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30/10/2013

Et aujourd’hui on va où ? Au Mouscaillou !

 

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Alors que l’hiver s’avance à pas de loup il est bon de pouvoir faire, grâce à internet, un petit saut temporel en arrière et revenir ainsi en mai dernier pour partir à l’assaut du Mouscaillou. Bon, le terme « assaut » n’est pas vraiment approprié car le Mouscaillou est un modeste sommet de 806 mètres qui fait partie de la montagne de Rosis.

 

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D’ailleurs nos épouses nous accompagnent, ce qui vous garantit qu’il n’ y aura rien de scabreux dans notre périple. Pas de pic à franchir ni de ravin ou de torrent à dévaler, rien que des bons sentiers qui  permettent d’admirer le paysage ou de papoter, caractéristique qui permet de distinguer de loin un randonneur d’une randonneuse. Bon je sens que je me suis fait plein d’amies !!! Mon compteur face-de-bouc  va exploser !

 

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Le ciel est un peu laiteux ce qui ne met pas en valeur l’or des genêts qui couvrent les flancs de la montagne. Le paysage et notre rythme de progression sont propices à la méditation, exercice salutaire qui permet de faire un petit lavage-rinçage de nos neurones fortement sollicités par notre monde "hyper-technologisé" où l’on se sent coupable de ne pas répondre dans l’instant au moindre SMS qui nous arrive !

 

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Mais ce paysage paisible et harmonieux n’est pas exempt de « scorie » qui témoigne de l’imbécillité humaine, comme cet affût de chasseurs qui permet à des bipèdes ventripotents de massacrer sans prévenir des animaux dont ils sont loin d’avoir l’intelligence et la dignité.

 

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Nos épouses passent devant un génie grimaçant sans être autrement impressionnées. Les femmes, généralement plus effrayées par une souris que par un éléphant sont toujours, pour les hommes, une source de perplexité.

 

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Les roches déchiquetées qui bordent le chemin témoignent du passé tourmenté de la région. Ici un bloc de quartz s’est retrouvé coincé entre deux rocs de schistes. Il n’est pas près de se libérer !


 

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Par endroits le chemin s’enfonce dans le sous-bois, véritable bain de chlorophylle rafraîchissant et revigorant.


 

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Nous rencontrons deux magnifiques chevaux blancs et noirs qui ne parlent pas un mot de français, ce qui ne nous permet pas de savoir d’où ils viennent. Mais peut être que l’un de mes lecteurs ou lectrices saura me le dire ?

 

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Replongeant dans le sous bois nous tombons nez à nez avec un crocodile des forêts, fort heureusement assoupi .

 

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Puis nous troublons les ébats d’un couple de tipules, grands moustiques inoffensifs, plus communément appelés "cousins" fort occupés à assurer sa descendance. On ne peut pas dire que leur rapport soit très fusionnel, c’est un peu à la manière « british » « for the Queen and the kingdom » !

 

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Puis nous surprenons deux jeunes mouflons pas encore avertis de la dangerosité de l’homme et dont l’innocence nous permet de longuement les observer. Un de ces grands bonheurs que la montagne nous offre !

 

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Nous redescendons par le chemin des Banissous, bordé d’un superbe mur de pierres comme savaient en construire les anciens et sur lequel s’appuient d’extraordinaires chênes verts multiséculaires qui sans lui dévaleraient la pente !

 

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De retour au village de Cours–le-Bas, point de départ de notre périple, nous retrouvons la trace du passage de « bêtes à fusil » manifestement plus  bêtes que les bêtes à corne. Ce qui n’empêchera pas certains de vous dire  que la chasse est une noble tradition !

 

Texte & photos Ulysse (sauf une Buffler)

 

 

 

 

 

 

25/01/2013

La montagne de Rosis hors piste !

 

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 A l’occasion de l’annonce de la fin du monde fixée par une bande da farfelus au 21 décembre dernier, le journal Le Monde avait publié un article où des scientifiques répertoriaient les causes probables de la fin de l’aventure humaine sur notre planète. Outre l’implosion de notre soleil, prévue dans quelques milliards d’années, étaient ainsi envisagés une méga explosion volcanique, la rencontre avec un gros astéroïde, une pandémie mondiale mortelle, l’effondrement du champ magnétique terrestre qui transformerait la terre en micro-onde, évènements dont la probabilité de survenir n’excédait pas quelques milliers d’années, sans exclure pour certains (éruption volcanique et pandémie) qu’il puisse se produire dans les mois à venir. Nous vivons donc avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et il vaut mieux en conséquence, quand bien sûr on en a la possibilité, ne pas remettre à demain la quête des petits bonheurs que l’on peut cueillir ici et là dans cette vaste foire d’empoigne qu’est devenue notre planète.

C’est pourquoi Gibus et moi ne manquons pas une occasion d’aller explorer un bout de notre cher Languedoc qui n’a pas encore eu l’honneur de voir la semelle de nos souliers, et grâce à Zeus, ces lieux inexplorés sont suffisamment vastes pour occuper le reste de notre existence (même si nous devenons centenaires !).

 

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Nous voilà donc partis en ce frais, mais radieux, matin du 20 novembre 2012, du hameau de Cours le Bas, en direction du col de Vente Vieille, en vue d’aller explorer la Montagne de Rosis hors piste.

La beauté des feuillages de l’automne finissant et l’océan démonté de montagnes bleutées qui nous entoure et que la brume ourle d’écume nous gratifie d’un spectacle qui exalte nos âmes ou plutôt ce « je ne sais quoi » en nous qui nous fait sentir que nous sommes intimement liés au reste de l’univers.

 

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Nous passons en contrebas  du Mouscaillou, modeste sommet ou des bataillons de conifères disciplinés ont installé leur camp. On dirait des légions romaines faisant face à l’assaut de hordes hirsutes de feuillus gaulois. Les arbres, de fait, se livrent une guerre silencieuse où les batailles durent des décennies.

Les chasseurs ont dressé un portique accessible en 4X4 qui ne laisse aucune chance au gibier à plume ou à poil qui passe dans les parages. Quelle « noble » tradition  l’on perpétue ainsi qui permet à des gens ventripotents de massacrer à distance des animaux qu’ils sont hors d’état de suivre à la trace et dont ils sont incapables d’apprécier la beauté et la grâce !

 

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Ayant conclu, à notre démarche légère et à notre attirail, que nous n’étions pas de la sinistre famille des Nemrods, deux superbes et vénérables mouflons nous font l’honneur de se laisser contempler. Comment peut on avoir envie de tuer un être vivant dont on a ainsi croisé le regard  sans qu’il y ait une nécessité vitale. Les amérindiens qui  considéraient les animaux comme leurs égaux, les remerciaient quand ils les chassaient pour se nourrir  de se sacrifier ainsi pour assurer leur survie. Et chasser le bison avec un arc et des flèches relève d’une autre éthique que de chasser le cerf ou le mouflon avec un fusil à balle qui porte à 2km !

 

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Etant parvenu au sommet de la Montagne de Rosis qui culmine à 1058 mètres, nous entamons notre descente vers la rivière du Casselouvre, qui coule en contrebas et constitue le but de notre parcours hors piste. Evitant les sentiers, nous courrons le risque de tomber sur une barre rocheuse infranchissable et de devoir, s’il est trop tard pour revenir au point de départ,  passer une nuit à la belle étoile ! Mais il est exaltant de pouvoir ainsi introduire un peu d’incertitude dans nos vies aussi bien réglées et prévisibles qu’un coucou suisse.  Posons nous la question : y a-t-il beaucoup de jours dans notre vie où nous ne savons pas où nous serons  dans les heures qui suivent ! De fait, fort peu sous nos latitudes, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres pays où règnent famine et tyrannie.

 

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Nous rencontrons quelques difficultés pour traverser les denses ginestières qui occupent les pentes de la serre d’Esparic. Même les mouflons eux mêmes ont du mal à s’y faufiler, c’est pour dire ! Nous évitons de trop nous approcher des arêtes rocheuses car certains gros cailloux pourraient être tentés de vérifier s’ils sont plus durs que notre caboche , ce qui est probablement le cas !

 

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Nous traversons ensuite quelques éboulis où un vénérable hêtre s’est allongé pour mourir, ce qui ne facilite pas le passage de l’obstacle  ! Mais il n’ y a rien de plus revigorant que d’affronter et de surmonter des difficultés car on en tire un sentiment de fierté, autrement plus légitime et gratifiant que celui qu’éprouve le sportif de canapé qui crie « on a gagné » quand son équipe est victorieuse.

 

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Puis nous abordons une zone plus confortable où nous pouvons enfin jouir du paysage ; « so far, so good » comme disent nos meilleurs ennemis les « englishs », la perspective de devoir contempler le lever et le coucher de lune en compagnie de mouflonnes s’éloigne ainsi à grand pas, pour notre plus grande joie  (bien que nous n’ayons aucune prévention contre les mouflonnes !).

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Parvenant au dessus d’un éperon rocheux nous apercevons d’ailleurs un mâle qui se prélasse tandis que ses deux concubines broutent paisiblement inconscients de notre présence.

 

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Nous cherchons et trouvons une brèche dans l’éperon rocheux nous confortant dans l’idée que nous sommes nés sous une bonne étoile et que notre périple s’achèvera sans autre difficulté..

 

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Nous abordons l’endroit où paissaient les mouflons aperçus auparavant, mais ils ont disparu, sans doute alertés par le bruit de nos pas sur le sol caillouteux et notre odeur prononcée de randonneur !

 

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Quelques hêtres sont partis à l’assaut des flancs de la serre d’Esparic, cohorte de fantômes dont les silhouettes évanescentes tranchent avec l’or cramoisi des fougères fanées. En ces lieux combien la mort  est séduisante !

 

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Un jeune mouflon plus audacieux que les autres ou, hypothèse plus probable,  ignorant de la dangerosité  de l’espèce humaine nous regarde quelques instants, sans doute intrigué de nous voir tenir debout avec seulement deux pattes. Puis il part tranquillement  se réfugier derrière une barre rocheuse.

 

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Nous contournons à notre tour cette barre rocheuse pour découvrir avec « ravissement » qu’il va nous falloir franchir le ruisseau du Denès qui, à cette saison, ressemble à un torrent ! La traversée se révèle un brin acrobatique mais nous réussissons à garder nos pieds au sec ce qui, en cette saison, est des plus apprécié.

 

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En remontant sur l’autre rive nous entendons le bruit d’une cavalcade dans les sous bois, une harde de mouflons  défile alors devant nos yeux ébahis juste au dessus de nous, effrayés sans doute par le bruit de notre approche sans toutefois avoir pu nous repérer.

 

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Un vieux mâle s’arrête un instant pour tenter de voir d’où vient le danger mais grâce au vent contraire il ne peut déceler notre présence, ce qui nous donne le loisir de l’admirer. C’est pour nous un instant mémorable, un de ceux pour lesquels on avale des dizaines de kilomètres de chemin sans barguigner. Cette étincelle de vie sauvage et fière que l’on aperçoit dans son œil vaut plus pour nous que le plus gros des diamants, qui ne sont finalement que des morceaux de charbon transparents que des foldingues s’arrachent à prix d’or. Ah, les couillons !

 

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 Mais passé ce moment de bonheur nous tombons sur un « os ». Une paroi rocheuse d’une vingtaine de mètres se dresse devant nous qu’il nous est impossible de gravir. Deux solutions s’offrent à nous :  la contourner par le haut avec le risque de tomber sur d’autres parois qui nous obligeraient,  en définitive, à rebrousser chemin  ou trouver une issue vers le bas, sachant que le ruisseau de Casselouvre, objectif de notre périple hors piste, ne doit plus être loin. Nous optons donc pour cette seconde solution qui implique, toutefois, de nous frayer un tunnel dans une végétation qui n’a rien à envier à  la jungle amazonienne. Fort heureusement les ronces n’affectionnent pas trop les pentes humides de la montagne de Rosis et nous sortons de cette épreuve pas trop balafrés.


 

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Et suprême récompense nous abordons aux rives du Casselouvre qui prennent à nos yeux l’allure du paradis. Et là je m’inscris en faux contre l’adage Zen qui prétend que « celui qui atteint son but a manqué tout le reste ». Car ce but que nous nous étions fixé n’était qu’un prétexte à arpenter cette nature sauvage et somptueuse de la montagne de Rosis. De fait, en atteignant notre but nous avons surtout gagné tout le reste ….

 

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 Nous sommes juste en contrebas du portail de Roquendouire d’où part un sentier qui nous ramènera sans encombre à bon port. Sachant que nous n’aurons donc pas cette nuit à contempler comme Ruth  «  cette faucille d’or négligemment jetée dans le champ des étoiles «  comme l’a célébré ce cher Victor, nous prenons le temps de nous baigner (oui, oui,  un 20 novembre !) couronnement du bonheur pris à faire cette randonnée.

  

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 La montée vers le portail n’est ensuite  pour nous qu’une formalité. En le voyant un plaisir intense nous envahit, comme celui que l’on éprouve à revoir sa maison après un long voyage.

  

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Et c’est en « roues libres » que nous empruntons la superbe draille, bordées de magnifiques « sécadous », en ruines hélas, qui doit nous ramener  tranquillement à notre point de départ.

 

 

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Mais nous avions oublié qu’il nous fallait franchir une dernière fois le Casselouvre avant de rejoindre  Cours le Bas  et le gué que nous empruntons habituellement est, à cette saison, submergé. Nous devons nous livrer à un dernier exercice périlleux de le traverser pieds nus en marchant sur des cailloux glissants : il ne manquerait plus que, si près du but, on se retrouve le cul dans l’eau tout habillé après avoir arpenté la montagne de Rosis hors piste sans avoir subi aucun dommage !

 

Texte & photos Ulysse


05/01/2013

Jeux de (petites & grandes) guibolles pour aller à Caissenols

 

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Hello, nous  revoilà, Emilie et Romain, les petits parigots blanchots venus mettre un peu de vie, et accessoirement du bazar, dans la maison de nos « ancêtres »  qui se la coulent douce sur les rivages ensoleillés de la « grande bleue » pendant que nous on trime (oui, même à l’école primaire on trime !) sur les berges grisâtres de la Seine. Nous partons ce matin en randonnée avec papi et mamie et leurs inséparables amis Gibus et Marie ainsi que nos géniteurs, trop heureux de nous faire  marcher 15 kilomètres et gravir 500 mètres de dénivelé car ils pensent qu’avec ce régime ils auront enfin une soirée tranquille ! Comme vous pouvez le constater la météo n’est pas vraiment « méditerranéenne » car la tramontane souffle à 70 kilomètres heures et nous nous dirigeons vers les contreforts de la Montagne de Rosis à une heure où le soleil prend encore son petit déjeuner. Bon, je ne veux pas dire que l’on fait partie des enfants maltraités mais c’est tout juste !

 

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Fort heureusement, le sentier traverse d’anciennes châtaigneraies qui, bien que dépouillées de leurs feuilles, nous protègent du vent, ce qui fait que je retrouve très vite mon sourire et prend la tête du groupe. L’avantage des randos en montagne c’est que, mis à part les sangliers, les araignées et les serpents (phobies de fille !) on n’y fait pas comme à Paris de mauvaises rencontres et les parents,  nous lâchent un peu « les baskets », ce qui nous permet de nous émanciper.

 

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Dans la montée je devance le groupe à l’exception, bien évidemment de Gibus et de mon papi qui sont à moitié mouflons et sont déjà loin devant. Je suis  talonnée par mon « pater » qui a l’avantage d’avoir des jambes deux fois plus grandes que les miennes. A ce sujet j’aimerais élever une protestation car si l’article un de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que «  Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »  aucun n’article ne prévoit qu’ils doivent avoir aussi la même longueur de guibolles et ça c’est une profonde injustice. Je dois, en effet faire deux pas quand mon père en fait un alors que quand vient l’heure du dessert lui s’octroie deux parts quand je n’ai droit qu’à une. Où est la justice dans tout ça ?

 

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Parvenus au Portail de Roquendouire où mon papy vous a souvent emmenés, Romain et moi réclamons une pause. Ce n’est pas tant que l’on soit fatigués mais il y a généralement dans les sacs des anciens quelques friandises que l’on apprécie et nous faisons en quelque sorte du chantage. Où est passée l’innocence enfantine, vous direz vous, mais vu le monde que les adultes vont nous laisser on est en droit de ne pas faire de sentiment !

 

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Notre sentier traverse un torrent et je dois reconnaître que je manque un peu  d’audace pour le franchir sans sourciller. Mais Gibus en galant homme me donne quelques conseils qui me sortent d’embarras.

 

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Je dois admettre que Romain fait preuve d’une plus grande aisance dans cet exercice. Mais il est vrai que les garçons adorent marcher dans les flaques d’eau et n’ont pas peur de salir leurs godasses. Les gènes des garçons sont sans doute plus audacieux que ceux des filles mais les nôtres sont plus raffinés !

 

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Et puis il faut toujours que les garçons la ramènent et cherchent à faire la preuve de leur supériorité physique. Romain, qui va sur son septième printemps, n’échappe pas à la règle, il veut vous faire croire qu’il a soulevé l’arbre abattu pour aider papa à passer mais laissez moi vous dire que malgré tous ses efforts l’arbre n’a pas bougé d’un pouce !

 

IMG_2678.JPGNous arrivons enfin en vue de la « terre promise » il s’agit, en l’occurrence, du refuge de Caissenols le Haut où l’on a prévu de pique-niquer. Et je peux vous assurer que ce pique-nique là on l’attend depuis le début des vacances car il y a au menu des saucisses grillées au feu de bois ! Et ça c’est un plaisir qu‘aucune console de jeux ne peut nous apporter !

 

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En ce début du vingt et unième siècle où l’on peut  avoir des amis en Chine, au Mexique ou aux Iles marquises qu’on n’a jamais vus et les appeler du fond de son lit pour leur dire qu’il pleut à Paris ou qu’il fait chaud à Perpignan, ce dont ils se moquent royalement, c’est un bonheur incommensurable de manger des saucisses grillées avec des chips sur une table en bois bancale ornée de bougies, alors qu’un bon feu crépite dans la cheminée et vous enfume comme des jambons.

 

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En plus ce sont les seuls moments ou les adultes me laissent faire la cuisine. Bon, il est vrai que de faire cuire des saucisses ne demande pas une grande expertise, mais tout le monde ne s’en tire pas aussi bien que moi. Demandez par exemple à mon papi qui un jour s’est mélangé les pinceaux en ouvrant la grille à saucisses ce qui fait qu’elles se sont retrouvées par terre au milieu des crottes de souris. Imaginez ce que ses oreilles ont entendu ce jour là ! Il en rougit encore quand on lui rappelle son « exploit »  .

 

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Après ces agapes, Romain qui s’est gavé de chips et de merguez est moins vaillant pour traverser les torrents et il fait appel à SOS Gibus l’homme providence quand on est en montagne. Je suis certaine que si on se perdait il serait capable de nous construire un abri pour la nuit avec son couteau suisse !

 

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Le grand bonheur de randonner dans ce pays est de découvrir une nature sauvage sous un ciel si bleu que je ne savais pas que ça pouvait exister. A Paris quand vous levez le nez c’est pour apercevoir des nuages gris, des nuages gris et encore des nuages gris !


 

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L’hiver n’est pourtant pas la saison la plus propice pour se balader car la nature hiberne, mais on pressent une vitalité en attente qui ne demande qu’un peu de chaleur pour jaillir !

 

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Et puis quel magnifique panorama l’on découvre en approchant du portail de Roquendouire . Je Comprends que mon papi et Gibus adorent venir roder dans ce coin là .

 

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Nous nous engageons à regret sur le chemin qui doit nous ramener au village d’Andabres (commune de Rosis) d’où nous sommes partis et que l’on aperçoit en contrebas . On découvre en face le Marcou qui culmine à 1081 mètres et sur lequel mon papi m’a promis de m’emmener l’année de mes 12 ans. Cela fait trois ans à attendre et il  y a des jours où l’on est pressé de vieillir !

 

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En attendant, pour être à la hauteur de ce challenge, je vais m’entraîner dur et notamment m’habituer à me raccrocher aux branches parce que mon papi m’a prévenu que pour accéder au sommet du Marcou il y avait une pente si raide que si on ne se penche pas en avant le poids du sac vous fait basculer en arrière ! Bon, je pense qu’il doit, comme à son habitude, exagérer un peu !

 

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Nous approchons du village et nous allons devoir tirer notre révérence jusqu’aux prochaines vacances. J’avoue que je n’ai pas envie de rentrer sur Paris et je suis tentée de rester cachée dans ce vieux châtaignier, mais la perspective de passer la nuit avec des araignées et des souris qui rodent dans les parages me fait changer d’idée !

 

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Vous pouvez voir à la mine réjouie de mon frère que nous avons avalé les kilomètres et le dénivelé sans problème. Nos parents et grands parents qui pensaient pouvoir passer une soirée tranquille ne vont pas être déçus !!

 A la prochaine !

PS : Un grand merci à l'Association "Caissenols" qui a récemment restauré ce refuge, lieu idéal pour un séjour diurne ou nocturne dans la superbe montagne de Rosis. 

Cette association est à la recherche de vieilles photos de Caissenols et des environs pour illustrer un ouvrage en préparation. Merci de la contacter (en cliquant sur le nom ci-dessus) au cas où vous en auriez.

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse (sauf la dernière Sébastien)

 

02/04/2012

En route pour Caïssenols !

 

JE VOUS INVITE A SUIVRE LA SUITE DE MON REPORTAGE SUR KARUKERA  - LE MOULE ET LA POINTE DE LA GRANDE VIGIE - SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL 

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Après quelques billets consacrés à des visites "culturelles" qui ne vous ont pas, chères lectrices et chers lecteurs, laissés indifférents - et je vous en remercie - je reviens à ma passion première : la randonnée. Car si l’on veut mener loin sa monture et mener une vie harmonieuse il faut respecter la devise de ce bon vieux Juvénal « mens sano in corpore sano » c’est à dire qu'il faut prendre autant soin de ses guiboles que de son cibloulot.

Ainsi, sortis de la torpeur hivernale par un soleil précocement chaud, notre petit groupe d’amis prend le chemin qui mène à Caïssenols, un magnifique hameau ruiniforme des hauts cantons de l’Hérault (commune de Rosis) et qui a été restauré par un groupe de jeunes bénévoles au cours de l’été 2011 à l’initiative des associations « Caissenols ». Bravo les jeunes !

Nous progressons dans un tapis de feuilles de châtaigniers, accumulées dans le creux de la draille qui, partant de Compeyre, monte vers la Serre de Mare. Elles protestent bruyamment d’être ainsi piétinées, ce qui fait qu’on ne s’entend plus penser ! Car oui nous pensons quand nous marchons, à des choses plus ou moins prosaïques, certes, qui vont de la chasse d’eau qui fuit et qu’il va falloir réparer, au cubi de vin qu’il va bientôt falloir renouveler ou bien encore à la théorie selon laquelle les galaxies auraient été créées par les "trous noirs" !

 

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Ces vastes châtaigneraies, aujourd’hui abandonnées et malades, étaient autrefois exploitées, la châtaigne ayant été longtemps le « pain » des montagnards . Les châtaignes récoltées étaient, en effet, séchées au moyen de feux de houilles dans des « secadous », qui tombent aujourd’hui en ruine, pour produire le châtaignon, base de l’alimentation hivernale.


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Parvenus au pied de la Serre de Mare, nous entendons soudain un grognement : à notre grande stupeur - ou frayeur pour certaines, car bien évidemment les hommes n’ont jamais peur - un ours dressé sur ses pattes arrières émerge des genêts ! Sans doute a-t-il fui les Pyrénées, pourchassé par ceux qui n’aiment les animaux que soumis, bêlants, émasculés ou dans un étal de boucherie. Pour ces gens là, la nature est une source de revenus mais surtout pas d’épanouissement ou d’émerveillement.

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Laissant l’ours à ses rêveries, nous entamons l’ascension de la Serre de Mare dont l’épiderme se délite sous l’effet des intempéries. Nul hélas n’échappe à la loi de l’entropie, même les montagnes qui semblent pourtant, à nos yeux,  immortelles.

 

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Après une bonne demi-heure de marche, nous arrivons sur le plateau sommital de la Serre où la beauté du panorama s’impose à nos pensées triviales. La randonnée a pour vertu de nous purger des miasmes de nos vies quotidiennes, nés des incontournables contraintes et obligations de l’existence. Elle permet de les mettre quelques instants entre parenthèses et de nous insuffler ainsi un incommensurable sentiment de liberté.

 

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Nous voguons sur un océan de genêts parsemé d’écueils rocheux, les voiles de notre âme gonflée par un vent de liberté ! Oubliés la chasse d’eau qui fuit ou le cubi à remplacer ! (oui même ça !)

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Par endroits le spectacle est tel qu’il nous immobilise, nous hypnotise et nous fait nous demander : « Quel est le sens de la destinée humaine dans cette immensité ? » et accessoirement « Au fait, est ce que j’ai bien pris la bouteille de rosé ? ».

 

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Puis nous abordons la descente vers le portail de Roquandouire où passe le chemin qui mène au hameau de Caïssenol. Certains d’entre vous penseront que le plus dur est fait . Que nenni ! La descente sur ces chemins pierreux est souvent plus pénible que la montée, car les pierres y manifestent un esprit facétieux cherchant à tout moment à vous déstabiliser et à vous envoyer le cul par dessus tête. Situation qui a certains moments de l’existence n’est pas forcément désagréable, mais pas sur le flanc d’une montagne !

 

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Mais c’est finalement sans encombre que nous parvenons au hameau dont les portes sont plus que patinées . Y poser la main c’est saisir celles de dizaines de fantômes qui ont vécu ou sont passés ici au cours des siècles passés. 

 

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Le cadran solaire nous confirme le message qui monte du tréfonds de nos êtres : il est l’heure de pique-niquer !

 

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Les préoccupations triviales reprennent alors leur emprise sur nos consciences exaltées. Un bruit de bouchon nous ramène définitivement sur terre et nous sacrifions avec volupté aux nécessités existentielles ! Un conseil, si vous aimez les petits vins « sympas », octroyez vous un vin du Domaine de l’Octroi ! Mais pensez à inviter votre copine Modération !


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L’héritage de la civilisation romaine n’est pas constitué que de vieux monuments, elle nous a également légué « la sixta hora », le repos de la sixième heure du jour, qui répond au demeurant aux exigences de notre rythme chronobiologique et qui est devenue chez nous « la sieste ». A cet égard, la civilisation du sud qui la pratique avec assiduité est, à mon humble avis, supérieure à celle du nord, influencée par le stakhanovisme germanique. Notre petit groupe, constitué donc de gens hautement civilisés, ne saurait manquer un seul jour au respect de cette antique tradition.


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Et c’est ainsi que regonflés à bloc, nous prenons le chemin du retour d’un pas vénusial (plus rapide que « mercurial » mais un peu moins que « martial » selon le Petit Marcel) jouissant de cette intrusion intempestive du printemps en hiver (nous étions le 7 mars !)

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Nous repassons par le portail de Roquandouire, que nous avons traversé à l’aller. Mais soucieux de laisser nos amylases, nos protéases et nos lipases faire tranquillement leur travail, nous évitons le chemin, pris le matin qui monte au sommet de la Serre, pour emprunter celui qui la contourne par la gauche.


Courageux , mais pas trop , nous sommes !!!

Texte @ Photos Ulysse (sauf la pénultième)