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28/06/2012

La pluie ? Un délice sur les chemins de Rosis !

 

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Gibus et moi jouissons de l’infini privilège de pouvoir décider chaque matin d’aller arpenter les chemins. Jamais notre sentiment de liberté n’est aussi fort que lorsque nous quittons ainsi le monde et ses contraintes pour nous aventurer en pleine nature dans un environnement proche de celui que l’homme a connu à l’aube de son histoire. Nous renouons les liens oubliés avec le monde minéral, végétal et animal dont l’homme a du percer les secrets pour survivre. Par cette immersion en pleine nature notre sentiment de vie retrouve sa plénitude.


 

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C’est à la fin du printemps, époque à laquelle la nature est à son apogée dans la montagne de Rosis, que ce sentiment est le plus vif.  L’heureux mariage du mauve des bruyères qui commencent à fleurir et de l’or des genêts  enchante nos yeux alors que l’odeur miellée de ces derniers enivre nos sens. La jouissance que nous éprouvons alors est aussi forte que celle de nos premières rencontres amoureuses, douce consolation pour ces vieux randonneurs aux abattis décatis que nous sommes devenus.

 

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Oui Gaïa, notre terre mère,  est pour nous comme une ardente maîtresse qui nous fait souffler, suer, ahaner et nous berce dans ses bras rugueux quand, fatigués,  nous y faisons la sieste.

 

 

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Et de surcroît c’est elle qui nous fait des cadeaux en nous dévoilant, impudique, ses mamelons, ses toisons sombres, ses abîmes vertigineux. Non pas que nous soyons pingres mais elle ne demande et n’attend rien de notre part, sinon du respect.

 

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Et comment ne pas respecter cette planète miraculeuse, née il y a plusieurs milliards d’années de la fournaise céleste et sur laquelle cohabitent éléphants et coccinelles, baleines et pétoncles, nuages dans les cieux et tonneaux de vin dans les caves !

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Les mouflons partagent avec nous cet ineffable bonheur d’arpenter la montagne de Rosis. Animaux des plus farouches, on ne les voit que par surprise, lorsque le vent est favorable et que l’on fait silence, leur ouïe étant extrêmement fine (certains de mes amis randonneurs comprendront, je n’en doute pas, le sous-entendu !).

 

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 Un facétieux nuage ayant décidé de lâcher un peu de lest sur nos têtes, nous nous réfugions dans l’abri de Caissenols le Haut pour pique-niquer. Un feu de cheminée, inhabituel en juin sous cette latitude, nous permet de sécher nos tee-shirts transformés en éponges. Signe avant coureur du chamboulement climatique qui menace le monde, nous buvons un délicieux blanc d’oc bien frais de la cave de Richemer à la lueur d’une flambée !

 

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La pluie s’étant calmée nous reprenons notre périple en nous dirigeant vers le Plo de Bru, dont le nom viendrait d’un camp romain qu’y aurait installé Marcus Junius Brutus, qui fut nommé par César gouverneur de la Gaule Cisalpine en 46 avant notre ère. Comme on le sait il ne lui fut guère reconnaissant de cette nomination. Mais on sait bien qu’en politique les amis d’un jour sont les ennemis de demain, car on ne peut pas plus réfréner l’ambition des hommes politiques qu’on ne peut empêcher un (vrai) camembert de couler.

 

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De même il est assez habituel que les nuages se transforment en pluie, phénomène que nous vérifions pour la seconde fois au cours d’une même journée ce qui, vous vous en doutez, n’est pas forcément de notre goût. Mais bon, nous ne sommes pas en « sucre »,  comme le savent ceux qui nous suivent depuis quelques années, et nous faisons donc contre mauvaise fortune bon cœur.

 

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Nous longeons une habitation dont l’état, hélas, ne nous permet pas d’en faire un abri. En la voyant je songe à cette sympathique rengaine  de Danyel Gérard qui eut un certain succès au cours de mon adolescence.

 

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La pluie a empêché une harde de mouflons de sentir à l’avance notre odeur  et nous avons ainsi le temps de les apercevoir qui dévalent le vallon en contrebas de notre chemin. Finalement cette pluie n’a pas que des inconvénients. Elle nous montre que, comme souvent, d’un « mal » peut sortir un « bien ». Comme l’a enseigné Boudha il ne faut ni se réjouir de ses bonnes fortunes ni se plaindre de ses infortunes, car les unes peuvent engendrer les autres. C’est pourquoi Gibus et moi finissons toujours les bouteilles  car le vin qui resterait - un bien pour notre foie - pourrait tourner en vinaigre, ce qui serait un innommable gâchis !

 

 

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Mais il est temps pour nous de redescendre en empruntant un chemin plutôt fait pour les mouflons que pour les humains. Mais  Gibus et moi n’en avons cure car  à force d’arpenter les montagnes nous nous sommes en quelques sorte «mouflonisés».

 

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Mais nos yeux et notre esprit restent sensibles à la beauté des lieux alors que les centres d’intérêt du mouflon se résument à l’herbe à brouter et à l’arrière train de leurs femelles. Mais après réflexion, je me demande si  nous sommes  vraiment si différents  que ça des mouflons ?

 

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Je suis heureux de partager avec vous l’inimaginable beauté de cette montagne de Rosis qui d’ici un mois, après avoir été revêtue d’or, deviendra violette. Si les chefs d’Etat se mettaient à la randonnée et redécouvraient la beauté du monde, sûr qu’ils prendraient enfin des mesures pour sauver notre planète. Malheureusement ils restent enfermés dans leurs palais « bunkerisés «  entourés par des obsédés du P.N.B . Moyennant quoi on appuie sur l’accélérateur qui nous mènera dans le mur.

 

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Mais cette beauté peut-elle convaincre des esprits gangrenés par la soif du pouvoir et la volonté d’y  rester coûte que coûte ?  Certains dirigeants de la planète ne doivent même pas savoir dessiner une fleur ou un oiseau. Un char, un avion de chasse, un instrument de torture, par contre oui ! (je ne donne pas de noms, ils sont hélas trop nombreux )

 

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La pluie ayant repris nous sommes de plus en plus trempés, mais peu nous chaut car nous nous sommes gavés de cette munificence qui enivre notre âme et nous met en résonance avec le mystère de la vie. Oui, vraiment, privilégiés nous sommes de pouvoir arpenter ainsi librement les chemins…..


PS : Je vous invite à aller à la découverte du fascinant Désert Blanc sur mon blog PIQUESEL

 

Texte @ Photos Ulysse

 

 

 

02/04/2012

En route pour Caïssenols !

 

JE VOUS INVITE A SUIVRE LA SUITE DE MON REPORTAGE SUR KARUKERA  - LE MOULE ET LA POINTE DE LA GRANDE VIGIE - SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL 

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Après quelques billets consacrés à des visites "culturelles" qui ne vous ont pas, chères lectrices et chers lecteurs, laissés indifférents - et je vous en remercie - je reviens à ma passion première : la randonnée. Car si l’on veut mener loin sa monture et mener une vie harmonieuse il faut respecter la devise de ce bon vieux Juvénal « mens sano in corpore sano » c’est à dire qu'il faut prendre autant soin de ses guiboles que de son cibloulot.

Ainsi, sortis de la torpeur hivernale par un soleil précocement chaud, notre petit groupe d’amis prend le chemin qui mène à Caïssenols, un magnifique hameau ruiniforme des hauts cantons de l’Hérault (commune de Rosis) et qui a été restauré par un groupe de jeunes bénévoles au cours de l’été 2011 à l’initiative des associations « Caissenols ». Bravo les jeunes !

Nous progressons dans un tapis de feuilles de châtaigniers, accumulées dans le creux de la draille qui, partant de Compeyre, monte vers la Serre de Mare. Elles protestent bruyamment d’être ainsi piétinées, ce qui fait qu’on ne s’entend plus penser ! Car oui nous pensons quand nous marchons, à des choses plus ou moins prosaïques, certes, qui vont de la chasse d’eau qui fuit et qu’il va falloir réparer, au cubi de vin qu’il va bientôt falloir renouveler ou bien encore à la théorie selon laquelle les galaxies auraient été créées par les "trous noirs" !

 

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Ces vastes châtaigneraies, aujourd’hui abandonnées et malades, étaient autrefois exploitées, la châtaigne ayant été longtemps le « pain » des montagnards . Les châtaignes récoltées étaient, en effet, séchées au moyen de feux de houilles dans des « secadous », qui tombent aujourd’hui en ruine, pour produire le châtaignon, base de l’alimentation hivernale.


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Parvenus au pied de la Serre de Mare, nous entendons soudain un grognement : à notre grande stupeur - ou frayeur pour certaines, car bien évidemment les hommes n’ont jamais peur - un ours dressé sur ses pattes arrières émerge des genêts ! Sans doute a-t-il fui les Pyrénées, pourchassé par ceux qui n’aiment les animaux que soumis, bêlants, émasculés ou dans un étal de boucherie. Pour ces gens là, la nature est une source de revenus mais surtout pas d’épanouissement ou d’émerveillement.

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Laissant l’ours à ses rêveries, nous entamons l’ascension de la Serre de Mare dont l’épiderme se délite sous l’effet des intempéries. Nul hélas n’échappe à la loi de l’entropie, même les montagnes qui semblent pourtant, à nos yeux,  immortelles.

 

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Après une bonne demi-heure de marche, nous arrivons sur le plateau sommital de la Serre où la beauté du panorama s’impose à nos pensées triviales. La randonnée a pour vertu de nous purger des miasmes de nos vies quotidiennes, nés des incontournables contraintes et obligations de l’existence. Elle permet de les mettre quelques instants entre parenthèses et de nous insuffler ainsi un incommensurable sentiment de liberté.

 

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Nous voguons sur un océan de genêts parsemé d’écueils rocheux, les voiles de notre âme gonflée par un vent de liberté ! Oubliés la chasse d’eau qui fuit ou le cubi à remplacer ! (oui même ça !)

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Par endroits le spectacle est tel qu’il nous immobilise, nous hypnotise et nous fait nous demander : « Quel est le sens de la destinée humaine dans cette immensité ? » et accessoirement « Au fait, est ce que j’ai bien pris la bouteille de rosé ? ».

 

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Puis nous abordons la descente vers le portail de Roquandouire où passe le chemin qui mène au hameau de Caïssenol. Certains d’entre vous penseront que le plus dur est fait . Que nenni ! La descente sur ces chemins pierreux est souvent plus pénible que la montée, car les pierres y manifestent un esprit facétieux cherchant à tout moment à vous déstabiliser et à vous envoyer le cul par dessus tête. Situation qui a certains moments de l’existence n’est pas forcément désagréable, mais pas sur le flanc d’une montagne !

 

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Mais c’est finalement sans encombre que nous parvenons au hameau dont les portes sont plus que patinées . Y poser la main c’est saisir celles de dizaines de fantômes qui ont vécu ou sont passés ici au cours des siècles passés. 

 

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Le cadran solaire nous confirme le message qui monte du tréfonds de nos êtres : il est l’heure de pique-niquer !

 

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Les préoccupations triviales reprennent alors leur emprise sur nos consciences exaltées. Un bruit de bouchon nous ramène définitivement sur terre et nous sacrifions avec volupté aux nécessités existentielles ! Un conseil, si vous aimez les petits vins « sympas », octroyez vous un vin du Domaine de l’Octroi ! Mais pensez à inviter votre copine Modération !


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L’héritage de la civilisation romaine n’est pas constitué que de vieux monuments, elle nous a également légué « la sixta hora », le repos de la sixième heure du jour, qui répond au demeurant aux exigences de notre rythme chronobiologique et qui est devenue chez nous « la sieste ». A cet égard, la civilisation du sud qui la pratique avec assiduité est, à mon humble avis, supérieure à celle du nord, influencée par le stakhanovisme germanique. Notre petit groupe, constitué donc de gens hautement civilisés, ne saurait manquer un seul jour au respect de cette antique tradition.


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Et c’est ainsi que regonflés à bloc, nous prenons le chemin du retour d’un pas vénusial (plus rapide que « mercurial » mais un peu moins que « martial » selon le Petit Marcel) jouissant de cette intrusion intempestive du printemps en hiver (nous étions le 7 mars !)

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Nous repassons par le portail de Roquandouire, que nous avons traversé à l’aller. Mais soucieux de laisser nos amylases, nos protéases et nos lipases faire tranquillement leur travail, nous évitons le chemin, pris le matin qui monte au sommet de la Serre, pour emprunter celui qui la contourne par la gauche.


Courageux , mais pas trop , nous sommes !!!

Texte @ Photos Ulysse (sauf la pénultième)

14/06/2011

En route pour Rosis, la montagne d’or !

 

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Notre pouvoir d’achat est en berne mais le cours de l’or n’a jamais été aussi élevé. Les bijoutiers nous font ainsi des offres mirobolantes pour racheter nos bijoux de famille (les vrais !) et des apprentis « forty-niners » écument le moindre ruisseau à la recherche de pépites.  Un conseil donc : ne dormez pas la bouche ouverte sous peine de vous réveiller sans vos couronnes en métal doré. On sait pourtant que l’or rend fou mais ça ne calme pas pour autant la frénésie de ses adorateurs. Qui possède un million en veut deux ; qui en a deux en veut quatre et ainsi de suite, tous ces millionnaires étant engagés dans une compétition forcenée pour être le plus riche macchabée du cimetière.

Heureusement épargné par cette frénésie grâce à l’attention sans faille de mon inspecteur des impôts (qu’il en soit remercié) je vous propose de partir en quête du seul or qui vaille, de cet or qui ne corrompt pas mais enchante : l’or des genêts qui fleurissent  dès la fin mai sur la montagne de Rosis.

Nul besoin d’exploiter ou de truander son prochain ou d’appartenir à la confrérie des banquiers, assureurs, sénateurs, marchands de téléphones mobiles, de produits pétroliers ou d’eau minérale pour pouvoir contempler cet or là.  Bien au contraire. Des goûts simples, l’aptitude à l’amitié et à la solidarité ainsi que de bons mollets sont de rigueur. Tout ce que l’on risque dans l’aventure c’est de prendre un bain non désiré dans le torrent qu’il faut traverser pour partir à l’assaut de cette somptueuse montagne.

 

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La beauté de cet endroit vous donne, je n’en doute pas, l’envie de séjourner quelques jours dans cette masure. Profitez en car pour le moment elle est libre ! Certes le confort en est plus que sommaire et les voisins, mulots, fouines, mouflons, n’arrêtent pas d’aller et venir la nuit, mais quel bonheur de pouvoir assister au lever et au coucher du soleil sur ces genetières.

 

 

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Outre leur somptueuse beauté , ces genetières tiennent le sol, évitant ainsi l’érosion. Autrefois, elles étaient broutées par les moutons et servaient, notamment dans le lodévois tout proche,  à fabriquer de la toile plus résistante que celle en chanvre ou en lin.

 

 

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Nous arrivons en vue d’un lieu familier à mes plus fidèles  lectrices et lecteurs : le portail de Roquandouire, curiosité géologique située sur le chemin qui mène au hameau de Caissenols et au Plo de Bru.

  

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Cet étonnant vestige d’une couche sédimentaire mise à la verticale par la surrection des Pyrénées est un lieu idéal pour faire une halte un jour de grand vent, qu’il vienne de la Méditerranée ou de la Montagne Noire .

 

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Si l’or  en barre n’a pas d’odeur (bien que certains aient du flair pour le repérer !) celle des genetières est envoûtante et nous prenons de la hauteur pour ne pas en être grisés.

 

 

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Parvenant, ahanant et soufflant en vue du Plo de bru, un arbrisseau nous tend une branche secourable pour nous aider à franchir les derniers mètres. Nous déclinons son offre charitable de peur de le briser. Ce n’est pas que nous soyons lourds car sveltes - vous n’en doutez pas j’espère - nous sommes. Mais nos sacs, eux le sont, car chargés de nombreux flacons (leur contenu relève du domaine privé)

 

 

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Cet arbrisseau n’est que l’avant-garde d’une vaste pinède qui couvre  la partie orientale du Plo de Bru et abrite un champ de myrtilliers, témoin d’un sol léger et acide.  Les baies riches en vitamine C et en polyphénols (qui ont un rôle préventif contre le cancer)  sont délicieuses. Malheureusement il est déconseillé de les consommer dans les regions où le renard est malade de l'échinococcose ou "ténia du renard" à cause du risque de contamination à l'homme. C’est pourquoi nous sommes contraints d’aller chercher nos polyphénols dans le jus de vitis-vinifera (les plus mauvaises excuses font le sel de la vie).

 

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Ayant atteint le col de l’Ourtigas, nous  redescendons vers le hameau de Caissenols pour y faire la pause pique-nique. Quelques amoureux de ce lieu ont, au cours des mois précédents, refait la toiture de la bâtisse principale qui prenait l’eau et réhabilité l’intérieur pour le plus grand bonheur des randonneurs de passage. Je saisis l’occasion, si jamais ils me lisent, de les en remercier chaleureusement.

 

 

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Il faut dire que c’est un lieu idyllique hiver comme été où l’on peut se livrer sans vergogne (pourquoi vergogne y aurait-il d’ailleurs ?) à une sieste à l’air libre ou sous abri. Les polyphénols du raisin auraient, paraît-il, outre leur bénéfice anti-cancer un effet légèrement soporifique.

 

 

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Sortis de nos flacons vides comme le  génie de la lampe d’Aladin, un bestiaire fantasmagorique vient alors peupler nos rêves. On y voit ainsi le taureau de Crète poursuivi par Hercule…

 

 

 

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Soudain le barrissement de l’un des éléphants perdus par Hannibal  au cours de son périple nous réveille en fanfare pour nous signaler qu’il est temps de lever le camp.

 

 

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Et là , sur le chemin du retour, une émouvante scène nous attend : Un mouflon juvénile accompagné de sa mère sont sur le sentier. Grâce au vent contraire la mère ne nous a pas sentis venir et continue de brouter. Le juvénile qui n’a jamais rencontré d’homme et n’a donc pas appris à le craindre nous regarde ébahi, instant d’étonnement pour lui et d’émerveillement pour nous, gratifiés par cette confiance spontanée et innocente.

 

 

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Mais la mère, mue sans doute par son instinct, lève la tête et nous découvre : stupeur et effroi se lisent dans son regard !

 

 

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En une demi seconde c’est la fuite ! Cette scène illustre la piètre image dont jouit l’homme dans le monde sauvage où la rumeur court, aussi bien sur la  terre, dans le ciel que sous la mer, que nous sommes des prédateurs impitoyables. Et me reviennent en mémoire ces images insupportables d'un documentaire animalier, où l’on voit un chasseur embrasser la crosse de son fusil chaque fois qu’il tue un animal. Bourreau sans merci et pitoyable ayant autant d’intelligence qu’une bûche et  imperméable à la beauté du monde. J'espère que ces "bûches" là brûleront , au moins quelques jours, en enfer ! 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf Marie B  pour la photo de sieste car je faisais partie des « rêveurs »)

 

19:31 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : sénat, or, hercule, rosis

08/06/2010

Des amis du plat pays amoureux des Hauts-Cantons….

 

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En créant mon blog je ne pensais pas qu’il donnerait naissance à une belle amitié avec des gens du plat pays belge, petit royaume qui se chauffe à la chaleur humaine et ensoleille pluies et brouillards, qui souvent l’assiègent, avec les effluves dorées de la bière .

Tout a commencé quand Marc, résidant en Wallonie, a croisé sur internet le chemin de mon blog. Amoureux du massif du Caroux qu’il sillonne une semaine par an depuis dix sept ans avec des membres de sa fratrie et ses amis, Jean Marie, Eric, Raymond et leurs épouses, il est devenu l’un de mes lecteurs assidus.

Esbaudi et ravi par cet amour porté par de lointains « estrangers » des plaines nordiques à la montagne que je chéris entre toutes, j’ai alors proposé à Marc de faire une randonnée en commun lors de sa prochaine visite. Tope là ! m’a-t-il aussitôt répondu et c’est ainsi que la semaine passée nous nous sommes retrouvés pour une virée sur les chemins de la Montagne de Rosis, située au nord du massif du Caroux.

Ceux qui connaissent ce massif savent qu’on ne peut résister à l’appel de sa voix rocailleuse et chantante qui s’élève de mille bouches perchées haut sur ses falaises rocheuses ou tapies dans ses bois profonds. Cette voix unique et envoûtante qui est parvenue il y a dix sept ans jusqu’à l’oreille de Marc et de ses compères au cœur de la Belgique !


 

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Il était tout naturel que Gibus, qui connaît le Caroux encore mieux que les agents du fisc connaissent mes poches (et dieu sait pourtant que ces gens sont des experts !), soit de la partie. En professionnel aguerri de la montagne il veille à notre sécurité lors de passages un peu technique, comme cette traversée de gué apparemment anodine, mais qui recèle quelques pièges sous la forme de pierres branlantes et glissantes. Les naïfs découvrent ainsi le caractère vicieux de l’eau qui explique ma méfiance à l’égard de ce breuvage.

 

 

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Randonner en montagne c’est ouvrir en grand les portes et fenêtres de sa vie pour y laisser entrer le soleil, la pluie, la neige, le vent, les orages qui, dans les temps anciens, ont forgé le cœur et l’âme de l’homme. C’est, ainsi, perpétuer cette énergie qui a permis à ce fragile bipède de partir à la conquête de la planète et d’y bâtir des empires.

 

 

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Randonner c’est aussi préserver en soi le sens du merveilleux qui a nourri les premières rêveries de l’homme et de sa compagne quand dans les cieux ils voyaient flotter la lune. Et c’est un fait qu’au cours de mes pérégrinations j’ai pu souvent constater que les êtres des contes et légendes, que les citadins désenchantés prennent pour des fariboles, existent vraiment

D’ailleurs, Marie, l’épouse de Gibus, qui a l’œil plus vif que mon gosier devant un verre de rosé bien frais, aperçoit soudain un « sangliéton » être mi-sanglier, mi-mouton en train de se gaver d’herbes tendres au milieu d’un clairière. Voyant qu’il a affaire à d’innocents promeneurs (certains comme moi, « innocent » tout court !) cet être fabuleux poursuit son festin sans s’inquiéter outre mesure.

 

 

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Un peu plus loin nous passons près d’un hêtre astucieux dont l’une des branches forme un nœud coulant avec lequel, je le soupçonne de capturer quelques rayons du soleil quand arrivent les derniers jours d’automne, qui le réchauffent tout l’hiver jusqu’à la venue du printemps.

 

 

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Nous entendons soudain le tiquètement d’un pic-vert sur le fût d’un châtaigner en quête de quelques insectes xylophages à manger. Je me mets alors à déclamer des alexandrins car je sais que les pic-verts sont friands de vers de douze pieds (ce sont les plus nourrissants) et le voilà qui, peu farouche, se pose à nos pieds et se met à picorer mes vers tombés à terre…

 

 

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Après un glorieux picnic au hameau fantôme de Caissenols, nous franchissons le portail de Roquendouire pour gravir la serre de la Mare qui culmine à 810 mètres. Nos amis belges sont un peu déçus car les ginestières (champs de genets) n’affichent pas encore la belle couleur de bière blonde qu’elles prennent quand elles sont en fleurs.

 

 

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Un rapace qui se joue des vents et de l’altitude ricane de nous voir suer, souffler, ahaner dans la pente. Mais pas rancuniers pour deux sous, nous admirons sa grâce et son expertise qui rendent jaloux les imbéciles qui les prennent parfois pour cible,

 

 

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Gibus veille à ce que personne ne reste en rade voulant éviter tout incident diplomatique avec un pays qui par mesure de rétorsion pourrait nous priver de ses exportations de frites . Mais nos amis belges se montrent à la hauteur et c’est ensemble que nous franchissons la crête.

 

 

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Comme les cairns où s’entassent des pierres libres à l’improbable équilibre et qui défient les lois de la pesanteur, les amitiés se tricotent avec des mots et des sourires et la passion commune des grands espaces, de la marche et du bon vin.

 

 

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Humbles conquérants de l’inutile, nous savourons en silence la plaisir de partager ensemble le spectacle de la nature environnante.

 

 

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L’univers ouvre au dessus de nous sa gueule bleue où virevoltent, pendant que nous marchons, nos méditations et nos rêveries.

 

 

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Au cours d’une pause près d’un abri séculaire de berger, Marie de nature un brin mystique (comme votre serviteur qui honorent les vignes du Seigneur)) entre en contact avec les dieux de l’Olympe afin qu’ils nous prévoient un demi bien frais à l’arrivée

 

 

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Notre chemin franchissant le Casselouvre nous en profitons pour nous y baigner, seul usage que nous apprécions de ce liquide que les anglais - peuple intelligent contrairement aux apparences - dénomment « water » et qu’ils réservent à juste titre au « closet »

 

 

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Le retour se fait par l’un de ces chemins que j’affectionne , bordé d’un muret de pierres, dont la longueur cumulé à travers le pays d’oc dépasse largement celle de la muraille de Chine. Mais alors que la muraille de Chine enferme un peuple soumis à une clique de dictateurs, ces murs là guident des hommes libres.

 

 

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Revenus au point de départ, nous constatons avec bonheur que les dieux de l’Olympe sont au rendez vous avec des Stellas Artois bien fraîches (bravo Marie), exquise délicatesse de leur part sachant que c’est la bière préférée de nos amis belges. Comme quoi les grecs n’ont peut être plus d’argent, mais ils ont encore du savoir vivre.

Cerise sur le gâteau, ou comme disent plutôt nos amis belges « moutarde sur les frites » Vulcain nous a même allumé un grand feu pour y faire cuire nos grillades.

 

 

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C’est ainsi qu’après avoir marché et contemplé ensemble la beauté des haut-cantons, nous partageons le pain, le vin, les rires et les saucisses, délicieux ciments d’une belle amitié. L’année prochaine c’est promis, nous recommencerons !

 

 

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Texte & photos Ulysse

 

17:59 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : rosis, frite, olympe, chine