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01/11/2010

Montagnac, terroir d'Art

 

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Pendant longtemps les vins du Languedoc ont eu mauvaise presse et étaient ignorés des amateurs qui n’avaient d’yeux et de gosier que pour les Bordeaux, les Bourgognes, les vins de la vallée du Rhône ou des bords de la Loire.

Il est vrai que le soleil généreux des rives de la Méditerranée aidait à faire « pisser » la vigne et les vignerons se préoccupaient alors plus de quantité que de qualité. C’était l’heureux temps où les hommes d’age adulte buvaient généralement au moins un lit re de vin par jour, encouragés par le grand Pasteur qui a déclaré que le vin est la plus hygiénique des boissons (ce qui n’est d’ailleurs pas contestable !).

Mais le mode de vie et les habitudes de consommation ayant progressivement changé, les vins du Languedoc eurent de plus en plus de mal à se vendre, ce qui amena les vignerons les plus dynamiques à s’engager dans une démarche qualitative.

Des grands vins ont été ainsi créés qui n’ont rien à envier à leurs rivaux girondins ou bourguignons . Cette évolution gagna peu à peu le monde coopératif et aujourd’hui certaines caves coopératives vendangent, si l’on peut dire, les médailles dans les concours vinicoles.

 

 

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L’une d’entre elles, la cave de Montagnac a pris récemment une initiative originale. Le vin étant depuis l’Egypte ancienne l’un des produits emblématiques des civilisations qui ont fleuri sur les rives de la Méditerranée, elle a eu l’idée de lui rendre hommage en intégrant des œuvres d’art dans son vignoble.

Elle a ainsi demandé à plusieurs artistes héraultais, Jean.Pierre Giraud, Ben Truscott, Kay Vigen, Bruno Mendola et Mme Cross de réaliser des sculptures sur le thème de la viticulture, qu’elle a ensuite installées devant son caveau et au travers de son magnifique terroir.

 

 

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Partons donc pédibus jambis à la découverte de ces sculptures disséminées au fil des vignes dans un superbe environnement de pinèdes et de garrigue et dont il faut deux à trois heures pour faire le tour

 

 

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On croise tout d’abord le dieu Bacchus à la mine réjouie adossé au clocher de la superbe Eglise de Montagnac et qui tient une grappe de raisin dans une main et une coupe dans l’autre. A ses pieds se tient une chèvre, animal totémique de Montagnac, en mémoire de la c hèvre de Jacou, qui vécut au XIIème siècle, dont le lait guérissait toutes les maladies. Il est vrai qu’elle se nourrissait exclusivement de sarments et de raisins .

 

 

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Derrière lui se tient l’une des Ménades ou Bacchantes qui l’accompagnent toujours dans ses festivités. Les femmes comme le vin donnent de l’esprit aux hommes !

 

 

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N'est-il pas admirable ce visage radieux de Bacchus, qu’on ne verra jamais, pour sûr, chez un buveur d’eau !

 

 

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Et son bonheur, ainsi que celui de sa compagne, est total quand le soleil couchant donne aux vignes aux alentours la couleur de son breuvage préféré.

 

 

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Un peu plus loin on croise un terrassier au repos. Car la culture de la vigne n’est pas que jouissance. C’est un long et dur labeur de conquête et de labour de sols caillouteux et ingrats qui souvent s’étend sur plusieurs générations. Mais quelle récompense de voir au bout de ses efforts un jus doré ou pourpre, lymphe ou sang de la terre, couler des tonneaux.

 

 

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Si le jus de « vitis vinifera met en émoi nos gosiers, ses feuilles sont, l’automne venu, un ravissement pour les yeux. Cette plante que Noé fut le premier homme à cultiver, est vraiment un don des dieux.

 

 

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La vigne nécessite une surveillance de tous les instants car de nombreux insectes et maladies la menacent mettant en péril son précieux nectar. Et les (bons) viticulteurs, auxquels l’artiste rend ici hommage, doivent être considérés comme des bienfaiteurs de l’humanité.

 

 

 

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Voici venu le temps de la vendange et les mains des hommes cueillent alors délicatement ce don conjoint de la terre et du ciel, ce divin « jus de cailloux ».

 

 

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Les grappes cueillies vont dans des paniers que l'on déverse ensuite dans des bennes. Elles sont alors portées rapidement au pressoir pour éviter l’oxydation des raisins par la chaleur.

 

 

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Quand les mains qui vendangent sont celles d’une femme la scène est alors d’une beauté sublime.

 

 

 

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Car le bon vin comme les femmes sont promesses de douceur et d’ivresse.

 

 

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Un peu plus loin, nous apercevons la silhouette d’un vendangeur dont la hotte déborde de grappes juteuses que le talent du vigneron transformera en divin nectar.

Ces scènes hélas ne sont toutefois plus vraiment de mise car, aujourd’hui, pour des raisons économiques, là où la configuration des vignes le permet, les machines remplacent les vendanges manuelles. Bien que moins sélectives elles vont beaucoup plus vite et présentent l’énorme avantage de permettre de vendanger la nuit quand les températures sont plus fraîches

 

 

 

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Je vous ai dit tout à l’heure que Noé fut le premier homme à exploiter la vigne, mais c’est Osiris qui a créé cette plante et lui a appris à la cultiver. Cette statue lui rend donc hommage ainsi qu’à son épouse Isis, divinité suprême et mère de la nature.

 

 

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On y voit aussi leur fils Horus, représenté par un faucon, symbole du soleil qui réchauffe la terre et permet le mûrissement du raisin mais aussi le serpent Apôphis dieu du mal, dont la présence est sans doute une spirituelle mise en garde contre les méfaits de l’abus d’alcool.

 

 

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Mais on ne se saoule jamais qu’avec de la piquette et de mauvais alcools. Quand un breuvage est issu d’un paysage d’une telle splendeur, reflet d’une civilisation millénaire, on ne peut que le déguster et l’ivresse qui en naît est semblable à celle que l’on éprouve devant une œuvre d’art.

 

 

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En sculptant cette œuvre de mains jointes dressées vers le ciel et tenant une grappe de raisin, l’artiste a sans aucun doute voulu remercier Osiris de nous avoir donné la vigne et on ne peut que s’associer à ces remerciements ! Mettons nous donc à genoux chères lectrices et lecteurs et adressons cette courte prière au fils d’Isis :

 

Sois remercié oh ! divin Osiris ,

De nous avoir donné Vitis vinifera,

Et fais que mon flacon se remplisse,

Au fur et à mesure que je le bois !

 

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La vendange ayant été portée au pressoir, un couple de fouleurs se déshabillent et, se tenant amoureusement l’un à l’autre, piétinent les grappes avec lenteur et douceur.

 

 

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S’ensuit une danse langoureuse pour donner du corps, de la jambe, de la cuisse au nectar en train de s’écouler…

 

 

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Quand on voit ainsi comment naît le vin,  on ne peut pas ne pas l’aimer !

 

 

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Il préside aussi à la célébration des idylles amoureuses car on n’a jamais vu un mariage où l’on servait de l’eau aux convives !

 

 

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L’hiver s’en est venu et la vigne jouit d’un repos bien mérité. Mais dans le secret de leurs chais les vignerons élaborent le divin nectar qui bientôt réjouira nos gosiers et nos âmes.

 

 

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Avant de le livrer à la convoitise des hommes, ils iront l’offrir à Bacchus perdu dans la contemplation des vignes, dont les ceps dépouillés par l’hiver révèlent la terre rouge-sang qui les nourrit.

 

 

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Bacchus boit une gorgée du nectar qu’on lui a apporté et la savoure en silence…

 

 

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Son visage aux yeux fermés reflète un intense plaisir. Il est vrai que le vin est un élixir qui lui confère l’immortalité. Il n’en n'est pas de même, hélas, pour les hommes, mais il leur apporte néanmoins la gaîté qui leur permet d’oublier un instant qu’ils sont mortels.

 

 

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Laissons Bacchus à sa dégustation et retirons nous sur la pointe des pieds pour tranquillement rentrer chez nous et déboucher un flacon de Mémoire  de Nisas, par exemple, un vin soyeux et harmonieux à prix "doux" de la cave de Montagnac qui ne peut que vous enchanter


Texte & Photos Ulysse

17/11/2009

Le terroir parle dans les flacons du Domaine Lisson

 

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Quand on s’approche du domaine de Lisson, la vue que l’on en a est de bonne augure : il est situé au plus près du ciel, au sommet d’une colline dominant le village médiéval d’Olargues, plus connu pourtant pour ses marrons que pour ses vins.

Mais chacun sait que la vigne pour donner le meilleur d’elle même a besoin de faire la sieste au soleil et de dormir au frais. L’alternance du chaud et du froid, comme une douche écossaise, stimule la circulation de la sève et développe des arômes complexes et subtils qui font défaut aux vins de plaine cuits par le soleil.

 

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Pour se rendre au domaine, mieux vaut prendre rendez vous avec Iris qui vous en indiquera le chemin. Les quelques kilomètres de la piste qui grimpe allègrement sur le flanc des coteaux boisés dominant la plaine du Jaur vous préparent doucement à un retour bucolique dans le passé

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Le domaine s’alimente en effet en eau à partir d’une source et tire son énergie du soleil et le reste est à l’avenant : ici on laisse faire la nature, l’herbe court au milieu des vignes d'où sont bannis les pesticides et les herbicides - seule la bouillie bordelaise ayant droit de cité – elle est fauchée au besoin pour permettre aux souches de prendre l’air.

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Alors que tant de vignobles sont organiquement morts et produisent des vins sans âme, ici on travaille en harmonie avec la nature en respectant sa biodiversité. Où pourrait-on voir ailleurs qu’à Lisson une épeire tisser sa toile dans un bosquets de chênes verts jouxtant les vignes ?

La faune sauvage d’ailleurs ne s’y trompe pas qui dévore à belles dents les grappes à maturité et met en péril la survie de l’exploitation. Moi qui suis loin d’être un pro-chasse, j’estime qu’il y a là un cas de force majeure et que tous les moyens sont bons quand il s’agit de sauver ce qui appartient au patrimoine de l’humanité.

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Mais avant de parler des nectars produits en ces lieux et qui sont appréciés non seulement des sangliers, mouflons, blaireaux et renards mais aussi d’un groupe fidèle d’amateurs bipèdes éclairés, brossons brièvement l’histoire du domaine.

Il est fait mention pour la première fois de Lisson le Bas dans des archives de Montpellier en 1482. L’exploitation en fut abandonné en 1930 et ce n’est qu’en 1975 qu’Iris et son mari Claude (décédé depuis) ont acquis et défriché en 1989 deux hectares de chênes verts en faisant partie.

Sur ses pentes abruptes ne permettant aucune mécanisation ils ont remis en état à mains nues les terrasses et les murs en pierres sèches. Hercule n’aurait pas fait mieux !

Sur la partie basse de ce terroir shisteux qu’ils ont dénommé Clos des Cèdres en raison d’un bosquet de cèdres qu’ils ont conservé, ils ont planté du Mourvèdre ainsi que du Merlot et du Petit Verdot et sur les terrasses supérieures, appelées les Echelles, ils ont planté du cabernet-sauvignon.

 

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Ils ont acquis, par ailleurs, d’Antoine Tarbouriech une parcelle qui appartenait à un curé de Saint Etienne d’Albagnan qui y faisait produire son vin de messe. Ce qui est pour moi un critère absolu de qualité ! Imaginez qu’un curé fasse la grimace en buvant son vin de messe, cela créerait un scandale ! Si ce brave curé buvait le vin, les vignes étaient par contre cultivées par sa bonne à tout faire, Joséphine Clavel.

Iris et Claude ont planté ce terroir calcaire en Pinot Noir, cépage subtil par excellence, ambassadeur de la Bourgogne, dont les premières cuvées en 1996 et 1998 ont porté les noms d’Antoine et de Joséphine.

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Face au domaine vers le nord, de l’autre coté de la plaine du Jaur, on aperçoit les Monts de l’Espinousse et, notamment, le lieu dit de la femme couchée, appelée ainsi en raison de la forme que prennent la succession de crêtes.

Comment voulez vous que dans un tel environnement et avec un tel panorama la vigne rate son vin ? Le vigneron n’a qu’à la laisser faire en intervenant le moins possible, ce que font Iris aidé de son nouveau compagnon Klaus.

Ce n’est pas que la vigne ne demande pas de travail , au contraire car sur ces pentes ardues la brouette (à chenilles), le seau ou les caissettes et le dos de l’homme sont les seuls outils possibles. Il faut biner, faucher et vendanger à la main, remonter le sol quand les pluies le ravinent, redresser ou replanter les piquets en châtaigner quand la tempête les emporte.

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Mais pour le raisin et le vin c’est le sol et la vigne qui décident : pas d’engrais dans les vignes, pas d’éraflafge, pas de levure exogène dans les cuves en inox.

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Les macérations sont longues avec pigeages quotidiens sans pompage. La vinification achevée, les vins sont élevés en barrique sur une période qui va de 12 à 24 mois, selon le cépage et les particularités du millésime. Ils ne subissent ni collage ni filtration, le soufre n’étant utilisé que très tard en barrique au strict minimum.

 

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Après avoir arpenté avec Iris le domaine (mieux vaut avoir une casquette si c’est l’été et si – comme moi- vous ressemblez à Barthez et une paire de chaussures de randonnée ) vient le moment tant attendu de la dégustation.

On entre à pas feutrés dans le saint des saints là où le divin jus extrait par vitis vinifera de la terre repose assoupi comme la belle au bois dormant dans le berceau des barriques attendant le contact de nos lèvres pour revivre.

Commence alors la dégustation par un flacon des Echelles 2007, assemblage de cabernet sauvignon et de merlot, qui présente un nez d’humus et de tabac et offre une bouche dense mais tannique qui devrait s’affiner avec les années . C’est un très bon vin, fort bien fait, mais encore un brin austère.


Suit un Clos des Cèdres, magnifique expression du Mourvèdre avec un nez animal (c’est pourquoi les raisins sont tant appréciés des quadrupèdes du domaine !) et une bouche minérale, harmonieuse et désaltérante. Un vin d’une grande élégance qui tiendrait la dragée haute à un Pibarnon.

Pour conclure, un Clos du Curé, superbe enfant sudiste du Pinot Noir au nez de fruits rouges et une bouche gouleyante avec une belle acidité où tournoient arômes de cerise et de cassis et une finale plus épicée. Un grand vin en devenir assurément.

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Ces vins sont des vins qui « parlent » le terroir , subtils interprètes des humeurs souterraines de Gaïa ,notre terre mère. Ils ne sont pas « travaillés » pour être bus de suite, il faut leur laisser le temps de mûrir.

Les très faibles rendements et volumes de production ainsi que les conditions d’exploitation, conjugués à la très grande qualité des vins justifient pleinement leur prix de 20 euros. Il s’agit toutefois de vins destinés à des amateurs éclairés.

Outre ses vins qui occupent l’essentiel de sa vie et celle de son compagnon Klaus, Iris tient aussi un
blog  où elle raconte avec passion et humour les bonheurs mais aussi les aléas de la vie de vigneronne. Elle nous fait aussi partager ses coups de cœur en matière de vins produits par des confrères (ou des consoeurs) et ses coups de gueule contre les pratiques d’une partie du monde viticole.


Je vous invite vivement à le consulter ce qui ne peut ensuite que vous inciter à aller à la découverte de cet étonnant domaine et de ses vins remarquables


 Texte & Photos Ulysse

24/05/2008

Réjouissez vous corps et âme au Mas St Antoine

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Vous avez été très nombreux et nombreuses à me suivre sur les chemins de la garrigue

de Castelnau de Guers et, d'après vos commentaires, à aimer cet endroit.



Aussi je ne doute pas que vous aimerez les vins du Mas St Antoine qui sont l'expression

liquide de sa beauté et de sa diversité !



Ce caveau est né du désir de trois vignerons, Robert Jaeger, Dominique Portes et

Bernard Woimant, de réunir leur talent pour produire des vins exprimant pleinement les qualités

de ce magnifique terroir .



Ils se sont installés en 2002 dans une ancienne bergerie à l'entrée du village de

Castelnau(en venant de Pézenas) et ont effectué leur première vinification en 2003.



Leur gamme de vins embouteillés (ils commercialisent aussi des BIB) comporte deux

Picpoul, un Coteaux du Languedoc blanc, deux vins de pays d'Oc rouge, un rosé et un « Moût

de raisins partiellement fermentés issus de raisins passerillés » ce qui est équivalent à un vin dit

de « Vendanges Tardives » dont l'appellation est réservée aux vins alsaciens.



Les prix fort raisonnables en ces temps où certains producteurs languedociens

commencent à se prendre pour des clones de Rotschild s'échelonnent de 4,5 à 6€ sauf la

cuvée Zénobie qui vaut 14€ (en 50cl)


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Dès la première vinification en 2003 le caveau a glané les distinctions au Concours

Général Agricole de Paris et les étoiles dans le Guide Hachette. Son Picpoul (cuvée Font du

Loup ) 2007 a été classé meilleur Picpoul de Pinet par la Revue des Vins de France.



Le Picpoul de « base », cuvée Garrigous, a une bouche fraiche et (dangereusement !)

désaltérante et devrait parfaitement convenir aux plateaux de coquillages du Bassin de Thau

(quand ils sont consommables !)



Le Picpoul Font du Loup est un vin plus complexe, équilibré et harmonieux avec une

belle richesse aromatique finissant sur une note de pamplemousse typique des vrais Picpoul. Il

devrait fort bien accompagner des plats de poissons en sauce et des fromages de

chèvre.



Le Coteaux du Languedoc blanc, cuvée les Fontenelles, (assemblage de Roussane et

de Grenache Blanc) a beaucoup de fraicheur et une belle longueur . La cuvée 2006 est un peu

réservée au plan aromatique mais le millésime 2007, encore en barrique, est une pure merveille

où explosent les notes d'acacia et de tilleul)



Le Rosé de Cinsault vous fera succomber au péché de gourmandise et il est préférable

d'être au moins quatre à table si l'on veut le boire avec modération..;



L'assemblage de Merlot-Cabernet est un peu réservé et austère à mon goût mais il est

probable que deux ou trois années le rendront plus flatteur.



En revanche l'assemblage de Carignan-Grenache (cuvée St Nicolas) est un vrai délice

avec une fraicheur, une harmonie et une palette aromatique très agréables.



Quant à la cuvée « tardive » appelée Zénobie en l'hommage non pas de la Reine de

Palmyre mais de la belle maman de l'un des vignerons, c'est un délice qui vaut bien des

Sauternes, Barsac, Jurançon ou Ste Croix du Mont.. Il fera merveille sur un foie gras ou un

roquefort.



Compte tenu des tarifs pratiqués ces vins présentent un exceptionnel rapport qualité

prix, bienvenu en ces temps de pouvoir d'achat en berne. Ce sont des vins qui vous parlent du

terroir où ils sont nés et qui vous donnent de l'esprit. C'est à juste titre que leurs auteurs ont

donné à leurs étiquettes la formede la seule arche de pierre survivante de l'Ermitage St Antoine

qui se trouve sur l'une des collines avoisinantes


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Outre la plaisir de déguster d'excellents vins, une visite au caveau vous permettra de

rencontrer des vignerons joviaux et plein d'humour, passionnés par leur métier et qui pourront,

si vous le souhaitez, vous en expliquer tous les mystères, depuis la taille des ceps jusqu'à la

macération carbonique.



Si vous êtes un petit groupe d'amis marcheurs, Robert Jaeger peut vous emmener sur

les chemins de la Garrigue et vous conter l'histoire de l'Ermitage St Antoine ou de l'Etendoir des

fées (voir mon reportage sur la Garrigue de Castelnau)



Pour conclure cette note je reprendrai ses propres paroles en vous rappellant qu'il y

toujours cinq bonnes raisons de boire du vin (avec modération) :



- le bon goût du (bon) vin
- l'arrivée d'un hôte
- la soif présente
- la soif à venir
- et n'importe quelle autre bonne raison !


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Les coordonnées du caveau sont les suivantes

Caveau Mas Saint Antoine
Descente de la Bergerie
34120 Castelnau de Guers Tel 06 62 82 08 31


Leurs vins sont également en vente au Caveau Agde 5, rue Louis Blanc 34300 Agde


Tel 04 67 94 84 87 et sont servis dans de nombreux restaurants de la Région


Texte & Photos Ulysse

27/02/2008

Suivons l'étiquette !

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Iris Lisson, qui tient un passionnant blog de

vigneronne (cliquer ici pour le consulter) où elle nous invite à l'accompagner tout au long de l'année dans ses

travaux à la vigne et à la cave, a convié il y a peu ses lecteurs à participer à un jeu

concernant le vin.



Le but en est de choisir un vin dans les rayonnages d'un caviste ou d'une épicerie

quelconque en se laissant guider exclusivement par l'étiquette. Il est vrai que le marketing a

pris une place importante dans la commercialisation du vin et nombreux sont les vignerons qui

font une place importante aux arts graphiques, à l'humour ou à la poésie pour « habiller » leurs

bouteilles et les rendre ainsi plus séduisantes.



Malheureusement comme le dit la sagesse populaire l'habit ne fait pas le moine et la

séduction de l'étiquette cache parfois un vin sans intérêt voire une atroce piquette. Pour ce qui

me concerne les critères que j'applique habituellement au choix du vin font peu de cas de

l'apparence, mais j'ai trouvé amusant de me livrer au jeu d'Iris et d'en faire le compte rendu sur

mon blog.



Je suis donc entré dans un magasin alimentaire et ai commencé à balayer du regard les

rayonnages de vin. Mon regard a été arrêté par une superbe étiquette représentant une

silhouette de femme assise dans ce que l'on devine être un pré ombragé par des figuiers très

stylisés. Outre cette silhouette féminine, les teintes basées sur l'argent et le vert donnent une

impression d'élégance et de fraicheur. Le nom du vin :« Clos de Barbejo » confère une image

forte de vin de terroir produit en un lieu privilégié (de nombreux bourgognes prestigieux sont

issus de Clos).



Une lecture plus attentive me fit découvrir qu'il s'agissait d'un « vin d'une nuit » (donc

avec une fermentation très courte) bio (donc issu d'un mode de culture respectueux de

l'environnement) classé en vin de pays d'Oc et titrant 12°. Le producteur Dominique Giraud est

installé à Valros (à l'ouest de Béziers). Je l'ai payé 3,50€.



A la dégustation j'ai découvert un vin harmonieux, gouleyant, léger, à boire un peu

frais (15/16°) offrant donc un excellent rapport qualité prix. Le domaine produit d'autres cuvées

(dont une autour de 7.5€) que je n'ai pas dégustées. Mais le vin que j'ai bu m'a donné envie

d 'aller voir le vigneron (site internet)



Merci donc à Iris pour son excellente idée qui m'a permis de découvrir un vin agréable

que sans elle je n'aurai jamais probablement goûté.



Texte & photo Ulysse