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31/10/2015

A l'école du Caroux ....

 

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La fin des vacances approche et nous voilà partis pour une dernière rando sur le Caroux avec Maxime et Colin, les petits enfants d’amis de nos grands parents. L’or des feuillages compense largement le manque d’ardeur du soleil automnal.

 

 

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Les rochers gris blanc du massif sont illuminés par des guirlandes végétales d’un magnifique camaïeu d’oranges et de pourpres. Sur le caroux c'est Noël avant l'heure !

 

 

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Dans cette immense cour de récréation où jamais la sonnerie infernale de la reprise des cours ne sonne, nous courrons à perdre haleine, ivres de cette liberté dont nous sommes trop souvent privés.

 

 

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On peut rêver d’une civilisation où les écoles seraient à ciel ouvert et où l’on apprendrait les mathématiques en comptant les pierres, les pommes de pins ou les mouflons, la littérature en écoutant et en racontant des histoires le soir autour d’un feu de bois, l'histoire et la géographie en étudiant le paysage. Une telle civilisation  a d’ailleurs existé, celle des amérindiens, mais elle a été exterminée pour que l’humanité puisse se gaver de hamburgers et de coca-cola.

 

 

 

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Heureusement, il reste des terres vierges non contaminées par l’esprit de compétition et le consumérisme yankee, et ce n’est pas en Inde, ni en Chine ou au Brésil, non c’est sur le Caroux, mais chut, ne le crions pas trop fort si l’on veut en préserver la beauté sauvage et unique.

 

 

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En ces lieux on apprend à faire des choses inutiles, au demeurant les seules qui vaillent et qui vous enrichissent, à savoir : marcher pour le seul plaisir de marcher, grimper sur des rochers pour le seul plaisir de grimpe. On y apprend aussi la patience, l'endurance et la solidarité. Le Caroux est  vraiment l'école idéale !

 

 

 

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On y découvre aussi que, vue dans haut, notre magnifique planète est vraiment bleue et que les réalisations humaines, aussi ambitieuses et arrogantes soient elles, n’ont pas plus d’importance que les crottes de mouflons que l’on aperçoit ici et là au milieu des rochers.

 

 

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Ainsi la montagne nous apprend-t-elle l’humilité mais fait naître aussi en nous l’ivresse de pouvoir en un regard appréhender une si vaste partie du monde.

 

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L’automne par la sénescence qui affecte le feuillage de certaines essences d’arbres révèle l’harmonieuse cohabitation du genre arboricole dont le genre  humain ferait bien de s’inspirer.

 

 

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Et nous voici parvenus au point le plus haut (1091m) du plateau du Caroux où des esprits facétieux ont eu l’idée incongrue de mettre un banc (c'est à  ma connaissance la seule montagne au monde qui possède un banc à son sommet !) ce qui permet d’admirer à loisir le Canigou dont on aperçoit le profil bleuté dans le lointain.

 

 

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Et c’est la lente descente vers notre point de départ, pendant laquelle défilent devant nos yeux éblouis de somptueux paysages qui ne sont d’aucune utilité mais qui participent à notre bonheur de vivre.

 

 

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 Rendez vous aux prochaines vacances !

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Si vous appréciez ce blog je vous invite à aller écouter mes chansons dont la dernière "Reprends la barre" est un spam et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste "OLD NUT" sur 

DEEZER 

Vous pouvez aussi les écouter sur mon nouveau blog musical 

OLD NUT

Cliquez sur les mots "Deezer" ou "Old Nut" pour y accéder) 

 

TEXTE EMILIE ET ULYSSE & PHOTOS ULYSSE  

 

 

 

02/03/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols (Fin)

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Profitant de l'occasion Léo et Louna apprennent une chose fondamentale, que l'on n'enseigne pas dans les

écoles de la République, et qui peut un jour, pourtant, assurer leur survie : comment cuire à la perfection sur un feu

de braise des chipolatas et des merguez ! Car c'est tout un art que de conserver le moelleux des chairs tout en

assurant une belle couleur caramélisée aux peaux qui les entourent, il y faut des années de pratique ! Il n'y a pas

alors de mets plus délicieux, quand on les accompagne d'un rosé de cinsault du Mas Neuf, dont la légère acidité

et les arômes de coquelicot se marient à la perfection avec les épices des merguez et le gras des chipolatas.


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Celà dit, quand on fait un feu de cheminée, il est sage d'aller vérifier si l'issue de secours est opérationnelle.

Léo est allé constater qu'elle l'était, bien qu'un peu périlleuse!


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Il faut aussi prendre la peine de bien aérer la pièce afin d'éviter toute intoxication à l'oxyde de carbone...

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Ces sages précautions prises, ces pique-niques en refuge sont un moment de grand bonheur, comme en

témoigne la mine réjouie de Louna qui a battu ce jour là son record personnel d'ingestion de merguez !


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Nous envisageons un instant de rester ici quelques jours mais l'état des toitures et les prévisions météo plutôt

pessimistes nous en dissuadent...


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Nous prenons donc à regret le chemin du retour, les ruines, nostalgiques du temps où y résonnaient nuit et

jour des pas et des voix humaines, arborent de magnifiques écharpes de lierre pour tenter de nous retenir


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Certaines d'entre elles dotées d'un toît moussu et entourées d'un moelleux matelas de feuilles mortes

nous ouvrent en grand leur porte, mais leurs tentavives de séduction restent infructueuses, l'air frais nous fait

presser le pas et nous murmurons de vagues excuses en promettant de revenir à la belle saison.


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Il n'y a pas ici une once de paysage qui n'ait été façonnée par la main de l'homme. Celui-ci a a brodé sur

le flanc des montagnes ces murs qui tiennent une succession de terrasses, hier cultivées et aujourd'hui peu à peu

reconquises par les arbres. Là où l'homme se retire la forêt prend sa place. C'est ainsi que l'histoire d'une région

se révèle, en apprenant à déchiffrer le territoire....


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Passant un col, nous admirons la course des nuages poussés par le vent dont les ombres escaladent et

dévalent les pentes du Mont Marcou. Ce sommet qui culmine à 1087 m offre, sur sa face sud , l'un des plus beaux

raidillons du pays d'Oc


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Après avoir descendu le vallon de l'Adrech nous traversons au niveau d'un gué le Casselouvre dont les belles

vasques se prêtent à la belle saison à de délicieuses baignades.


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Louna, qui a pourtant un tempérament de sirène, n'est ,pour une fois, pas tentée d'aller tâter l'eau.

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Un antique mur de pierres protège vaillamment de l'assaut de la forêt le sentier que nous empruntons pour

revenir à notre point de départ.


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Attendant les retardataires, Louna s'octroie une dernière pause et son visage en dit long sur le bonheur de

cette journée passée dans un pays enchanté : pour elle, comme pour Léo, cela ne fait aucun doute, Caissenols c'est

bien mieux que l'école !


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Texte & Photos Ulysse

26/02/2009

Les enfants sont à bonne école à Caissenols ...(1ère partie)

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Je suis issu d'une « tribu » de marcheurs. Mes ancêtres, tous paysans ou viticulteurs en Touraine, ont arpenté

leur vie durant champs et vignobles, et probablement le dimanche venu, les planchers d'estaminets. Mes deux

grand-pères ont parcouru en long et en large et surtout en travers les collines de Verdun guidés par les néfastes

étoiles de généraux sanguinaires et incompétents. Tous les dimanches de mon enfance et de mon adolescence

j'ai marché, parfois en rechignant je l'avoue, sur les talons de mes parents avec en fin de journée la suprême

récompense d'un « Pschitt citron », ma chère soeur ayant droit, à cette époque où la parité n'était pas encore

inscrite dans la loi, au Pschitt orange ( le slogan de l'époque, que les féministes d'aujourd'hui dénonceraient avec

véhémence, était – ceux qui ont comme moi les tempes grises s'en souviennent sans doute - « Pour moi

Garçon un Pschitt citron, pour toi Cher Ange, un Pschitt orange ! »).


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Plus tard, à l'aube de ma vie d'adulte, j'ai passé dix huit mois dans les combes et sur les croupes

vosgiennes (je parle ici de montagnes !) pour traquer un invisible et improbable ennemi qui aurait pu être tenté

de trousser notre chère Marianne. Il faut dire que la bougresse a le sang chaud et ne s'est guère montré difficile

ces dernières décennies sur le choix de ses amants, se vautrant hier avec des vieux chevaux sur le retour et

aujourd'hui avec un adolescent attardé qui pense, comme ce marchand de soupe décati de Séguéla, que la possession

d'une "Rôôôlaixe" est le but de toute existence


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Puis, après avoir convolé en "justes" noces (c'était une époque légaliste ) j'ai emmené chaque été ma

progéniture en montagne traquer la marmotte, le chamois ou le mouflon et descendre les névés, un KW sous

les fesses. Le soir venu je descendais avec le même entrain Mondeuse, Chignin , Roussette et autres Abymes,

seul anti-gel vraiment efficace en haute-montagne. Et aujourd'hui la chaine se poursuit avec mes petits enfants

Léo et Louna qui sont nés avec des chaussures de randonnée aux pieds et me tannent, dès qu'ils descendent dans

le sud pour les vacances, pour faire des randonnées-pique-nique.


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Et quand je parle de randonnée, le tarif minimum est de 5 heures de marche soit environ 15km et 500m de

dénivelé ce qui n'effraie guère leurs gambettes de 8 et 11 ans.


Aussi dès qu'ils sont arrivés pour les dernières vacances, avec nos amis « es » sentiers nous leurs avons programmé

une rando-merguez au refuge de Caissenols dans la montagne de Rosis ! Je peux vous assurer que rien n'aurait pu

leur faire plus plaisir, comme quoi il ne faut pas désespérer de la jeunesse qui n'est pas condamnée à être que

« du temps de cerveau disponible » (selon l'ignomineuses formule du sieur Le Jay, ancien expert « es » conneries

de l'entreprise de décervelage Bouig) pour des jeux vidéo et des émissions de télé débiles.


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Après avoir marché une petite heure, nous faisons une petite pause agrémentée de quelques fruits secs

qui font le bonheur des « becs sucrés » de mes « petits loups », grands détrousseurs de boites de bonbons aussi

bien cachées soient-elles.


Quoi de plus réjouissant que de voir des visages d'enfants épanouis, se réjouissant du spectacle de la nature et

ne rechignant pas à l'effort de la marche. J'oserais dire que la vraie vie est là, celle où le corps s'accorde au tempo

des éléments, débarassé de l 'appareillage mécanique et électronique qui s'interpose trop souvent entre le monde

et nous et nous empêche d'en jouir pleinement.


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Or contempler le monde c'est introduire en soi l'infini, c'est agrandir son esprit jusqu'à la ligne d'horizon,

c'est retrouver le sens de l'unicité avec l'univers dont nous ne sommes que l'une des infimes particules.


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Cette ruine au milieu d'antiques chataîgneraies est l'occasion d'une leçon de choses sur l'histoire de la région

où la culture et le commerce de la chataîgne occupait autrefois une place importante. Ces chataigneraient aujourd'hui

délaissées dégénèrent, mais qui sait si les évolutions économiques en cours et à venir ne conduiront pas à

leur réhabilitation.?


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Le chemin progresse en balcon au dessus du vallon du Goligné et se dirige vers la serre de Majous sur

laquelle des nuages font la grasse matinée. Louna, fière d'étaler ses connaissances récemment acquises, saisit

l'occasion pour me rappeler que l'eau peut connaître trois états : liquide, solide et gazeux, ce que je n'avais pas

oublié malgré ma relation distante avec ce breuvage, car les trombes d'eau, les averses de neige et de grêles

et les brouillards sont le lot commun à tous les randonneurs.


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Parvenus à l'imposant portail de pierre de Roquendouire, curiosité géologique dont mes lectrices et lecteurs sont

familiers, nous faisons une nouvelle pause pour permettre à la troupe de se regrouper, les plus jeunes n'étant

pas les derniers !


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J'aime contempler du haut des cîmes le fil d'ariane des chemins, simples égratignures que l'homme fait

sur le dos des montagnes et qui nous met à notre juste place de fourmis besogneuses, nous qui nous voyons comme

les maîtres de l'univers


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Et nous arrivons enfin au refuge, par chance inoccupé (les réservations sont impossibles !) et nous célébrons

cet heureux évènement en dégustant un délicieux vin chaud amené par Gibus, sauf les petits loups bien évidemment qui

ont droit à un verre de thé (les ligues anti-alcooliques qui traquent sans merci les moindres « déviances » en seront

pour leurs frais !)

A suivre....


Texte & photos Ulysse