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21/07/2014

Mon papi est un as du tire-bouchon mais pas du canoë....

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Coucou ! nous revoilou Carla, Tom, Romain et moi, Emilie, en piste pour descendre l’Hérault en canoë avec nos ancêtres respectifs Gibus et Ulysse et mon papa Sébastien. Vous apercevez dans mon regard une pointe d’appréhension car il a été décidé que je monte dans le canoë de mon papi, dont la légende familiale laisse entendre qu’il connaît mieux le maniement d’un appareil photo ou d’un tire bouchon que celui d’un canoë!  

 

 

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Mais ayant pris le départ,  mes appréhensions tombent très vite car nous négocions les premiers rapides  - pas très mouvementés il faut le reconnaître - avec dextérité.

 

 

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Nous naviguons un moment de conserve (j’ai du vocabulaire !) avec mon papa et mon frérot dont le style de pagayage n’est pas très orthodoxe mais semble, somme toute, efficace !

 

 

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Ayant pris un peu d’avance, nous  profitons  quelques instants de l’ombre fraiche des arbres qui bordent le fleuve, en attendant que le reste du groupe nous rejoigne. Cette ombre est bienvenue car nous avons douze kilomètres à descendre sous un soleil généreux dont les reflets sur l’eau accentuent les effets « cuisants ». Les canoïstes imprudents qui ne mettent pas de crème solaire s’en souviennent  longtemps !!!!

 

 

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Mais voici que les choses sérieuses commencent : nous abordons la descente d’un rapide un peu plus mouvementé que les autres et je dois reconnaître que, malgré mes inquiétudes, mon papi ne s’en sort pas trop mal !

 

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Mais le mérite peut m’en être aussi attribué car je fais preuve en la circonstance d’un sang froid irréprochable.

 

 

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Après ces premières émotions, nous nous arrêtons pour la pause pique-nique que l’on agrémente d’une baignade préalable. Ce qui vous permet de jouir de nos minois plutôt que ceux de nos ancêtres qui ornent généralement les articles de mon papi. Je pense que, toute modestie mise à part, vous ne perdez rien au change !

 

 

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Pour le parcours de l’après midi nous décidons de modifier les équipages : Je rejoins mon papa tandis que Tom et Romain montent avec Gibus et c’est donc Carla qui se retrouve avec mon papi, ce qu’elle va amèrement regretter !  Il faut dire que ce parcours comporte un rapide dit « du rocher » où en moyenne un canoë sur trois se renverse ! Et par malchance - mais est ce vraiment de la malchance, n’étant pas médisante je ne ferai aucun commentaire sur ce point – c’est le canoë de papi et de Carla qui se renverse !  Comme quoi les légendes ont toujours un fond de vérité !

 

 

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Après cet incident sans autre conséquence pour ceux qui ont chavirés que de se faire mettre en boite après avoir pris le bouillon, nous reprenons notre périple au cœur d’un paysage d’une beauté majestueuse.

 

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L’Hérault adoptant un cours plus tranquille, je me risque à pagayer debout comme font les indiens d’Amazonie ! Je suis mûre pour partir à l’aventure !

 

 

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Gibus est tellement séduit par la beauté des lieux qu’il abandonne toute vigilance et ne voit pas un dernier rapide où il bascule et perd Tom, Romain ainsi que son canoë…seule sa pagaie lui reste entre les mains !

 

 

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Bon vous vous doutez que je galège car nous franchissons cet obstacle au moyen d’une échelle pendant que des opérateurs font descendre nos canoës d’une façon plus brutale !! Nous remontons à bord pour la dernière partie du périple où l’Hérault redevient un fleuve tranquille …

 

 

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Seule l’arrivée sur les cailloux est un peu brutale ce qui inquiète un brin mon frérot qui se cramponne comme il peut au canoë ! Mon papi «atterrit » sans chavirer ce qui est à mettre à son crédit. Disons pour conclure et pour se montrer charitable que dans le rapide il n’a vraiment pas eu de chance…..mais bon il est quand même meilleur au tire-bouchon !

 

Après cet intermède aquatique je vous invite à un intermède musical en allant écouter ma dernière composition "Marie-Galantesur  mon blog musical OLD NUT 

 

Texte Emilie et Ulysse Photos Ulysse, Emilie et Carla

 

11/07/2014

Un jour d'été le long du Canal du Midi

Blog en sieste estivale !!!
 
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Insidieusement défilent,

Les jours de notre vie,

Comme les eaux tranquilles,

Du Canal du Midi.


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Le monde est une usine,

Dont nous sommes les rouages,

On traite les humains comme les sardines,

Où les poulets d'élevage.


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Puis un jour on nos jette,

Sans même nous recycler,

Il faut faire place nette,

Aux nouveaux exploités !


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Aussi mettez vous au vert,

Avant qu'il ne soit trop tard,

Quittez ce monde pervers,

Fuyez ce grand bazar.


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Du Canal suivez les rives,

Ombragées par les platanes,

Si vous voulez que revivent,

Votre coeur et votre âme,


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La rumeur du monde,

Ne s'y fait pas entendre,

Et nos rêveries fécondes,

Suivent ses méandres.


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Le vert ruisselle des feuilles,

Et tapisse l'eau amère,

Où le soleil notre aïeul,

Jette ses copeaux de lumière.


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Le miroir des eaux,

Dédouble l'univers,

Où notre esprit dispos,

Baguenaude et se perd.


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Les hommes y taquinent,

Carpes et goujons,

Mais on n'y a jamais vu de crime,

De mémoire de poisson .


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PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "BIDOCHON DREAM" sur  mon blog musical OLD NUT 


Texte & photos Ulysse

01/07/2014

Qui se souvient des enfants du Luc ?

 

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Nous voilà partis de bon matin sur un chemin du Causse du Larzac parfumé par les effluves amères du buis et celles plus  envoutantes des graminées déjà desséchées par le soleil de ce début d’été. Nous avons pour le moment l’âme légère mais nous savons que notre journée ne s’achèvera pas sans que la tristesse nous saisisse. Nous avons, en effet,  prévu d’aller mettre nos pas dans ceux de dizaines d’enfants qui au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, en raison de menus  larcins ou de vagabondages, ont été internés à la "colonie éducative agricole" du Luc, sombre page oubliée de l’histoire régionale.

 

 

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Parti du pittoresque village de Sorbs, nous traversons les gorges creusées par la Virenque, cours d’eau la plupart du temps à sec, mais dont le débit peut être dantesque, quand éclatent à la fin de l’été de violents orages, lors des fameux épisodes « cévenols ». Les milliers de tonnes de vapeur d’eau émanant de la Méditerranée se condensent alors sur les sommets des Cévennes où souffle un air plus froid, déversant des trombes d’eau qui gonflent torrents et rivières qui dévastent parfois les villes  et villages des plaines en contrebas.

 

 

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Pour l’heure le temps est radieux. Le paysage, d’une beauté austère, nous offre d’immenses espaces où nos esprits peuvent s’échapper de nos enveloppes corporelles condamnées à la gravité et ainsi vagabonder comme les vautours fauves familiers des lieux.

 

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Nous traversons le village de Salze dont les portes de certaines bâtisses révèlent la relative prospérité qu’a connue cette région quand elle était couverte de dizaines de bergerie, avant que l’exode rural ne la vide de ses habitants.

 

 

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Aujourd’hui, mis à part quelques exploitations ovines et caprines  qui subsistent ici et là et dont les conditions d’exploitation sont difficiles, l’activité se réduit à l’exploitation de vastes forêts de pins sylvestres parfaitement adaptés au climat rude et sec du Causse.

 

 

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Mais apercevant la ruine d'une ancienne fromagerie, l’émotion nous étreint car nous savons que nous sommes au bord du Gouffre de St Féréol dissimulé par la végétation et que la ruine domine. C'est en cet endroit qu'au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, des enfants internés à la « colonie éducative agricole » (de fait une ferme pénitentiaire que l’on appelait le bagne)  du Luc, située à environ deux kilomètres de là, ont travaillé dans des conditions proches de l’esclavage. Mais avant de vous conter cette sinistre histoire, je tiens à préciser que je ne souhaite mettre aucune personne  ou aucune famille en cause (les exploitants de l’époque ont probablement  des descendants qui n’y sont pour rien) ceux qui ont exploités ces enfants n’étant au regard de l’histoire que des figurants, la responsabilité première en incombant collectivement à la société française qui a permis que de telles infamies soient commises.

Car il faut revenir sur le contexte de la création de ces colonies agricoles qui sont nées vers les années 1830 de l’idée  « philanthropique » qu’il fallait éviter de mettre les enfants délinquants  en prison et les envoyer plutôt dans des colonies agricoles à but éducatif. D'ailleurs sur le fronton de la colonie du Luc la devise suivante était gravée " Le travail lave la faute".

Le problème est que l’Etat n’étant pas assez riche pour couvrir la totalité des frais de fonctionnement, il a confié la gestion de ces « colonies »  à des propriétaires terriens qui, outre une indemnité versée par l’Etat, pouvaient ainsi exploiter leur domaine avec une main d’œuvre docile et gratuite. Pendant plus de cinquante ans des milliers d’enfants de 6 à 21 ans  coupables de vagabondage ou de  menus larcins (un miche de pain, un parapluie ou une boite de cigares selon des exemples figurant dans les archives !)  vont ainsi être envoyés dans ces établissements dont la plupart seront de vrais bagnes. Comme l’on dit l’enfer est pavé de bonnes intentions !

Mais revenons à la « colonie » du Luc qui a fonctionné de 1856 à 1904 puis  a été transformée jusqu’en 1929 (date de sa fermeture) en « école des pupilles » sans que les conditions de vie changent. Son isolement en plein cœur du Causse ne facilitait pas le contrôle par l’administration pénitentiaire des conditions de détention des enfants, ce qui explique les excès qui ont pu y  être commis.

Une chose est certaine : les enfants n’avaient guère de loisirs ! Chaussés de sabots et de vêtements de bure, ils devaient "dépierrer" et désherber les champs, tracer et empierrer chemins et routes, labourer, moissonner, surveiller les troupeaux, préparer les litières des animaux et, l’hiver, faire des espadrilles ou des paniers d’osiers. Mais ces activités avaient un caractère « ludique » par rapport à d’autres activités centrées sur la fromagerie qui occupaient l’essentiel de leur temps et dont les conditions d’exercice relevaient, quant à elles, du « bagne » !

 

 

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Imaginez, en effet, que les propriétaires avaient décidé d’utiliser le gouffre de Saint Férréol profond de 60 mètres et qui présentait des conditions de température et d’hygrométrie propices au murissement  des fromages.  On y a donc fait descendre les enfants suspendus au bout d’une corde enroulée autour d’une poulie  pour aménager la grotte jouxtant le gouffre, aplanir le sol  et y mettre des étagères.

 

 

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Puis afin d’améliorer la ventilation des lieux, on leur a fait creuser  une cheminée d’aération de 60 mètres de long  ainsi qu’une tour pour en protéger le puits d’entrée. Pendant plus de vingt ans les enfants, que l’on imagine terrorisés, vont ainsi faire la navette au bout d’une corde tirée par d’autres enfants pour descendre et remonter des tonnes de fromages du gouffre.

 

 

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Mais afin d’améliorer la « productivité » des enfants, les propriétaires eurent l’idée,  au début des années 1880, d’utiliser une cuvette d’effondrement située à un peu plus de 200 mètres du gouffre et accessible à pieds  pour y creuser une galerie permettant de rejoindre le gouffre.

 

 

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Après avoir consulté un géomètre et un ingénieur qui définirent l’ouvrage,  les enfants furent affecter au creusement à la barre à mine  d’une galerie  de 220 mètres de long et à la déclivité de 10% ce qui avec l’humidité ambiante la rend très glissante. Ils ne mirent que 220 jours pour l’achever, soit un mètre par jour ce qui donne une idée de l’intensité du régime auquel ils ont été soumis .

 

 

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La galerie débouche environ 20 mètres au dessus  de la grotte qui  prolonge le gouffre et qui servait de fromagerie. Les enfants durent donc construire un imposant escalier de pierre pour y accéder dont chaque marche est réalisée avec un seul bloc et dont la rampe de fer, encore présente, est d’origine !

 

 

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Il est émouvant d’apercevoir des outils rouillés qui ont servi a manipuler les fromages et qui ont été utilisés par ces enfants dont les vies ont été  brisées et qui ne sont plus que des fantômes dans la mémoire des hommes ;  car qui aujourd’hui se souvient d’eux ?

 

 

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Des rails furent ensuite installés dans la galerie (qui ont disparu aujourd’hui) pour y faire circuler des wagonnets destinés au transport des fromages, wagonnets qui étaient poussés par les enfants.  Leur journée de travail terminée (soit 12 heures de travail quotidien) ceux ci devaient revenir en sabots à la ferme située à deux kilomètres. Parfois certains tentaient de s'échapper mais étaient vite rattrapés par  les paysans des alentours qui y trouvaient un  intérêt puisqu'ils touchaient une prime de 50 F pour chaque fuyard ramené. La rumeur laisse d'ailleurs entendre que certains "matons" s'entendaient avec des "chasseurs de primes" pour laisser s'enfuir des enfants et se partager ensuite les primes.

 

 

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Telle est la révoltante histoire des enfants « bagnards «  du Luc qui a été retracée par Marie Rouanet dans un livre de 1992 intitulé « Les enfants du Bagne ». Au cœur de ces paysages austères mais sereins on a peine à croire qu’une telle infamie ait pu être perpétrée.  Le silence est de mise sur cette page d’histoire que les derniers habitants des lieux semblent vouloir oublier, bien qu’ils ne soient en rien responsables de ce qui s’est passé. On préfère croire que les vastes espaces du Causse ont toujours été une terre de liberté et non un lieu d’internement et d’exploitation pour des enfants voleurs de pain ! Si Victor Hugo mort quelques années après le creusement du tunnel avait eu connaissance de cet épisode, sûr qu’il en aurait fait un roman.

 

Si le recours a des enfants ou des adultes esclaves n'a heureusement plus cours en France depuis longtemps (sauf quelques cas particuliers) ce n'est pas le cas dans certains pays du monde qui en tirent une partie de leur prospérité pour le plus grand bonheur de quelques milliardaires dont je dénonce le statut et les méfaits dans ma dernière chanson intitulée "Bidochon Dream" sur mon blog OLD NUT (pour y accéder cliquez sur le nom)

 

Après cette triste page de notre histoire  je vous invite à aller allez vous détendre chez "Les cafards", sourire  garanti !

 

 

Texte & Photos Ulysse (Source : site « Tunnels ferroviaires de France ») 

PS: Je n'ai pas encore lu le livre de Marie Rouanet dont je ne disposerai que dans les semaines à venir

 

25/06/2014

Jane n'était pas au rendez vous !

 

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Ce qu’il y a de plus gratifiant quand on a, comme moi,  le privilège de ne plus avoir à gagner, à la sueur de son front,  sa miche de pain, les rillettes qui vont dessus et le pichet de rosé qui va avec, et donc d’avoir ses journées de libres, c’est de se dire que l’on va pouvoir explorer un petit coin de notre terre où nous n’avons encore jamais mis les pieds. Pas sûr, au demeurant, que beaucoup d’hommes y aient mis les leurs, vu les endroits où Gibus et moi allons baguenauder. Par contre, des mouflons, des sangliers, des renards, des lapins, des fouines, des belettes, des lézards, ça c’est sûr, y ont posé le sabot ou la patte car, en ces endroits où l’homme, ce terrifiant bipède qui met la terre à feu et à sang, ne va jamais ou très rarement, ils se sentent en sécurité.  Au programme du jour donc, la découverte d’une cascade sur le cours du Chavardès mentionnée sur les cartes  IGN mais sans sentier pour y accéder.

 

 

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Nous partons du Sécadou dans le secteur autrefois idyllique mais aujourd’hui défiguré du défunt lac de l’Ayrette, détruit sur ordre des pouvoirs publics, cette décision ayant été vivement contestée au plan local. Après avoir s’être frayés un chemin au sein de la végétation dense qui occupe les rives abruptes du torrent, nous parvenons enfin à cette longiligne et serpentine cascade. Pourtant adeptes du canyoning, nous renonçons à descendre ce toboggan aqueux où nous nous romprions les os qui, pourtant, en ont vu d’autres !

 

 

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Ayant déclamé « Veni, Vedi, Vici » comme le grand Jules sans lequel nous boirions encore de la cervoise et non du vin (merci Jules !), il nous faut maintenant  rejoindre le GR 7 qui doit nous emmener vers un autre secteur inconnu de nous et que nous avons également décidé d’explorer : le flanc EST du Mont Gros . Le problème est qu’il nous faut grimper dans la pente abrupte hors de tout sentier et en évitant si possible de tomber sur le bien nommé Roc des Pièges, un véritable chaos rocheux impossible à franchir sans moyens d’escalade.

 

 

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Mais après quelques tâtonnements qui nous obligent à revenir à l’état de quadrupèdes et nous donnent quelques sueurs froides, bienvenues vue la température estivale, nous parvenons sur le GR7.

 

 

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Au col de Landres nous nous engageons sur une vague sente censée nous conduire au sommet du Mont Gros par le flanc EST . Traversant une zone pierreuse  nous en perdons le fil ténu et nous montons sur des dalles rocheuses pour tenter de la repérer dans la dense végétation environnante. De même que l’école nous apprend à lire dans les livres, la randonnée nous apprend à lire dans la nature. Les chemins crées par les anciens utilisent au mieux la configuration du sol et généralement la végétation aux abords y est moins dense ou moins élevée du fait du passage même irrégulier des hommes ou des animaux. Nous finissons donc par repérer en contrebas la sente que nous avions perdue .

 

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Elle nous mène très vite à une magnifique jasse (bergerie) en ruines qui recèle dans le secret de ses murs un « micro trou noir » chers aux astrophysiciens et qui permettraient selon eux de voyager dans l’espace temps. Ces jasses nous ramènent dans le passé, en un temps où l’homme vivait encore en symbiose avec la nature selon son rythme et n’avait pas encore commencé à saccager son berceau céleste.

 

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Nous parvenons ensuite à l’imposante Jasse de Bramefan où la ramure d’un arbre remplace la toiture effondrée, heureux mariage de pierres et du monde végétal, plus beau pour moi que le prétentieux Taj Mahal.

 

 

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On retrouve un peu plus loin ces étonnantes épousailles entre un vénérable hêtre et un rocher enchâssé à la base de son tronc. L’arbre y puise sans doute une partie de sa force !

 

 

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Notre chemin se poursuit dans un somptueux chaos rocheux qu’une armée de hêtres a arrêté dans sa course vers la vallée. C’est en coupant les forêts de montagne comme au Népal ou en Amérique latine que l’homme provoque de catastrophiques coulées de boue et glissements de terrain qui font souvent des milliers de victimes.

 

 

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Nous parvenons enfin sur le sommet du Mont Gros  illuminé par des bosquets de genêts en fleurs.

 

 

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Quel régal pour les yeux et l’âme que la vue de ces vastes étendues sauvages qui s’étalent jusqu’à la limite de notre vision. On en éprouve un exaltant sentiment de liberté. Ajoutez à cela le bonheur d’y pique-niquer en buvant un rosé bien frais et en trinquant à votre santé et à celle de Jules César (et oui nous ne vous oublions pas chères lectrices et chers lecteurs). Vous avez ainsi un aperçu de la « galère » enchantée qu’est mon existence ! Je parle de « galère » car parfois on galère pas mal dans les rochers !

 

 

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Ensuite c’est la descente dans un océan de fougères pour atteindre le hameau en ruine de Chavardès dont la beauté n’a rien à envier aux jasses vues le matin.

 

 

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Ce hameau comporte ce qui est sans doute le plus beau four à pain du Haut Languedoc et de surcroit en parfait état de marche. Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes anonymes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines. 

 

 

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Le chemin que nous empruntons offre une vue transversale du célèbrissime massif du Caroux contigu où nous avons fait ensemble déjà tant d’escapades et où mes petits enfants ont tous fait leurs premières sorties de randonneur .

 

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Pour finir, nous allons rafraîchir nos organismes surchauffés par cette longue et sportive randonnée en jouant les « Tarzan » dans une cascade du ruisseau de la Roque….Malheureusement Jane n’était pas au rendez-vous ! Tant pis pour Jane !

 

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PS : A défaut d'avoir vu Jane je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "BIDOCHON DREAM" sur  mon blog musical OLD NUT et de contribuer à en faire le tube de l'été....

 

Texte & Photos Ulysse