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02/12/2013

Réunion de « vieilles guiboles » à Caissenols

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 Il est des jours de notre vie à marquer d’une pierre blanche. Ce mercredi 26 novembre 2013 fut, pour moi, Gibus et nos épouses, de ceux là. Car ce jour prit son envol sous un soleil radieux et nous permit de chauffer nos abattis au feu de bois et nos cœurs au feu de l’amitié. Nous avions, en effet, programmé une rencontre au refuge de Caissenols avec  Bernard et Pierre lecteurs assidus d’Eldorad’Oc et devenus amis suite à une rencontre fortuite que je vous ai contée dans le passé.

 

Nous voilà donc partis de bon matin à l’assaut de la Serre de Majous que traverse le chemin qui mène à Caissenols. Nos épouses nous accompagnant nous dédaignons pour une fois les sentes à mouflons et empruntons le chemin le plus carrossable. Ce qui me laisse pour une fois le temps de soigner le cadrage de mes photos, que je prends d’habitude en déséquilibre sur un pied en tentant de ne pas perdre de vue Gibus qui gambade devant.

 

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Un génie sylvicole un brin facétieux se met soudain à hurler, ravi d’avoir un public féminin à effrayer. « Même pas peur » disent en cœur nos épouses qui en ont vu d’autres, vu que ça fait quelques dizaines d’années qu’elle vivent avec les « marioles » que nous sommes.

 

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Nous arrivons en vue du col de Roquandouire dominé par les sommets enneigés de la Serre de Majous qui culmine à 989 mètres. Cette année l’hiver est venu piétiner les plates-bandes de l’automne sans crier gare, ce qui nous contraint de transporter dans nos sacs à dos un peu de bois sec pour lancer le feu dans le refuge où nous avons prévu de pique-niquer. Si vous ajoutez à cela le thermos de vin chaud, de potage, de thé ou de café et les boissons « énergisantes » qui font le lien entre elles, sans oublier (pour Gibus) la poêle pour l’omelette et le repas de nos compagnes que nous portons par galanterie, vous comprendrez que nous avons un petit aperçu de ce qu’est une vie de mule !

 

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Mais le panorama qui s’offre à nous est tellement somptueux qu’il nous fait oublier les meurtrissures de nos vieux abattis. L’association incongrue de la neige des sommets et des feuillages automnaux des hêtres qui couvrent les flancs de la Serre de Majous est une régal pour nos yeux, jamais lassés de  ce spectacle. L’homme peut s’évertuer à inventer la télévision en Extra-Super-HD le cinéma 3 D et prochainement l’immersion dans les mondes virtuels, jamais ces ersatz ne procureront le doux sentiment d’euphorie et de légèreté de l’âme qui vous saisit quand on est au petit matin, au  sein d’une telle beauté, caressé par un air frais qui vous pince les oreilles.

 

 

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Nous sommes en vue du Portail de Roquendouire, lieu « magique »  que mes lectrices et lecteurs connaissent bien et qui selon les saisons est environné d’une mer mauve de bruyère ou d’un océan d’or de genêts.

 

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Gibus et moi y faisons une petite pause, ce qui permet à nos épouses, dont une partie de l’énergie motrice est consacrée aux muscles labiaux, de nous rejoindre….(oh le mufle !).

 

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Nous empruntons le chemin qui longe le flanc tourmenté de la Serre de Majoux où de rares arbres ont vainement tenté de s’accrocher. Mais la gravité a eu raison d’eux malgré un ultime sursaut de leurs branches vers le ciel.

 

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Quand je parlais, tout à l’heure, d’air frais qui pinçait les oreilles, je n’exagérais point, comme vous pouvez le voir en admirant cette magnifique collection de stalactites de glace offerts par l’Hiver à Gaïa. Ces bijoux là sont plus  beaux que ceux que l’on peut voir chez les joailliers de la Place Vendôme à Paris destinés à cacher le cou ridé de richissimes pachydermes.

 

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Le ciel commence à se couvrir au moment où nous arrivons au refuge de Caissenols, merveilleusement restauré par des bénévoles d’une association. Je profite de l’occasion pour une nouvelle fois les remercier, car c’est un endroit chargé pour nous d’heureux souvenirs auxquels cette journée ajoutera son lot.

Bernard et Pierre, accompagnés d’un ami, François,  sont déjà dans les lieux et en montagnards et épicuriens avertis ont démarré le feu et commencé à mettre la table avec une nappe blanche, s'il vous plait !

 

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Je laisse les photos prises par Bernard (créateur d’un joli BLOG ou la poésie se marrie à la photographie) témoigner de l’ambiance chaleureuse de notre rencontre que n’aurait pas dédaignée Rabelais. A noter qu'au menu, il y avait du foie gras sur canapé de pain d'épice apporté par nos amis. Il manquait le sauternes mais c'était néanmoins un délice !


 

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L’amour de la montagne qui conduit l’homme à tisser des liens étroits avec les arbres, les rochers, les animaux, le vent, la pluie, la neige le prédispose à  l’amitié. Celui qui aime la montagne apprend à aimer les autres car la solidarité est une garantie de survie. Et, cerise sur le gâteau, celui qui aime la montagne vieillit moins vite que les autres, la montagne étant une fontaine de jouvence, comme en témoignent nos vieilles guibolles qui totalisent près de quatre siècles et  passent les cols aussi facilement que d’autres, beaucoup plus jeunes,  escaladent leur canapé !

 

 

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Après deux heures mémorables passés ensemble, nous devons, les journées étant plus courtes, prendre le chemin du retour, le temps s’étant mis définitivement à la grisaille et le froid se faisant plus vif.

 

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L’esprit encore imprégné des chaleureux moments que nous venons de vivre, nous sommes sortis de notre douce torpeur par la vue d’un mouflon qui nous nargue du haut d’une falaise où il se sent à l’abri. Le bougre n’a pas encore appris qu’avec notre espèce nul n’est jamais à l’abri en aucun lieu. Les hommes et animaux qui sont massacrés ou torturés et  mutilés chaque jour aux quatre coins du monde en savent quelque chose.

 

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L’ami Gibus qui au cours de cette sympathique sortie familiale n’a pas eu son compte de cabrioles, ne manque pas l’occasion de franchir le ruisseau de la Taillade sur un pont rustique mis en place par l’Association de Caissenols. Nos épouses sont fort soulagées de ne pas avoir à l’emprunter, un gué permettant de franchir le torrent en contrebas. Un « mariole » par couple ça suffit !

 

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Nous croisons bientôt d’autres acrobates : deux jeunes mouflons qui ne nous ont pas entendu venir et qui manifestement ne sont pas encore familiarisés avec les bipèdes vu les  regards étonnés qu’ils nous jettent. Mais peut être sont ce nos jolies épouses qui les fascinent ! On les comprend !

 

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Mes fidèles lecteurs et lectrices  se diront sans doute  « Tiens Ulysse nous remet encore son vieil arbre mort », il pourrait changer de sujet ! Vivement qu’un éclair le foudroie ! » (en parlant de l’arbre pas de moi, du moins je l’espère). Et bien, non je ne changerai pas de sujet et à chaque fois que je passerai par ici vous y aurez droit ! C'est mon petit privilège d'auteur et j'y tiens ! Car cet arbre là qui continue de se dresser face aux intempéries après sa mort me fascine ! Comme s’il ne voulait pas s’avouer vaincu et que par delà la mort il nous adressait un message : «  Ne vous laissez pas abattre par l’adversité ! Tenez bon ! Ne lâchez rien !  Ne perdez pas votre temps à des fadaises ! Vivez ! Aimez ! Faites vous des amis de chair et d'os et chérissez les ». C’est du moins ce que je crois entendre et j’essaie de suivre ses conseils.

 

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Cette dernière photo où vous nous  voyez descendre un sentier envahi de feuilles de châtaigniers, nos visages empreints d’une joie enfantine, vous dira mieux que des mots le bonheur que nous avons pris à cette mémorable journée qui hélas se termine.

Au plaisir de vous revoir Bernard, Pierre et François….et au plaisir d’avoir de vos nouvelles chères lectrices et chers  lecteurs. J’espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie !

PS : Vous qui êtes, chères lectrices et chers lecteurs, des adeptes de la nature et des choses authentiques prenez quelques minutes pour aller écouter ICI la délicieuse chronique d'Olivier de Robert.

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux du refuge prises par Bernard)

 


06/11/2013

Voulez vous que je l’on vous ravisse ? Suivez nous à Rosis !

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En ces temps où la morosité règne en tous lieux et où notre capitaine qui est censé tenir la barre a perdu le cap, il est revigorant, quand on a l’infini privilège d’être libre de son temps, d’aller se plonger au cœur de la nature à la fois immuable et  changeante. Immuable, car roches, torrents, animaux, arbres nous donnent le sentiment d’une permanence qui nous rassure dans notre monde instable et imprévisible.  Changeante car la ronde des saisons lui confère un charme renouvelé sans modifier en rien son essence. A vous, chères lectrices et lecteurs, qui n’avez peut être pas cette liberté, j’offre donc cette parenthèse virtuelle d’immersion dans la nature, en espérant qu’elle vous apportera un brin de « zénitude ».

 

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Sur le chemin des Banissous, que nous empruntons en vue d’accéder à la montagne de Rosis, nous rencontrons ce que je pensais être une magnifique amanite panthère, mais qui serait en fait une coulemelle, d'après deux de mes lecteurs, Alain et Daniel, que je remercie pour cette précision.  La belle n’a pas froid aux yeux de s’installer ainsi sur le chemin où elle risque de se faire bousculer par les randonneurs, heureusement rares en cette saison.  

 

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Puis nous traversons le ruisseau d’Aussière dont la douce chanson égaie cet univers végétal gagné par la mélancolie automnale. Chaque fois que je rencontre un cours d’eau je pense à l’étonnant voyage de cette matière protéiforme qui va sans cesse des nuages aux océans où dans les profondeurs de la terre et dont le cycle perpétuel a permis l’éclosion de la vie sur la terre.

 


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Après avoir accédé à la Plane (1029m) l’un des sommets de la montagne de Rosis, nous suivons la sente qui court sur la ligne de crête avant de redescendre vers notre point de départ. Les premiers froids de l’automne commencent à roussir les bruyères et les feuilles des hêtres (aussi dénommés fayards). Etant également  à l’automne de nos existences nous nous sentons en harmonie avec notre environnement. Espérons néanmoins que pour ce qui nous concerne l’hiver ne viendra pas trop vite !!

 

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Seuls les genets restent verts pendant la « morte saison ». De fait, leur vitalité et leur prolifération pose un problème d’environnement car ils envahissent peu à peu les massifs du haut Languedoc au détriment des autres végétaux. Autrefois les troupeaux de moutons permettaient de limiter leur extension. Ils ont vite fait de recouvrir les chemins et il faut l’œil avisé de Gibus pour ne pas perdre la trace qui doit nous mener à bon port.


 

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Cette sente passe par les croupes rocheuses qui émaillent la ligne de crête et qui nous ramènent à l’état de quadrupède, nos mains servant autant que nos pieds dans ce genre de situation.

 

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Quand je fais référence aux quadrupèdes, je devrais préciser : genre mouflon pour l’ami Gibus qui survole les obstacles et plutôt hippopotame pour ce qui concerne votre serviteur. Mais bon j’arrive à passer quand même !

 

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Nous évoluons dans un paysage qui évoque une peinture chinoise « shanshui » qui  célèbre la montagne, symbole de la force et l’eau, symbole de vitalité. Bien que l’eau ne soit pas ici visible, elle coule en contrebas dans le vallon et nous en apercevons parfois le cours.

Selon Confucius « L'homme avisé aime l'eau, l'homme vertueux, les montagnes. L'homme avisé se meut comme l'eau, l'homme vertueux est stoïque comme la montagne. L'homme avisé est heureux ; l'homme vertueux a une longue vie. ». Nous qui aimons l’eau et les montagnes serions nous donc avisés et vertueux ? Je répondrai avec sincérité pour ce qui me concerne : pas toujours !

 


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Au sommet de l’une des croupes rocheuses nous tombons sur un tas de crottes fraîches de mouflon, mais c’est hélas la seule trace que l’on verra ce jour de ce noble animal.



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Mais afin que vous ne soyez pas trop frustrés et que vous ayez envie de revenir nous voir, je vous mets une photo d’un magnifique mâle prise  l’an passé à la même époque et dans ce secteur.

 

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Passant au pied des ruines du vieux château de Nébuzon  nous y grimpons espérant y découvrir un somptueux panorama.

 

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Et nous apercevons, en effet, le cours du Casselouvre que nous avons descendu cet été en canyoning (voir ma note du 8 août dernier)

 

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Nous ne manquons pas à la descente d’aller y plonger une tête …..et d’en ressortir vite fait, l’eau étant à une température compatible avec le pastis ! Nous en ressortons plus petits de quelques centimètres…..

 

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Après avoir parcouru ensemble ces merveilleux paysages que recèle le Haut Languedoc, je vais malheureusement devoir partager avec vous un coup de gueule contre quelques individus qui relèvent plus de la race des cancrelats que de l’humanité. Ces "goujats" ont déposé sur le parking du hameau de Cours le Haut où nous étions garés des « encombrants » à coté même d’un panneau d’interdiction informant les habitants de l’organisation d’un dispositif de ramassage à domicile. Je sais bien que mon coup de gueule n’aura aucun effet car ces individus pour agir de la sorte ne doivent même pas savoir lire !

 

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Tout aussi méprisables sont les chasseurs qui ont abattu ce faucon crécerelle dont la photo m’a été communiquée par un ami randonneur Daniel qui les a surpris juste après qu’ils aient commis leur forfait. Mon ami les a interpellés mais ils se sont carapatés comme des cancrelats pour ne pas être identifiés, car c’est un délit. Le faucon est d’autant plus facile à atteindre qu’il a un vol stationnaire afin de repérer ses proies et tirer sur lui est une ignominie. Cet acte n'est hélas pas un cas isolé et vous lirez ICI une liste de bavures et incidents de chasse recensés par la « Buvette des Alpages »

 Ceci dit je ne veux pas diaboliser tous les chasseurs. Même si c’est une activité que je réprouve, elle est légale et tant que les personnes qui la pratiquent  respectent la réglementation et les autres usagers des espaces naturels, on ne peut les condamner. Je dois reconnaître que la majorité de ceux que je croise sont courtois et disposés à cohabiter avec les randonneurs. Mais il serait bien que les fédérations fassent la « chasse » à ceux de leurs membres qui commettent de tels actes.

 

Texte & Photos Ulysse


 

30/10/2013

Et aujourd’hui on va où ? Au Mouscaillou !

 

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Alors que l’hiver s’avance à pas de loup il est bon de pouvoir faire, grâce à internet, un petit saut temporel en arrière et revenir ainsi en mai dernier pour partir à l’assaut du Mouscaillou. Bon, le terme « assaut » n’est pas vraiment approprié car le Mouscaillou est un modeste sommet de 806 mètres qui fait partie de la montagne de Rosis.

 

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D’ailleurs nos épouses nous accompagnent, ce qui vous garantit qu’il n’ y aura rien de scabreux dans notre périple. Pas de pic à franchir ni de ravin ou de torrent à dévaler, rien que des bons sentiers qui  permettent d’admirer le paysage ou de papoter, caractéristique qui permet de distinguer de loin un randonneur d’une randonneuse. Bon je sens que je me suis fait plein d’amies !!! Mon compteur face-de-bouc  va exploser !

 

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Le ciel est un peu laiteux ce qui ne met pas en valeur l’or des genêts qui couvrent les flancs de la montagne. Le paysage et notre rythme de progression sont propices à la méditation, exercice salutaire qui permet de faire un petit lavage-rinçage de nos neurones fortement sollicités par notre monde "hyper-technologisé" où l’on se sent coupable de ne pas répondre dans l’instant au moindre SMS qui nous arrive !

 

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Mais ce paysage paisible et harmonieux n’est pas exempt de « scorie » qui témoigne de l’imbécillité humaine, comme cet affût de chasseurs qui permet à des bipèdes ventripotents de massacrer sans prévenir des animaux dont ils sont loin d’avoir l’intelligence et la dignité.

 

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Nos épouses passent devant un génie grimaçant sans être autrement impressionnées. Les femmes, généralement plus effrayées par une souris que par un éléphant sont toujours, pour les hommes, une source de perplexité.

 

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Les roches déchiquetées qui bordent le chemin témoignent du passé tourmenté de la région. Ici un bloc de quartz s’est retrouvé coincé entre deux rocs de schistes. Il n’est pas près de se libérer !


 

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Par endroits le chemin s’enfonce dans le sous-bois, véritable bain de chlorophylle rafraîchissant et revigorant.


 

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Nous rencontrons deux magnifiques chevaux blancs et noirs qui ne parlent pas un mot de français, ce qui ne nous permet pas de savoir d’où ils viennent. Mais peut être que l’un de mes lecteurs ou lectrices saura me le dire ?

 

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Replongeant dans le sous bois nous tombons nez à nez avec un crocodile des forêts, fort heureusement assoupi .

 

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Puis nous troublons les ébats d’un couple de tipules, grands moustiques inoffensifs, plus communément appelés "cousins" fort occupés à assurer sa descendance. On ne peut pas dire que leur rapport soit très fusionnel, c’est un peu à la manière « british » « for the Queen and the kingdom » !

 

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Puis nous surprenons deux jeunes mouflons pas encore avertis de la dangerosité de l’homme et dont l’innocence nous permet de longuement les observer. Un de ces grands bonheurs que la montagne nous offre !

 

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Nous redescendons par le chemin des Banissous, bordé d’un superbe mur de pierres comme savaient en construire les anciens et sur lequel s’appuient d’extraordinaires chênes verts multiséculaires qui sans lui dévaleraient la pente !

 

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De retour au village de Cours–le-Bas, point de départ de notre périple, nous retrouvons la trace du passage de « bêtes à fusil » manifestement plus  bêtes que les bêtes à corne. Ce qui n’empêchera pas certains de vous dire  que la chasse est une noble tradition !

 

Texte & photos Ulysse (sauf une Buffler)

 

 

 

 

 

 

25/01/2013

La montagne de Rosis hors piste !

 

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 A l’occasion de l’annonce de la fin du monde fixée par une bande da farfelus au 21 décembre dernier, le journal Le Monde avait publié un article où des scientifiques répertoriaient les causes probables de la fin de l’aventure humaine sur notre planète. Outre l’implosion de notre soleil, prévue dans quelques milliards d’années, étaient ainsi envisagés une méga explosion volcanique, la rencontre avec un gros astéroïde, une pandémie mondiale mortelle, l’effondrement du champ magnétique terrestre qui transformerait la terre en micro-onde, évènements dont la probabilité de survenir n’excédait pas quelques milliers d’années, sans exclure pour certains (éruption volcanique et pandémie) qu’il puisse se produire dans les mois à venir. Nous vivons donc avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et il vaut mieux en conséquence, quand bien sûr on en a la possibilité, ne pas remettre à demain la quête des petits bonheurs que l’on peut cueillir ici et là dans cette vaste foire d’empoigne qu’est devenue notre planète.

C’est pourquoi Gibus et moi ne manquons pas une occasion d’aller explorer un bout de notre cher Languedoc qui n’a pas encore eu l’honneur de voir la semelle de nos souliers, et grâce à Zeus, ces lieux inexplorés sont suffisamment vastes pour occuper le reste de notre existence (même si nous devenons centenaires !).

 

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Nous voilà donc partis en ce frais, mais radieux, matin du 20 novembre 2012, du hameau de Cours le Bas, en direction du col de Vente Vieille, en vue d’aller explorer la Montagne de Rosis hors piste.

La beauté des feuillages de l’automne finissant et l’océan démonté de montagnes bleutées qui nous entoure et que la brume ourle d’écume nous gratifie d’un spectacle qui exalte nos âmes ou plutôt ce « je ne sais quoi » en nous qui nous fait sentir que nous sommes intimement liés au reste de l’univers.

 

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Nous passons en contrebas  du Mouscaillou, modeste sommet ou des bataillons de conifères disciplinés ont installé leur camp. On dirait des légions romaines faisant face à l’assaut de hordes hirsutes de feuillus gaulois. Les arbres, de fait, se livrent une guerre silencieuse où les batailles durent des décennies.

Les chasseurs ont dressé un portique accessible en 4X4 qui ne laisse aucune chance au gibier à plume ou à poil qui passe dans les parages. Quelle « noble » tradition  l’on perpétue ainsi qui permet à des gens ventripotents de massacrer à distance des animaux qu’ils sont hors d’état de suivre à la trace et dont ils sont incapables d’apprécier la beauté et la grâce !

 

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Ayant conclu, à notre démarche légère et à notre attirail, que nous n’étions pas de la sinistre famille des Nemrods, deux superbes et vénérables mouflons nous font l’honneur de se laisser contempler. Comment peut on avoir envie de tuer un être vivant dont on a ainsi croisé le regard  sans qu’il y ait une nécessité vitale. Les amérindiens qui  considéraient les animaux comme leurs égaux, les remerciaient quand ils les chassaient pour se nourrir  de se sacrifier ainsi pour assurer leur survie. Et chasser le bison avec un arc et des flèches relève d’une autre éthique que de chasser le cerf ou le mouflon avec un fusil à balle qui porte à 2km !

 

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Etant parvenu au sommet de la Montagne de Rosis qui culmine à 1058 mètres, nous entamons notre descente vers la rivière du Casselouvre, qui coule en contrebas et constitue le but de notre parcours hors piste. Evitant les sentiers, nous courrons le risque de tomber sur une barre rocheuse infranchissable et de devoir, s’il est trop tard pour revenir au point de départ,  passer une nuit à la belle étoile ! Mais il est exaltant de pouvoir ainsi introduire un peu d’incertitude dans nos vies aussi bien réglées et prévisibles qu’un coucou suisse.  Posons nous la question : y a-t-il beaucoup de jours dans notre vie où nous ne savons pas où nous serons  dans les heures qui suivent ! De fait, fort peu sous nos latitudes, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres pays où règnent famine et tyrannie.

 

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Nous rencontrons quelques difficultés pour traverser les denses ginestières qui occupent les pentes de la serre d’Esparic. Même les mouflons eux mêmes ont du mal à s’y faufiler, c’est pour dire ! Nous évitons de trop nous approcher des arêtes rocheuses car certains gros cailloux pourraient être tentés de vérifier s’ils sont plus durs que notre caboche , ce qui est probablement le cas !

 

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Nous traversons ensuite quelques éboulis où un vénérable hêtre s’est allongé pour mourir, ce qui ne facilite pas le passage de l’obstacle  ! Mais il n’ y a rien de plus revigorant que d’affronter et de surmonter des difficultés car on en tire un sentiment de fierté, autrement plus légitime et gratifiant que celui qu’éprouve le sportif de canapé qui crie « on a gagné » quand son équipe est victorieuse.

 

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Puis nous abordons une zone plus confortable où nous pouvons enfin jouir du paysage ; « so far, so good » comme disent nos meilleurs ennemis les « englishs », la perspective de devoir contempler le lever et le coucher de lune en compagnie de mouflonnes s’éloigne ainsi à grand pas, pour notre plus grande joie  (bien que nous n’ayons aucune prévention contre les mouflonnes !).

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Parvenant au dessus d’un éperon rocheux nous apercevons d’ailleurs un mâle qui se prélasse tandis que ses deux concubines broutent paisiblement inconscients de notre présence.

 

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Nous cherchons et trouvons une brèche dans l’éperon rocheux nous confortant dans l’idée que nous sommes nés sous une bonne étoile et que notre périple s’achèvera sans autre difficulté..

 

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Nous abordons l’endroit où paissaient les mouflons aperçus auparavant, mais ils ont disparu, sans doute alertés par le bruit de nos pas sur le sol caillouteux et notre odeur prononcée de randonneur !

 

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Quelques hêtres sont partis à l’assaut des flancs de la serre d’Esparic, cohorte de fantômes dont les silhouettes évanescentes tranchent avec l’or cramoisi des fougères fanées. En ces lieux combien la mort  est séduisante !

 

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Un jeune mouflon plus audacieux que les autres ou, hypothèse plus probable,  ignorant de la dangerosité  de l’espèce humaine nous regarde quelques instants, sans doute intrigué de nous voir tenir debout avec seulement deux pattes. Puis il part tranquillement  se réfugier derrière une barre rocheuse.

 

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Nous contournons à notre tour cette barre rocheuse pour découvrir avec « ravissement » qu’il va nous falloir franchir le ruisseau du Denès qui, à cette saison, ressemble à un torrent ! La traversée se révèle un brin acrobatique mais nous réussissons à garder nos pieds au sec ce qui, en cette saison, est des plus apprécié.

 

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En remontant sur l’autre rive nous entendons le bruit d’une cavalcade dans les sous bois, une harde de mouflons  défile alors devant nos yeux ébahis juste au dessus de nous, effrayés sans doute par le bruit de notre approche sans toutefois avoir pu nous repérer.

 

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Un vieux mâle s’arrête un instant pour tenter de voir d’où vient le danger mais grâce au vent contraire il ne peut déceler notre présence, ce qui nous donne le loisir de l’admirer. C’est pour nous un instant mémorable, un de ceux pour lesquels on avale des dizaines de kilomètres de chemin sans barguigner. Cette étincelle de vie sauvage et fière que l’on aperçoit dans son œil vaut plus pour nous que le plus gros des diamants, qui ne sont finalement que des morceaux de charbon transparents que des foldingues s’arrachent à prix d’or. Ah, les couillons !

 

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 Mais passé ce moment de bonheur nous tombons sur un « os ». Une paroi rocheuse d’une vingtaine de mètres se dresse devant nous qu’il nous est impossible de gravir. Deux solutions s’offrent à nous :  la contourner par le haut avec le risque de tomber sur d’autres parois qui nous obligeraient,  en définitive, à rebrousser chemin  ou trouver une issue vers le bas, sachant que le ruisseau de Casselouvre, objectif de notre périple hors piste, ne doit plus être loin. Nous optons donc pour cette seconde solution qui implique, toutefois, de nous frayer un tunnel dans une végétation qui n’a rien à envier à  la jungle amazonienne. Fort heureusement les ronces n’affectionnent pas trop les pentes humides de la montagne de Rosis et nous sortons de cette épreuve pas trop balafrés.


 

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Et suprême récompense nous abordons aux rives du Casselouvre qui prennent à nos yeux l’allure du paradis. Et là je m’inscris en faux contre l’adage Zen qui prétend que « celui qui atteint son but a manqué tout le reste ». Car ce but que nous nous étions fixé n’était qu’un prétexte à arpenter cette nature sauvage et somptueuse de la montagne de Rosis. De fait, en atteignant notre but nous avons surtout gagné tout le reste ….

 

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 Nous sommes juste en contrebas du portail de Roquendouire d’où part un sentier qui nous ramènera sans encombre à bon port. Sachant que nous n’aurons donc pas cette nuit à contempler comme Ruth  «  cette faucille d’or négligemment jetée dans le champ des étoiles «  comme l’a célébré ce cher Victor, nous prenons le temps de nous baigner (oui, oui,  un 20 novembre !) couronnement du bonheur pris à faire cette randonnée.

  

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 La montée vers le portail n’est ensuite  pour nous qu’une formalité. En le voyant un plaisir intense nous envahit, comme celui que l’on éprouve à revoir sa maison après un long voyage.

  

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Et c’est en « roues libres » que nous empruntons la superbe draille, bordées de magnifiques « sécadous », en ruines hélas, qui doit nous ramener  tranquillement à notre point de départ.

 

 

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Mais nous avions oublié qu’il nous fallait franchir une dernière fois le Casselouvre avant de rejoindre  Cours le Bas  et le gué que nous empruntons habituellement est, à cette saison, submergé. Nous devons nous livrer à un dernier exercice périlleux de le traverser pieds nus en marchant sur des cailloux glissants : il ne manquerait plus que, si près du but, on se retrouve le cul dans l’eau tout habillé après avoir arpenté la montagne de Rosis hors piste sans avoir subi aucun dommage !

 

Texte & photos Ulysse