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26/05/2014

De battre nos coeurs ont continué....

 Après avoir pioché au cours des semaines passées dans mes archives, je vous offre aujourd'hui le récit d'une nouvelle aventure ! 

Merci pour votre patience et votre fidélité à me suivre...

 

 * Le titre de ma note est un clin d'oeil au très beau film de Jacques Audiard "De battre mon coeur s'est arrêté" 

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On dit des gens sans ambition qu’ils végètent ou de ceux qui sont inactifs (selon des critères éminemment subjectifs, car penser est la plus noble et productive des actions) qu’ils sont de vrais légumes. C’est dire la piètre estime que les humains ont généralement du monde végétal ! Je ne suis pas de ceux là, et vois dans les plantes, et notamment les arbres, les êtres les plus sophistiqués qui soient. Car tout en étant condamnés à l’immobilité, ils savent trouver de quoi se nourrir, prospérer, transformer l’énergie du soleil, capter l’oxyde de carbone, qui est un poison pour l’homme et émettre de l’oxygène qui nous permet de respirer !  Et les scientifiques sont en train de découvrir qu’ils  sont capables de communiquer entre eux et de faire preuve d’empathie envers leurs congénères !  Respect , chers arbres ! Et vous en voyez là de magnifiques qui jouent à sauter le muret de pierres que les anciens ont bâti pour protéger le chemin qu’ils ont tracé pour accéder à la montagne de Rosis où autrefois allaient paître leurs troupeaux d’ovins.

NB: Sur la question de la capacité des arbres à communiquer, je vous invite à consulter ce passionnant site dont la référence m'a été fourni par Framboise, l'une de mes lectrices, dans son commentaire. Je l'en remercie

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D’ailleurs en mourant les arbres  révèlent leur véritable nature et les orbites vides de leurs yeux que leur écorce masquait sont des fenêtres ouvertes sur le mystère de la vie.

 

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Certains arbres morts, dont les racines ne leur apportent plus la sève nourricière, broutent ici et là quelques feuilles de leurs jeunes et vigoureux voisins qui n’en prennent pas ombrage !

 

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A peine sortis de la forêt nous découvrons un ancien abri de berger perché sur l’épaule de la Serre de More. Pour le construire, les anciens ont emprunté quelques os de la Terre, en en faisant en quelque sorte un prolongement. Ceux qui y vivaient préservaient ainsi le lien originel entre l’homme et la nature  qui leur faisaient comprendre que leur survie dépendait d’elle.

 

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Cette masure est en parfaite harmonie avec le paysage environnant, au contraire des prétentieux gratte ciels que les hommes dressent aujourd’hui dans lesquels leurs vies périclitent faute de  pouvoir y entendre les battements du cœur de notre Terre Mère Gaïa.

 

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Vivre ici au cœur des montagnes devait être une dure épreuve mais qui vous rendait immortel, puisqu’au milieu de cet environnement, qui vous conte des histoires vieilles de centaines de millions d’années, on comprend que la vie et la mort ne sont que les deux faces d’une existence transcendantale.

 

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Au fond du vallon, on aperçoit le Casselouvre, dont nous avons l’été dernier descendu le cours lors d’une randonnée-canyoning mémorable !

 

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On en devine le cours tortueux et escarpé qui sinue au cœur de la montagne de Rosis  qui commence à être illuminée par l’or des genêts.

 

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D’avoir aperçu ce cours d’eau fraiche et tonique (c’est le moins que l’on puisse dire) nous a donné envie d’aller y plonger une tête (et le reste si affinité !). Descendant pour le rejoindre nous passons devant une modeste capitelle qui devait plus servir à protéger les chopines des bergers des feux du soleil qu’à abriter les hommes ! Le vin chaud , c’est bon pour l’hiver !

 

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Et plouf ! nous y sommes !  L’ami Gibus prenant le chemin le plus court pour s’y tremper en se jetant d’un promontoire rocheux, alors que votre serviteur, désireux de ne pas vous priver d’Eldorad’Oc que vous semblez apprécier, l’a rejoint d’une façon plus précautionneuse.

 

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Après ce bain revigorant et un pique-nique qui l’est tout autant, nous reprenons le chemin des sommets pour y faire notre cure d’oxygène, de ciel bleu et  de chlorophylle, histoire aussi de faire battre la chamade à notre cœur afin d’assurer sa longévité..

 

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Car quand on a le privilège de pouvoir contempler de tels paysages, on veut pouvoir en profiter le plus longtemps possible….même si la mort n’est, comme je vous le disais plus avant, qu’une illusion !

 

PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "Le coupeur de canne" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

Je vous invite également à regarder et à diffuser à vos amis cette émouvante  vidéo (en espagnol) qui a été faite par le chanteur Macaco avec les travailleurs et les patients du 8e étage (Oncologie) de L'Hôpital pour enfant San Juan de Dios à Barcelone afin de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer. Chaque fois que l’on regarde la vidéo, 5 centimes sont versés à la cause.

 

    

 

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

06/04/2014

Allez on se chausse, on file à Caramaus !

 

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Comment ! J’en vois qui ne sont pas encore chaussés !  Vous traînez un peu chères lectrices et chers lecteurs ! Quoi ? Qu’entends je ? La rando de la semaine dernière vous a fatigués, alors que Gibus et moi on s’est efforcé de vous vous emmener sur des chemins carrossables ! C’est sûr que le Caroux même par des bons chemins n’est pas le Mont Valérien où le Mont Saint Clair, c’est une MONTAGNE !  De toute façon, on ne peut pas attendre les retardataires, car cette fois ci une rude montée nous attend, vu que nous allons grimper hors sentier au sommet de la Plane (1020m) par la serre d’Esparic et le col de Caramaus. Allez celles et ceux qui sont prêts, prenez votre sac et zou, on y va !

 

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Ne nous quittez pas des yeux car il n’y a pas de chemin et on va naviguer à vue en suivant les quelques balises bleues peintes ici et là sur des rochers. Ceux qui parlent le russe ne seront pas trop dépaysés vu que le parcours a un profil de montagnes russes. Je sais, ma blague n’est pas très subtile mais c’était juste pour détendre l’atmosphère !

 

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Que celles et ceux qui ont le vertige ne regardent pas vers la gauche ou qu’ils ferment les yeux et  s’accrochent à mon sac à dos. Attention « pierre » ! , Attention «  trou » ! Attention « crottes de mouflons » ! 

 

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Bon, le passage le plus difficile est passé, vous pouvez maintenant ouvrir les yeux pour jouir du panorama.

 

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Je vous rassure nous n’allons pas avoir à grimper ce monticule mais nous allons le contourner. Je tiens beaucoup à vous garder chères lectrices et lecteurs !

 

 

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Avant de descendre par le vallon du ruisseau des Fabre nous allons passer en revue les sommets que l’on aperçoit et où nous avons déjà emmenés certains d’entre vous. En face à gauche , on aperçoit le Plo des Brus où j’ai essuyé une tempête de neige il y a trois semaines. La pyramide au milieu recouverte d’une forêt sombre est le Mont Agut (1030m) qui domine l’ancien bassin minier de Graissessac aujourd’hui abandonné. Tout au fond entre les deux on aperçoit les Cévennes. Et si je me retournais je pourrai vous montrer le Caroux où nous étions la semaine passée. Ca donne le vertige n’est ce pas ! Le Népal est une pénéplaine à coté (bon là c’est mon coté sudiste qui parle !)

 

 

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En descendant nous trouvons quelques lambeaux de neige que la fraicheur de ce versant nord a préservés. Non ! on n’a pas le temps de faire une bataille de boules de neige ! Vous y tenez !! Vous êtres de vrais gamins ! Gibus et moi aussi d'ailleurs ! OK mais alors pas plus de cinq minutes !

 

 

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Oh ! vous avez vu la laie qui vient de s’enfuir avec ses petits. J’ai juste eu le temps de prendre au vol une (mauvaise) photo d’un marcassin ralenti par une vielle souche. Je pense qu’il a eu la première peur de sa vie. Il en verra d’autres quand plus tard les « nemrods » voudront sa peau !

 

 

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Nous arrivons au havre de paix qu’est Caissenols, merveilleusement restauré par une association de bénévoles (que je salue au passage) et où j’ai personnellement de merveilleux souvenirs pour y avoir emmené de nombreux amis ainsi que mes enfants et petits enfants pour de mémorables « saucisses grillées «  parties !

 

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Désolé pour celles et ceux qui ne sont pas avec nous mais je ne poste pas pour cette fois de photo de notre pique-nique ! J’ai en effet reçu de trop nombreuses lettres de lectrices et lecteurs frustrés d’être arrivés trop tard pour les délicieux œufs-bacon au plat  préparés par Maître Gibus . Donc, on «squeeze la pause » dinatoire et la sieste et on se remet « fissa en route »  en empruntant un chemin des plus confortables. Ce n’est pas que je tiens à vous ménager, mais  généralement l’après midi, Gibus et moi, adoptons un « train de sénateur », bien qu’il soit évident qu’aucun des vieillards cacochymes qui peuplent le Sénat ne pourrait nous suivre !

 

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J’en profite pour vous donner des nouvelles de cet arbre mort qui borde le chemin et avec lequel j’ai souvent de longues conversations, comme en décembre dernier. Il tient le coup ma foi et garde « bonnes racines et bon œil » et je vous transmets son amical salut, notamment à mon ami Marc qui le connaît bien aussi.

 

 

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Bon, il va quand même falloir affronter une dernière « légère » (au sens montagnard du terme)  montée pour accéder à la serre de More avant de redescendre vers notre point de départ.  Les protestations ne sont recevables que par pli recommandé avec accusé de réception dans les vingt quatre heures après l’ascension, le cachet de la poste faisant foi.

 

 

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Mais une superbe récompense vous attend pour prix de vos efforts : une baignade dans le site magnifique des méandres du Casselouvre. A quelle température est l’eau, me demandez vous . Désolé mais ce n’est pas un question que l’on pose quand on part en randonnée avec Gibus et Ulysse . On se déshabille et on plonge, point barre !

 

PS: Je vous invite à faire connaissance de Jennifer, femme fatale, sur mon blog musical OLD NUT  en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse

 

02/12/2013

Réunion de « vieilles guiboles » à Caissenols

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 Il est des jours de notre vie à marquer d’une pierre blanche. Ce mercredi 26 novembre 2013 fut, pour moi, Gibus et nos épouses, de ceux là. Car ce jour prit son envol sous un soleil radieux et nous permit de chauffer nos abattis au feu de bois et nos cœurs au feu de l’amitié. Nous avions, en effet, programmé une rencontre au refuge de Caissenols avec  Bernard et Pierre lecteurs assidus d’Eldorad’Oc et devenus amis suite à une rencontre fortuite que je vous ai contée dans le passé.

 

Nous voilà donc partis de bon matin à l’assaut de la Serre de Majous que traverse le chemin qui mène à Caissenols. Nos épouses nous accompagnant nous dédaignons pour une fois les sentes à mouflons et empruntons le chemin le plus carrossable. Ce qui me laisse pour une fois le temps de soigner le cadrage de mes photos, que je prends d’habitude en déséquilibre sur un pied en tentant de ne pas perdre de vue Gibus qui gambade devant.

 

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Un génie sylvicole un brin facétieux se met soudain à hurler, ravi d’avoir un public féminin à effrayer. « Même pas peur » disent en cœur nos épouses qui en ont vu d’autres, vu que ça fait quelques dizaines d’années qu’elle vivent avec les « marioles » que nous sommes.

 

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Nous arrivons en vue du col de Roquandouire dominé par les sommets enneigés de la Serre de Majous qui culmine à 989 mètres. Cette année l’hiver est venu piétiner les plates-bandes de l’automne sans crier gare, ce qui nous contraint de transporter dans nos sacs à dos un peu de bois sec pour lancer le feu dans le refuge où nous avons prévu de pique-niquer. Si vous ajoutez à cela le thermos de vin chaud, de potage, de thé ou de café et les boissons « énergisantes » qui font le lien entre elles, sans oublier (pour Gibus) la poêle pour l’omelette et le repas de nos compagnes que nous portons par galanterie, vous comprendrez que nous avons un petit aperçu de ce qu’est une vie de mule !

 

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Mais le panorama qui s’offre à nous est tellement somptueux qu’il nous fait oublier les meurtrissures de nos vieux abattis. L’association incongrue de la neige des sommets et des feuillages automnaux des hêtres qui couvrent les flancs de la Serre de Majous est une régal pour nos yeux, jamais lassés de  ce spectacle. L’homme peut s’évertuer à inventer la télévision en Extra-Super-HD le cinéma 3 D et prochainement l’immersion dans les mondes virtuels, jamais ces ersatz ne procureront le doux sentiment d’euphorie et de légèreté de l’âme qui vous saisit quand on est au petit matin, au  sein d’une telle beauté, caressé par un air frais qui vous pince les oreilles.

 

 

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Nous sommes en vue du Portail de Roquendouire, lieu « magique »  que mes lectrices et lecteurs connaissent bien et qui selon les saisons est environné d’une mer mauve de bruyère ou d’un océan d’or de genêts.

 

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Gibus et moi y faisons une petite pause, ce qui permet à nos épouses, dont une partie de l’énergie motrice est consacrée aux muscles labiaux, de nous rejoindre….(oh le mufle !).

 

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Nous empruntons le chemin qui longe le flanc tourmenté de la Serre de Majoux où de rares arbres ont vainement tenté de s’accrocher. Mais la gravité a eu raison d’eux malgré un ultime sursaut de leurs branches vers le ciel.

 

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Quand je parlais, tout à l’heure, d’air frais qui pinçait les oreilles, je n’exagérais point, comme vous pouvez le voir en admirant cette magnifique collection de stalactites de glace offerts par l’Hiver à Gaïa. Ces bijoux là sont plus  beaux que ceux que l’on peut voir chez les joailliers de la Place Vendôme à Paris destinés à cacher le cou ridé de richissimes pachydermes.

 

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Le ciel commence à se couvrir au moment où nous arrivons au refuge de Caissenols, merveilleusement restauré par des bénévoles d’une association. Je profite de l’occasion pour une nouvelle fois les remercier, car c’est un endroit chargé pour nous d’heureux souvenirs auxquels cette journée ajoutera son lot.

Bernard et Pierre, accompagnés d’un ami, François,  sont déjà dans les lieux et en montagnards et épicuriens avertis ont démarré le feu et commencé à mettre la table avec une nappe blanche, s'il vous plait !

 

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Je laisse les photos prises par Bernard (créateur d’un joli BLOG ou la poésie se marrie à la photographie) témoigner de l’ambiance chaleureuse de notre rencontre que n’aurait pas dédaignée Rabelais. A noter qu'au menu, il y avait du foie gras sur canapé de pain d'épice apporté par nos amis. Il manquait le sauternes mais c'était néanmoins un délice !


 

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L’amour de la montagne qui conduit l’homme à tisser des liens étroits avec les arbres, les rochers, les animaux, le vent, la pluie, la neige le prédispose à  l’amitié. Celui qui aime la montagne apprend à aimer les autres car la solidarité est une garantie de survie. Et, cerise sur le gâteau, celui qui aime la montagne vieillit moins vite que les autres, la montagne étant une fontaine de jouvence, comme en témoignent nos vieilles guibolles qui totalisent près de quatre siècles et  passent les cols aussi facilement que d’autres, beaucoup plus jeunes,  escaladent leur canapé !

 

 

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Après deux heures mémorables passés ensemble, nous devons, les journées étant plus courtes, prendre le chemin du retour, le temps s’étant mis définitivement à la grisaille et le froid se faisant plus vif.

 

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L’esprit encore imprégné des chaleureux moments que nous venons de vivre, nous sommes sortis de notre douce torpeur par la vue d’un mouflon qui nous nargue du haut d’une falaise où il se sent à l’abri. Le bougre n’a pas encore appris qu’avec notre espèce nul n’est jamais à l’abri en aucun lieu. Les hommes et animaux qui sont massacrés ou torturés et  mutilés chaque jour aux quatre coins du monde en savent quelque chose.

 

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L’ami Gibus qui au cours de cette sympathique sortie familiale n’a pas eu son compte de cabrioles, ne manque pas l’occasion de franchir le ruisseau de la Taillade sur un pont rustique mis en place par l’Association de Caissenols. Nos épouses sont fort soulagées de ne pas avoir à l’emprunter, un gué permettant de franchir le torrent en contrebas. Un « mariole » par couple ça suffit !

 

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Nous croisons bientôt d’autres acrobates : deux jeunes mouflons qui ne nous ont pas entendu venir et qui manifestement ne sont pas encore familiarisés avec les bipèdes vu les  regards étonnés qu’ils nous jettent. Mais peut être sont ce nos jolies épouses qui les fascinent ! On les comprend !

 

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Mes fidèles lecteurs et lectrices  se diront sans doute  « Tiens Ulysse nous remet encore son vieil arbre mort », il pourrait changer de sujet ! Vivement qu’un éclair le foudroie ! » (en parlant de l’arbre pas de moi, du moins je l’espère). Et bien, non je ne changerai pas de sujet et à chaque fois que je passerai par ici vous y aurez droit ! C'est mon petit privilège d'auteur et j'y tiens ! Car cet arbre là qui continue de se dresser face aux intempéries après sa mort me fascine ! Comme s’il ne voulait pas s’avouer vaincu et que par delà la mort il nous adressait un message : «  Ne vous laissez pas abattre par l’adversité ! Tenez bon ! Ne lâchez rien !  Ne perdez pas votre temps à des fadaises ! Vivez ! Aimez ! Faites vous des amis de chair et d'os et chérissez les ». C’est du moins ce que je crois entendre et j’essaie de suivre ses conseils.

 

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Cette dernière photo où vous nous  voyez descendre un sentier envahi de feuilles de châtaigniers, nos visages empreints d’une joie enfantine, vous dira mieux que des mots le bonheur que nous avons pris à cette mémorable journée qui hélas se termine.

Au plaisir de vous revoir Bernard, Pierre et François….et au plaisir d’avoir de vos nouvelles chères lectrices et chers  lecteurs. J’espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie !

PS : Vous qui êtes, chères lectrices et chers lecteurs, des adeptes de la nature et des choses authentiques prenez quelques minutes pour aller écouter ICI la délicieuse chronique d'Olivier de Robert.

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux du refuge prises par Bernard)

 


06/11/2013

Voulez vous que je l’on vous ravisse ? Suivez nous à Rosis !

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En ces temps où la morosité règne en tous lieux et où notre capitaine qui est censé tenir la barre a perdu le cap, il est revigorant, quand on a l’infini privilège d’être libre de son temps, d’aller se plonger au cœur de la nature à la fois immuable et  changeante. Immuable, car roches, torrents, animaux, arbres nous donnent le sentiment d’une permanence qui nous rassure dans notre monde instable et imprévisible.  Changeante car la ronde des saisons lui confère un charme renouvelé sans modifier en rien son essence. A vous, chères lectrices et lecteurs, qui n’avez peut être pas cette liberté, j’offre donc cette parenthèse virtuelle d’immersion dans la nature, en espérant qu’elle vous apportera un brin de « zénitude ».

 

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Sur le chemin des Banissous, que nous empruntons en vue d’accéder à la montagne de Rosis, nous rencontrons ce que je pensais être une magnifique amanite panthère, mais qui serait en fait une coulemelle, d'après deux de mes lecteurs, Alain et Daniel, que je remercie pour cette précision.  La belle n’a pas froid aux yeux de s’installer ainsi sur le chemin où elle risque de se faire bousculer par les randonneurs, heureusement rares en cette saison.  

 

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Puis nous traversons le ruisseau d’Aussière dont la douce chanson égaie cet univers végétal gagné par la mélancolie automnale. Chaque fois que je rencontre un cours d’eau je pense à l’étonnant voyage de cette matière protéiforme qui va sans cesse des nuages aux océans où dans les profondeurs de la terre et dont le cycle perpétuel a permis l’éclosion de la vie sur la terre.

 


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Après avoir accédé à la Plane (1029m) l’un des sommets de la montagne de Rosis, nous suivons la sente qui court sur la ligne de crête avant de redescendre vers notre point de départ. Les premiers froids de l’automne commencent à roussir les bruyères et les feuilles des hêtres (aussi dénommés fayards). Etant également  à l’automne de nos existences nous nous sentons en harmonie avec notre environnement. Espérons néanmoins que pour ce qui nous concerne l’hiver ne viendra pas trop vite !!

 

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Seuls les genets restent verts pendant la « morte saison ». De fait, leur vitalité et leur prolifération pose un problème d’environnement car ils envahissent peu à peu les massifs du haut Languedoc au détriment des autres végétaux. Autrefois les troupeaux de moutons permettaient de limiter leur extension. Ils ont vite fait de recouvrir les chemins et il faut l’œil avisé de Gibus pour ne pas perdre la trace qui doit nous mener à bon port.


 

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Cette sente passe par les croupes rocheuses qui émaillent la ligne de crête et qui nous ramènent à l’état de quadrupède, nos mains servant autant que nos pieds dans ce genre de situation.

 

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Quand je fais référence aux quadrupèdes, je devrais préciser : genre mouflon pour l’ami Gibus qui survole les obstacles et plutôt hippopotame pour ce qui concerne votre serviteur. Mais bon j’arrive à passer quand même !

 

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Nous évoluons dans un paysage qui évoque une peinture chinoise « shanshui » qui  célèbre la montagne, symbole de la force et l’eau, symbole de vitalité. Bien que l’eau ne soit pas ici visible, elle coule en contrebas dans le vallon et nous en apercevons parfois le cours.

Selon Confucius « L'homme avisé aime l'eau, l'homme vertueux, les montagnes. L'homme avisé se meut comme l'eau, l'homme vertueux est stoïque comme la montagne. L'homme avisé est heureux ; l'homme vertueux a une longue vie. ». Nous qui aimons l’eau et les montagnes serions nous donc avisés et vertueux ? Je répondrai avec sincérité pour ce qui me concerne : pas toujours !

 


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Au sommet de l’une des croupes rocheuses nous tombons sur un tas de crottes fraîches de mouflon, mais c’est hélas la seule trace que l’on verra ce jour de ce noble animal.



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Mais afin que vous ne soyez pas trop frustrés et que vous ayez envie de revenir nous voir, je vous mets une photo d’un magnifique mâle prise  l’an passé à la même époque et dans ce secteur.

 

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Passant au pied des ruines du vieux château de Nébuzon  nous y grimpons espérant y découvrir un somptueux panorama.

 

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Et nous apercevons, en effet, le cours du Casselouvre que nous avons descendu cet été en canyoning (voir ma note du 8 août dernier)

 

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Nous ne manquons pas à la descente d’aller y plonger une tête …..et d’en ressortir vite fait, l’eau étant à une température compatible avec le pastis ! Nous en ressortons plus petits de quelques centimètres…..

 

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Après avoir parcouru ensemble ces merveilleux paysages que recèle le Haut Languedoc, je vais malheureusement devoir partager avec vous un coup de gueule contre quelques individus qui relèvent plus de la race des cancrelats que de l’humanité. Ces "goujats" ont déposé sur le parking du hameau de Cours le Haut où nous étions garés des « encombrants » à coté même d’un panneau d’interdiction informant les habitants de l’organisation d’un dispositif de ramassage à domicile. Je sais bien que mon coup de gueule n’aura aucun effet car ces individus pour agir de la sorte ne doivent même pas savoir lire !

 

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Tout aussi méprisables sont les chasseurs qui ont abattu ce faucon crécerelle dont la photo m’a été communiquée par un ami randonneur Daniel qui les a surpris juste après qu’ils aient commis leur forfait. Mon ami les a interpellés mais ils se sont carapatés comme des cancrelats pour ne pas être identifiés, car c’est un délit. Le faucon est d’autant plus facile à atteindre qu’il a un vol stationnaire afin de repérer ses proies et tirer sur lui est une ignominie. Cet acte n'est hélas pas un cas isolé et vous lirez ICI une liste de bavures et incidents de chasse recensés par la « Buvette des Alpages »

 Ceci dit je ne veux pas diaboliser tous les chasseurs. Même si c’est une activité que je réprouve, elle est légale et tant que les personnes qui la pratiquent  respectent la réglementation et les autres usagers des espaces naturels, on ne peut les condamner. Je dois reconnaître que la majorité de ceux que je croise sont courtois et disposés à cohabiter avec les randonneurs. Mais il serait bien que les fédérations fassent la « chasse » à ceux de leurs membres qui commettent de tels actes.

 

Texte & Photos Ulysse