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20/02/2015

Sur les pas des Templiers : La Couvertoirade

 

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Profitant du passage d’un vautour fauve familier de ces lieux, nous quittons Sainte Eulalie de Cernon (voir ma note du 5 février dernier) pour nous rendre à vol d’oiseau à la Couvertoirade, située à une vingtaine de kilomètres en direction du sud-est.

 

 

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Notre aéronef emplumé nous dépose délicatement devant la formidable porte Ouest dominée par une tour qui en défendait autrefois le passage. Cette cité fortifiée a, en effet, connu des temps troublés dont je vais vous faire le récit.

La première mention du village est faite au XIème siècle sous la dénomination «cubertoirata » dans les chartes de l’Abbaye de Saint Guilhem le Désert (anciennement abbaye de Gellone). Ce nom viendrait de l’occitan « cubertoirà » qui dans ce contexte pourrait signifier ‘couvert où le gibier se cache, abri, refuge » ou « eau couverte » (cf. toponymie générale de la France Ernest Nègre). Et de fait, la cité est construite sur une butte rocheuse où l’on trouve de l’eau, denrée rare et précieuse sur le Larzac.

La Couvertoirade dépendait de sainte Eulalie de Cernon et a donc appartenu aux Templiers, qui s’y sont installés vers 1150, puis à partir de 1312 aux Hospitaliers  à la suite de la déchéance des Templiers (cf. ma note précédente). Le développement de cette cité a été favorisé par la présence d’eau et de terres cultivables, mais aussi par sa localisation le long de la draille empruntée pour la transhumance venant de la plaine languedocienne.

 

 

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La porte située à l’Est est d’apparence plus modeste, mais on peut penser qu’elle était également surmontée d’une tour qui la défendait. Les murailles qui protègent la cité furent édifiées de 1439 à 1445 pour la  protéger contre les bandes de « routiers », ces mercenaires qui écumaient le Larzac, profitant des troubles causés par la guerre de cent Ans (1337- 1445).

 

 

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Le village s’est développé au pied de l’église qui comporte un superbe clocher carré et du château aujourd’hui en ruine. Il est dominé par le Moulin du Rédounel, édifié au début du XVIIème siècle et a été superbement restauré à l’initiative de l’Association des « Amis de la Couvertoirade ».

 

 

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L’église a été édifiée au XIVème siècle sur l’emplacement d’un autre édifice datant du XIème. Un escalier tortueux y mène, symbole sans doute des détours qu’il nous faut faire avant de trouver le chemin du paradis, si jamais on le trouve!

 

 

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D’une très grande sobriété, elle est ornée de superbes vitraux contemporains réalisés par Claude Baillon, un artiste local. On y découvre Marie dont le regard perdu dans le lointain semble voir le triste destin qui attend son rejeton. Comme toutes les mères, elle lui a chuchoté des mots d’amour à l’oreille qu’il a ensuite voulu partager avec l’humanité avec le succès que l’on sait ! Elle aurait-mieux fait de lui sussurer « Mon petit loup si un jour on te marche sur les pieds, te laisse pas faire, rend la pareille » .

 

 

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Un autre vitrail montre Saint Christophe muni d’un bâton et portant le Christ enfant sur son dos, en allusion à un géant qui aurait aidé Jésus à traverser une rivière. On a fait le patron des voyageurs. C’est à cause de lui que Jésus n’a jamais appris à nager et qu’il était ensuite obligé de marcher sur les eaux .

A ses cotés, figure Saint Jean Baptiste, fils d’une cousine de Marie qui annonça la venue de Jésus et baptisa ce dernier. La colombe dessinée sur le vitrail figure l’Esprit Saint que Jésus, selon la légende, reçut à cette occasion .

 

 

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Le village est traversé par un dédale de ruelles bordées de belles demeures datant pour certaines du XVème siècles. Car c'est après la guerre de Cent Ans que la région va connaître une période de prospérité économique, reposant sur la culture des céréales, l’élevage de chevaux pour l’armée et d’ovins pour la production de viande, de peaux et de laine.

 

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De beaux hôtels particuliers, qui semblent hélas à l’abandon, sont nichés dans le coeur de la cité et témoignent de cette prospérité passée.

 

 

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Une enseigne célébrant l’activité de tissage rappelle que la région fut également jusqu’au XIXème siècle un grand centre de production d’étoffes ( lainages, tapis, draps) activité aujourd’hui quasiment disparue. Il ne subsiste plus que la Savonnerie de Lodève, manufacture d’Etat depuis 1966, qui a pour principale activité le tissage au point noué de tapis destinés à l'Etat et que l’on peut visiter.

 

 

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Car le vent de l’histoire tourne, parfois aussi fort que le Mistral ou la Tramontane. Le village va connaître ainsi au milieu du XVIème siècle une nouvelle période troublée au cours des guerres de religions où elle sera assiégée par les huguenots, puis lors de la révolte des Camisards en 1702 . Après ces péripéties, elle retrouvera calme et prospérité jusqu’à la révolution française où les biens des Hospitaliers seront confisqués comme biens nationaux et dévolus aux paysans.

 

 

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Le village sera, à partir de cette époque, progressivement touché par l’exode rural et les activités traditionnelles de culture et d’élevage s’étioleront. Aujourd’hui a défaut de vagabonder autour du village, les moutons déambulent sur les seules boites à lettres.

 

 

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Aujourd'hui le tourisme a permis à la cité de renaître et à la belle saison des hordes de badauds débonnaires  envahissent ses ruelles où des artisans inspirés et talentueux ont ouvert des échoppes qui perpétuent les savoir-faire d’autrefois. Il faut notamment visiter la coutellerie « l’art du couteau » où sont exposés, et pour certains fabriqués, les couteaux régionaux et du monde.

 

 

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A la morte saison, il est agréable de baguenauder dans son lacis de ruelles chargées d’histoire où règne alors une atmosphère si paisible que même les chats en oublient d’y chasser les souris !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

 

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Texte & Photos Ulysse (sources : divers sites internet donnés en lien ainsi que wikipédia)

14/02/2015

J'ai failli ne jamais revoir Caissenols !

 

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Bien que Gibus, mon fidèle compagnon de rando, soit parti pour quelques semaines sous d’autres cieux plus cléments, je ne renonce  pas pour autant  à aller baguenauder dans les hauts cantons,  surtout quand l’hiver a l’heureuse idée d’en saupoudrer les sommets d’un peu de neige, ce qui leur confère un air pyrénéen qui vous donne le sentiment d’être en haute montagne.

 

 

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Ces conditions climatiques un peu rudes dissuadent de surcroît la plupart des randonneurs de la région d’aller arpenter les sentiers, ce qui fait que j’ai le bonheur de m’y retrouver seul. Ce n’est pas que je sois misanthrope, loin de là, mais j’éprouve alors une jouissance particulière à être en tête à tête avec Gaïa notre terre mère qui se laisse aller à des confidences. Elle ma ainsi confié qu’elle était fortement tentée de  se débarrasser de notre espèce bruyante, polluante, qui ne respecte pas les autres êtres et plantes qu’elle héberge et qui pour la plupart étaient là bien avant nous !  Elle m’a demandé de faire passer le message, mais je crains fort qu’il ne soit entendu que par vous mes chers lecteurs et que malgré notre bonne volonté nous ne soyons pas en mesure d’empêcher le sort funeste qui attend notre espèce.

 

 

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Mais revenons à nos moutons ou plutôt, en l’occurrence à nos mouflons  car quand je vous dis que je suis seul,  à vrai dire je ne le suis pas vraiment, comme le montrent les traces d’une harde de ces magnifiques animaux farouches  qui m’ont précédé sur le chemin. Je me prends alors à rêver d’être l'un de ces quadrupèdes pour pouvoir grimper et dévaler à loisir les pentes enneigées qui m’entourent. Mais je suis condamné à la lourdeur de la bipèdie humaine et avance donc prudemment pour éviter de me retrouver le cul par terre, quelques plaques de glace étant dissimulées ça et là par la mince couche de neige.

 

 

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 Je chemine sur le sentier de crête de la serre de More dont la dernière partie se faufile dans un chaos rocheux et devient un brin périlleuse du fait de la présence de la neige et la glace. La légère angoisse que j’éprouve alors en pensant qu’une mauvaise chute me mettrait en mauvaise posture se mêle d’une pincée d’adrénaline qui me procure une certaine jouissance. Le fait d’être seul dans une nature sauvage et de savoir que l’on ne peut  compter que sur soi même en cas de pépin décuplent le sentiment d’exister.

 

 

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Mais au milieu du passage le plus délicat et alors que je suis concentré sur les endroits les plus appropriés pour poser les pieds une voix me hèle. Levant  la tête j’aperçois une femme entièrement voilée de blanc. « Qui êtes vous, que faites vous ici ? » lui dis je alors. « Je suis la Dame Blanche » me répond-t-elle, ce qui me me glace les os car selon une vieille légende allemande l’apparition de la dame Blanche  annoncerait votre mort prochaine. Voyant mon air effrayé elle me dit alors « Ne t’inquiète pas, tu ne vas pas mourir mais tu l’as échappé belle, car normalement tu aurais dû effectivement faire une chute mortelle ce matin en passant ce col, mais Bacchus t’a sauvé ». « Comment ça, Bacchus m’a sauvé ? » lui dis je, étonné. Elle m’explique alors « C’est simple, là haut chaque être humain est symbolisé par une boule avec un numéro et toutes les boules sont dans un immense bocal. Chaque matin le grand patron décide du nombre de boules qu’il faut prélever dans le bocal au hasard, ce qui provoque la mort des humains concernés. Mais Bacchus qui est le chambellan du grand patron et gère sa cave a le privilège, à ce titre, d’avoir un joker qui lui permet de remettre dans le bocal une boule tirée au sort. Et ce matin il a choisi d’épargner ta boule car il t’a à la bonne, vu que tu es un amateur de bons vins. On peut dire que boire du vin ta sauvé la vie, mon cher Ulysse » « Mais pourquoi tu m’en fais la confidence, tu n’es pas tenue au secret ? » lui dis je. « Si bien sûr, mais moi aussi je t’ai à la bonne car j’aime bien lire ton blog vu qu’on s’ennuie un peu là haut et tes lecteurs me sont également sympathiques et je voulais donc que tu leur fasse passer le message selon lequel boire du bon vin peut leur sauver la vie! ». Dont acte ! chères lectrices et lecteurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

 

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Ayant donc franchi sain et sauf le col, je descends vers le portail de Roquendouire, que mes fidèles lectrices et lecteurs connaissent bien, et à partir duquel part un confortable sentier qui mène au refuge de Caissenols.

 

 

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La neige a quasiment fondu sur le sentier qui court sur le versant sud de la Serre de Majous  et je peux donc avancer en admirant le magnifique paysage alentour, tout en méditant sur le destin funeste auquel j’ai échappé, ce qui me donne au demeurant un air sérieux peu conforme à ma nature (la photo est prise avec le retardateur).

 

 

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La neige devient plus présente au fur et à mesure que je m’enfonce vers le fond du vallon et illumine le cirque montagneux qui m’entoure.

 

 

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Les rayons du soleil mordorent la brume qui enveloppe le paysage, créant une ambiance féérique, ce qui instille en mon âme un sentiment de félicité indicible.

 

 

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Les pendentifs de glace qui ornent les rochers témoignent de la température ambiante. Mais la munificence de l’univers qui m’entoure me fait oublier la morsure du froid. Comme quoi la beauté peut anesthésier la douleur.

 

 

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J’arrive enfin en vue du refuge de Caissenols où la neige est plus abondante, cette neige étant vierge de toute trace humaine.

 

 

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Quel bonheur de fouler ainsi une neige vierge en un lieu sauvage et désert, ce qui me donne le sentiment d’être David Livingstone ou Pierre Savorgnan de Brazza , dont le récit des explorations a enchanté ma jeunesse.

 

 

 

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Mais la température qu’il fait  aujourd’hui à Caissenols n’est pas celle qui régnait lors des aventures de ces célèbres explorateurs et je suis très heureux de me faire un feu et d’y faire chauffer une délicieuse garbure. Bien que j’ai une immense sympathie pour vous, je suis désolé mais je ne vous en ai pas gardée.

 

 

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Le feu n’ayant guère réussit à élever la température du refuge, ce qui me prive de ma traditionnelle sieste, je m’empresse, pour ne pas geler sur place, de prendre  le chemin du retour.

 

 

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Le soleil étant descendu sur l’horizon, l’ambiance est encore plus féérique qu’à l’aller et j’aperçois même mon vieil ami l’arbre mort  qui se dandine, soudainement ravigoté par la caresse de ses rayons. Comment ! Vous ne le voyez pas danser ? Bon il est vrai que pour me réchauffer j’ai agrémenté ma garbure d’un peu de "rouquin" et de quelques centilitres de Williamine, mais je vous assure que je l’ai vraiment vu se trémousser !

 

 

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Mais ne nous attardons pas, car la baisse du thermomètre accompagne celle du soleil  et ayant ce matin même échappé à un sort funeste je ne veux pas prendre de risque de geler sur place. Je ne pense pas que le père Bacchus sortira son joker en ma faveur une deuxième fois !

 

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TEXTE & PHOTOS ULYSSE

05/02/2015

Sur les pas des Templiers - Ste Eulalie de Cernon (reprise d'archive)

Etant occupé par l'écriture de mon reportage sur mon périple à Madère, que j'ai commencé à publier sur mon blog de voyages PIQUESEL, je poste sur Eldorad'Oc une note tirée de mes archives.

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Le Causse du Larzac apparaît aux voyageurs du nord pressés, qui le traversent en empruntant l’A75 pour se rendre sur les plages du littoral languedocien, comme un espace austère et quasi désertique. C’est pourtant un lieu qui abrite une flore et une faune exceptionnelles, ainsi qu’un patrimoine historique millénaire.

Occupé depuis la préhistoire, comme en témoignent les nombreux mégalithes que l’on y trouve, le Larzac a vu ensuite s’établir les Celtes, puis les romains qui y ont également laissé de nombreux vestiges.

Après une longue période d’abandon, cette région a connu un renouveau économique grâce à l’installation au douzième siècle de commanderies par l’Ordre des Templiers. La première d’entre elles fut édifiée en 1152 à Sainte Eulalie de Cernon, idéalement située dans une dépression du plateau à l’abri des vents du nord.

 

 

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L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire créé en 1129 pour assurer la protection des pèlerins qui se rendaient à Jérusalem, suite à la conquête des lieux saints par les croisés. Il se nommait ainsi en raison de son installation dans la mosquée Al Asqua édifiée sur l’esplanade du temple de Salomon à Jérusalem. Il n’était soumis qu’à la seule autorité du pape et était exempt d'impôts vis à vis des souverains temporels.

Cet ordre  constitua à travers l’Europe chrétienne, à partir d’acquisitions et de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies pour financer ses activités en orient et recruter de nouveaux chevaliers. Sa prospérité en fit un interlocuteur financier privilégié des monarques de l’époque. La commanderie de Sainte Eulalie de Cernon créée en 1159 et dans laquelle nous allons pénétrer témoigne à merveille de cette puissance et prospérité.

 

 

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Après avoir parcouru un dédale de ruelles sombres et étroites bordées d’édifices multiséculaires, on débouche sur une place typiquement méditerranéenne ombragée de platanes où gargouille une fontaine. On a peine à imaginer qu’en ce lieu aujourd’hui paisible régnait une activité effervescente du temps où les templiers s’y étaient établis.

 

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L’église de style roman bâtie par les templiers est d’une très grande sobriété qui lui confère une suprême élégance. On aurait presque envie de prier si le dieu qu’elle est censée célébrer n’avait servi de prétexte à tant de massacres.

 

 

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Face à la fontaine se dressent les bâtiments où vivaient le commandeur et les chapelains. Avant de les édifier, les templiers avaient acheté à l’abbaye de Gellone (aujourd’hui St Guilhem le Désert) le prieuré de Sainte Eulalie. Puis ils ont reçu de Raymond Bérenger roi d’Aragon et héritier des comtes de Millau toutes les terres que celui-ci possédait sur le Larzac ainsi que la permission d’y construire des villes et des places fortes. Les templiers étaient ainsi devenus les principaux propriétaires du Larzac où ils développèrent les activités agricoles et notamment le pastoralisme assurant ainsi sa prospérité économique.

 

 

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Les règles de l’ordre étaient strictes et les chevaliers qui y entraient devaient prononcer les trois vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté en vigueur dans tous les ordres religieux.

 

 

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Ils étaient en particulier très à cheval, si l’on peut dire, pour ce qui concerne la bagatelle et celui qui y cédait était soumis à la vindicte publique et devait faire pénitence.

 

 

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Les fornicateurs comme d’ailleurs tous ceux qui enfreignaient les lois de l’époque avaient droit au traitement de « faveur » du pilori. Les dignitaires de l’ordre des templiers ne se doutaient pas qu’au summum de leur puissance, ils subiraient le même sort.

En effet, suite à la reprise des lieux saints par les arabes en 1291, l’ensemble des templiers revinrent en occident occuper leurs commanderies. Ils possédaient alors une richesse immense et disposaient d’une formidable puissance militaire de 15 000 hommes dont 1500 chevaliers entraînés au combat et dévoués au pape. Le roi Philippe IV Le Bel prit ombrage de cette puissance qui ne lui était pas soumise et menaçait son autorité.

Il prit prétexte de révélations faites par un ancien templier affirmant que les pratiques de sodomie étaient courantes dans l’ordre pour faire condamner à mort en 1312 ses dignitaires, dont le grand Maître Jacques de Molay qui, sur le bûcher, déclara qu’il arriverait malheur à ceux qui les avaient accusés et condamnés à tort. Effectivement dans les décennies qui suivirent la dynastie capétienne des rois de France fut foudroyée, donnant naissance à la légende des « Rois maudits ».

 

 

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Leurs biens furent confisqués par Philippe Le Bel, sauf certains d’entre eux qui furent confiés par décision du pape à l’ordre des Hospitaliers, dont notamment Sainte Eulalie de Cernon.

Cet ordre avait pour origine un hôpital religieux fondé à Jérusalem au début du douzième siècle pour venir en aide aux pèlerins malades ou blessés. Il fut reconnu par le pape sous le nom des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Ayant fui à l'instar des templiers les lieux saints repris par les arabes, l’ordre se réfugia à Chypre, puis à Rhodes et enfin à Malte, ce qui leur valut leur dernière dénomination de Chevaliers de Malte.

Installés à Sainte Eulalie de Cernon, ils édifièrent au XVème siècle les remparts protégeant la cité et aménagèrent ensuite la commanderie pour en augmenter le confort. C’est ainsi que furent percées des fenêtres « renaissance » qui laissent entrer la généreuse lumière du sud et confèrent à ces lieux une élégance et une atmosphère festive peu en accord avec la nature religieuse de l’ordre. Mais l’on sait bien que les religieux de l'époque mettaient rarement en pratique les préceptes qu’ils imposaient à leurs ouailles.

 

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Ce sentiment que la vie des hospitaliers n'avait rien de monacale est confortée par la « galerie des fresques » où d’accortes personnages féminins sont censés représenter les vertus cardinales de la foi que sont la prudence, la justice, la force et la tempérance. On est un brin amer quand on pense à ces millions de gens auxquels l'église a promis l’enfer pour une miche de pain volée ou un signe de croix oublié ou pire encore à ceux qu'elle a soumis au supplice de la roue, comme le chevalier de la Barre pour avoir refusé de se découvrir devant une procession religieuse. Et je n’oublie pas les femmes de ces pays où l’on invoque sans cesse la miséricorde de dieu tout en les traitant comme des esclaves.

 A suivre….

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Et pour finir j'aimerai juste donner un coup de pouce à un ami qui a besoin d'assistance pour mettre à jour son Macbook pro. Pour le joindre ou avoir ses coordonnées rendez vous sur son blog Lutin Bleu (cliquez sur le nom)

 

Texte & Photos Ulysse

 

26/01/2015

Je suis allé au bal des ceps ! (reprise d'archive)

 
 
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Hier matin, je suis allé me balader à travers le vignoble de Pomerols (34) où de nombreux vignerons s'affairaient à la taille des vignes, comme il est habituel à cette époque de l'année. Passant près de l'un d'entre eux, je le salue et lui dis mon admiration pour ce noble et dur métier, aussi plein d'aléas que de bonheurs partagés. Voyant qu'il a affaire à un gosier confraternel, le vigneron me tient alors des propos surprenants. « Vous tombez bien » me dit il « nous sommes le 22 janvier, le jour de la Saint Vincent, le patron des vignerons et ce soir si vous le voulez bien je vous emmène au bal des ceps ! » « Au bal des ceps ? diantre ! De quoi s'agit-il ? » rétorquai-je « Je vous expliquerai ce soir, retrouvons nous à 17 heures au pied du grand amandier que vous apercevez là bas » et joignant le geste à la parole, il me montre du doigt un arbre magnifique juché sur le coteau. « Entendu » lui dis je un peu interloqué et, sur ces paroles, je le quitte et poursuis mon chemin, attendant avec impatience l'heure du rendez vous qu'il m'a fixé

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A l'heure dite, je le retrouve au pied de l'amandier alors que le soleil plonge vers l'horizon. Me prenant le bras, il m'entraîne un peu plus loin sur le coteau et m'invite à m' accroupir auprès d'un second amandier surplombant des vignes.

Il entreprend alors de m'expliquer la raison de notre présence ici :«  En 1565, en pleine guerre de religion, les vignerons de la région ayant adhéré à la foi protestante, craignant les représailles, se réunissaient la nuit en ce lieu pour prier. Une nuit, la veille de la Saint Vincent, un vagabond qui passait par là les surprend et, espérant une récompense, s'en va les dénoncer à l'évêché de Pézenas. Celui ci demande au commandant des dragons de l'armée royale stationnés dans la région d'intervenir.

La nuit suivante, l'assemblée de protestants se retrouve encerclée par les dragons et est sur le point d'être massacrés quans soudain, Merlin l'enchanteur qui était en villégiature à la station thermale de Balaruc les bains pour soigner ses rhumatismes et profitait de l'occasion pour cueillir à l'heure de la pleine lune des herbes médicinales dans la garrigue, intervient !

S'interposant entre les protestants et les dragons, il brandit sa baguette magique et leur jette un sort en leur disant « Maudits dragons, soyez transformés en ceps qui garderont votre âme prisonnière pendant 500 ans pendant lesquels vous subirez la pluie et le gel l'hiver et la fournaise l'été »

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"Mais la fée Viviane, dont il était éperdument amoureux et qui l'accompagnait dans tous ses voyages, surgit à ce moment là et implora la clémence de Merlin afin qu'il atténue le sort jeté aux malheureux dragons, en faisant valoir qu'ils étaient soumis aux ordres du roi et n'agissaient pas selon leur propre volonté.

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Cédant à la requête de sa bien aimé Merlin accepta que le jour de la Saint Vincent les ceps puissent une demi heure avant le coucher du soleil se libérer de la terre et danser .jusqu'à la disparition du soleil. »

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Pendant que le vigneron contait son histoire, je voyais effectivement à ma grande stupeur, les ceps s'animer et danser au son de la brise qui s'était levée. Celle-ci, petite fille des alizés transportait avec elle des airs de reggae et de samba transformant le coteau en un « dance-floor » des plus animés.

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Mais au fur et mesure que le soleil déclinait, le rythme de la danse ralentissait ...

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En plongeant sur la ligne d'horizon le soleil aspergea l'ensemble du ciel de marmelade d'orange avant de disparaître et de ramener ainsi les ceps à leur séculaire immobilité jusqu'à la prochaine Saint vincent.

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Nous levant pour quitter les lieux, je le remerciai chaudement de m'avoir permis de contempler cet étonnant spectacle. « Ce fut un grand plaisir de partager ce moment avec un disciple de Bacchus » me dit il, « mais je vous demande de ne pas dévoiler cet endroit, sinon des cars entiers de touristes vont y débarquer et piétiner nos vignes! »

Désolé donc, de ne pas pouvoir vous en dire plus, mais avec la photo de l'amandier les petits futés pourront peut être trouver l'endroit ! On s'y verra donc peut être à une prochaine Saint Vincent ! Mais n'oubliez pas que vous n'avez que jusqu'en 2065, date à laquelle le sort jeté par Merlin sera levé ! !


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Texte & Photos Ulysse