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02/03/2014

Du saut du lit au saut de l'âne

 

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Revenons quelques semaines en arrière, avant que nous n’allions Gibus et moi nous réchauffer la couenne au soleil de Guadeloupe. C’était donc en décembre 2013 (que ce temps paraît déjà loin !) il faisait un froid de canard sibérien, mais soucieux de vous fournir chères lectrices et lecteurs votre ration hebdomadaire d’aventures (vous êtes de plus en plus nombreux à être « accros » et ça me fait plaisir) Gibus et moi nous sommes fait violence pour affronter les rigueurs du Caroux, en empruntant le sentier assez sportif dit « du saut de l’Ane ». A ceux qui ne sont pas de fidèles lecteurs du blog, je rappelle que le carton que Gibus porte souvent l’hiver dans son dos n’est pas un cubitainer de « vitis vinifera » mais une brassée de branchages secs pour allumer le feu (ne ricanez pas oh ! esprits médisants !) .

 

 

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Le sentier sinue entre d’impressionnantes barres rocheuses qui présentent l’avantage de nous protéger du vent glacial qui règne ce jour là !

 

 

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Bien que l’altitude reste relativement modeste (autour de 800 mètres) le contexte est véritablement montagnard et mieux vaut ne pas y aller en espadrilles, comme on voit parfois des inconscients le faire, à moins d’appartenir au peuple des Sherpas !

 

 

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Le massif du Caroux, malgré ses deux cent millions d’années, a les crocs encore bien pointus, mais ce matin il a de la peine à déchirer la couche de nuages qui recouvre la région. Lectrices et lecteurs du nord vous constatez ainsi que le ciel n’est pas toujours bleu dans la région, contrairement à ce qu’affirment certains méridionaux un brin vantards !

 

 

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Heureusement cette couche nuageuse ne donne pas  de pluie ce  qui rendrait cette ascension un brin risquée. Mais le risque c’est aussi le sel de la vie et il est bon d’en mettre de temps en temps une pincée dans notre quotidien.

 

 

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Bon, nous ne sommes pas non plus des "fadas" prêts à escalader des aiguilles comme ce guetteur que l’on aperçoit là haut et qui y a trouvé refuge, peut être en prévision des tempêtes cataclysmiques qui vont balayer la Terre si l’homme continue à la maltraiter comme il le fait (allez voir sur ce point le dossier consacré par Gaya à Maxime Ginolin)

 

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Vue d’ici, Gaïa paraît en ébullition, des nuées ardentes semblant monter des vallées environnantes.  Avec le réchauffement du climat on pourra bientôt faire cuire des œufs durs dans les torrents de montagne !

 

 

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Nous poursuivons notre ascension en prenant garde à ne pas bousculer les rochers en équilibre instable qui bordent la piste. Nous tenons à nos "arpions" qui nous permettent de faire la chose que nous aimons le mieux au monde (après le jus de vitis vinifera et le Ti Punch !) qui est de marcher !

 

 

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Nous franchissons intacts le passage dit du Saut de l’Ane et passons sous une magnifique arche de pierre qui nous ouvre la porte d’un autre monde, celui du vallon magnifique de l’Albine.

 

 

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L’Albine est ce torrent dont je vous ai fait découvrir la superbe chute gelée dans ma note du 18 février dernier. Aujourd’hui la température plus clémente a libéré ses eaux qui dévalent avec fougue  le Caroux.

 

 

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Vous connaissez ma passion pour les arbres morts qui s’accrochent encore à la pente envers et contre tout. Belle leçon de courage qui nous invite à tenir bon contre l’adversité et résister au découragement, au renoncement où à la facilité qui nous tentent parfois.

 

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau sommital parsemé de neige, ce qui réjouit toujours la part d’enfance que j’essaie de préserver dans mon âme.

 

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Nous récoltons du bois bien qu’il soit mouillé. Il complètera le bois sec que nous emmenons et qui nous permettra de faire démarrer le feu.

 

 

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Et voici la démonstration de nos compétences en la matière, ce qui vous prouve qu’il n’ y a pas que ce bon vieux Johnny  qui soit capable d’allumer le feu !

 

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Et je suis sûr qu’il y a une chose que Johny ne sait pas  faire aussi bien que Gibus malgré son talent, ce sont les œufs au plat et au jambon. Pur chef d’œuvre de la gastronomie « Gibussienne » qui comporte, par ailleurs, de succulentes fondue, tartiflette et autres mets montagnards. Mais hélas  pour vous ils sont réservés aux intimes !

 

 

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Repus et réchauffés, nous empruntons le sentier du retour qui est entièrement recouvert de neige du fait du tassement du sol par le pas des marcheurs et l’absence de feuilles, ce qui le rend plus froid. Nous avons ainsi le sentiment que la nature a déroulé un tapis blanc sous nos pas pour nous remercier du respect que nous lui manifestons.

 

 

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L’ambiance qui règne dans les sous bois est féérique, mais nous n'y apercevons hélas aucune fée. Mais les fées se montrent–elle à des hommes de nos âges ?

 

 

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A défaut de fée, nous faisons une rencontre étrange, un vieil arbre qui affiche sur son tronc un visage humain. Soudain le visage se met à parler et nous conte son triste sort : il s’agit d’un bucheron qui a été surpris à couper des arbres par un ENT et a été transformé sur le champ en arbre pour prix de son forfait. Il nous conjure de faire passer le message aux hommes de respecter les arbres qui, par l’oxygène qu’ils nous fournissent, ont permis le développement et le maintien de la vie sur Terre .

 

Ainsi se termine notre périple; nous redescendons dans la vallée, sainement fourbus par notre journée de marche. En parlant de « fourbu » c’est un mot que les parlementaires ne doivent pas connaître vu qu’ils vont se payer cinq semaines de congé supplémentaires pour permettre aux députés–maires de faire campagne pour les élections municipales ! Honte aux cumulards ! Il faut espérer que les citoyens sauront les sanctionner ! A quand également la suppression du Sénat l’une des institutions les plus couteuses et inutiles de la République qui ne sert qu’à ralentir le processus d’adoption des lois et à caser des politiciens hors d’usage qui y trouvent un fromage pour leur grand âge ! Le Général de Gaulle, seul président de la Vème république intègre et courageux que nous ayons eu (il avait d’autres défauts) voulait sa suppression qu’il n’a pu, hélas, mettre en œuvre. Cela aurait rendu un grand service aux contribuables qui supportent le  train de vie dispendieux de ces 348 nantis, alors qu'ils ne sont que 66 en Allemagne et 100 aux USA, pays autrement plus riches que nous.  Et pour vraiment vous rendre compte de l'ampleur du scandale lisez et faites lire autour de vous cette délicieuse nouvelle de Georges Vigreux sur « Un train de vie de sénateur » . Si quelqu'un d'influent lit ce blog je lui propose de lancer une vaste pétition nationale pour la suppression de cette chambre inutile et archaïque. Excusez moi pour ce coup de gueule mais quand approche la période de la déclaration d'impôts je deviens irritable !

 

Texte & Photos Ulysse 

  

PS : Je vous invite à découvrir mes compositions sur mon nouveau blog musical  OLD NUT que vous pouvez consulter en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

27/11/2011

Divagations pédestres et épistolaires autour de Fozières….

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Pendant ma scolarité, de l’histoire je n’ai aimé que l’antiquité…. et les décolletés vertigineux de ma prof’ de seconde. Egyptiens, Grecs, Romains m’ont fasciné avec leurs dieux jouissifs  ou étranges, leurs scribes et leurs philosophes ainsi que leurs fabuleuses épopées ou légendes dont l’attrait  dépasse de dix coudées les aventures de Corto Maltèse ou de Tintin. D’ailleurs, cette passion n’est pas étrangère à mon pseudonyme Ulysse. Passée cette fascinante période, l’histoire de France, avec sa litanie de roitelets vaniteux, débiles ou sanguinaires (à l’exception notable de ce bon vieux Henri IV) m’a profondément ennuyée. Quant à la période contemporaine ce n’est qu’une histoire de tyrans et de voyous.

Mais aujourd’hui, mon sentiment a changé quand je vois l’histoire de France s’inscrire magnifiquement dans le paysage, comme ce château qui se dresse au sommet du  village de Fozières qui n’a guère plus de 250 âmes et quelques chats et chiens.  La curiosité me vient alors de savoir comment un tel château a pu naître dans un si modeste village et quelle en a été l’histoire.

De fait, ce château est  une ancienne demeure seigneuriale bâtie au XIIème siècle par la famille de Fozières qui a donné son nom au village.  Elle a été modifiée au XVIIème et est aujourd’hui inscrite au registre des monuments historiques. Les documents publics ne comportent, hélas, aucune péripétie notable concernant cet édifice  ou ceux qui l’ont édifié.   Ces derniers ont sans doute faite leur la devise bien connue des yanomamis, peuple d’Amazonie éminemment pacifique :  «Kikuyu tan tan gikopo lakoya » que l’on peut traduite par « Qui ne cherche de noises à personne, mène une vie tranquille ».

 

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Ledit  château, dont l’histoire m’intrigue donc - et pour lequel, chers lecteurs et lectrices, je suis preneur de toute information - est au cœur d’un splendide environnement, qui est sans doute la raison même de son édification en cet endroit isolé .

Car au XIIème siècle, faute d’avoir  la chance de pouvoir se divertir en regardant  à la téloche «Question pour un croupion »  « Bêtement dimanche » «  Combien ça croûte » « Plus bêêêle la vie »  ou en surfant sur « face de bouc »  ou « touiteur »,  les seigneurs passaient leur temps – quand ils ne rendaient pas hommage à leur femme et concubines  - à regarder par la fenêtre et ils faisaient alors en sorte de jouir d’un beau paysage.

 

 

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Pour pouvoir bâtir de telles demeures les seigneurs tondaient la laine sur le dos  de « leurs cerfs ».  Aujourd’hui lesdits « cerfs » étant devenus des citoyens libres, égaux et fraternels (c’est du moins ce qui est écrit sur le fronton des mairies) seuls les moutons laissent leur laine sur les barbelés qui entourent leurs enclos.

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Si les hommes protègent aujourd’hui leurs propriétés au moyen de l’invention diabolique de  Joseph Farewell Glidden qui mit fin à l’ère des cow-boys, les arbres ont eux aussi plus d’un tour dans leur écorce pour se protéger des prédateurs.

Ainsi ces jeunes ormes rencontrés au bord de notre chemin recouvrent-ils leurs branches de liège pour éviter que les chèvres ou moutons ne les broutent !

 

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Fort heureusement, bien que les barbelés  étendent de plus en plus leur empire dans notre région, il reste de nombreux chemins ouverts à notre curiosité et celui que nous descendons ravit nos cœurs et nos prunelles : feuillage automnal des érables, senteurs enivrantes d’une pinède, perspective montueuse, ciel romantique qu’aurait aimé Gaspard David Friedrich. Que désirer de plus !


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Si nous étions des amis de Sylvebarbe nous pourrions demander à ce vénérable chêne multiséculaire qu’il nous conte l’histoire du château de Fozières et de ses seigneurs. Sans doute aurait-il quelques anecdotes croustillantes à nous conter de troussages printaniers de soubrettes ou d’écuyers (les princesses, comtesses, baronnes n’étaient pas en reste et ce n’est que justice !)  sous son ombreuse et complaisante ramure.

 

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Il faut dire qu’il en est passé des charrues et des carrosses le long de ce chemin au cours des siècles passés. Leurs roues ferrées ont fini par laisser leur empreinte dans le plateau de grès qu’il traverse en approchant du village  de Soumont.

 

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Alors que leurs ancêtres mourraient souvent d’épuisement sous le harnais, les chevaux d’aujourd’hui mènent une vie de sénateur (le job le mieux payé et le moins fatigant du royaume dont le sieur Mélanchon, qui prône l'abolition des privilèges est, ne l'oublions pas, un digne représentant).  La nostalgie pourtant imprègne leurs grands yeux, nostalgie d’un temps où ils accompagnaient l’homme dans ses voyages alors qu’aujourd’hui  de nauséabonds  chevaux-vapeur confinés sous un capot leur ont succédés.

 

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Nous arrivons au splendide village de Soumont rassemblé autour de son église bâtie au XIIème siècle et qui prospéra grâce à ses carrières de baryte, de grès, d’ardoise et de schiste ainsi qu’à ses châtaigneraies et ses genestières destinées à la production de toiles réputées.

 

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Du haut du village on a une vue imprenable sur les collines environnantes au cœur desquelles est niché le lac du Salagou

 

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La brume vespérale nimbe le paysage d’un voile bleuté qui gomme les aspérités des montagnes et diffuse une atmosphère de sérénité. Me reviennent alors en mémoire ces vers du grand Victor extraits de « la légende des siècles » que je vous invite à relire :

Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ;


Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;


Une immense bonté tombait du firmament ;


C’était l’heure tranquille où les lions vont boire.



Bon il est vrai que je n’ai encore jamais vu de lions boire dans le lac du Salagou, mais on ne sait jamais avec le réchauffement climatique en cours !


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S’il n’y a pas encore de lions dans la région, il y a toutefois des rhinocéros qui se planquent dans les arbres pour éviter qu’on leur pique leur corne supposée avoir des vertus aphrodisiaques (selon ma propre expérience la corne de bouc est plus efficace).


 

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Nous voilà de retour à Fozières, passant au pied de l’église qui, au contraire du château sans histoire, a défrayé la chronique. En effet, ses cloches se sont mystérieusement arrêtées en pleine volée au petit matin du 1er novembre 1958 (à la sonnerie de six heures plus précisément) et sont depuis restées figées. La légende raconte que ce mystérieux phénomène serait dû aux imprécations d’un mauvais coucheur qui réveillé par la sonnerie de cloches aurait vociféré à sa fenêtre « Si le diable les arrête je lui donne mon âme ». L’homme en question serait mort le matin même et depuis les cloches sont restées immobiles et personne n’a osé y toucher.

 

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI

 

Texte @ Photos Ulysse

(reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

  

21/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (fin)


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Ayant malheureusement laissé notre pigeon à sa tragique destinée (voir la note précédente) nous basculons vers le vallon du Vialay dont les pentes sont couvertes d’une toison arborée, parée de fastueuses couleurs automnales. Qu’une telle beauté, qu’une telle sérénité naissent de feuilles qui vont mourir apaise l’angoisse qui nous étreint à la pensée de devoir un jour quitter ce monde (Qui est au demeurant le titre d’un magnifique roman de Douglas Kennedy). Comme ces feuilles qui au printemps renaîtront, nous pouvons espérer que nos vies s’inscrivent dans une chaîne infinie dont elles ne sont qu’un maillon.

  

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Mais même en admettant l’hypothèse que nous reviendrons, il n’est pas certain, au train où vont les choses, que ces lieux paradisiaques soient préservés. Aussi, vivons, vivons intensément, ne gâchons pas une minute, que dis-je, une seconde de notre existence ! Comme cet arbre parti à l’assaut de la colline - alors que ses congénères pusillanimes sont restés à l’abri du vent - et qui nous donne, à cet égard, un bel exemple de courage et d’énergie. Alors l’heure du piquenique étant enfin arrivée,  nous levons nos verres à cet arbre plein de bravoure et à la Vie !


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Pendant que nous piqueniquons et savourons nos sandwichs « jambon de parme, cornichon rémois, tomate de marmande », le roc Fourcat plante sa dent dans les nues pour faire un festin de ciel azur.

 

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Notre festin achevé, nous redescendons vers le hameau d’Héric sous un ciel sans nuage et sans un souffle d’air, éprouvant l’étrange et délicieux sentiment que le temps a soudain arrêté son cours.  Mais la course des aiguilles sur le cadran de ma montre m’informe hélas que l’implacable compte à rebours se poursuit…

 

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Cela étant, il semblerait que le temps sur le Caroux s’écoule plus lentement que dans la vallée, car nous découvrons allongée dans l’herbe une matrone coiffée d’un tour de tête avec guimpe et qui admire le paysage.  Ce genre de couvre-chef ne se portant plus depuis le moyen âge, on peut en déduire que la matrone en question a quelques siècles ! Finalement, peut être que le secret de notre vitalité à Gibus et moi même est que nous arpentons régulièrement les chemins de ce massif . Le Caroux élixir de longue vie ! Quelle chance pour nous !

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Et il est vrai  que la contemplation de tels paysages enlève vingt ans à nos cœurs et à nos jambes. Plutôt que d’aller se ruiner dans une station de thalassothérapie , mieux vaut grimper sur le Caroux !

 

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D’ailleurs les princesses d’Arabie, qui n’ont pourtant pas de problème de fin de mois,  viennent ici faire une cure de jouvence comme en témoigne ce dromadaire que nous croisons au bord de notre chemin.

 

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Le Caroux est assurément l’une des plus belles montagnes du monde et si j’étais bricoleur je rachèterais  bien cette vieille masure merveilleusement située pour m’y installer. Mais hélas j'ai "le marteau maladroit" et, de toute façon,  il faudrait aussi que j’apprenne à faire la pain, que j’élève quelques poules, lapins et cochons, et que je cultive un potager « and last but not the least »  une vigne !  Bref ! ce serait un peu compliqué et je crois que je vais me contenter de rêver  !  A vrai dire dans la vie, il y a ceux qui rêvent et ceux qui font.  Je ne sais pas ce qui est le mieux mais ce que mes parents m’ont appris, c’est que quand on se contente de rêver il ne faut pas envier ceux qui font !

 

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Parlant de rêves, poursuivant notre chemin, nous apercevons  un géant en train de dormir sur le flanc du Caroux et qui me fait soudain songer au sublime et émouvant poème de Rimbaud « Le dormeur du Val » :

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,


Accrochant follement aux herbes des haillons


D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,


Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 


Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,


Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,


Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme


Sourirait un enfant malade, il fait un somme :


Nature, berce-le chaudement : il a froid.


 


Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;


Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,


Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Ainsi la mort prend – t - elle parfois l’apparence de la vie, comme on le voit en contemplant certains  membres du Sénat ou du Conseil Constitutionnel, institutions qui ressemblent à des annexes du musée Grévin.

 

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La cohabitation de vigoureuses frondaisons vertes et de frondaisons automnales vouées à la chute révèlent les deux stratégies de développement différentes du peuple arboricole. Les premiers dépensent une part de leur énergie pour préserver leur parure alors que les autres en font le sacrifice pour mieux résister au froid. C’est d’ailleurs pour cela qu’étant chauve, je ne crains pas l’eau glacée.

 

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Ces arbres toujours verts, qui sont par nature un peu « m’as tu vu » et aiment épater la galerie, vont souvent se nicher dans des endroits improbables qui les condamnent un jour à la chute. Le genre humain n’est pas exempt de ce genre de bravade et l’on voit des imprudents accéder à des positions d’où, du fait de leur incompétence, ils ne peuvent ensuite que dégringoler (l’avantage petite Giulia, c’est que tu vas bientôt pouvoir profiter de ton papa !)

 

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Avec mon ami  Gibus nous ne présumons jamais nos forces et nous ne prenons jamais la montagne à la légère : Il y a encore tellement de vins d’Oc que nous n’avons pas goûtés ! Et c’est ainsi qu’une fois de plus nous redescendons sains et saufs de notre périple émoustillés comme des adolescents ( que nous restons grâce au Caroux) à la pensée des deux blondes pétillantes qui nous attendent à l’arrivée.

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI 

Texte @ Photos Ulysse

(Toute reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

  

14/06/2011

En route pour Rosis, la montagne d’or !

 

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Notre pouvoir d’achat est en berne mais le cours de l’or n’a jamais été aussi élevé. Les bijoutiers nous font ainsi des offres mirobolantes pour racheter nos bijoux de famille (les vrais !) et des apprentis « forty-niners » écument le moindre ruisseau à la recherche de pépites.  Un conseil donc : ne dormez pas la bouche ouverte sous peine de vous réveiller sans vos couronnes en métal doré. On sait pourtant que l’or rend fou mais ça ne calme pas pour autant la frénésie de ses adorateurs. Qui possède un million en veut deux ; qui en a deux en veut quatre et ainsi de suite, tous ces millionnaires étant engagés dans une compétition forcenée pour être le plus riche macchabée du cimetière.

Heureusement épargné par cette frénésie grâce à l’attention sans faille de mon inspecteur des impôts (qu’il en soit remercié) je vous propose de partir en quête du seul or qui vaille, de cet or qui ne corrompt pas mais enchante : l’or des genêts qui fleurissent  dès la fin mai sur la montagne de Rosis.

Nul besoin d’exploiter ou de truander son prochain ou d’appartenir à la confrérie des banquiers, assureurs, sénateurs, marchands de téléphones mobiles, de produits pétroliers ou d’eau minérale pour pouvoir contempler cet or là.  Bien au contraire. Des goûts simples, l’aptitude à l’amitié et à la solidarité ainsi que de bons mollets sont de rigueur. Tout ce que l’on risque dans l’aventure c’est de prendre un bain non désiré dans le torrent qu’il faut traverser pour partir à l’assaut de cette somptueuse montagne.

 

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La beauté de cet endroit vous donne, je n’en doute pas, l’envie de séjourner quelques jours dans cette masure. Profitez en car pour le moment elle est libre ! Certes le confort en est plus que sommaire et les voisins, mulots, fouines, mouflons, n’arrêtent pas d’aller et venir la nuit, mais quel bonheur de pouvoir assister au lever et au coucher du soleil sur ces genetières.

 

 

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Outre leur somptueuse beauté , ces genetières tiennent le sol, évitant ainsi l’érosion. Autrefois, elles étaient broutées par les moutons et servaient, notamment dans le lodévois tout proche,  à fabriquer de la toile plus résistante que celle en chanvre ou en lin.

 

 

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Nous arrivons en vue d’un lieu familier à mes plus fidèles  lectrices et lecteurs : le portail de Roquandouire, curiosité géologique située sur le chemin qui mène au hameau de Caissenols et au Plo de Bru.

  

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Cet étonnant vestige d’une couche sédimentaire mise à la verticale par la surrection des Pyrénées est un lieu idéal pour faire une halte un jour de grand vent, qu’il vienne de la Méditerranée ou de la Montagne Noire .

 

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Si l’or  en barre n’a pas d’odeur (bien que certains aient du flair pour le repérer !) celle des genetières est envoûtante et nous prenons de la hauteur pour ne pas en être grisés.

 

 

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Parvenant, ahanant et soufflant en vue du Plo de bru, un arbrisseau nous tend une branche secourable pour nous aider à franchir les derniers mètres. Nous déclinons son offre charitable de peur de le briser. Ce n’est pas que nous soyons lourds car sveltes - vous n’en doutez pas j’espère - nous sommes. Mais nos sacs, eux le sont, car chargés de nombreux flacons (leur contenu relève du domaine privé)

 

 

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Cet arbrisseau n’est que l’avant-garde d’une vaste pinède qui couvre  la partie orientale du Plo de Bru et abrite un champ de myrtilliers, témoin d’un sol léger et acide.  Les baies riches en vitamine C et en polyphénols (qui ont un rôle préventif contre le cancer)  sont délicieuses. Malheureusement il est déconseillé de les consommer dans les regions où le renard est malade de l'échinococcose ou "ténia du renard" à cause du risque de contamination à l'homme. C’est pourquoi nous sommes contraints d’aller chercher nos polyphénols dans le jus de vitis-vinifera (les plus mauvaises excuses font le sel de la vie).

 

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Ayant atteint le col de l’Ourtigas, nous  redescendons vers le hameau de Caissenols pour y faire la pause pique-nique. Quelques amoureux de ce lieu ont, au cours des mois précédents, refait la toiture de la bâtisse principale qui prenait l’eau et réhabilité l’intérieur pour le plus grand bonheur des randonneurs de passage. Je saisis l’occasion, si jamais ils me lisent, de les en remercier chaleureusement.

 

 

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Il faut dire que c’est un lieu idyllique hiver comme été où l’on peut se livrer sans vergogne (pourquoi vergogne y aurait-il d’ailleurs ?) à une sieste à l’air libre ou sous abri. Les polyphénols du raisin auraient, paraît-il, outre leur bénéfice anti-cancer un effet légèrement soporifique.

 

 

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Sortis de nos flacons vides comme le  génie de la lampe d’Aladin, un bestiaire fantasmagorique vient alors peupler nos rêves. On y voit ainsi le taureau de Crète poursuivi par Hercule…

 

 

 

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Soudain le barrissement de l’un des éléphants perdus par Hannibal  au cours de son périple nous réveille en fanfare pour nous signaler qu’il est temps de lever le camp.

 

 

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Et là , sur le chemin du retour, une émouvante scène nous attend : Un mouflon juvénile accompagné de sa mère sont sur le sentier. Grâce au vent contraire la mère ne nous a pas sentis venir et continue de brouter. Le juvénile qui n’a jamais rencontré d’homme et n’a donc pas appris à le craindre nous regarde ébahi, instant d’étonnement pour lui et d’émerveillement pour nous, gratifiés par cette confiance spontanée et innocente.

 

 

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Mais la mère, mue sans doute par son instinct, lève la tête et nous découvre : stupeur et effroi se lisent dans son regard !

 

 

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En une demi seconde c’est la fuite ! Cette scène illustre la piètre image dont jouit l’homme dans le monde sauvage où la rumeur court, aussi bien sur la  terre, dans le ciel que sous la mer, que nous sommes des prédateurs impitoyables. Et me reviennent en mémoire ces images insupportables d'un documentaire animalier, où l’on voit un chasseur embrasser la crosse de son fusil chaque fois qu’il tue un animal. Bourreau sans merci et pitoyable ayant autant d’intelligence qu’une bûche et  imperméable à la beauté du monde. J'espère que ces "bûches" là brûleront , au moins quelques jours, en enfer ! 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf Marie B  pour la photo de sieste car je faisais partie des « rêveurs »)

 

19:31 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : sénat, or, hercule, rosis