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25/04/2015

Les petits loups sur la piste des mouflons....

 

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 Hello ! Nous voilà de retour dans le Sud qui n’est au demeurant plus vraiment le sud, vu qu’il y fait en ce moment moins chaud qu’à Paris d’où nous venons ! Il est vrai que la couleur blanche comme neige de nos épidermes tendrait à prouver le contraire, mais c’est pourtant une réalité : le sud en ce moment est au nord ! Cela dit comme nos aînés ont mis la planète sens dessus dessous, cela ne nous étonne pas plus que ça, nous les derniers arrivés sur ce qui fut un beau vaisseau céleste et qui est en train de devenir une grande poubelle !

 

 

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Pour ceux qui ne lisent pas régulièrement ce blog, et qui donc ne nous connaissent pas encore, nous sommes Emilie et Romain, deux des petits enfants d’Ulysse et nous sommes aujourd’hui en randonnée sur le Caroux pour traquer les mouflons. Et comme vous allez le constater, c’est aussi difficile d’en apercevoir que de surprendre notre papi  en train de boire un verre d’eau !

 

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On commence à chercher du côté du Mont Caroux, qui donne son nom au massif, et dont l’appellation signifie à juste titre « pierreux » car, comme vous allez le voir, des rochers, on n’a pas arrêté d’en escalader au cours de notre journée !

 

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Pas une combe n’échappe  à nos investigations…

 

 

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De même que pas un pic…..

 

 

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Mais pour l’heure, la seule présence vivante que l’on aperçoit est un arbrisseau inconscient qui a choisi de pousser au dessus du vide, dans l’anfractuosité d’une falaise.

 

 

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Toujours bredouilles pour ce qui est des mouflons, nous nous décidons à interroger le roi du Caroux sur l’endroit le plus favorable pour les observer, mais il fait la sourde oreille et notre requête reste sans réponse ! Il faut dire qu’à part quelques formules spécifiques telles que « le dîner est prêt » ou « on se prend un apéro » les vieux n’entendent jamais rien !

 

 

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Apercevant un chien de berger, nous espérons qu’il va nous mettre sur la trace des mouflons, qui ne sont, après tout, que de gros moutons sauvages, mais là aussi nos espoirs sont déçus.  L’animal somnole et ne daigne même pas s’intéresser au pilon de poulet – prélevé sur notre pique-nique - qu’on lui tend pour tenter de l’amadouer ! 

 

 

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Nous nous installons alors un instant au sommet du mont Caroux pour scruter les alentours, mais sans plus de succès !

 

 

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Nous décidons de changer de secteur et d’aller explorer le plateau sommital de l’autre côté du Rieutord. Nous reprenons donc notre gymkhana au milieu des rochers avec lesquels nous essayons d’éviter tout contact, leur épiderme étant beaucoup plus rugueux que le notre.

 

 

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Ce n’est pas une sinécure de suivre papi et son copain Gibus en montagne, car la taille de leurs gambettes leur donne un sacré avantage sur des parcours aussi tourmentés. Mais nous mettons un point d’honneur à ne pas les lâcher d’une semelle pour leur prouver que la jeune génération a les mollets aussi musclés que les pouces et que la relève est assurée !

 

 

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Fort heureusement, ce qui nous sauve c’est que notre mamie et son amie Marie sont avec nous, ce qui oblige Papi et Gibus à ralentir l’allure, car prévenants à leur égard ils sont, comme vous en avez été témoins lors de la visite des jasses de Landres et de Bramessan (voir la note du 11 avril dernier )

 

 

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Etant parvenus sur le plateau sommital, nous escaladons le moindre amas rocheux pour tenter d’apercevoir ces quadrupèdes emblématiques du Caroux. Vous pouvez constater, au passage, que la présente génération de garçons est tout aussi prévenante que  celle de papi et Gibus à l'égard de la gent féminine !

 

 

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Nous avons beau scruter l’horizon nous ne voyons que les genêts qui verdoient et les bruyères qui « roussoient » !

 

 

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La descente est souvent plus ardue que la montée et là, sauve qui peut, c’est chacun pour soi, les chromosomes masculins ne sont plus tout à fait aussi prévenants qu’à la montée !

 

 

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Nous sommes sur le point d’abandonner notre quête quand soudain nous entendons une voix rocailleuse nous héler. Nous nous retournons et apercevons une très vieille femme, que nous pensons être une sorcière,  qui nous dit «  A vous voir gambader comme des cabris, je suis sûre que vous traquez le mouflon ! Comme vous m’êtes sympathiques et que vous semblez ardents et courageux, je peux vous dire où vous en trouverez, mais il vous faut d’abord répondre à cette énigme : On me met sur la table, on me coupe mais on ne me mange pas. Qui suis-je  ? ». La sorcière, qui pensait peut être nous piéger, est mal tombée car nous lui donnons immédiatement la réponse, que nous vous laissons deviner chers lecteurs. Il faut dire que nous n’avons aucun mérite, car bien que nous soyons de la génération « Nintendo » et « tablette » nous sommes encore accros aux «Mille bornes » « Uno » et autres jeux préhistoriques.

 

 

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Tenant sa parole, la sorcière nous indique alors où nous allons pouvoir observer les mouflons et, nous mettant en chemin, nous trouvons très vite des traces de leur présence dans les parages.

 

 

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Scrutant alors les environs nous apercevons soudain la silhouette de trois mouflons sur une crête  et qui semblent, eux-mêmes nous observer.

 

 

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Nous nous précipitons à leur rencontre, Gibus étant, là encore, le plus rapide.

 

 

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Mais stimulés par l’enjeu nous décuplons nos efforts et finissons par grimper aussi  vite que Gibus et les mouflons, enfin presque !

 

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Un superbe mâle, sans doute intrigué par ces bipèdes qui grimpent aussi vite que lui,  s’arrête pour nous regarder .

 

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Il fait quelques pas, puis se retourne à nouveau sans doute étonné que l’on ait réussi à le rattraper .

 

 

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Puis il se décide à aller rejoindre ses congénères moins courageux que lui.

 

 

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Nous ne renonçons pas pour autant à le poursuivre et nous sommes récompensés de nos efforts,  car nous apercevons de nouveau deux d’entre eux dans un pierrier, sans doute sidérés que l’on ait eu le courage de les suivre.

 

 

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Comprenant alors que l’on n’a aucune mauvaise intention à leur égard, le plus hardi des deux prend la pose et se laisse photographier, sans doute flatté que le prédateur le plus redoutable de la planète fasse autant d’efforts pour simplement l’admirer et le photographier. Imaginez notre bonheur devant ce spectacle que papi et Gibus, qui passent pourtant une bonne partie de leur vie à arpenter le Caroux, ont rarement pu contempler. Aux innocents les mains pleines! Et nous en profitons pour faire passer un message à tous nos camarades, laissez tomber vos consoles et tablettes, c'est ringard,  et venez sur le caroux c'est "super fun" ! 

Et maintenant nous vous invitons à aller  écouter la dernière chanson de notre papi  "Je descendais la rivière" sur son blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

Et si vous cherchez une idée de sortie pour votre prochain week-end consultez le magnifique blog d'Ornella (cliquez sur le mot "blog")

 

Texte & Photos Ulysse , Gibus (15,24,25) et Emilie ( 17,23)

08:39 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : caroux, mouflon, loup

17/04/2015

Et à la fin, j’ai vu les mouflons !

 

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Le titre de mon nouveau billet vous intrigue sans doute, mais c’est un fidèle résumé de ma quête à travers combes, pentes et pierriers du Caroux pour apercevoir des mouflons ! C’est, en effet,  devenu un privilège dans ce massif, où l’on rencontre de plus en plus de randonneurs, car l’animal est farouche et se méfie, à juste titre, des bipèdes. Il faut dire que l’O.N.C.F. (Office National de la Chasse et de la Faune) organise régulièrement des tirs de régulation, alors qu’il serait bien plus simple et plus naturel de laisser les loups s’en occuper. Ce qui fait que les mouflons fuient même un type comme moi qui ne ferait pas de mal à une mouche (sauf si elle m’embête). Me voilà donc parti seul de bon matin - l’ami Gibus n’étant pas disponible - à l’assaut des pentes de ce massif, dont les sous-bois sont illuminés par le soleil printanier, les feuilles étant encore pliées dans les bourgeons prêts à éclater.

 

 

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Ayant pris la direction du Col de Tirandel, je quitte le sentier pour suivre au plus près la ligne de rupture du plateau afin d’avoir une vue plongeante sur le vallon du Salis en contrebas. Les frondaisons de la hêtraie qui en couvre le flanc sont nimbées d’un brouillard rosé de bourgeons prêts à éclater.

 

 

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Prenant de l’altitude, j’aborde une zone où les sols sont plus secs et l’air moins humide. Ici ce sont les genêts et les bruyères qui dominent, dont les floraisons jaune puis mauve vont illuminer la fin du printemps et les mois d’été.

 

 

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Le Caroux, vestige du massif hercynien, est l’un des plus vieux massifs de France et son épiderme ridé et crevassé en témoigne.

 

 

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Dans sa prime jeunesse, il a atteint, selon les experts, entre six mille et huit mille mètres et il a gardé de ce passé prestigieux, qui en faisait l’égal de l’Himalaya, un air de haute montagne ! Pour en revenir à l’objet de ma quête du jour,  bien que partout sur le sol des crottes de mouflons me narguent,  j’ai beau longuement scruter le vaste panorama qui se révèle du haut de la montagne d’Arêt, je n’aperçois pas la moindre corne de ce magnifique quadrupède .

 

 

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La surrection des Alpes, puis celle des  Pyrénées, il y a entre quarante et soixante millions d’années, ont pas mal chahuté ce massif, provoquant de nombreux plissements et failles qu’a amplifiés l’érosion causée par de nombreux torrents. Ces replis et failles sont, au demeurant, des refuges idoines pour les populations de  mouflons et de sangliers qui prospèrent en ces lieux sauvages. Mais pour le moment, ils restent invisibles et je commence à désespérer du succès de ma quête.

 

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Je décide alors de changer de versant et de me rendre dans les pierriers qui occupent le flanc nord du grand plateau sommital du Caroux.  C’est un endroit peu accessible et à l’écart des sentiers où les mouflons ont l’habitude de se réfugier pendant la journée. On les y aperçoit de très loin, quand on emprunte la piste en contrebas qui permet d’accéder sur le plateau.

 

 

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De là, la vue est splendide sur l’impressionnante succession de montagnes et de collines qui occupent le nord de l’Hérault, département que les touristes ne voient que comme un pays de plages ! C’est sûr que c’est plus facile de se tremper le cul dans les eaux de Palavas les Flots que de le monter à 1091 mètres au sommet du Caroux !

 

 

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Ayant entamé ma progression chaotique dans les pierriers, je croise à ma grande surprise un vieux berger – du moins je le suppose, vu l’odeur de bouc qu’il dégage- qui somnole adossé contre un amas de rochers. Ayant perçu ma présence, il ouvre un œil et bougonne :  « Qui vient m’emmerder à cette heure, en ces lieux ? ». « Désolé de vous déranger » lui dis-je alors « mais je ne pensais pas rencontrer quelqu’un par ici. » « Et bien j’y suis et je ne suis pas heureux que vous y soyez aussi ! Qu’est ce que vous foutez en dehors des chemins» me rétorque-t-il. « Je traque les mouflons depuis ce matin et j’aimerais bien ne pas rentrer bredouille »  marmonnai-je alors, désarçonné par sa rudesse. « Ah ! vous traquez le mouflon, ça change tout, un bipède qui passe sa journée à traquer le mouflon rien que pour voir leur tronche est forcément un mec un peu fêlé, comme je le suis.  Je vais vous dire où vous allez les trouver. Traversez le prochain pierrier  et lorsque vous apercevrez une petite aire herbeuse avec des jonquilles, baissez vous et avancez lentement, car généralement ils sont perchés sur les rochers qui sont juste derrière ». Etonné et ravi du changement de ton à mon égard, bien qu’il m’ait traité de « fêlé », je le remercie chaleureusement et reprends ma progression.

 

 

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Et je tombe effectivement sur l’aire herbeuse dont il m’a parlée, parsemée de jonquilles. Le berger ne s’est pas moqué de moi, me dis-je en mon fort intérieur, ma quête ne sera peut être pas vaine ! Je me baisse alors et avance prudemment.

 

 

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Et soudain je les aperçois : deux magnifiques mâles sont perchés sur un amas de rochers, dont l’un tourne aussitôt la tête, ayant décelé ma présence malgré mes précautions.

 

 

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Ils se mettent aussitôt en branle et commencent à descendre de l’amas de rochers sans trop se hâter, ayant sans doute constaté que je ne suis pas muni de l’ersatz de zizi en acier dont les chasseurs sont équipés.

 

 

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Ils rejoignent un congénère situé en contrebas, que je n’avais pas vu, et s’immobilisent le temps que je les prenne en photo. J’ai soudain l’intime conviction qu’ils savent que je les traque depuis ce matin pour le seul bonheur de les voir et que c’est délibérément qu’ils se laissent photographier. Tous les êtres de notre planète sont mystérieusement reliés les uns aux autres et les animaux, ainsi que certains êtres humains, ont gardé cette capacité à déceler les  intentions de ceux qu’ils rencontrent, à leur égard.

 

 

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Deux d’entre eux s’éloignent alors tranquillement tandis que le troisième continue de me fixer, semblant vouloir me faire passer ce message:  « Pourquoi les hommes s’acharnent-ils  à dévaster la planète et à exterminer les animaux sauvages, leurs cousins, sciant ainsi la branche sur laquelle nous sommes tous assis ? Quand plus aucun animal sauvage ne courra, ne volera, ne nagera librement sur notre planète l’homme perdra alors la notion de liberté. Qui vous a donné envie de courir les montagnes, de traverser les mers, de flirter avec les nuages,  sinon le plaisir de nous voir défier les pentes les plus ardues, voler dans les nues ou nous jouer des tempêtes océanes . La dignité, la force de l’homme ont été forgées à notre contact, c’est en nous admirant et en nous défiant qu’il a construit son humanité. A partir du jour où la survie du mouton a plus compté  que celle du loup ou de l’ours, l’humanité a signé son arrêt de mort. Si nous disparaissons, vous deviendrez des chiffes molles qui seront bientôt esclaves des robots que vous élaborez dans vos laboratoires, enfants inconscients du Docteur Frankestein ».

 

 

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Après ce long monologue silencieux mais éloquent, le mouflon se décide à rejoindre ses congénères en contrebas. Ils me jettent un dernier regard comme s’ils regrettaient de ne pas pouvoir passer plus de temps avec moi, mais pour eux je reste un bipède et avec les bipèdes on ne sait jamais ! En pensée, je les remercie d’avoir exaucé ma quête et c’est ainsi que vous aussi pouvez admirer ces magnifiques animaux que quelques inconscients prennent plaisir à tuer !

 

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Et maintenant je vous invite à aller  écouter ma dernière chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

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Texte & Photos Ulysse 

  

23:49 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : caroux, mouflon, chasse, hêtre

11/04/2015

A la découverte des jasses de Landres et de Bramessan

 

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 Aujourd’hui nous effectuons une sortie de groupe avec nos épouses et un couple d'amis et nous avons donc choisi un programme « allégé » et assez festif. Nous prévoyons, en effet, d’aller festoyer à l’antique jasse (bergerie) de Landres puis d’aller visiter celle de Bramessan, toutes deux situées au cœur du vallon de la Roque qui entaille le massif de l’Espinousse au pied de l’aiguille rocheuse qui nous fait face.

 

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Le torrent du Bardou que nous devons traverser est encore richement nourri des eaux de l’hiver et pour éviter à nos épouses un bain de pieds glacial,  Gibus et moi  construisons un gué. C’est que, malgré nos natures rustiques et nos allures assez gaillardes, des maris prévenants nous sommes ! Cela dit si je veux ne pas mourir de faim devant mes placards mieux vaut que je prenne soin de ma chère et tendre car je manie mieux la souris ou la guitare qu’une queue de poêle !

 

 

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Du chemin qui mène au col du Laouzo Negro  nous découvrons le versant ouest du Caroux  constitué de formidables falaises burinées d’orthogneiss. Comme quoi les vieilles montagnes peuvent avoir une belle gueule, ce qui est le cas aussi chez les humains qui osent assumer les effets du temps sur leur carcasse.

 

 

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Au col de Langres nous nous engageons dans le vallon de Laroque  colonisé par les châtaigniers, dont les fruits constituaient la base de la nourriture des montagnards qui vivaient autrefois dans les montagnes du Haut Languedoc. Ils étaient relativement nombreux, comme en témoignent les innombrables bâtisses en ruine que l’on y découvre, malgré les conditions de vie plus que spartiates qu’ils devaient connaître en ces lieux.

 

 

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Nous parvenons à la Jasse de Landres qui a conservé son magnifique toit de lauzes et dont la porte entrouverte nous donne l’illusion que ses occupants viennent à l’instant de s’absenter et vont revenir d’un moment à l’autre. Ici le temps, sensible à la prière d’Alphonse, semble avoir suspendu son vol et nous avons le sentiment que, si nous nous y installions, nous deviendrions immortels.  Mais il n’ y a ni caviste, ni fromager ni boulanger à proximité, alors la vie éternelle ne nous tente guère si Bacchus et Epicure ne sont pas de la partie !

 

 

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Et justement pour faire honneur à Epicure et à Bacchus, nous nous installons pour pique-niquer sur la placette située devant la bergerie et où des générations de bergers et bergères ont dû également festoyer, rêver et, sans doute à la nuit tombée, batifoler. Paix à leurs âmes !

 

 

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En face de nous se dresse l’Aiguillette de Bardou que Gibus et moi nous promettons d’aller caresser de nos semelles au cours d’une sortie en célibataires!

 

 

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Nos agapes terminées, nous nous remettons en route pour aller visiter l’ancienne jasse de Bramefan . Le chemin qui longe le flanc du vallon de La Roque offre des points de vue majestueux sur le Caroux en face.

 

 

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Nous arrivons enfin à l’imposante jasse de Bramefan où les animaux étaient logés au rez-de-chaussée, ce qui permettait l’hiver de chauffer le premier étage où logeaient les habitants.

 

 

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Le bâtiment était fortifié vu l’isolement qui l’exposait sans doute à des attaques de vagabonds. Il fallait de la ténacité et du courage pour vivre en ces lieux situés à quatre heures de marche du premier village. Il ne fallait pas y avoir une crise d’appendicite ou une rage de dent ! Nous qui sommes en permanence reliés aux autres par nos moyens de communication, nous imaginons difficilement de vivre en un lieu où les seules nouvelles sont apportées par le vent !

 

 

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Les arches qui soutenaient le toit ont résisté aux intempéries mais la charpente, elle, n’a pas résisté à la vermine. Je suis toujours sidéré de voir des pierres non scellées par du ciment défier la loi de la pesanteur par le seul jeu du renvoi de la pression sur les murs qui ont été, à cet effet, consolidés par des contreforts. Du coup, dans cette bergerie quand il pleut on ne peut guère inviter la bergère à y rentrer ses blancs moutons ! Mais de toute façon cela fait longtemps qu'il n'y a plus ici ni bergère ni moutons, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'y reviendront pas un jour, quand les hommes redécouvriront le bonheur de vivre d'amour, d'air pur et de rosé bien frais !

 

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Sur le chemin du retour nous faisons d’étonnantes rencontres. Tout d’abord celle d’un ancêtre  fossilisé de Jojo le Mérou, qui évoluait dans la mer qui occupait les lieux il y environ cent millions d’années.

 

 

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Et puis celle d’un mouton dressé sur ses pattes arrières et qui cherche des yeux son berger qu’il a perdu de vue ! Nous lui aurions bien fait sa » fête »   en vue de consommer le traditionnel « agneau Pascal » mais il nous a semblé un peu coriace, ce qui lui a valu d’avoir la vie sauve !

 

 

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Notre chemin traverse le torrent de la Roque dont le cours est orné d’une magnifique cascade  dont le chant semble nous dire « Venez vous revigorer dans mes eaux limpides et fraiches ».

 

 

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Effectivement la cascade a creusé une vasque de toute beauté dont la couleur vert bouteille des eaux exerce sur  Gibus et moi une irrésistible tentation ..

 

 

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Et de fait nous n’y résistons pas et nous nous retrouvons à jouer les goujons dans des eaux dont la température fait très vite rentrer nos escargots dans leur coquille !

 

Et maintenant je vous invite à faire une magnifique et vertigineuse  randonnée dans le massif montagneux de l'île de Madère en vous rendant sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

 

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Texte & Photos Ulysse (sauf la première Marie B.)

04/04/2015

Evitez les talons aiguilles pour faire le chemin des Aiguilles...

 

 

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Finies les « reprises d’archives » chères lectrices et lecteurs ! Après quelques problèmes de disponibilité, mâtinés d’aléas climatiques, Gibus et moi avons pu reprendre le chemin du Caroux. Cela faisait longtemps que nous lui avions fait une aussi longue infidélité. Et nous l’avons retrouvé tel que nous l’avions laissé, toujours aussi altier et sans une ride de plus, ce qui n’est pas le cas de votre serviteur dont les articulations cliquètent et regimbent de plus en plus quand je suis en mouvement. Mais ce n’est pas demain la veille que je vais me laisser influencer par une paire de genoux récalcitrants. 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnéesNotre parcours du jour emprunte d’abord la piste des Gardes puis celle des Aiguilles pour finir par celle du Rieutord, ce qui représente environ un dénivelé cumulé de 1200 mètres, tout à fait convenable pour une reprise ! Au risque de passer pour un vieux radoteur aux yeux de mes fidèles lecteurs, je soulignerai une nouvelle fois l’originalité de ce massif dont la toison de chênes verts, d’arbousiers et de fougère arborescentes qui fleurissent en hiver lui confère un éternel aspect printanier, sauf quand il est recouvert de neige bien évidemment.

 

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L’itinéraire que nous empruntons joue les montagnes russes, ce qui multiplie les  points de vue et perspectives plongeantes, nous donnant ainsi  le sentiment d’évoluer en très haute montagne. C’est l’un des autres attraits de ce petit massif d’offrir des parcours qui raviraient des pyrénéens et des alpinois !

 

 

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Nous abordons le bien nommé chemin des Aiguilles bordé de pics rocheux dont le temps a émoussé la pointe, comme il rabote peu à peu le cartilage de mes genoux. La seule différence est que ces « aiguilles » seront encore debout quand les atomes de mes genoux auront pris la poudre d’escampette et voleront quelque part dans la Voie Lactée.

 

 

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Nous traversons un modeste ruisseau qui semble nous dire « Oh ! les gars ne vous fiez pas aux apparences, vous avez vu les rochers que je peux déplacer quand je suis en colère ! » Et il est vrai que son lit est encombré de mastodontes qui nous laisse penser qu’il vaut mieux ne pas croiser son cours en cas de violent orage.

 

 

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Nous passons au pied d’une autre « aiguille » à laquelle un modeste arbrisseau semble lancer un défi. C’est le privilège de la jeunesse de croire qu’en grandissant on peut toucher du doigt les étoiles. C’est ainsi que l’humanité a appris à maitriser le feu et finit par marcher sur la lune. Cela dit on ferait peut être mieux maintenant de se soucier de l’état de notre bonne vieille terre, plutôt que de partir à la conquête de l’espace. Parce que ce n’est pas demain la veille que l’on trouvera une planète de rechange .

 

 

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Le parcours devient de plus en plus chaotique et nous finissons par franchir le Rieutord, modeste torrent qui porte bien son nom (ruisseau tordu) vu qu’il a été contraint de se frayer un chemin dans un amoncellement d’énormes blocs tombés des sommets.

 

 

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Après avoir grimpé quelques dalles rocheuses, nous parvenons enfin sur le plateau où nous saluons le vieux roi du Caroux, perché en haut de la falaise qui nous fait face, et qui est perdu dans la contemplation des très lointaines Pyrénées dont la surrection a donné naissance il y a quarante millions d’années à son royaume.

 

 

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Après nous être arrêtés pour pique-niquer dans le refuge de Font Salesse, récemment rénové par des collégiens mais qui a déjà été « tagué » par des abrutis dignes de la collection de jurons du capitaine Haddock, nous redescendons peinardement vers la plaine par le sentier du Roc de Lucet.

 

 

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Malgré le plafond bas de nuages et la Tramontane  qui redouble de violence, le panorama  enchanteur nous récompense de la rude montée du matin. L’air des cimes est un excellent détergent pour les soucis et les contrariétés qui peuvent nous assaillir dans la plaine.

 

 

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Maintes fois je vous ai confié mon admiration pour les cairns, ces modestes pyramides de pierres qui lient secrètement tous ceux qui y ont déposé un caillou ! Ici convergent les fils invisibles de centaines de vies !

 

 

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Et pour fêter dignement nos retrouvailles avec le Caroux, nous nous sommes sentis obligés d’honorer les eaux tumultueuses et glacées de son plus beau torrent,  l’Heric , et je dois vous dire que l’Heric à cette saison c’est tonique !!!

 

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Texte & Photos Ulysse