suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/02/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols ...(1ère partie)

DSC02551.JPG


Je suis issu d'une « tribu » de marcheurs. Mes ancêtres, tous paysans ou viticulteurs en Touraine, ont arpenté

leur vie durant champs et vignobles, et probablement le dimanche venu, les planchers d'estaminets. Mes deux

grand-pères ont parcouru en long et en large et surtout en travers les collines de Verdun guidés par les néfastes

étoiles de généraux sanguinaires et incompétents. Tous les dimanches de mon enfance et de mon adolescence

j'ai marché, parfois en rechignant je l'avoue, sur les talons de mes parents avec en fin de journée la suprême

récompense d'un « Pschitt citron », ma chère soeur ayant droit, à cette époque où la parité n'était pas encore

inscrite dans la loi, au Pschitt orange ( le slogan de l'époque, que les féministes d'aujourd'hui dénonceraient avec

véhémence, était – ceux qui ont comme moi les tempes grises s'en souviennent sans doute - « Pour moi

Garçon un Pschitt citron, pour toi Cher Ange, un Pschitt orange ! »).


DSC09118.JPG


Plus tard, à l'aube de ma vie d'adulte, j'ai passé dix huit mois dans les combes et sur les croupes

vosgiennes (je parle ici de montagnes !) pour traquer un invisible et improbable ennemi qui aurait pu être tenté

de trousser notre chère Marianne. Il faut dire que la bougresse a le sang chaud et ne s'est guère montré difficile

ces dernières décennies sur le choix de ses amants, se vautrant hier avec des vieux chevaux sur le retour et

aujourd'hui avec un adolescent attardé qui pense, comme ce marchand de soupe décati de Séguéla, que la possession

d'une "Rôôôlaixe" est le but de toute existence


DSC09132.JPG


Puis, après avoir convolé en "justes" noces (c'était une époque légaliste ) j'ai emmené chaque été ma

progéniture en montagne traquer la marmotte, le chamois ou le mouflon et descendre les névés, un KW sous

les fesses. Le soir venu je descendais avec le même entrain Mondeuse, Chignin , Roussette et autres Abymes,

seul anti-gel vraiment efficace en haute-montagne. Et aujourd'hui la chaine se poursuit avec mes petits enfants

Léo et Louna qui sont nés avec des chaussures de randonnée aux pieds et me tannent, dès qu'ils descendent dans

le sud pour les vacances, pour faire des randonnées-pique-nique.


DSC09126.JPG


Et quand je parle de randonnée, le tarif minimum est de 5 heures de marche soit environ 15km et 500m de

dénivelé ce qui n'effraie guère leurs gambettes de 8 et 11 ans.


Aussi dès qu'ils sont arrivés pour les dernières vacances, avec nos amis « es » sentiers nous leurs avons programmé

une rando-merguez au refuge de Caissenols dans la montagne de Rosis ! Je peux vous assurer que rien n'aurait pu

leur faire plus plaisir, comme quoi il ne faut pas désespérer de la jeunesse qui n'est pas condamnée à être que

« du temps de cerveau disponible » (selon l'ignomineuses formule du sieur Le Jay, ancien expert « es » conneries

de l'entreprise de décervelage Bouig) pour des jeux vidéo et des émissions de télé débiles.


DSC09127.JPG


Après avoir marché une petite heure, nous faisons une petite pause agrémentée de quelques fruits secs

qui font le bonheur des « becs sucrés » de mes « petits loups », grands détrousseurs de boites de bonbons aussi

bien cachées soient-elles.


Quoi de plus réjouissant que de voir des visages d'enfants épanouis, se réjouissant du spectacle de la nature et

ne rechignant pas à l'effort de la marche. J'oserais dire que la vraie vie est là, celle où le corps s'accorde au tempo

des éléments, débarassé de l 'appareillage mécanique et électronique qui s'interpose trop souvent entre le monde

et nous et nous empêche d'en jouir pleinement.


DSC09134.JPG


Or contempler le monde c'est introduire en soi l'infini, c'est agrandir son esprit jusqu'à la ligne d'horizon,

c'est retrouver le sens de l'unicité avec l'univers dont nous ne sommes que l'une des infimes particules.


DSC09137.JPG


Cette ruine au milieu d'antiques chataîgneraies est l'occasion d'une leçon de choses sur l'histoire de la région

où la culture et le commerce de la chataîgne occupait autrefois une place importante. Ces chataigneraient aujourd'hui

délaissées dégénèrent, mais qui sait si les évolutions économiques en cours et à venir ne conduiront pas à

leur réhabilitation.?


DSC09138.JPG


Le chemin progresse en balcon au dessus du vallon du Goligné et se dirige vers la serre de Majous sur

laquelle des nuages font la grasse matinée. Louna, fière d'étaler ses connaissances récemment acquises, saisit

l'occasion pour me rappeler que l'eau peut connaître trois états : liquide, solide et gazeux, ce que je n'avais pas

oublié malgré ma relation distante avec ce breuvage, car les trombes d'eau, les averses de neige et de grêles

et les brouillards sont le lot commun à tous les randonneurs.


DSC09141.JPG


Parvenus à l'imposant portail de pierre de Roquendouire, curiosité géologique dont mes lectrices et lecteurs sont

familiers, nous faisons une nouvelle pause pour permettre à la troupe de se regrouper, les plus jeunes n'étant

pas les derniers !


DSC09145.JPG


J'aime contempler du haut des cîmes le fil d'ariane des chemins, simples égratignures que l'homme fait

sur le dos des montagnes et qui nous met à notre juste place de fourmis besogneuses, nous qui nous voyons comme

les maîtres de l'univers


DSC09148-1.JPG


Et nous arrivons enfin au refuge, par chance inoccupé (les réservations sont impossibles !) et nous célébrons

cet heureux évènement en dégustant un délicieux vin chaud amené par Gibus, sauf les petits loups bien évidemment qui

ont droit à un verre de thé (les ligues anti-alcooliques qui traquent sans merci les moindres « déviances » en seront

pour leurs frais !)

A suivre....


Texte & photos Ulysse

14/10/2008

A travers la montagne de Rosis (Fin)

DSC04537.JPG


Pour notre dernière balade dans la Montagne de Rosis nous empruntons un sentier (balisé) qui part

du pittoresque village de Compeyre situé près de St Gervais sur Mare.



Aucun risque de se perdre ! le sentier, bordé de son traditionnel mur de pierres ornées de mousses et

de lichens, nous conduit confortablement au travers de chataîgneraies, aujourd'hui malheureusement abandonnées,

vers le plateau.


DSC04629.JPG



On émerge bientôt de la forêt; nos yeux sont éblouis par le fil blanc du chemin qui sinue au travers

d'une mer de bruyères.


DSC04636.JPG


On chemine alors de crête en crête en engloutissant de grandes bolées d'air qui dépoussièrent

notre esprit englué par les préoccupations de la vie quotidienne. Vivre et non pas se laisser vivre, voilà

ce que nous enseignent les chemins !


DSC04682.JPG


Les vallons aux alentours offrent un spectacle d'ombres et de lumières, de camaieus de vert

et de mauve, toujours renouvelé.


DSC04688.JPG


Cet univers enchanteur est aussi un monde où l'on meurt. Et cet arbre tend vers le ciel ses branches

décharnées qui autrefois brandissaient leur chevelure de feuilles à la caresse du soleil, dont il se nourrissait.

Les arbres sont ainsi faits de rayons du soleil du passé !



DSC04698.JPG


La vie parfois se terre au ras du sol et prend la forme de cette Oedopode soufrée qui se repose

un instant de ses folles cabrioles Quand l'oeil d'une sauterelle croise ainsi celui d'un être humain,

n'est ce pas dieu qui se contemple dans sa diversité ?.


DSC04692.JPG


Les bergers ont déserté depuis longtemps les lieux mais on y trouve parfois un mouton perdu que les

siècles ont fossilisé


DSC04702.JPG


Le vent pousse devant lui des confettis de nuages jetés par les dieux à l'occasion d'un mariage :

sans doute celui du solei et de la lune qui rode dans les parages en plein jour !


DSC04738.JPG


On aurait envie de s'installer ici protégé des intempéries par ce solide toit de lauzes ! Ceux

qui y vivaient autrefois doivent de la haut regarder éberlués la "panique " que provoque notre pseudo crise de nantis.

Eux devaient chaque jour trouver l'eau , le bois, la nourriture qui leur permettaient non pas de vivre, mais de survivre.



DSC04751.JPG


Cette habitation est bien tentante aussi, en cette saison on y trouve des chataignes à profusion,

mais je préfère la vue de l'autre ! Et vous qu'en pensez vous ?


DSC04753.JPG


Mais, ma foi je ne suis pas encore tout à fait mur pour mener une vie d'ermité, alors je fais le mur et je rentre

encore une fois chez moi !



Texte & Photos Ulysse

11/10/2008

A travers la montagne de Rosis (2ème partie)

DSC04437.JPG


Nous poursuivons notre périple au travers de la montagne de Rosis en suivant un peu au hasard, car souvent

le hasard fait bien les choses, les multiples chemins qui la sillonnent.



On n'échappe pa,s bien sur, à l'incontournable chemin de pierres tracé par les anciens dont on ne célèbrera

jamais assez le génie et le courage qui nous permettent aujourd'hui d'arpenter en long et en large les sommets

des Hauts cantons.



Ces murs sont en quelque sorte les HLM de la forêt et sont squattés par une faune variée: araignées, mulots,

musaraignes serpents qui y cohabitent en bonne entente. Ce jour là nous avons dérangé un orvet qui prenait

le soleil sur le pas de sa « porte ».


DSC04444.JPG


Parvenus sur le plateau nous apercevons, émergeant des fougères et bruyères qui le couvrent, ce que

nous croyons d'abord être l'échine d'un dragon assoupi. Mais ce n'est qu'un mur de pierres, vestige des

délimitations qui entouraient autrefois des champs cultivés.


DSC04452.JPG


En contrebas une route forestière tend ses bras blancs vers des horizons bleutés : combien de destins

différents nous sont ainsi offerts au cours de notre vie ? est ce nous qui vraiment choisissons où ne sommes

nous pas comme les akènes emportés au hasard par le vent de la facilité ou de nos passions ?


DSC04460.JPG


Au demeurant choix délibéré ou hasard , c'est un grand bonheur d'être en ce lieu à cette période de l'année

où les bruyères allument un feu mauve sur les flancs des montagnes, que je vous laisse admirer en me retirant

quelques instants sur la pointe des pieds ( ce qui n'est pas pas aisé, croyez moi, avec des chaussures de randonnée!)


DSC04464.JPG


DSC04458.JPG


Les souris et les rats des villes (ceci dit sans intention péjorative) dont l'environnement est défiguré

par les constructions de bric et de broc qui poussent comme des champignons, les zones commerciales et

les panneaux de pub qui fleurissent le long des routes et qui passent leurs vacances dans des cités balnéaires

comme Marseillan plage ou Palavas les Flots ne soupçonnent pas ou ne se rappellent plus combien

notre terre peut être belle. La randonnée permet de le redécouvrir et nous amène à mieux la respecter.


DSC04466.JPG


Moi qui suis un rat des champs, je ne me lasse pas de voir et revoir ces paysages qui sont la poésie

de la Terre, car notre planète pour ceux qui en douteraient est rêveuse et poète et a souvent

la tête dans les nuages !


DSC04471-1.JPG


Allez je vous en mets encore une...Diffcile de dire quelle vue est la plus belle n'est ce pas ? On comprend

pourquoi on a baptisé cette montagne du nom de "Rosis"


DSC04468.JPG


Ce paysage est véritablement ensorcelant et pour cause une sorcière habite en ce lieu qui montre le bout de son nez (crochu).

DSC04498.JPG


Un peu inquiet nous nous apprêtons à déguerpir, mais fort aimablement celle-ci s'approche de nous

et nous prête son balai volant afin que nouis puissions grimper sur les rochers pour mieux jouir du paysage....!


DSC04519.JPG



A suivre....


Texte & Photos Ulysse

08/10/2008

A travers la montagne de Rosis....(1ère partie)

DSC02636.JPG



Ca y est, elle a fini par crever la bulle immobilière et financière nourrie par la cupidité des spéculateurs

et l'incompétence des dirigeants de banque (la plupart énarques en France) qui se sont fait embobiner par les petits

génies de la finance qui leur promettaient d'immenses profits sans risque aves leurs produits dits « dérivés » et leurs

« fameux » modèles mathématiques présentés comme des « martingales » infaillibles. Pourtant, le terme « dérivés »

aurait du leur mettre la puce à l'oreille, car dans dérivés il y a dérive, et aujourd'hui, ils le sont à la dérive et nous avec !

C'est la panique sur les marchés et des monceaux de ferraris et de porsches vont bientôt être à vendre à des pris

défiant toute concurrence.



Mais rassurez vous je ne vais pas pour autant troquer mes godasses de rando pour une ferrari, je suis certes

ringard mais pas à ce point ! D'ailleurs, il faut raison garder et sans doute se réjouir de de qui nous arrive. Les pays dits

développés qui se sont gavés de confiture (avant de connaître la déconfiture!) vont être obligés de se mettre au régime,

ce qui sera bon pour la planète !. Mais, soyons lucides, même au régime nous continuerons de vivre au « Paradis »

par rapport à la grande majorité des terriens qui ne disposent ni d'eau potable ni de moyen de chauffage

ni du minimum vital en matière d'alimentation. Pendant que les journaux occidentaux consacrent leurs unes

aux « bobos » de l'occident, l'Ethiopie connaît une terrible famine qui décime ses habitants, mais personne

n'en parle !



Mais je ne vais pas vous raser plus longtemps avec mes ratiocinations verbeuses vu que qu'entre les radios,

les télés et les journaux vous ne pouvez guère échapper aux commentaires des experts qui sortent du bois en

disant tous « je l'avais prévu » et qui vous assomment de leurs analyses oiseuses sur le pourquoi du comment

qui ne changeront rien à la situation. Car les belles théories économiques échafaudées depuis Adam Smith n'ont

jamais été capables de prévoir l'évolution des économies et des marchés, sinon les économistes seraient

tous milliardaires .



De fait aujourd'hui dans ce monde globalisé et financiarisé à outrance, notre sort dépend exclusivement

du comportement des individus cupides, veules, cyniques et pétauchards qui sont à l'origine du développement

des marchés financiers. La seule solution c'est effectivement d'affréter plusieurs Airbus A380 et de tous les y

faire monter pour les faire ensuite sauter sans les parachutes dorés qu'ils se sont octroyés sur le dos

des salariés et petits actionnaires.


DSC02458.JPG


Bon je sais, on est loin de la montagne de Rosis, mais rassurez vous on en prend le chemin en suivant

ce sentier séculaire auquel les hommes du passé ont brodé un magnifique mur de pierres qui sera sans doute

encore débout quand toutes les institutions financières du monde auront été balayées.


DSC02498.JPG


Dans le monde instable qui est le nôtre soumis au diktat du changement et de la nouveauté, la randonnée

est pour moi une source d'apaisement et de sérénité. Les murs de pierre, les arbres séculaires, tel ce hêtre

imposant croisé en chemin, plongent dans le passé et redonnent au temps une continuité disparue du monde

moderne où le temps est en miettes à l'instar de nos existences.


DSC02510.JPG



L'altitude permet également d'élargir votre horizon et modifie la perspective que l'on a du monde.

L'espace et le ciel dont on est sevré dans les villes occupent votre champ de vision et donne de l'air à

vos idées qui se meuvent ainsi plus librement.


DSC02522.JPG


De vieux ponts nostalgiques du crissement des charrois d'antan vibrent de plaisir lorsqu'on leur

caresse le dos de nos semelles vagabondes


DSC02545-1.JPG


Et des masures squattées par les souris et les araignées offrent le trou noir de leurs ouvertures aux

promeneurs aventureux. Une appréhension me saisit toujours au moment d'en franchir le seuil : et si j'étais soudain

projeté dans le passé et ne pouvais plus revenir
?

DSC02554.JPG


Le règne végétal vient parfois au secours de vieux murs affaiblis et leur tend une branche secourable

pour les aider à rester debout


DSC02585.JPG



La montagne de Rosis recèle une curiosité géologique : le portail de Roquendouire qui est une trouée

dans une crête rocheuse dominant un col


DSC02587.JPG


On ne sait si la trouée elle même a été creusée par les éléments ou faite autrefois par l'homme pour

permettre le passage des charrois


DSC02597.JPG


Une fois passé le portail, on s'immerge dans un océan de genets où les générations successives des passants

ont tracé de multiples chemins qui, si l'on n'est pas vigilant, se transforment vite en labyrinthe.


DSC02612.JPG


Puis on émerge sur un plateau ponctué de cairns, providence des randonneurs, et qui à cette

saison (nous étions en août) est couvert d'un tapis de bruyères en fleurs.


DSC02616.JPG


Avouez que dans des endroits pareils on oublie les trous que les rats de la finance ont fait dans nos bas de laine !

A suivre....

PS: La montagne de Rosis domine le village de Saint Gervais sur Mare(34610) et peut être explorée en utilisant la carte IGN TOP 25 2543 OT

Texte & Photos Ulysse