Après ce bain revigorant et un pique-nique qui l’est tout autant, nous reprenons le chemin des sommets pour y faire notre cure d’oxygène, de ciel bleu et  de chlorophylle, histoire aussi de faire battre la chamade à notre cœur afin d’assurer sa longévité..

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Car quand on a le privilège de pouvoir contempler de tels paysages, on veut pouvoir en profiter le plus longtemps possible….même si la mort n’est, comme je vous le disais plus avant, qu’une illusion !

 

PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "Le coupeur de canne" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

Je vous invite également à regarder et à diffuser à vos amis cette émouvante  vidéo (en espagnol) qui a été faite par le chanteur Macaco avec les travailleurs et les patients du 8e étage (Oncologie) de L'Hôpital pour enfant San Juan de Dios à Barcelone afin de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer. Chaque fois que l’on regarde la vidéo, 5 centimes sont versés à la cause.

 

    

 

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

06/04/2014

Allez on se chausse, on file à Caramaus !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Comment ! J’en vois qui ne sont pas encore chaussés !  Vous traînez un peu chères lectrices et chers lecteurs ! Quoi ? Qu’entends je ? La rando de la semaine dernière vous a fatigués, alors que Gibus et moi on s’est efforcé de vous vous emmener sur des chemins carrossables ! C’est sûr que le Caroux même par des bons chemins n’est pas le Mont Valérien où le Mont Saint Clair, c’est une MONTAGNE !  De toute façon, on ne peut pas attendre les retardataires, car cette fois ci une rude montée nous attend, vu que nous allons grimper hors sentier au sommet de la Plane (1020m) par la serre d’Esparic et le col de Caramaus. Allez celles et ceux qui sont prêts, prenez votre sac et zou, on y va !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Ne nous quittez pas des yeux car il n’y a pas de chemin et on va naviguer à vue en suivant les quelques balises bleues peintes ici et là sur des rochers. Ceux qui parlent le russe ne seront pas trop dépaysés vu que le parcours a un profil de montagnes russes. Je sais, ma blague n’est pas très subtile mais c’était juste pour détendre l’atmosphère !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Que celles et ceux qui ont le vertige ne regardent pas vers la gauche ou qu’ils ferment les yeux et  s’accrochent à mon sac à dos. Attention « pierre » ! , Attention «  trou » ! Attention « crottes de mouflons » ! 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Bon, le passage le plus difficile est passé, vous pouvez maintenant ouvrir les yeux pour jouir du panorama.

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Je vous rassure nous n’allons pas avoir à grimper ce monticule mais nous allons le contourner. Je tiens beaucoup à vous garder chères lectrices et lecteurs !

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Avant de descendre par le vallon du ruisseau des Fabre nous allons passer en revue les sommets que l’on aperçoit et où nous avons déjà emmenés certains d’entre vous. En face à gauche , on aperçoit le Plo des Brus où j’ai essuyé une tempête de neige il y a trois semaines. La pyramide au milieu recouverte d’une forêt sombre est le Mont Agut (1030m) qui domine l’ancien bassin minier de Graissessac aujourd’hui abandonné. Tout au fond entre les deux on aperçoit les Cévennes. Et si je me retournais je pourrai vous montrer le Caroux où nous étions la semaine passée. Ca donne le vertige n’est ce pas ! Le Népal est une pénéplaine à coté (bon là c’est mon coté sudiste qui parle !)

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

En descendant nous trouvons quelques lambeaux de neige que la fraicheur de ce versant nord a préservés. Non ! on n’a pas le temps de faire une bataille de boules de neige ! Vous y tenez !! Vous êtres de vrais gamins ! Gibus et moi aussi d'ailleurs ! OK mais alors pas plus de cinq minutes !

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Oh ! vous avez vu la laie qui vient de s’enfuir avec ses petits. J’ai juste eu le temps de prendre au vol une (mauvaise) photo d’un marcassin ralenti par une vielle souche. Je pense qu’il a eu la première peur de sa vie. Il en verra d’autres quand plus tard les « nemrods » voudront sa peau !

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

 

Nous arrivons au havre de paix qu’est Caissenols, merveilleusement restauré par une association de bénévoles (que je salue au passage) et où j’ai personnellement de merveilleux souvenirs pour y avoir emmené de nombreux amis ainsi que mes enfants et petits enfants pour de mémorables « saucisses grillées «  parties !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Désolé pour celles et ceux qui ne sont pas avec nous mais je ne poste pas pour cette fois de photo de notre pique-nique ! J’ai en effet reçu de trop nombreuses lettres de lectrices et lecteurs frustrés d’être arrivés trop tard pour les délicieux œufs-bacon au plat  préparés par Maître Gibus . Donc, on «squeeze la pause » dinatoire et la sieste et on se remet « fissa en route »  en empruntant un chemin des plus confortables. Ce n’est pas que je tiens à vous ménager, mais  généralement l’après midi, Gibus et moi, adoptons un « train de sénateur », bien qu’il soit évident qu’aucun des vieillards cacochymes qui peuplent le Sénat ne pourrait nous suivre !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

J’en profite pour vous donner des nouvelles de cet arbre mort qui borde le chemin et avec lequel j’ai souvent de longues conversations, comme en décembre dernier. Il tient le coup ma foi et garde « bonnes racines et bon œil » et je vous transmets son amical salut, notamment à mon ami Marc qui le connaît bien aussi.

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Bon, il va quand même falloir affronter une dernière « légère » (au sens montagnard du terme)  montée pour accéder à la serre de More avant de redescendre vers notre point de départ.  Les protestations ne sont recevables que par pli recommandé avec accusé de réception dans les vingt quatre heures après l’ascension, le cachet de la poste faisant foi.

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Mais une superbe récompense vous attend pour prix de vos efforts : une baignade dans le site magnifique des méandres du Casselouvre. A quelle température est l’eau, me demandez vous . Désolé mais ce n’est pas un question que l’on pose quand on part en randonnée avec Gibus et Ulysse . On se déshabille et on plonge, point barre !

 

PS: Je vous invite à faire connaissance de Jennifer, femme fatale, sur mon blog musical OLD NUT  en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse

 

02/12/2013

Réunion de « vieilles guiboles » à Caissenols

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

 Il est des jours de notre vie à marquer d’une pierre blanche. Ce mercredi 26 novembre 2013 fut, pour moi, Gibus et nos épouses, de ceux là. Car ce jour prit son envol sous un soleil radieux et nous permit de chauffer nos abattis au feu de bois et nos cœurs au feu de l’amitié. Nous avions, en effet, programmé une rencontre au refuge de Caissenols avec  Bernard et Pierre lecteurs assidus d’Eldorad’Oc et devenus amis suite à une rencontre fortuite que je vous ai contée dans le passé.

 

Nous voilà donc partis de bon matin à l’assaut de la Serre de Majous que traverse le chemin qui mène à Caissenols. Nos épouses nous accompagnant nous dédaignons pour une fois les sentes à mouflons et empruntons le chemin le plus carrossable. Ce qui me laisse pour une fois le temps de soigner le cadrage de mes photos, que je prends d’habitude en déséquilibre sur un pied en tentant de ne pas perdre de vue Gibus qui gambade devant.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Un génie sylvicole un brin facétieux se met soudain à hurler, ravi d’avoir un public féminin à effrayer. « Même pas peur » disent en cœur nos épouses qui en ont vu d’autres, vu que ça fait quelques dizaines d’années qu’elle vivent avec les « marioles » que nous sommes.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Nous arrivons en vue du col de Roquandouire dominé par les sommets enneigés de la Serre de Majous qui culmine à 989 mètres. Cette année l’hiver est venu piétiner les plates-bandes de l’automne sans crier gare, ce qui nous contraint de transporter dans nos sacs à dos un peu de bois sec pour lancer le feu dans le refuge où nous avons prévu de pique-niquer. Si vous ajoutez à cela le thermos de vin chaud, de potage, de thé ou de café et les boissons « énergisantes » qui font le lien entre elles, sans oublier (pour Gibus) la poêle pour l’omelette et le repas de nos compagnes que nous portons par galanterie, vous comprendrez que nous avons un petit aperçu de ce qu’est une vie de mule !

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

 

Mais le panorama qui s’offre à nous est tellement somptueux qu’il nous fait oublier les meurtrissures de nos vieux abattis. L’association incongrue de la neige des sommets et des feuillages automnaux des hêtres qui couvrent les flancs de la Serre de Majous est une régal pour nos yeux, jamais lassés de  ce spectacle. L’homme peut s’évertuer à inventer la télévision en Extra-Super-HD le cinéma 3 D et prochainement l’immersion dans les mondes virtuels, jamais ces ersatz ne procureront le doux sentiment d’euphorie et de légèreté de l’âme qui vous saisit quand on est au petit matin, au  sein d’une telle beauté, caressé par un air frais qui vous pince les oreilles.

 

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Nous sommes en vue du Portail de Roquendouire, lieu « magique »  que mes lectrices et lecteurs connaissent bien et qui selon les saisons est environné d’une mer mauve de bruyère ou d’un océan d’or de genêts.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Gibus et moi y faisons une petite pause, ce qui permet à nos épouses, dont une partie de l’énergie motrice est consacrée aux muscles labiaux, de nous rejoindre….(oh le mufle !).

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Nous empruntons le chemin qui longe le flanc tourmenté de la Serre de Majoux où de rares arbres ont vainement tenté de s’accrocher. Mais la gravité a eu raison d’eux malgré un ultime sursaut de leurs branches vers le ciel.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Quand je parlais, tout à l’heure, d’air frais qui pinçait les oreilles, je n’exagérais point, comme vous pouvez le voir en admirant cette magnifique collection de stalactites de glace offerts par l’Hiver à Gaïa. Ces bijoux là sont plus  beaux que ceux que l’on peut voir chez les joailliers de la Place Vendôme à Paris destinés à cacher le cou ridé de richissimes pachydermes.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Le ciel commence à se couvrir au moment où nous arrivons au refuge de Caissenols, merveilleusement restauré par des bénévoles d’une association. Je profite de l’occasion pour une nouvelle fois les remercier, car c’est un endroit chargé pour nous d’heureux souvenirs auxquels cette journée ajoutera son lot.

Bernard et Pierre, accompagnés d’un ami, François,  sont déjà dans les lieux et en montagnards et épicuriens avertis ont démarré le feu et commencé à mettre la table avec une nappe blanche, s'il vous plait !

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Je laisse les photos prises par Bernard (créateur d’un joli BLOG ou la poésie se marrie à la photographie) témoigner de l’ambiance chaleureuse de notre rencontre que n’aurait pas dédaignée Rabelais. A noter qu'au menu, il y avait du foie gras sur canapé de pain d'épice apporté par nos amis. Il manquait le sauternes mais c'était néanmoins un délice !


 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

L’amour de la montagne qui conduit l’homme à tisser des liens étroits avec les arbres, les rochers, les animaux, le vent, la pluie, la neige le prédispose à  l’amitié. Celui qui aime la montagne apprend à aimer les autres car la solidarité est une garantie de survie. Et, cerise sur le gâteau, celui qui aime la montagne vieillit moins vite que les autres, la montagne étant une fontaine de jouvence, comme en témoignent nos vieilles guibolles qui totalisent près de quatre siècles et  passent les cols aussi facilement que d’autres, beaucoup plus jeunes,  escaladent leur canapé !

 

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Après deux heures mémorables passés ensemble, nous devons, les journées étant plus courtes, prendre le chemin du retour, le temps s’étant mis définitivement à la grisaille et le froid se faisant plus vif.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

L’esprit encore imprégné des chaleureux moments que nous venons de vivre, nous sommes sortis de notre douce torpeur par la vue d’un mouflon qui nous nargue du haut d’une falaise où il se sent à l’abri. Le bougre n’a pas encore appris qu’avec notre espèce nul n’est jamais à l’abri en aucun lieu. Les hommes et animaux qui sont massacrés ou torturés et  mutilés chaque jour aux quatre coins du monde en savent quelque chose.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

L’ami Gibus qui au cours de cette sympathique sortie familiale n’a pas eu son compte de cabrioles, ne manque pas l’occasion de franchir le ruisseau de la Taillade sur un pont rustique mis en place par l’Association de Caissenols. Nos épouses sont fort soulagées de ne pas avoir à l’emprunter, un gué permettant de franchir le torrent en contrebas. Un « mariole » par couple ça suffit !

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Nous croisons bientôt d’autres acrobates : deux jeunes mouflons qui ne nous ont pas entendu venir et qui manifestement ne sont pas encore familiarisés avec les bipèdes vu les  regards étonnés qu’ils nous jettent. Mais peut être sont ce nos jolies épouses qui les fascinent ! On les comprend !

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Mes fidèles lecteurs et lectrices  se diront sans doute  « Tiens Ulysse nous remet encore son vieil arbre mort », il pourrait changer de sujet ! Vivement qu’un éclair le foudroie ! » (en parlant de l’arbre pas de moi, du moins je l’espère). Et bien, non je ne changerai pas de sujet et à chaque fois que je passerai par ici vous y aurez droit ! C'est mon petit privilège d'auteur et j'y tiens ! Car cet arbre là qui continue de se dresser face aux intempéries après sa mort me fascine ! Comme s’il ne voulait pas s’avouer vaincu et que par delà la mort il nous adressait un message : «  Ne vous laissez pas abattre par l’adversité ! Tenez bon ! Ne lâchez rien !  Ne perdez pas votre temps à des fadaises ! Vivez ! Aimez ! Faites vous des amis de chair et d'os et chérissez les ». C’est du moins ce que je crois entendre et j’essaie de suivre ses conseils.

 

caissenols,mouflon,guibolle,rosis

Cette dernière photo où vous nous  voyez descendre un sentier envahi de feuilles de châtaigniers, nos visages empreints d’une joie enfantine, vous dira mieux que des mots le bonheur que nous avons pris à cette mémorable journée qui hélas se termine.

Au plaisir de vous revoir Bernard, Pierre et François….et au plaisir d’avoir de vos nouvelles chères lectrices et chers  lecteurs. J’espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie !

PS : Vous qui êtes, chères lectrices et chers lecteurs, des adeptes de la nature et des choses authentiques prenez quelques minutes pour aller écouter ICI la délicieuse chronique d'Olivier de Robert.

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux du refuge prises par Bernard)