suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

10/09/2016

Mes douze secrets du bonheur !

 

DSC01742.JPG

De même que la nuit n’existe pas sans le jour, l’ombre sans la lumière, la douceur sans la rudesse, le bien sans le mal, le cornichon sans le vinaigre et le chausse pied sans la chaussure, le bonheur a pour compères l’ennui, l’abattement, le désespoir et la douleur. Certes il ne se réduit pas, comme le chante Jean Ferrat (les poètes sont immortels) à un quinquet de taverne, mais il n’est pas non plus un soleil illuminant la condition humaine.

Les mieux lotis -dont je suis- sur cette planète, qui prend de plus en plus les allures d’une galère, parviennent à glaner ici et là quelques instants de félicité. Et chacun a ses secrets pour les trouver. Je vous livre les miens qui constituent en quelque sorte ma petite philosophie du bonheur !

Premier secret :

C’est le week-end, une matinée de liberté s’ouvre à vous, il fait beau. Choisissez une place,  avec une fontaine,  si possible piétonnière et légèrement ombragée. Installez y une table et quelques chaises pour que des amis puissent se joindre à vous. Conversez, badinez, devisez, refaites le monde en évitant toutefois les sujets qui pourraient gâcher votre journée (le régime de retraite des parlementaires, les bonus des traders qui repartent de plus belle, etc…).

Quand 11H30 sonnent, débouchez une bouteille (pour commencer !) de rosé Saint Hypolite de la cave coopérative de Fontès (évitez le pastis qui gâte le palais) et dégustez la avec des Lucques (variété d'olives) à la languedocienne (bannissez les cacahuètes et les noix de cajou à cause des émissions de CO2 liées à leur acheminement).

Savourez les goulées de rosé qui descendent derrière votre glotte, le rayon de soleil qui caresse votre visage, le glougloutis de la fontaine qui chatouille vos oreilles et le joli sourire de la jeune femme qui passe, que vous pensez être pour vous (et seul compte ce que vous pensez !) mais qui est, en fait, pour le jeune homme qui vient à sa rencontre : vous voilà heureux !

 

DSC01726.JPG

Deuxième secret :

Habillez vous de façon décontractée (les tâches et les faux plis n’ont aucune importance, sauf si votre épouse vous accompagne !) endossez un sac à dos contenant un généreux pic-nique liquide (voir quelques références dans la rubrique délices de ce blog) et solide ainsi que la carte IGN Topo 25 du secteur que vous voulez arpenter. Oubliez votre portable pour ne pas être tenté de le consulter pendant vote balade, mais pensez à prendre un chapeau indispensable pour vous couvrir les yeux à l’heure de la sieste. Choisissez de bons chemins ombragés assez confortables pour pouvoir baguenauder le nez en l’air sans risquer de vous retrouver le cul par terre : vous voilà heureux !

 

 

DSC08994.JPG

Troisième secret :

Toujours en tenue décontractée grimpez sur la plus haute colline des environs et attendez que passe un flamant rose. Quand il approche du sommet interpellez le en disant «  scrouech ! scrouech ! »  ce qui veut dire en langage flamant « viens là, j’ai d’excellentes crevettes » . En général les flamants roses ne résistent pas à une telle proposition et il se dirigera donc vers vous. Quand il est à proximité, sautez sur son dos et grattez lui le croupion (les flamants adorent ça !) Il vous fera faire un tour dans les airs qui vous ravira : vous voilà heureux !

 

 

DSC09592.JPG

Quatrième secret:

Quand arrive l’automne, remettez votre tenue décontractée en enfilant toutefois par dessus un gilet pare-balles et un gilet fluo de sécurité (à cause des chasseurs) et allez baguenauder dans la somptueuse garrigue de Castelnau-de-Guers. Admirez les camaïeus sang et or qui parent les vignes et qui font croire qu’un morceau de soleil a fondu et s’est répandu sur la terre. Cueillez un grain ici et là (pas plus, au delà ce serait de la grivèlerie) et savourez le jus sucré, promesse de divins nectars : vous voilà heureux !

 

 

DSC00882.JPG

Cinquième secret:

D’une façon générale évitez de vous mêlez des affaires d’autrui sauf si l’on vous sollicite de façon pressante. Et dans ce cas n’écoutez pas qu’un seul son de cloche et tentez d’être objectif et impartial.

Sachez également qu’on ne gagne jamais rien à donner des conseils : car quelque soit l’issue du dilemne en cause (affaires, amour etc…) on vous en voudra ! Si le conseil était pertinent on vous fuira car on vous sera redevable et s’il ne l’était pas, on vous en attribuera l’échec. Au demeurant on a déjà beaucoup de mal à distinguer ce qui est bon pour soi, et une décision qui paraissait raisonnable peut se révéler être une catastrophe. Ainsi un jour ai je voulu mettre de l’eau dans mon vin pour ménager mon foie, mais cette eau était contaminée et je suis tombé malade !

Donc, autant que possible restez à l’écart des disputes, querelles, différends, choix cornéliens et autres débats métaphysiques et surtout ne mettez jamais d’eau dans votre vin : vous pourrez ainsi garder votre sérénité.

 

  

DSC02301.JPG

Sixième secret:

Dès que l’occasion se présente piquez un petit roupillon, même si vous êtes au travail. Le corps médical, dont l’intérêt est pourtant que vous soyez le plus souvent malade, reconnaît que c’est bon pour la santé. Et contrairement à ce que vous pourriez penser (ou plutôt ce que pourrait penser votre patron) ce n’est pas du tout néfaste à votre productivité. Bien au contraire la solution de problèmes que l’on pensait insolubles vient souvent en dormant et même si elle vient avant, prétendez que vous avez besoin d’un petit somme pour avoir les idées claires ! Si de surcroît vous pouvez faire la sieste en écoutant Melody Gardot chanter « Worrisome Heart » : vous êtes au Nirvana !

 

DSC02330.JPG

Septième secret :

Soyez chaleureux et n’hésitez pas à rompre la glace le premier quand on vous convie à des manifestations, cocktails, cérémonies, vernissages et autres pince-fesses (expression à interpréter hélas au sens figuré, car cette pratique est dorénavant sanctionnée pénalement). Certes vous courrez le risque de tomber sur un raseur (les femmes ne sont jamais ennuyeuses – oh! le vil flatteur !) qui vous expliquera les mille et une manières d’éradiquer les taupes et les limaces de votre potager (même si vous n’avez pas de potager) mais vous aurez aussi peut être la chance de faire la connaissance de gens charmants, étonnants, passionnants (comme moi et Gibus par exemple) qui illumineront votre soirée. De surcroît, si vous les invitez ensuite chez vous, vous ferez des économies d’électricité : au prix du kilowatt, c’est le bonheur assuré !

 

 

DSC05036.JPG

Huitième secret :

Soyez fermes dans vos pensées et convictions mais évitez les affirmations péremptoires et restez nuancé . Ne dîtes pas « Notre tsarounet Hollandus n’est qu’un moulin à paroles qui ne brasse que de l’air » mais plus objectivement «Rappelez moi quels sont les engagements de sa campagne qu’il a réalisés ? »

Ne faites pas comme  Mégalo Sarko et sachez reconnaître vos erreurs. N’apportez pas non plus d’eau au moulin de la médisance, ce qui ne vous interdit pas de prétendre que BHL est à la philosophie ce que Guy des Cars est à la littérature et qu’il vaut mieux être conseillé par son concierge que par Alain Minc. Et surtout, ne servez jamais à autrui un vin que vous n’aimeriez pas que l’on vous serve : vous pourrez ainsi vous contempler sans honte chaque matin dans la glace : vous serez un homme (ou une femme) heureux !

 

 

 

DSC05057.JPG

Neuvième secret :

Même dans les situations les plus délicates ne perdez jamais espoir et ne vous laissez pas abattre. Même si vous lâchez prise, tout n’est pas perdu, des projets peuvent germer et une nouvelle vie s’ouvrir à vous. Mais ne tirez pas de plans sur la comète, n’oubliez jamais que le bonheur est dans le pré !

 

 

DSC02319.JPG

Dixième secret :

Vous voilà à la retraite et après une première journée d’euphorie vous avez le « blues » . Vous vous sentez, mis au rebut, inutile. Vous pensez comme ce bon vieux Stéphane que la chair est triste, hélas, et que vous avez lu tous les livres….(enfin presque tous). Dès 11 heures du matin et 6 heures du soir vous rodez dans les cuisines pour vous enquérir du menu et vous vous faites chassez sans ménagement par la gardienne des lieux .

Mais ne vous laissez pas abattre : certes vous êtes décati, vos abattis sont rouillés, votre cuirasse flétrie, votre toison clairsemée et tous vos organes sont impitoyablement soumis à loi de la gravité. Mais les caveaux de dégustation du pays d’Oc sont généralement ouverts 6 jours sur 7, les amandiers, oliviers , chênes verts et platanes abondent dans la campagne au pied desquels il fait bon faire la sieste. Chaque village a sa place où l’on pratique la pétanque (qui n’est pas un jeu mais un sport) ou son bistrot où l’on joue à la belote ou au loto et puis vous ne manquerez plus un seul épisode de ces  impérissables chefs- d'oeuvre que sont "les feux de l'amour" et "plus belle la vie" : le bonheur est vôtre  !

 

 

 

DSC09007.JPG

Onzième secret :

Vous êtes au soir de votre vie et vous en faites le bilan. Petitesses, mesquineries, tromperies et méchancetés s’y mêlent à l’amour, la douceur et à la générosité. Espoir et désespoir se tiennent la main, orgueil et humilité sont face à face. Certitudes et doutes se querellent . Il faut tout prendre, ne rien cacher, ne rien refuser. C’est le « ça » de notre vie comme le dit Alexandro Jodorowsky dans « Le doigt et la lune » dont je vous recommande la lecture (c’est Andrée qui me l’a fait découvrir) .

La leçon du temps qui passe est de nous faire comprendre que la satisfaction de notre seul « ego » est une impasse et que les chemins ne s’ouvrent que si l’on va vers les autres : alors on peut mener une fin de vie apaisée.

 

 

DSC09466.JPG

Douzième secret:

Cette fois c’est la fin, vous n’avez plus que quelques instants à vivre. Il ne vous reste à boire, sur cette bonne vieille terre, qu’un ou deux, voire trois, tout au plus, « canons » de vin de pays d’Oc et après cela vous goûterez au vin des vignes du seigneur ! (l’enfer est pour les buveurs d’eau)

Que la joie illumine alors votre visage, pour que ceux qui restent gardent de vous un heureux souvenir et boivent ensuite à votre mémoire et à votre salut !

Voilà quels sont mes douze secrets du bonheur, mais vous avez sans doute les vôtres et n'hésitez pas à me les confier dans un commentaire.

*****

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir mes autres blogs:

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

 

 

Texte & photos Ulysse

 

 

 

03/09/2016

En ruine mais sublime : l’abbaye de Villelongue

 

DSC08393.JPG

Bien qu’agnostique j’aime visiter les lieux de culte : chapelles, églises, abbayes et quand c’est possible, temples et mosquées. Car si je suis sceptique sur les prétendues vérités révélées à quelques élus par un "dieu" - qui semble au passage avoir superbement ignoré amérindiens, africains et asiatiques, ce qui laisse dubitatif sur son œcuménisme - je suis toujours admiratif des édifices que la foi a conduits à édifier. En ces lieux, en effet, se manifestent de façon éclatante le génie de l’homme et son orgueil aussi.

 

DSC08305.JPG 
 
L’abbaye de Villelongue, où le hasard de mes pérégrinations m’a conduit, en est un magnifique exemple. Située dans le vallon sauvage de la Vernassonne – appelée la vallée longue - à 15 kilomètres au nord ouest de Carcassonne, ses ruines majestueuses sont un éblouissement pour les yeux et l’esprit. Certes la formule relève un peu du poncif, mais dans ce cas elle est pleinement justifiée, comme vous allez en jugez. 

D’obédience cistercienne, elle fut édifiée au XIIème siècle et connut une riche histoire, au demeurant pas toujours glorieuse. Quatre de ses abbés, en effet, participèrent à l’infâme croisade contre les Albigeois (plus communément connue sous le nom de Cathares) menée par l’odieux Simon de Montfort qui, ce n’est que justice, en mourut lors du siège de la ville de Toulouse. Pour la petite histoire, il est plaisant de noter que sa mort fut provoquée par une «bricole», machine de jet utilisée sur les remparts de la ville et actionnée par un groupe de femmes, qui lui lancèrent une pierre d'une demi-douzaine de kilos qui l’envoya derechef « ad patres »

DSC08319.JPG

En récompense de cette assistance, le roi Saint Louis intervint en faveur de cette abbaye qui devint puissante et riche. Notons au passage que contrairement à sa légende, Saint Louis, s’il fut juste, ne fut pas bon. Car si on lui doit la création d’une justice royale indépendante à laquelle chacun pouvait avoir recours, en revanche il persécuta les juifs de France et gaspilla l’argent public dans de vaines et orgueilleuses croisades qui provoquèrent d’ailleurs sa mort d’un dysenterie à Tunis.


DSC08318.JPG

L’enrichissement de l’abbaye l’a conduit à s’écarter de l’austérité cistercienne voulue par le fondateur Saint Bernard et a permis d’édifier au XIVème siècle dans le cloître et l’abbatiale  de nouveaux chapiteaux et culots ornés de sculptures de style gothique méridional languedocien. Afin toutefois de ménager la règle bannissant les représentations humaines, les visages sculptés sont cachés sous les chapiteaux, hypocrisie dont le clergé s’accommode souvent, adhérant pleinement à la formule « pas vu , pas pris »

 

DSC08317.JPG

Certaines sculptures semblent vouées à rappeler aux moines que le diable les attend dans l’au delà (dont l’adresse est restée jusqu’ici non identifiée malgré les prouesses du télescope de Hubbles) si jamais ils leur arrivaient de commettre quelques "péchés".

 

DSC08314.JPG

Mais on est surpris de trouver sur le chapiteau d’à coté, le visage d’une femme avenante qui semble dire « baliverne que l’enfer, on ne vit qu’une fois, profitez en pendant qu’il est temps !». Discours auquel je souscris pleinement vous vous en doutez !

 

DSC08336.JPG

Une splendide abbatiale aujourd’hui hélas ouverte à tous vents jouxte le cloître . Elle arbore de magnifiques croisées d’ogives, de grandes fenêtres gothiques ainsi qu’une superbe rosace privée malheureusement de son vitrail

 

DSC08334.JPG

L’absence de toit, qui permet de voir le ciel quand on est dans la nef, met en valeur le génie des constructeurs qui ont réalisé un travail de broderie avec des pierres. Respectons ces hommes qui n’ayant à leurs dispositions que parchemins et plumes d’oies ont pu imaginer des édifices projetant vers le ciel des tonnes de pierre dans des arches et des colonnes qui défient les lois de la gravité.

 
DSC08386.JPG

Et même quand l’usure du temps  déchausse en partie ces pierres , elles restent en place comme si le génie de ces hommes les avaient rendu solidaires.

 

DSC08348.JPG

Alors que les temps étaient troublés et que les campagnes étaient souvent mal famées, il devait faire bon vivre à l’abri dans des lieux d’une telle beauté. D’ailleurs ceux qui ont été affectés au soutien des colonnes ne les ont pas encore quittés et affichent une mine réjouie, trop heureux que l'on ait encore besoin d'eux.

J’admire leur abnégation et leur égalité d’humeur alors que nous français contemporains faisons la grimace sous le poids croissant de la dette accumulée en raison des inepties de gestion et du train de vie princier de ceux qui nous gouvernent. Il n’y a jamais autant eu de conseillers dans les palais ministériels et tout le monde sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs !

 

DSC08350.JPG

Certains aimeraient sans doute qu’on les débarrasse un moment de leur fardeau, histoire de se dégourdir un peu les jambes dans une taverne de Carcassonne, mais la peur de perdre son job en ces temps de crise met fin à toute velléité d’aller baguenauder.

 

DSC08365.JPG

Après une période flamboyante, le sort tourna pour cette abbaye qui subit les ravages successifs de la peste noire, des guerres de religion et de mauvais gestionnaires pour finir par être vendue comme bien national en 1791. Laissée depuis lors à l’abandon, elle fut rachetée en 1963 par le Docteur André Eloffe, dont la famille vit aujourd’hui dans les lieux et s’emploie peu à peu, avec l’aide d’une association, à la réhabiliter.

Les actuels propriétaires ont eu la judicieuse idée d’aménager à coté de l’abbatiale un jardin fort romantique où d’énormes coloquintes prennent le soleil juchées sur un escabeau, attendant sans doute la venue d’un prince charmant pour se transformer en princesse. Ma visite ne leur à fait, à mon grand regret, aucun effet !

 

DSC08366.JPG

D'ailleurs pour le jour où cet heureux événement se produira, l’apéritif est prêt à être servi …mais l’on constate qu’il faudra sans doute que la coloquinte s’arme de patience !

 

DSC08375.JPG
Apparemment, nombreuses sont celles qui lassées d’attendre se sont précipitées au téléphone pour appeler un éventuel prétendant, sans plus de succès à l’évidence.
 
 
DSC08378.JPG

Un figuier qui s’était blotti à l’abri du mur n’a pu empêché l’automne de l’effleurer et le voilà qui commence à perdre sa parure de feuilles

 
DSC08381.JPG


Voyant ces belles coloquintes pendantes en ce lieu autrefois consacré à la célébration de dieu, je ne peux m’empêcher de penser  à la formule latine « duas et bene pendantes » qui veut dire, en ce qui concerne les parties intimes du pape, qu’elles « sont deux et bien pendantes » l. Les femmes ne pouvant être pape, la rumeur veut, en effet, que le nouveau pape, une fois élu après l’émission de la fumée blanche, doive en secret se soumettre à un rite très discret : s'asseoir sur un trône troué, se faire vérifier manuellement par un officiant qui déclare en toute solennité au terme de l'examen: il en a deux et elles sont bien pendantes !

C'est pourquoi je suis plus que réservé vit à vis d'une religion qui réserve le rôle de porte parole de dieu aux porteurs de testicules. Une autre la réserve aux barbus, ce qui est plus facile à contrôler mais tout aussi insensé. Ce n'est, à mon humble et sacrilège avis, qu'un complot de "mecs" dans une arrière salle d'estaminet qui ont trouvé là le meilleur moyen de mettre à la raison un sexe, dit faible, mais, de fait, beaucoup plus subtil et intelligent que nous les hommes, pauvres "couillus" !

 ******

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir  mes autres blogs:

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

 Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

 Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

 

Texte & photos Ulysse

27/08/2016

La belle et le platane (reprise d'archive)

medium_DSC06000.JPG


Un platane séculaire et de belle prestance,
Se mirait dans le canal du Midi.
Il était assez fier de son apparence,
Et pensait être de loin le plus joli .

Chaque matin au lever du soleil,
Il demandait d'un voix claironnante: :
« De tes rives suis je toujours la merveille
Majestueux canal aux eaux indolentes ? »

Jusqu'à ce jour, disait d'une voix rassurante,
Le canal, tu n'as pas de concurrence,
Ta taille et ta frondaison impressionnantes,
T'assurent sans problème la prééminence.

Mais voilà qu'un matin dans les parages,
Une demoiselle vint à passer.
Le canal en apercevant son visage,
En fut de suite amourachée.

De ses flots il caressa l' image,
De la demoiselle qui sourit d'aise,
De se voir ainsi rendre hommage,
A l'instar d'Artémis d'Ephèse.

L'orgueilleux platane en prit ombrage,
Et voulut pousser la belle dans l'eau,
En lui donnant un coup de branchage,
Sournoisement dans le dos .

Mais le canal aperçut le manège,
Et le révéla par reflet à la belle,
Qui put ainsi éviter le piège,
De son rival fourbe et cruel.

Le canal furieux de la forfaiture,
De celui qu'il avait si longtemps reflété,
Lui déclara "Platane je te jure,
Que je ne renverrai plus jamais ton reflet ".

Triste devint alors l'existence,
De ce platane hors du commun,
Pour avoir privilégier son apparence,
Au détriment de son prochain.

 

*****

Il y a du nouveau sur mes autres blogs:  

Piquesel  devient un  "bloc-note photo" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Sur Old Nut (Wix) j'ai profité de l'été pour ré-enregistrer toutes mes chansons (en modifiant parfois l'accompagnement, le rythme voire la mélodie) et j'y ai publié mon dernier album "Bulles de savon"

enfin j'ai créé Canta-la-Vida pour illustrer certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

Texte et photo Ulysse

 

20/08/2016

Pic et pic et pic et colegram….(fin)

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Dans la précédente note, je vous avais laissés au sommet de la Pique d’Estats (3143m) le plus haut sommet de la Catalogne et aussi l’un des plus hauts sommets hexagonaux auxquels on puisse accéder sans escalade, dont je ne suis pas un adepte. Après avoir gravi précédemment le pic de Montcalm (3077m), il nous reste à faire l’ascension du Pic Verdaguer (3131m) que l’on découvre en face de nous et qui est le pendant de la Pique d’Estats. Le sentier qui mène au sommet est beaucoup plus confortable que celui de la Pique d’Estats, ce qui n’est pas pour déplaire à nos gambettes déjà bien sollicitées par nos deux précédentes ascensions.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Nous arrivons très rapidement au sommet d’où l’on découvre la Pique d’Estats sous un angle inattendu qui révèle l’aspect pour le moins chaotique du chemin d’accès au sommet. Il est onze moins dix et cela fait trois heures « pile » que nous sommes partis du refuge, ce qui pour les « vieillards » que nous sommes est une performance plus qu’honorable.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Comme nous souhaitons profiter pleinement de cette magnifique journée en montagne, nous décidons de descendre dans le magnifique vallon du Sullo, lieu de passage pour se rendre en Espagne, à la recherche d’un coin pour pique-niquer.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Nous évoluons dans un environnement grandiose qui révèle le passé tumultueux de notre planète. Ainsi découvre-t-on en face de nous la chaine schisteuse gris-blanc de Bassiès qui se télescope avec une chaine granitique que l’oxyde de fer teinte de rouge. On imagine le choc titanesque qui a dû se produire en ces lieux il y a quelques dizaines de millions d’années. On ne peut exclure que de tels séismes ne se reproduisent un jour. Il vaudra mieux alors renoncer aux randos en montagne !

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Nous arrivons dans le vallon du Sullo où les eaux émeraude d’un laquet semblent nous inviter à une baignade revigorante. Mais la proximité d’un névé et la bise un peu fraiche qui souffle dans le vallon ne nous incitent pas à succomber à la tentation. C’est là que l’on voit les effets insidieux des années qui passent car il y a cinq ans en ces mêmes lieux, Gibus et moi nous étions baignés dans le lac de Montcalm en grande partie recouvert par un névé.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Nous choisissons l’une des rares zones herbeuses de cet univers minéral pour pique-niquer en vue de pouvoir s’adonner ensuite à notre traditionnelle sieste.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Et nous avons le bonheur au cours de notre déjeuner d’apercevoir un isard guère inquiet de notre présence vu le promontoire rocheux qui le protège.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Rassasiés et revigorés par un bref séjour dans les bras de Morphée - qui est un garçon rappelons le, mais à notre époque et à juste titre cela ne choque plus personne - nous décidons de rejoindre le sentier qui mène au refuge en remontant les névés qui occupent le fond du vallon.

 

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

L’avantage des névés par rapport au chemin rocailleux emprunté à la descente est qu’ils ménagent nos chevilles. Mais l’inconvénient est qu’ils sont glissants et quand on ne s’appelle pas Gibus, né dans les montagnes, on patine lamentablement comme votre serviteur et l’ami Jo qui tentons laborieusement de le suivre .

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Nous sommes revenus sur le plateau où accède le sentier qui vient du refuge. Une longue descente s’offre à nous, tout aussi fatigante que la montée vu qu’elle est parsemée de rochers à dégrimper. Et les montagnards savent qu’il est tout aussi difficile de lutter contre la loi de gravité à la descente qu’à la montée.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

L’eau qui vient des névés et du cœur des montagnes – qui sont d’énormes éponges - n’a aucun problème avec les descentes, elle se laisse couler en imprimant au fil du temps sa marque au passage. Peut être a-t-il fallu dix mille ans à ce maigre filet d’eau pour tracer ces sillons dans ce rocher. Que nos vies semblent brèves à l’aune du temps des montagnes !

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

A l’approche du refuge, le sentier devient plus confortable. De petits nuages commencent à monter de la vallée, comme le message d’un chef indien qui nous souhaiterait la bienvenue. Nous commençons à avoir une pensée affectueuse pour les deux blondes « Heine » et « Ken » qui nous attendent au refuge.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Enfin, nous touchons au but, un brin fourbus mais mentalement régénérés par cette journée sportive en haute-montagne. Pouvoir encore accomplir ses rêves est un privilège que nous apprécions et que je suis heureux de partager avec celles et ceux qui me lisent et qui n’ont plus la capacité de le faire.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

D’ailleurs, je bois à votre santé et vous remercie de votre fidélité à me suivre, mais je bois aussi à la mienne dont la vie de ce blog dépend. Je n’imagine pas, en effet, de vous raconter mes escapades en fauteuil roulant quand je serai en maison de retraite !

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Le reste de la soirée se passe à contempler les nuages qui montent de la plaine et ourlent les sommets environnants.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Les nuages, peu à peu, deviennent plus denses, conformément aux prévisions météo qui annoncent un temps couvert pour le lendemain. Ce qui ne nous soucie guère car nous avons prévu de redescendre dans la vallée.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Effectivement, le lendemain matin nous redescendons dans un brouillard à couper au couteau!

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Par temps de brouillard le monde acquiert un charme étrange, chaque être ou chose étant réduit à une ombre fantomatique qui est en quelque sorte leur essence vitale.

 

estats,pinet,montcalm,verdaguer

Revenus au niveau de la forêt de Fontanal, que nous avons traversée au départ, nous retrouvons le soleil dont les rayons illuminent le sous bois. Il nous reste environ deux kilomètres avant de retrouver notre charrette. Encore une belle virée ajoutée à notre compteur !

*****

Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur les noms en rouge)

 

Texte Ulysse & photos Ulysse & Gibus (14&16ème)