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30/05/2015

Triplette de sommets dans le Castillonnais (1ère partie)- (Reprise d'archive)

 

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Mes jeunes années ne courent pas dans la montagne comme le chantait   Charles, vu que j’étais un petit citadin malingre et souffreteux que couvait sa maman poule. Mais je me suis bien rattrapé depuis et je peux vous dire que mes vieilles années, elles, ne font pas que courir dans la montagne, elles y volent dès que la météo le permet. Et, comme vous le savez, elles n’y volent pas seules car celles de mon ami Gibus, qui a eu la chance de naître au cœur des montagnes, toujours les accompagnent. A vrai dire, pour nous la montagne est une cure de jouvence et il n’est pas rare que l’on y croise  des jeunots qu’on laisse derrière nous dans les côtes et ça, croyez nous, ça fait rudement plaisir ! Nul n’est parfait, n’est ce pas !

Pour célébrer l’arrivée de l’été, Gibus et moi avons institué une tradition qui est de se faire une triplette de sommets  au cours d’une même journée. C’est en quelque sorte l’occasion pour nous de passer un contrôle technique et de vérifier que le moment n'est pas encore venu d’échanger nos grolles de randonnée contre des charentaises. Cette année nous avons choisi de gravir des sommets du Castillonnais au cœur des Pyrénées ariégeoises  à partir du refuge de l’étang  d’Araing. Jean-Pierre, un ami de Gibus et montagnard alpin nous accompagne, car il est désireux de découvrir les Pyrénées qui sont, entre nous soit-dit, bien plus sauvages et authentiques que les Alpes défigurées par les méga-stations de ski.

 

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Nous partons de Frechendech à 750 mètres d’altitude pour rejoindre le refuge de l’étang d’Araing situé à 1965 mètres soit presque 1200 mètres de dénivelé, ce qui, avec un sac à dos d’une douzaine de kilos, est une vraie promenade de santé !  L’expérience d’un montagnard  s’apprécie au demeurant au contenu de son sac.  Si l’on y trouve une couverture de survie, une brosse à dent dont le manche a été coupé en deux – chaque gramme compte – ainsi qu’une paire de boules « kiès », on a affaire à un(e) expert(e) (vous comprendrez pourquoi après). Par contre si l’on y découvre une paire de chaussons, un flacon de parfum ou une bombe de laque  c’est manifestement le sac d’un amateur ou d’une amatrice !

 

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Nous arrivons  sur le plateau d’Illau où s’ébattent de belles blondes et de belles rousses. Appréciant tous trois la compagnie féminine nous décidons d’y pique-niquer et d’y faire  ensuite une courte sieste au soleil histoire de recharger nos batteries.

 

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Puis nous reprenons notre ascension, l’altitude atténuant la chaleur des rayons du soleil ardent. Nous sommes agréablement surpris par la météo extrêmement clémente car l’Ariège, pays vert  chlorophylle, est réputé pour  être un brin « humide». Quand je dis un brin, c’est pour ne pas me fâcher avec les ariégeois, gens généralement charmants, sauf bien sûr ceux qui veulent la peau de l’ours ! Il y a heureusement des bergers favorables à la cohabitation avec l’ours et qui dénoncent la pratique des éleveurs qui ont une vision purement économique de la nature et pour qui les moutons - qu’ils  laissent d’ailleurs souvent vaquer sans protection sur les estives  alors qu’ils sont avachis dans un canapé devant leur téloche - sont de simples bêtes à prime.

 

 

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Après trois heures d’ascension nous arrivons enfin au refuge qui fait face à un magnifique cirque que domine le Pic de Serre Haute (2712m) au centre de la photo, encadré par le Pic de Crabère (2629m) à droite de la photo et le Pic de l’Har (2424m) sur la gauche.  Ce sont là nos trois objectifs pour le lendemain.

  

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Le refuge surplombe le lac d’Airaing dont les eaux vert émeraude reflètent les névés qui émaillent les flancs du cirque, formant une étonnante bande de fantômes aquatiques

 

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La lente fonte de ces névés charge l’air de vapeur d’eau qui se condense en atteignant les couches plus froides de l’atmosphère, nous offrant un magnifique ballet céleste de nuages .

 

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On a peine à croire que ces grosses boules de coton qui flottent comme des ballons dans le ciel peuvent peser jusqu’à un million de tonnes !

 

 

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Assis sur la terrasse du refuge en compagnie de Heine et Kein, de sympathiques blondes nordiques, nous nous remettons de nos efforts de l’ascension en contemplant ce spectacle sans cesse changeant.

 

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L’eau est assurément un élément qui suscite l’émerveillement :   elle existe sous forme liquide, gazeuse, nuageuse, neigeuse et solide lorsqu’elle gèle. Elle représente environ 60 % du poids d’un adulte soit 42 litres d’eau chez un homme de 70 kilos. Dans le cerveau la proportion atteint 80% et l’on comprend mieux pourquoi on a souvent des pensées vaporeuses !  Pour en revenir au 42 litres d’eau que contiendrait  mon corps, je suis vraiment surpris car je ne me souviens pas avoir bu toute cette eau là !

 

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Si vous n'avez jamais été dans un refuge, j'espère que ce spectacle vous convaincra du bonheur qu’il y a à passer quelques jours et quelques nuits en haute montagne, là où l’homme peut, comme l’oiseau, caresser  les nuages !

 

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Mais délaissant pour un temps ce fabuleux spectacle, nous nous penchons sur la carte IGN pour préparer notre périple du lendemain. La principale difficulté sera de rejoindre le Pic de Serre Haute après avoir gravi le Pic de Crabère, car il n’y a pas de sentier et il faut s’orienter à vue en évitant les barres rocheuse et les névés trop pentus (nous n’avons ni crampons, ni piolets). Nous demandons conseil au gardien du refuge qui nous fournit quelques repères .

 

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L’heure tournant et celle du dîner approchant nous ne sommes pas – comme vous pouvez le constater - les derniers à nous rendre à la salle à manger, lieu le plus agréable des refuges et où s’exprime la convivialité naturelle qui existe au sein de la confrérie des randonneurs. Ici s’échangent les récits de périples,  les expériences enivrantes, drôles ou parfois dramatiques vécues par chacun. Et les quelques bouteilles de divin nectar que vous pouvez apercevoir vous montre, s’il en était besoin,  que l’eau n’est pas le breuvage préféré des vrai montagnards !

 

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Après le dîner, nous allons contempler le fabuleux tiré de rideau vespéral qui va peu à peu faire disparaître les sommets environnants dans la  gueule de la nuit.

 

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Les efforts du jour et la perspective d’un lever matinal nous incitent à aller nous coucher tôt, d’autant que le sommeil profond  est une chose rare dans les refuges car l’intimité n’est généralement pas de mise et la confrérie des randonneurs comporte une proportion importante de ronfleurs ! Mais bien sûr  chacun prétend ne pas ronfler, ce sont toujours les autres. C’est pourquoi les randonneurs expérimentés ont toujours des boules « kiès » dans leur sac .

 

A suivre…

 
Mon premier single "Bidochon dream" est sorti sur les plateformes de musique numérique, vous pouvez l'écouter notamment  sur Deezer !
 
 

 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une prise par  Jean Pierre)

23/05/2015

Dans le dédale des Gorges de Madale (reprise d'archive)

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Ce matin, Gibus et moi partons explorer un secteur du Caroux où nous ne vous avons encore jamais emmenés : celui des Gorges de Madale. Il faut dire que, selon les informations dont nous disposons, le chemin du retour a été emporté par endroits par des éboulements et le passage est donc hasardeux. Mais que ne ferait-on pas pour vous offrir chaque semaine sur vos écrans de nouvelles merveilles du pays d’Oc !  Et en matière de paysages, mais aussi de difficultés et d’émotions, les gorges de Madale ne nous ont pas déçus ! Mais soyez patients,  je vais vous conter cela par le menu .

 

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Au départ, nous empruntons le chemin qui permet d’accéder aux crêtes du Suquet puis de la Coudière qui dominent la rive gauche des Gorges de Madale. Il serpente au milieu d’une forêt de chênes verts qui dispensent une ombre rafraîchissante, nous permettant de réduire notre dépense d’énergie. Nous ne savons pas, alors, que cette énergie ainsi épargnée nous sera  fort utile en fin de journée !

 

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Nous accédons à la crête du Suquet, lieu d’une beauté sauvage et qui nous semble au premier abord désert.  Mais mon œil de « Sioux » (que je tiens de mon grand père paternel  qui est venu en France lors de la tournée de Buffalo Bill en 1889) repère vite un vieil indien méditant à l’ombre des rochers. A sa plume placée à l’horizontale et à son attitude digne et fière  je reconnais qu’il s’agit d’un Cheyenne, sans doute la tribu la plus brave parmi celles qui ont lutté contre les colons  américains. Cette tribu fut d’ailleurs l’un des plus fidèles alliés de mes ancêtres Sioux. De ma filiation «peau-rouge », je n’ai hélas gardé que le bout de mon nez qui est de cette couleur !

Ne souhaitant pas troubler les rêveries  de mon lointain congénère, nous nous esquivons sur la pointe des pieds. Je me doute bien qu’il nous a entendus, mais son impassibilité nous fait comprendre qu’il n’a pas envie de nous parler.  Que le Grand Manitou veille sur lui, Hugh !

 

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Nous entamons l’ascension de la crête  de Coudière qui offre une vue plongeante sur les Gorges de Madale dont le fond très encaissé reste toutefois invisible. Nous cherchons en vain des yeux sur la paroi d’en face le chemin du retour, ce qui n’est pas de bonne augure ! Mais à chaque moment suffit sa peine….

 

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Soudain, en ces lieux isolés, nous découvrons une ancienne habitation superbement restaurée et qui a probablement servi de refuge aux charbonniers, autrefois nombreux dans le secteur. C’était au temps où le bois - ce soleil en barres - était la principale source d’énergie des habitants de la région.

 

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 Plus ancien, mais aussi moins bien conservé, est le dolmen  édifié au sommet de la crête de Coudière (779m) où nous nous arrêtons un instant, admiratifs du savoir faire de ses bâtisseurs, capables de déplacer et de soulever des rochers de plusieurs tonnes. Il faut espérer qu’ils avaient également découvert des remèdes souverains pour soigner les lumbagos !

 

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Puis nous entamons notre descente vers les Gorges de Madale ne nous laissant pas impressionner par un vieux pin couché qui semble nous inviter à rebrousser chemin.  Peut être aurions nous dû tenir compte de son silencieux message !

 

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Nous traversons le Madale sur un pontet, guères étonnés qu’un cours d’eau aussi paisible ait pu creuser  en aval des Gorges aussi impressionnantes. Car Gibus et moi savons que l’eau a un pouvoir destructeur incommensurable et c’est pourquoi il n’est pas question de laisser une seule goutte nous en pénétrer le gosier !

 

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Après avoir remonté sur l’autre rive, nous traversons le village de Madale et empruntons un sentier qui surplombe le torrent. Un  vieux châtaignier – conscient des difficultés qui nous attendent - prend un air menaçant en agitant dans l’air ses branches noueuses, dans l’espoir de nous faire rebrousser chemin. Mais c’est mal nous connaître, Gibus et moi, qui, malgré tout le respect que nous avons pour les « vieilles branches » (vu que nous en sommes aussi), n’avons jamais, jusqu’à présent, en randonnée fait demi-tour ! Nos compagnes peuvent en témoigner, qui ont à cet égard de douloureux souvenirs !

 

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Le vieux châtaignier ne bluffait pas car la situation se corse très vite ! Nous tombons sur un  premier effondrement qui a emporté le chemin : fort heureusement une corde permet de franchir  l’obstacle  sans prendre trop de risques.

 

 

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Mais une fois la corde descendue, nous passons de « Charybde en Scylla » car le chemin a tout bonnement disparu emporté par d’autres éboulements.  Comme il est un peu tard pour faire demi-tour, nous décidons d’aller de l’avant, en avançant précautionneusement à flanc  de paroi, avec l’espoir de retrouver un peu plus loin le chemin.

  

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Restant malgré tout sereins - vu que ça n'arrangerait pas pour autant notre situation de ne pas l'être, isn't it ? - nous admirons l’environnement grandiose qui nous entoure,  conscients d’être parmi les quelques privilégiés ayant la chance de pouvoir le découvrir. Nous sommes, chers lectrices et lecteurs,  très heureux de partager la beauté de ce lieu secret avec vous.

 

 

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Mais nous ne nous éternisons pas car il y a en haut de cette aiguille, dénommée  Pilier du Bosc, un rocher qui ne demande qu’à prendre un bain dans le Madale. Et Gibus et moi, même si nous aimons nous baigner, avons horreur d’être éclaboussés!

 

 

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La pente devenant de plus en plus abrupte, nous sommes obligés de descendre au fond des Gorges.  A certains passages délicats Gibus, aussi agile qu’un mouflon, me tend une main secourable, ce qui me permet de vous conter aujourd’hui notre aventure.

 

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Nous qui, d’habitude, ne manquons jamais une occasion de nous baigner dans les torrents que nous rencontrons, ignorons pour cette fois les eaux limpides du Madale. Notre préoccupation première est de sortir des gorges avant que la nuit ne tombe.

 

 

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La pente redevenant moins abrupte nous remontons à flanc de gorge sur des dalles fort heureusement sèches, toujours en quête du chemin  perdu …

 

 

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Au bout d’une heure de crapahut, notre persévérance est récompensée car nous finissons par le retrouver à environ deux cents mètres d’altitude en amont du torrent. Vous imaginez notre soulagement à ne pas devoir passer une nuit au fond des gorges sans autre liquide que de l’eau à boire !

 

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Le chemin nous ramène sans autre péripétie à notre point de départ où nous pouvons enfin profiter des eaux toniques du Madale, en usage exclusivement  externe bien évidemment !

 

PS : Je vous invite à suivre la suite de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL

 

Texte &  Photos Ulysse

15:29 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : madale, dédale, caroux, dolmen

16/05/2015

Vos chaussettes sont sèches, allez vous balader au Puech ! (Reprise d'archive)

 

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Lisant mon invitation, vous allez probablement me rétorquer que, respectueux de ceux qui vous entourent, vous ne possédez pas qu’une seule paire de chaussettes et que, par conséquent, vous en avez toujours une paire de sèches ! Sans aucun doute, mais il n’est pas certain qu’elles soient appropriées pour une longue marche à pieds. Car après le budget de la Sécurité Sociale et celui de l’Etat , les chaussettes sont les choses qui ont la plus grande propension à avoir des trous ! Et des trous aux chaussettes quand on marche, ce sont des ampoules assurées ! Donc après avoir vérifié que votre paire de chaussettes sèches n’avait pas de trous, rendez vous à l’entrée du joli village du Puech du Lodévois afin que je vous emmène vous balader.

 

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Nous grimpons sur le plateau du Cayroux  - à ne pas confondre avec le massif du Caroux, dans lequel je vous ai maintes fois emmenés -  couvert de vastes prairies où batifolaient autrefois des milliers de moutons. Car l’élevage ovin était alors la principale activité de cette  région aux terres peu fertiles. Mais le coût dérisoire du mouton néo-zélandais et les aspirations à une vie plus confortable ont eu raison des vocations de berger.

 

 

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Le chemin qui grimpe sur le Cayroux ménage de fort belles vues sur le village perché d’Olmet-et-Villecun qui, hormis sa situation pittoresque, a pour seul signe distinctif d’être le 30046ème village français par la taille. A part ça, rien à signaler, sinon qu’il doit y faire bon vivre, à condition d’avoir une machine à faire le pain et de bons mollets . Mais si jamais un habitant de ce village lit ce blog et souhaite nous faire part d’un centre d’intérêt qui aurait échappé à ma sagacité, je l’invite à en faire  part en commentaire .

 

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Nous arrivons sur le plateau du Cayroux dont les géologues vous diront «  qu’il s’agit d’une « mesa » ou « planèze » constituée de plusieurs coulées volcaniques imbriquées  intervenues entre -2,5 et -1,5 MA et qui reposent sur une topographie plio-quaternaire, mises en inversion de relief par érosion différentielle et culminée par une paléosurface quaternaire » Ouf ! Si vous n’avez pas tout compris, soyez rassurés, moi non plus. Certains me rétorqueront, peut être, que ce n’est pas forcément rassurant d’être aussi peu instruit que je le suis !

Au demeurant,  les hommes qui ont édifié le dolmen qui s'y trouve n’avaient pas conscience,  malgré leur étonnante expertise, d’être sur une inversion de relief sinon ils auraient choisi un autre lieu de peur de voir le relief s’inverser de nouveau et mettre à bas leur  imposant ouvrage. C’est que, comme dit « l’autre » (qui au passage ne doit pas avoir eu beaucoup d’ampoules aux mains au cours de son existence ) c’était un « vrai » travail de construire un mégalithe, pas comme celui des salariés d’aujourd’hui qui, c’est bien connu,  sifflent tous en travaillant !

 

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Ces espaces laissés en friches sont peu à peu,  colonisés par les arbres et perdent ainsi leur caractère agro-pastoral d’antan. Ce phénomène, conjugué au mitage de la plaine par les zones commerciales et l’extension anarchique des lotissements entourés d’hideux murs de parpaings bruts,  font que le Languedoc perd peu à peu ses paysages  de garrigue caractéristiques de son identité et lieux d‘une grande biodiversité.

 

 

puech,olmet,ruffes,lodévoisMême les « ruffes », ces terres rouges pourtant peu fertiles et qui sont l’un des grands attraits des paysages du Lodévois, commencent à être recouvertes d’un couvert végétal qui finira par masquer leur beauté.

 

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Vous allez sans doute trouver paradoxal que, moi l’ami des arbres, je fasse ici leur procès. Mais il en va de certains paysages comme de certains monuments : ce sont des chef-d’œuvres à préserver. Imagine-t-on le Mont Saint Michel recouvert par une forêt d’arbres ? Non bien sûr.  Et bien ces collines de ruffes sont  en quelque sorte le Mont saint Michel du Lodévois.

 

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D’ailleurs, je ne résiste pas au plaisir de vous mettre une autre photo de ce site si particulier. Je suis sûr qu’en la contemplant vous n’aurez qu’une envie : celle de parcourir un  matin de printemps ou d’été cette route bleue en vous enivrant de l’odeur des cistes de Montpellier. Je crois que la destination de vos prochaines vacances est toute trouvée !

 

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Les hommes d’autrefois vivaient en harmonie avec cette beauté qu’ils respectaient, à l’encontre de leurs descendants qui ont fait de la terre une poubelle. Ils empruntaient à notre planète quelques uns de ses oripeaux pour  confectionner leurs maisons et leurs abris, à l’exemple de  cette « capitelle » qui servait à ranger les outils et à se protéger des intempéries.

 

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Ils faisaient de même pour édifier les murs qui bordaient les « bancèls »,  ces terrasses affectées aux cultures, pour les protéger des moutons et aussi de l’érosion.

 

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Mais nous savons qu’ici bas tout est éphémère et le monde change, sans cesse, parfois pour  le pire, parfois  pour le meilleur.  Nos vies ne sont qu’un rêve ou un reflet dans « l’œil » de l’univers.

 

 

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Il me faudra un jour tourner le dos à ce monde pour de nouvelles aventures dans un lieu où je l’espère il y aura des vignes et de la canne à sucre et pas de murs en parpaings bruts ! A cet égard,  tout maire qui tolère dans sa commune un mur en parpaings bruts devrait être jugé pour crime contre la beauté !

 

 

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En attendant, émerveillons nous, étonnons nous devant la beauté, la diversité et l’étrangeté du monde, tel ce pavement naturel, que l’on croirait posé par les hommes et qui n’est qu’une ancienne coulée de lave fragmentée lors de son refroidissement .

 

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Marchons d’un cœur et d'un pas légers sur les chemins du monde, surtout après le pique-nique…..quand les bouteilles sont vides dans les sacs ! Les plus impertinents d'entre vous me diront sournoisement " Si le liquide n'est plus dans les bouteilles, il est bien quelque part et donc il pèse encore...".  C'est oublier que par un mécanisme similaire à celui des puits artésiens, le vin bu transporte !

 

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Autrefois pour se consoler de la dureté du monde les hommes se sont inventés des dieux qui leur promettaient le paradis. Les hommes d’aujourd’hui, sceptiques sur l’existence d’un « au delà » aimeraient trouver le paradis sur terre. Moi je sais où il est !  Il est au bout de mes chaussures de randonnée !

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Souvent au hasard des chemins, nous assistons à des scènes étonnantes, telle cette assemblée de vieux ceps qui se sont réunis pour écouter les histoires du temps passé contées par un vieil olivier. Ne comprenant pas le langage des arbres, nous ne nous sommes pas attardés. Mais c’est décidé je vais m’acheter une méthode « Assimil » sur la langue arboricole !

 

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Nous voilà de nouveau en vue du village du Puech. Notre balade est terminée et j’espère que vous l’avez appréciée.

 

 

Texte  & Photos Ulysse

 

 

09:41 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (61) | Tags : puech, olmet, ruffes, lodévois

09/05/2015

Ah ! cette baignade divine dans l’Albine

 

 

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 Aujourd’hui, Gibus et moi avons décidé d’aller goûter aux eaux vives de l’Albine, fougueux torrent qui dévale le flanc sud du Caroux.  Nous partons donc à l’assaut de ce massif, cher à nos cœurs, en empruntant la piste qui longe le ruisseau de Saint Martin de l’Arçon et qui est constituée, au départ, d’une superbe calade extrêmement glissante en cas de pluie. Le cantonnier du lieu a trouvé un moyen inattendu d’en prévenir les randonneurs. Qu’il en soit remercié !

 

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Bien qu’il n’y ait, à cette heure matinale, pas d’autres randonneurs dans les parages, nous ne sommes pas seuls. Nous savons, pour les avoir souvent rencontrés, que des « Ents » déambulent dans les châtaigneraies qui recouvrent  les contreforts du Caroux. D’ailleurs nous en apercevons un qui nous surveille, du coin de l'œil, par dessus le muret qui borde le sentier. Ces « Ents » sont d’ardents défenseurs des arbres et gare à celui qui viendrait avec l’intention d’en débiter quelques uns pour en faire des bûches pour sa cheminée. Il ne repartirait pas indemne.

 

 

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Par contre -  si ça vous dit -  il n’est pas interdit de ramasser du bois mort qui abonde en ces lieux, les torrents grossis par les terribles orages qui sévissent à la fin de l’été emportant tout sur leur passage.

 

 

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La piste que nous empruntons est assez sportive et comporte quelques passages rocheux qui font souffrir mes vieilles  articulations. Mais l’exercice est, dit-on, le meilleur remède contre la décrépitude qui nous affecte tous inéluctablement, alors je marche pour vieillir moins vite et j’ai le sentiment, au demeurant,  que la Camarde, qui n’est plus toute jeune,  n’a pas trop envie de me suivre sur les chemins que j’emprunte.

 

 

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Bon, cela dit, il ne faut pas tenter le diable, toujours prêt à récupérer quelques ouailles pour ses chaudrons infernaux, et il vaut mieux que l’on regarde autour de nous si un rocher ne va pas nous tomber sur le caillou ! Car un caillou contre un rocher, ça ne  fait pas le poids !

 

 

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Mais le fait de veiller à ce que le ciel ne nous tombe pas sur la tête, ne nous empêche pas d’admirer les merveilles qui nous entourent et qui se nichent parfois au ras du sol, comme ce magnifique lézard vert qui prend le soleil sur un confortable lit de feuilles mortes. Gibus et moi devons avoir des gènes de lézard vert, car c’est aussi une pratique qui nous est chère.

 

 

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D’ailleurs cette rencontre nous incite à faire derechef notre pause pique-nique-sieste sur le Plo de l’Aygue à 1050 mètres d’altitude. Nous sommes loin du brouhaha et de l’agitation de notre monde déboussolé où tous les signaux sont au rouge mais où les journaux télévisés de notre république se préoccupent de savoir quel sera le prénom d’un rejeton de la couronne d’Angleterre ! A la prochaine élection je voterai pour « Guignol ». Ayant refait le plein de polyphénols et de vitamine D, nous traversons le Plo de l’Aygue en vue de rejoindre la piste de Rocarel pour descendre vers la cascade d’Albine.

 

 

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Le feuillage renaissant des hêtraies qui peuplent les dépressions du plateau est un émerveillement.  Quand l’homme saura reproduire le miracle de la photosynthèse qui est ici à l’œuvre et a donné à notre planète son atmosphère, nous disposerons d’une ressource énergétique inépuisable. C’est en  nous inspirant de la nature pas en la détruisant que nous nous sauverons.

 

 

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Quel bonheur nous prenons à marcher ainsi en montagne où notre regard appréhende des horizons qui nous semblent infinis et où nous n’avons pour compagnie que les nuages, ces autres merveilleux voyageurs. 

 

 

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Puis nous commençons par entamer la descente par la piste de Rocarel réservée, d’après notre guide, aux randonneurs expérimentés.

 

 

 

 

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Et effectivement, expérimentés il faut l’être, car dans sa partie supérieure la piste suit le lit d’un torrent vertigineux.

 

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Et nous sommes très heureux que les hêtres nous tendent leurs branches secourables pour nous assister au cours de notre descente.

 

 

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Nous croisons un vénérable chêne pubescent qui partage, d’une certaine manière, le sort d’Atlas, condamné par Zeus à soutenir la voute céleste. Il retient, en effet, deux énormes rochers qui, sans lui, auraient obstrué le cours du torrent.

 

 

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Après une bonne demi-heure de descente sportive, nous rejoignons la piste plus facile de la Pomarède qui nous amène au pied de la magnifique cascade d’Albine qui, avec ses 80 mètres de haut,  est la plus haute du Languedoc .

 

 

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Nous ne résistons pas au plaisir de rafraîchir et revigorer nos organismes, mis à rude épreuve par nos pérégrinations,  dans les eaux fraiches et bouillonnantes de l’Albine.

 

 

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Ayant refait le plein d’énergie grâce à ce bain de jouvence, l’ami Gibus se sent des ailes et s’amuse comme un jeune mouflon à franchir d’un saut le cours de l’Albine pour prendre le chemin du retour, tandis que votre serviteur le franchit moins glorieusement en s’y mouillant les pieds ! But nobody’s perfect !

 

 

Et maintenant  je vous invite à aller écouter ma dernière chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

Et si vous cherchez une idée de sortie pour votre prochain week-end consultez le magnifique blog d'Ornella (cliquez sur le mot "blog")

 

Texte & Photos Ulysse 

  

 

23:06 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : caroux, albine, calade, ent