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04/03/2017

Rando-raquettes dans le Queyras : le belvédère du Mont Viso

 

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Pour notre dernière randonnée, le soleil est de la partie, ce qui nous réjouit car nous avons prévu de nous rendre au belvédère du Viso (3841m). Cette plateforme, située à 2500mètres d’altitude, offre une vue majestueuse sur le plus haut sommet des Alpes du sud, magnifique pyramide de basalte dont les glaciers donnent naissance au Pô, le plus long fleuve d’Italie.

 

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Certes, quelques nuages se vautrent encore dans les vallées, mais ils n’empêchent pas le soleil radieux d’illuminer les cimes environnantes.

 

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Nous remontons la vallée du Guil pour nous rendre à l’Echalp, point de départ de notre randonnée. Il a neigé au cours de la nuit et les mélèzes habituellement dénudés du fait qu’ils perdent leurs aiguilles sont revêtus de blanc. Chez les autres conifères la couche de cire permet aux aiguilles de résister au froid mais celle qui recouvre les aiguilles du mélèze n’y résiste pas. Cette particularité présente un avantage car les aiguilles de ce conifère sont bénéfiques au sol et favorisent la pousse et la croissance d'autres arbres comme l'épicéa. En plus d'être un bel arbre, le mélèze est solidaire, prenons en de la graine !

 

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Parvenus à l’Echalp, nous chaussons les raquettes et traversons le Guil, qui n’est encore à cet endroit qu’un modeste torrent. Son cours en aval est bien plus tumultueux, avant qu’il ne se jette dans la Durance à Mont-Dauphin.

 

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Nous pénétrons bientôt dans un univers féerique créé par les frondaisons couvertes de neige qu’illumine le soleil encore bas sur l’horizon.

 

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Nous passons près de la cascade d’un torrent dont le cours a été stoppé par le gel. Ah ! si le froid pouvait aussi geler l’écoulement du temps, peut être célèbrerait-on plus l’hiver que le printemps !

 

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Nous parvenons sur un replat couvert de brume et bordé d’une armée – pacifique – de Mélèzes. Au loin nous devinons au travers des nuées quelques sommets qui semblent irréels.

 

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Soudain dans le sous-bois nous apercevons un jeune chamois à l’arrêt. Il a probablement perçu notre présence mais ne semble pas inquiet. Il reste là un long moment, nous permettant de le photographier à loisir avant de s’enfoncer plus avant dans la forêt. C’est ainsi que nous devrions vivre avec les animaux : se contenter de les croiser lors de brèves rencontres respectueuses de leur mode de vie, la Terre étant notre berceau commun.

 

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Au fur et à mesure que nous avançons au coeur du massif, le paysage devint de plus en plus fantasmagorique.

 

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Nous progressons sans mot dire, respectueux du silence qui règne en ces lieux, silence que ne trouble que le crissement ouaté de nos raquettes sur la neige. Ce silence extérieur s’infiltre dans nos consciences et fait taire le babil de nos pensées. Nous sommes alors en prise directe avec le courant de la vie qui nous traverse et nous mène de la rive qui nous voit naître à celle qui nous voit mourir. Au terme de cette existence le courant de la vie nous reprendra pour d’autres aventures. J'espère simplement, pour ce qui me concerne, que ce sera dans des endroits où il y a de la vigne !

 

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Le spectacle d’une beauté indicible qui s’offre à nous, nous fait croire que nous sommes arrivés au paradis. Mais ne voyant pas d'anges virevolter autour de nous, nous en concluons que nous sommes toujours sur notre bonne et belle  vieille Terre !

 

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Nous faisons une pause pour s’imprégner, se nourrir de cette beauté inouïe, tout en ayant conscience du privilège qui nous est offert de la contempler. 

 

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Ayant repris notre progression, nous jouissons d’un premier aperçu sur le mont Viso. Nous avons de la chance car il est habituellement enveloppé de nuages venus de la plaine du Pô, que sa stature arrête.

 

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Mais ce n’est parce que nous avons vu le Viso que nous allons nous arrêter en chemin. De vastes pentes de neige immaculée s’offrent à nos raquettes et nous ne résistons pas au désir de les fouler.

 

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Nous passons au dessus du chalet de la Medille, magnifique lieu d’estive l’été et l’on se dit qu’il vaut mieux naître mouton dans le Queyras qu’humain dans certains pays où règnent des tyrans sanguinaires.

 

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Nous poursuivons notre exploration avec le sentiment d’êtres les explorateurs d’un monde inviolé, d’un monde pur épargné par les turpitudes, la cupidité et l’inconscience humaine.

 

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Bientôt la crête de la Taillante (3197m) l’un des plus beaux sommets des Alpes du Sud se dresse au dessus de nous.

 

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Son profil en dent de requin lacère les nuées qui l’environnent. Sur sa face nord abrupte, l’air plus chaud de la vallée est aspiré vers le ciel et emporte avec lui la neige qui le recouvre.

 

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Notre guide François, soucieux de nous éviter cette zone de turbulence, sonne l’heure de la pause déjeuner ce qui, compte tenu des efforts accomplis au cours de la matinée, n’est pas pour nous déplaire.

 

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Nos agapes terminées, nous nous rendons au belvédère du Viso au lieu dit de la Roche Ecroulée, d’où l’on découvre la superbe et sauvage haute vallée du Guil. Un ours a choisi ce lieu pour hiberner et nous prenons garde à ne pas le réveiller !

 

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A notre droite, nous retrouvons la crête de la Taillante balayée par un vent violent qui projette dans le ciel une nuée neigeuse comme le ferait un énorme canon à neige.

 

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En face de nous, nous avons le Mont Viso qui, chose rarissime n’est accompagné d’aucun nuage. Vêtu de blanc, ce bel italien a vraiment de l’allure !

 

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Et cerise sur notre gâteau hivernal, sur un rocher en contrebas du point de vue, un bouquetin admire comme nous le paysage !

 

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Ayant pris conscience de notre présence mais nullement effrayé, il tourne la tête vers nous et semble nous dire « Il est beau mon pays, n'est ce pas ! ». Et mentalement nous lui répondons en chœur « Oui, il est vraiment beau l’ami ton pays ! ».

 

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C’est à regret que nous prenons le chemin du retour, point final à une semaine enchantée de balades en raquettes, mais, c’est promis, l’année prochaine nous reviendrons.

 


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Texte & Photos (sauf la 6 C. H) Ulysse

 

 

25/02/2017

Le Queyras en raquettes : montée au col du Pansier (2400m) et descente par les chalets de Clapeyto

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 Ce matin, après avoir remonté en voiture la vallée d’Arvieux, nous chaussons les raquettes au dessus de Brunissart pour nous diriger vers le pré des Vaches, où à cette saison il n’y a pas de vache, puis le pré Premier, où par contre, nous sommes les premiers à passer. Nous nous engageons dans la combe La Roche alors que le soleil se hisse péniblement au dessus des cimes environnantes. Il faut dire que vu son grand âge, il y a des matins d’hiver où il a un peu de mal à se lever !

 

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Alors que la pente se fait plus raide et que l’on prend de l’altitude, les visages se penchent sur le bout des raquettes, le souffle se fait plus court. Mais exigence du blog oblige, je prends le temps malgré tout de faire des photos ! Etre blogueur n’est pas une activité de tout repos !

 

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Au fur et à mesure que nous montons le soleil joue à cache-cache, nous soumettant à un régime de douche écossaise, la température de l’air variant considérablement entre les zones ombragées et ensoleillées du fait de l’altitude.

 

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Au fur et à mesure que nous approchons du col, la pente se fait plus raide et il faut planter les raquettes dans la neige pour ne pas déraper.

 

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Mais notre progression est rendue difficile par la neige « croutée » qui parfois résiste mais parfois s’effondre sous nos pas et nous déséquilibre.

 

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Encouragés par notre infatigable et attentionné guide, Pierre, nous parvenons néanmoins au col sans encombre, légitimement fiers de notre modeste mais gratifiant exploit.

 

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Et là nous prenons le temps de contempler le paysage que nous n’avons eu guère le loisir d’admirer à la montée.

 

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Nous avons une vue vertigineuse sur la vallée de la Pisse (sont pas poètes les gens du coin !) dont les flancs sombre nous donnent le sentiment de contempler les entrailles de Gaïa.

 

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Les randos raquettes nous font partager le privilège qu’ont les aigles, les chamois, et les bouquetins d’accéder l’hiver aux endroits les plus sauvages des montagnes.

 

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Mais aussi fascinant soit le panorama offert à nos yeux, il nous faut redescendre, effort beaucoup plus ludique que la montée en cela qu’il permet en même temps d’admirer le paysage!

 

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Cela dit il faut quand même de temps en temps jeter un coup d’œil à ses pieds pour éviter de croiser ses raquettes ! Des accidents sans gravité se produisent parfois !

 

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Quand les pentes sont trop raides et la neige trop dure pour y planter les talons, on a recours à une descente style « luge » mais sur postérieur ! (il est conseillé d’avoir un pantalon imperméable).

 

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Si les hommes pouvaient ne laisser sur la terre que leurs traces dans de la neige, Gaïa s’en porterait bien mais hélas partout nous l’éventrons, nous la polluons, nous exterminons les autres espèces qu’elle héberge, pour satisfaire notre insatiable rapacité.

 

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Nous arrivons en vue des chalets de Clapeyto, utilisés l’été par les bergers qui y emmènent leurs troupeaux.

 

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Une nouvelle journée se termine, riche de beauté et d’émotions partagée dans un climat d’amitié.

 

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Texte & Photos Ulysse

 

18/02/2017

Rando-raquettes dans le Queyras : Montée au col du Cascavelier

 

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Ce matin notre guide, Pierre, a projeté de nous emmener au col du Cascavelier, une rando plutôt facile destinée à nous tester. Pour pimenter un peu le parcours, il propose aux plus aventureux du groupe de marcher sur le lit d’un torrent recouvert de glace et de neige, que la piste longe au départ sur quelques centaines de mètres.

 

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Pour des promeneurs non avertis, le parcours semble sans risque. Mais nous apercevons ici et là des trous dans la couche de glace qui pourraient réserver au marcheur inattentif de mauvaises surprises !

 

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Pour éviter une telle mésaventure, Pierre nous conseille de garder un œil vigilant sur le sol et de le frapper de temps en temps avec nos bâtons pour nous assurer de l’épaisseur adéquate de la glace.

 

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Nous croisons un promeneur dont la légèreté et l’agilité le prémunissent contre tout risque de prendre un bain de pieds glacé ! Cet écureuil gris au demeurant est un intrus. Il est, en effet, originaire de l’Amérique du Nord et a été introduit en Europe à la fin du XIXème siècle. De plus grande taille, plus résistant et mieux habitué aux températures rigoureuses de l’hiver que l’écureuil roux, son cousin européen plus petit et timide, ce « yankee » est en train d’éliminer ce dernier qui est dorénavant protégé par la convention de Berne .

 

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Nous passons près d’un mélèze dont le tronc est incrusté de petites pommes dont on se demande bien comment elles ont pu arriver là. Pierre nous explique que c’est le Pic Epeiche qui les coince dans les anfractuosités de l’écorce de l’arbre pour pouvoir en extirper les graines, car cet oiseau, comme la plupart des pics, ne peuvent se nourrir qu’en position verticale.

  

 

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Quittant le lit du torrent – sans s’être mouillés les pieds ! - nous longeons une formidable barre rocheuse irisée de neige qui en magnifie la beauté.

 

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La neige rend les montagnes accueillantes, elle gomme l’austérité, l’agressivité que leur confère leur ossature minérale. Mais cette douceur est trompeuse car ce blanc manteau peut vite devenir un linceul pour l’imprudent montagnard qui s’y aventure sans les équipements et les précautions adéquates.

 

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Au fur et à mesure que nous progressons, les arbres se raréfient et nous abordons une ligne de crête qui offre une vue de plus en plus vaste sur les sommets environnants. Ces vastes panoramas ouvrent l’âme, le cœur et l’esprit. En les contemplant les frontières se dissolvent, les visions ratiocinées, hexagonales, frileuses du monde s’étiolent. Dans cet univers sauvage loin du babil ségrégationniste des « boni-menteurs », nous retrouvons le lien secret qui unit le monde vivant issu de la même cellule originelle, l’animal est un cousin, l’étranger, un frère.

 

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En ces lieux si près des cieux couverts d’une neige immaculée, nous avons le sentiment de marcher là où aucun autre homme n’a auparavant marché.

 

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Et nous voici au col où un renard nous a précédés. Loin d’être contrarié, je suis heureux qu’en ces contrées le monde animal puisse vaquer librement et jouer sa partition sauvage dans la symphonie du monde, à l’abri des « nemrods » ventripotents qui peuvent à distance d’un coup de fusil mettre fin à leur existence pour satisfaire leur ego mortifère.

 

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Au loin, un sommet est coiffé d’un nuage lenticulaire, phénomène classique en montagne provoqué par l’ascension le long des pentes de l’air réchauffé par le soleil et dont l’eau sous forme gazeuse se condense du fait de l’abaissement de la température liée à la moindre pression.

 

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Aton commençant sa lente descente vers l’horizon, nous suivons son exemple et rebroussons chemin.

 

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Notre guide apercevant une vaste pente de neige immaculée, nous propose de la dévaler pour rejoindre en contrebas la piste empruntée à l’aller.

 

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Le moelleux tapis de la neige nous donne le sentiment d’évoluer sur un tapis volant.

 

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Nous prolongeons au maximum ce plaisir indicible de gambader dans la neige poudreuse et Aton s’est depuis longtemps glissé sous son édredon de nuages quand nous apercevons le clocher de Saint Véran où nos traineaux à moteur sont garés. Cinq heures sonnent ! C’est l’heure du vin chaud !

 

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Texte & Photos (sauf la 3ème C. Harmoy) Ulysse

 

 

11:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (27)

11/02/2017

Balades à la Blanche et à Pierre-Grosse !

 

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Nous voilà repartis pour une semaine de randos – raquettes dans le Queyras. Notre camp de base est le douillet et chaleureux gîte de la Vie Sauvage à Prats-Hauts (près de Molines) dont les patrons, Claudine et Marc, traitent les vacanciers qui viennent chez eux comme des amis. Aujourd’hui le temps étant au beau fixe, nous décidons de nous rendre au refuge de la Blanche, ce qui représente une virée de 18 km avec 500 mètres de dénivelé, une belle promenade de santé !

 

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La neige vierge est un livre sur lequel les animaux inscrivent leurs allées et venues. Ici nous voyons la trace d’un lièvre qui a grimpé le talus, les deux empreintes de devant ayant été formées par les pattes avant, puis arrières, qui se superposent dans la course du lièvre, tandis que la queue, qui sert d’appui pour bondir, laisse la trace finale.

 

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Un peu plus loin figurent les traces de la descente de cet animal, légèrement déformées du fait du léger dérapage provoqué par la pente. N’apercevant aucune empreinte de renard dans les parages, notre lièvre n’a, semble-t-il, fait aucune mauvaise rencontre au cours de ses pérégrinations nocturnes .

 

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Arrivés environ à mi-parcours, nous apercevons la chapelle de Clausis dominée par la Tête de Toillies ( dénommée aussi Tête Noire) superbe pic qui culmine à 3175 mètres.

 

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Nous admirons la symétrie qui existe entre le toit pentu de la chapelle et le pic. Le clocheton et la croix qui surplombent le toit sont le symbole de l’aspiration des hommes vers le ciel, où certains y placent leur créateur, tandis que le pic est le témoin des colossales forces telluriques qui poussent les entrailles de Gaïa vers ce ciel qui fascine les hommes. Gaïa serait–elle aussi mystique ?

 

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Ayant grimpé sur l’épaule rocheuse où est juchée la chapelle, nous abordons un vaste plateau que traversent au loin trois skieurs de fond. Comme ils paraissent frêles, perdus dans cette immensité minérale et neigeuse et, pourtant, inépuisable semble l’énergie qui les anime. Etonnant est l’homme, ce bipède qui se complait à conquérir l’inutile, comme l’a si bien décrit Lionel Terray, l’un des pionniers de l’alpinisme, dans son récit autobiographique. A Georges Mallory, autre alpiniste légendaire, mort lors d’une ascension de l’Everest, à qui un journaliste demandait pourquoi il voulait le gravir, celui-ci répondit « Parce qu’il est là »

 

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Ayant atteint le refuge de la Blanche, nous nous y régalons en premier lieu d'un vin chaud pour réchauffer nos abattis gelés, puis des inégalables « frichtis » et  Génépi de François, qui en est le sympathique patron.

 

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Nous sommes de retour à Prats-Hauts alors que l’air froid qui descend des cimes tisse, par condensation de l’humidité de l’air, une belle écharpe au pic de Rochebrune (3315m) qui domine la vallée.

 

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Un dicton proclame que « Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie »; il en est de même du temps en montagne qui, d’un jour à l’autre, peut vous faire passer de l’été à l’hiver. Ainsi aujourd’hui nous affrontons une tempête de neige pour nous rendre au pittoresque village de Pierre-Grosse, situé à deux heures de marche de Prats-Hauts.

 

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En chemin, nous traversons le hameau de Gaudissart dont certaines maisons sont ornées de cadrans solaires, comme il est de tradition dans cette région. Celui-ci nous fait sourire, vu les conditions météorologiques que nous affrontons.

 

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Cet autre cadran affirme que les amis sont bienvenus à toute heure. N’étant pas, hélas,  amis des propriétaires des lieux, nous n’osons pas frapper à la porte pour s’y faire offrir un café !

 

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Nous poursuivons notre chemin, bien que le temps ne montre aucune amélioration. A celles et ceux qui seraient légitimement étonnés d’une telle obstination, je dirai qu’indicible est le bonheur de sentir les baisers glacés des flocons de neige caressant le visage, d’ouïr le silence ouaté qui règne dans cet univers enneigé et de fouler le tapis moelleux de poudreuse vierge de toute trace, comme si nous étions les premiers hommes à passer en ces lieux

 

 

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Mais Zeus, sans doute admiratif de notre obstination, se décide à déchirer le voile de nuages pour nous révéler un coin de ciel bleu.

 

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Et la neige a cessé ce tomber lorsque nous arrivons au village de Pierre Grosse, nous permettant de baguenauder tranquillement dans ses ruelles bordées d’antiques chalets.

 

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Ici l’église et l’école se font face, autrefois lieux de confrontation quand la religion imposait ses dogmes et entendait régir la vie sociale. Mais aujourd’hui les églises sont la plupart du temps fermées, les hommes cherchant dorénavant le chemin du paradis sur la Terre sans attendre d’y être invités au ciel.

 

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Et d’ailleurs ce cadran solaire ornant un chalet nous invite à bien profiter de notre passage sur Terre (Le temps passe, passons le bien).

 

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Décidés à mettre en pratique ce sage conseil, nous cherchons un café-bar pour y prendre le vin chaud de fin d’après-midi, traditionnel dans ces contrées, mais nous ne trouvons que cet antique abreuvoir comme débit de boisson.

 

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C’est sous un soleil radieux que nous prenons le chemin du retour. Mais il ne nous faut pas trainer car l’ombre commence à envahir le fond de la vallée.

 

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Nous nous sommes réjouis trop vite du beau temps revenu car Eole, dieu imprévisible et facétieux, lance quelques bourrasques neigeuses glaciales à notre rencontre, qui redoublent notre désir d’un bon vin chaud. Notre courage et notre obstination ont quand même des limites !

 

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Mais tout est bien qui finit bien et c’est en contemplant à travers la baie vitrée de notre gîte le coucher de soleil sur les cimes, que nous dégustons finalement l’excellent vin chaud préparée par Claudine, notre maîtresse de maison .

A suivre…

 

PS :  Vous avez aimé la fantaisie et la créativité des cadrans solaires, alors vous apprécierez la peinture onirique et fantastique de mon amie Yllen sur son site. Cliquez ICI

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