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16/07/2016

Deux petits loups sur le Caroux

 

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Un été sans grimper sur le Caroux serait pour mes P’tits loups comme un noël sans sapin et donc, tradition oblige, nous voilà partis de bon matin en famille à l’assaut de ce massif dont mes fidèles lectrices et lecteurs connaissent tous les recoins ou presque ! Mais aussi souvent que l’on y vienne, d’être dépaysés l’on ne cesse, car pour avoir passé des centaines d’heures à arpenter ce massif, je ne me souviens pas d’y avoir contemplé deux fois le même paysage !

 

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C’est aussi le sentiment de cette vieille tortue qui a passé ses quelques millions d’années à admirer un panorama sans cesse changeant selon les heures du jour et le jour de l’année, sans oublier les nuits où la lune et les étoiles dispensent leur lueur opalescente. Car le Caroux est l’un des rares endroits du monde où l’on peut encore, à la nuit tombée, contempler le grand feu d’artifice originel dont nous sommes les scories.

 

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Aujourd’hui les P’tits loups vont accomplir une première : grimper au sommet du pic rocheux que l’on aperçoit devant nous et qui donne son nom au massif, le bien nommé, car « Caroux » signifie « le pierreux ».  

 

 

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Sa hauteur reste certes modeste - il culmine à 1034mètres - mais il impressionne néanmoins Romain qui le compare à la longueur de ses gambettes !

 

 

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Mais à cœur vaillant rien n’est impossible et il entame d’un pas décidé son ascension, suivi par Emilie tout aussi déterminée. C’est réconfortant dans ce monde hyper-technicisé où, grâce à des casques d’hyper réalité, nous pourrons bientôt grimper l’Everest ou descendre le Colorado sans bouger le petit doigt de pied, de voir des pré-ados prendre plaisir à utiliser leurs appendices déambulatoires pour partir à la découverte de notre merveilleux vaisseau céleste, alors que la majorité de leurs congénères ne savent plus se servir que de leurs pouces.

 

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Nous arrivons au pied du dernier ressac rocheux qui mène au sommet. Romain qui a fait la course en tête ne se laisse pas impressionner par cet ultime obstacle.

 

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Se transformant illico en ouistiti, il avale l’obstacle pendant que le vieil orang-outang que je suis doit le contourner, mais à septante balais je suis heureux de pouvoir encore balader les quelques vieux poils qui me restent sur les sommets !

 

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Emilie me dépasse sur le fil et me prive de la place qui restait au sommet. Mais à vrai dire je ne m’y serais pas assis, n’étant pas sûr de pouvoir me relever sans faire pouffer de rire mes descendants ! Bon, il est vrai que j’ai l’excuse du très gros sac à dos qui porte une grande partie du pique-nique de la famille, sans oublier les éléments liquides.

 

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De leur perchoir les P’tits loups encouragent le reste de la troupe, fiers de mettre ainsi en valeur leur performance. Quand en général quelqu’un vous encourage, c’est qu’il a fait mieux que vous, sinon vous pouvez toujours attendre les compliments ! Ainsi est l’homme, beaucoup moins la femme généralement plus généreuse et compassionnelle, sauf notoires exceptions, comme Maggie ou Mémère « pièces jaunes » qui sur le tard a endossé l’habit de dame patronnesse alors qu’elle s’est gavée du temps de son règne dans les ors de la République.

 

douch,caroux,mouflon,nemrodAvant que  le reste de la troupe n'arrive, nous avons le temps d’aller gratter nos semelles sur le sommet jumeau de celui du « Caroux » qui ne lui cède qu’un petit mètre.

 

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Ce sommet offre une vue plongeante sur les gorges d’Héric qui impressionne Romain. Oubliant son amour-propre masculin, il saisit la main de sa sœur pour se rassurer.

 

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En face de nous, nous apercevons les autres membres de la famille qui sont enfin arrivés au sommet du "Caroux". Ces instants passés sur les cimes procurent une émotion indicible, le reste du monde n’existe plus. Les maisons des villages ne sont plus que des figurines de « monopoly » et l’humanité semble avoir déserté la planète. Et l’on se dit que quels que soient les dommages que nous infligeons à notre chère Gaïa, celle ci finalement s’en soucie comme d’une guigne. Quand nous aurons disparu, victimes de notre inconscience et de notre rapacité, elle poursuivra comme avant sa danse autour du soleil.

 

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Une fois redescendus du « Caroux », Emilie et Romain qui semblent ne pas avoir eu leur compte de grimpette, s’amusent à escalader les innombrables rochers qui bordent le sentier.

 

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Mais Romain semble avoir présumé de ses forces et éprouve à un moment donné un petit coup de pompe. Mais il se révèle très vite que ce n’est qu’un stratagème pour que la mamie sorte avant l’heure la boite à bonbons ! Cette boite aux « trésors » se révèle aussi efficace que lorsque Jésus à dit à Lazare « Lève toi et marche ». Romain se retrouve, en effet, aussitôt sur pied et reprend sa place en tête.

 

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Parvenue à un cairn, Emilie tient à apporter sa pierre à l’édifice, réconfortant témoignage du sentiment de solidarité qui l’anime envers tous ceux qui sont passés et passeront en ces lieux. Les randonneurs sont secrètement reliés par les sentiers qu’ils ont parcourus.

 

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La différence entre les jeunes et les anciens c’est que les premiers se livrent à des acrobaties et prennent des risques complètement inutiles alors que les seconds sont beaucoup plus réfléchis, sachant d’expérience que pour voyager loin il faut ménager sa monture. Mais quelqu’un de mal intentionné pourrait prétendre que la sagesse est l’excuse de ceux incapables de faire ce qu’ils reprochent aux autres….

 

 

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Cela dit en matière de cabrioles et d’escalade, Emilie et Romain sont loin de pouvoir égaler cette jeune mouflonne et son petit, que l’on a la chance d’apercevoir sur un promontoire rocheux.

 

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Bien que nous ayant aperçus, ils ne se sauvent pas, grâce sans doute au vent qui souffle vers nous et ne leur permet pas de détecter notre odeur humaine, mais aussi sans doute parce qu’ils n’ont pas encore appris à se méfier de nous !

 

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Espérons que notre sinistre réputation parmi le monde sauvage leur viendra vite aux oreilles afin qu’ils prennent la poudre d’escampette en nous voyant, seule garantie pour eux de mourir de vieillesse. Dans notre pays la beauté, l’élégance, le courage, l’intelligence, l’esprit de liberté qui émanent de la faune sauvage pèsent peu par rapport aux voix des « nemrods » ventripotents que courtisent nos veules politicards qui passent leurs mandats à la pêche aux voix. Les loups, espèce pourtant protégée par une convention internationale, en savent quelque chose !

 

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Après les avoir longuement contemplés, nous nous remettons en route, quittant un instant le monde des bruyères pour nous engager dans une combe dont la fraîcheur est appréciée par les fougères et les hêtres qui ont envahi les lieux.

 

 

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Peu après avoir émergé de la combe, nous abordons de nouveau une zone rocheuse où la jeune classe s’en donne à cœur joie sur les rochers environnants. Je ferais bien de même si je n’étais pas le reporter et le sherpa du groupe !

 

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Puis nous accédons au vaste plateau recouvert d’une somptueuse mer de bruyère qui borde vers l’est le massif.

 

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Quel bonheur de naviguer sur ces flots mauves, le front caressé par une légère brise aux senteurs miellées, les oreilles chatouillées par le buzzetis des abeilles. Ces infatigables ouvrières partout à l’œuvre ne sont doute pas conscientes des beautés de ce monde. Mais nous qui en sommes conscients nous n’avons aucun égard pour elles qui aident à les perpétuer. Quand la dernière abeille sera morte, notre fin sera proche !

 

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Et c’est la descente vers le village de Douch d’où nous sommes partis. Nous vous donnons rendez-vous aux prochaines vacances !

 

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Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur les noms en rouge)

 

Je pars quelques jours en haute montagne et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour 

 

Texte Ulysse, Photos Ulysse  & Sébastien

 

09:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : douch, caroux, mouflon, nemrod

22/01/2016

Retrouvailles sur le Caroux

 

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Après un début d’hiver inhabituellement doux, il a enfin neigé sur le Caroux. Je décide donc d'aller y randonner, espérant y rencontrer mes vieux amis les chevaux qui hantent par moments les lieux. Je me rends donc à Douch, seul, car Gibus, mon inséparable compagnon de randos, s’est envolé pour quelques semaines pour des cieux plus cléments. Le chemin d’accès au sommet du Caroux offre des vues somptueuses sur la montagne de Rosis ornée d’une tour. Les montagnes réduisent les œuvres des hommes à des artefacts lilliputiens et cela m’enchante. La neige est vierge et personne ne l'a encore foulée. J’aime ces lieux où j’ai l’impression d’être le premier homme à les parcourir.

 

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Habituellement dans mes reportages vous apercevez mon ami Gibus de dos vu que le rythme qu’il impose (c’est encore un jeunot !) ne me permet pas de le prendre de face. Etant seul, vous avez le privilège (mais en est ce vraiment un ?) d’avoir droit à une photo d’Ulysse, alias Old Nut,  de face, prise en déclenchement retardé.

 

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J’arrive au sommet (1091mètres) matérialisé par un cairn qui pour moi est le centre du monde, comme la gare de Perpignan l’était pour Salvador Dali. Il l’est parce que depuis plus de dix ans ma vie gravite autour de ce sommet mythique, source de tant d’émotions partagées avec de nombreux êtres qui me sont chers. J'ai en particulier une pensée pour mon ami Marc qui nous a quitté l'an passé pour rejoindre l'Olympe.

 

 

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Et comme la chance sourit aux hommes courageux (et aux femmes itou bien entendu !) j’aperçois près de l’ancienne jasse (bergerie) d’Alingri la horde de chevaux avec lesquels j’avais fait une rencontre mémorable un jour de tempête il y a quelques hivers (voir mon article du 26 décembre dernier tiré de mes archives « les chevaux du Caroux »).

 

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Je suis étonné que ces animaux puissent survivre dans des conditions aussi rudes, d’autant que la neige recouvre aujourd’hui le peu d’herbe qui pousse en ces lieux.

 

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J’espérais cette rencontre (je l’avais inscrite dans ma lettre au père Noël) aussi ai je pris avec moi quelques carottes que j’ai découpées en rondelles. J’en saisis quelques morceaux dans ma main que je tends vers les chevaux.

 

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Intrigués, hésitants, ceux ci regardent ma main tendue essayant sans doute d’identifier ce que je leur propose.

 

 

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Et puis un à un ils approchent, un beau cheval blanc (comme celui d’Henri IV) donne le signal…

 

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 ..vient ensuite un joli roux dont la crinière me rend un peu jaloux. Mais je ne lui en tiens pas rigueur. Tous bientôt se régalent des friandises que je leur offre.

 

 

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…enfin tous, sauf un jeune cheval gris plus timide que les autres. J’ai beau l’encourager, il hésite et je dois batailler ferme pour que les autres ne lui chipent pas son dû. Il cède enfin à la tentation et semble y prendre plaisir. Chevaux et humains ont bien des points communs, c’est pour cela que le cheval est le meilleur ami de l’homme.

 

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Ma provision de rondelles de carottes étant épuisée, la horde se désintéresse de moi, révélant là aussi un trait commun avec les humains (bon, là je suis un peu caricatural…)

 

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Je reprends mon cheminement vers le refuge de Font Salesse où j’ai prévu de déjeuner et traverse une forêts de hêtres dont les branches semblent vouloir se saisir de ma personne, sans doute pour me faire payer les massacres incessants d’arbres commis par l’humanité. Mais je crie haut et fort que je suis un ami de Sylvebarbe, un seigneur des Ents et ils me laissent passer.

 

 

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J’arrive au refuge qui a été honteusement et débilement tagué par des imbéciles alors qu’une classe de CM2 l’avait complètement ravalé au printemps dernier. J’allume un feu et quelques bougies afin de créer une ambiance festive malgré l’absence de mon ami Gibus. J’en profite pour lui piquer sa part de « rouquin » les absents ont toujours tort !

 

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Mes agapes terminées je me remets en route et comme la température s’est un peu réchauffée je relève les oreillettes de mon bonnet ce qui me donne une silhouette de berger.

 

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J’aperçois d’ailleurs un mouton qui prend le soleil allongé sur un tas de pierres. Je le hèle mais celui-ci ignore mon appel, ce dont d’ailleurs je me moque car à vrai dire je suis plutôt fan de loups que de moutons.

 

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Je m’arrête un instant pour contempler la vue qui s’offre à mes yeux éblouis et porte jusqu’à la tache dorée de la Méditerranée que l’on aperçoit à cinquante kilomètres de là.

 

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La fin de ma randonnée n’est qu’un long cheminement rêveur et extatique où mes pensées sont saupoudrées de neige, de nuage, de ciel bleu, de soleil et d’horizons infinis.

 

Pour localiser le lieu de la randonnée cliquez ICI

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Si vous appréciez ce blog je vous invite à aller écouter mes chansons diffusées sous mon nom d'artiste "OLD NUT" sur mon blog

OLD NUT

Vous pouvez aussi en écouter ou télécharger certaines sur

DEEZER

(ou Itunes, Spotify, Google play, Amazon....)

 

( Cliquez sur les mots "Deezer" ou "Old Nut" pour y accéder)

 

Texte & Photos Ulysse

04/11/2014

Où va-t-on aujourd'hui papi ? Sur le Caroux pardi !!!

 

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Un grand soleil était annoncé sur le massif du Haut Languedoc en ce jeudi 30 octobre, la fin des vacances était proche et à mes petits loups qui me demandaient « Où va-t-on aujourd’hui papi ? » je répondis « Sur le Caroux pardi ! ». Car aussi sûrement que je ne mettrai jamais d’eau dans mon vin, ni de glaçon dans mon Ti-Punch (crime puni de 40 jours d’abstinence !) il ne peut se passer de vacances sans que l’on aille rende visite à la mère des Montagnes. Je dis  « mère des montagnes » car le Caroux est, de fait, la plus vieille montagne du monde, puisqu’elle est composée pour partie du socle du massif hercynien né il y a 500 millions d’années  et qui, dans sa prime jeunesse, était aussi haut que l’Himalaya !

Pour la circonstance, mes petits loups - Emilie et Romain - ont le renfort de petits enfants - Laetitia, Alex, Colin et Max - d’un couple d’amis auxquels nous allons faire découvrir les beautés de cette antique et rude montagne.

 

 

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Antique et rude elle l’est assurément, car ses vieux os affleurent sous sa maigre tignasse de bruyère roussie par les premiers froids de l’automne. A ceux de mes lecteurs qui, comme moi,  croient encore aux farfadets, lutins, elfes (ils sont nombreux je pense)  et savent voir les merveilles du monde, il n’aura pas échappé qu’un mouton s’est assoupi dans cet amas de rochers, recourant à un parfait mimétisme pour échapper aux éventuels prédateurs (chien errant ou chasseur bredouille) qui passeraient par là.

 

 

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L’un des attraits de la montagne est qu’elle vous ouvre des horizons infinis qui happent nos esprits et âmes, restreints par les espaces bornés des campagnes et des villes. Il est difficile alors de ne pas courir emportés par cette irrésistible attraction et envahis du sentiment que l’on va pouvoir s’envoler.

 

 

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La vallée du Jaur et de l’Orb que domine le massif du Caroux est envahie par une mer de nuages qui semble prête à engloutir les collines environnantes.

 

 

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Emergeant de cette immense nappe de crème chantilly, on aperçoit dans le lointain le Seigneur du Roussillon, El canigo , dont j’ai eu le plaisir de gratter la couenne avec mes semelles il y a quelques années et je compte bien recommencer.

N.B Ceux qui seraient intéressés par le récit de mon ascension peuvent cliquer ICI

 

 

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La montagne nous apprend l’humilité en réduisant les constructions humaines, quelque soit leur arrogance et prétention, à  des jouets de poupée. Nos maisons deviennent ainsi  des morceaux  de sucre et les usines, des boites d’allumette.

 

 

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Alors que nous sommes condamnés par la pesanteur à la simple contemplation de ces espaces infinis, l’oiseau révèle ici sa supériorité en s’en rendant maître par d’infimes coups d’aile.

 

 

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Mais revenons à El Canigo qui mérite bien qu’on lui manifeste un peu de dévotion vu qu’étant farci de fer il sert de paratonnerre à toute la région. Il faut d’ailleurs éviter d’y grimper par temps orageux. De ses 2784 mètres il domine la plaine du Roussillon et est visible à plusieurs centaines de kilomètres de là. Vous pouvez le découvrir dans toute sa majesté sur le magnifique blog photos de Bruno Carrias qui depuis la Provence où il vit l’a souvent dans sa ligne de mire !

 

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La beauté du Caroux  doit beaucoup à la diversité des paysages qu’il comporte sur un espace relativement restreint. Outre des gorges profondes, des a-pics vertigineux, des landes à genêts et bruyères, des vallons recouverts de fougères, une vaste tourbière où prospère des plantes carnivores, on y trouve des hêtraies, des forêts de chênes verts et des pinèdes dont certains sujets sont séculaires. Mais les pins ont tendance à coloniser les autres espaces, comme je le constate depuis dix ans que je parcours les sentiers du Caroux,  ce qui à terme appauvrira ce magnifique patchwork d’écosystèmes et réduira la biodiversité.   Il serait bien que l’O.N.F se préoccupe de ce problème.

 

 

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Pendant la pause pique-nique nos petits loups se font une joie de nous prouver leur agilité et surtout d’affirmer leur autonomie en  prenant possession des rochers environnants. Ce désir d’aventure et d’exploration est inscrit dans les gènes de l’humanité et ce ne sont pas les jeux vidéos et leurs ersatz d’aventures  débiles  ou mortifères qui peuvent nourrir l’imaginaire de nos enfants et les préparer au monde de demain.

 

 

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Le moindre bâton de marche ramassé au bord du chemin vaut mieux que la baguette magique des sorciers d’Harry Potter car ce bâton là met à vos pieds une galaxie de monts bleutés.

 

 

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Et mille merveilles nous attendent au bord du chemin, comme cet aigle qui se repose dans son nid pour jouir paisiblement de ce sublime panorama sans être autrement inquiété par notre présence. Il sait que les humains qui s’aventurent ici sont respectueux de la nature et éprouvent un sentiment de fraternité avec les autres êtres qui partagent cette planète. Qui veut tuer le loup ou l’ours pour sauver ses moutons ne comprend rien à l’âme du monde.

 

 

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Les kilomètres ainsi défilent sans que personne ne bronche et pour cause : qui peut  être las ou s’ennuyer quand une telle beauté nous entoure ?

 

 

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Nous approchons du sommet du Caroux  matérialisé par un gros cairn dont la vue à chaque fois me transporte du fait des heureux souvenirs  qu’il fait naître en ma mémoire.

 

 

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De là, la vue est fabuleuse vers l’est sur le mont Ventoux et vers l’ouest  sur la montagne Noire, dont on aperçoit dans la brume  le pylone qui domine le Pic de Nore. J’ai aussi gravi ce « Pic » qui est aussi pointu que le ventre d’un sénateur et j’en ai fait un récit un brin moqueur ICI.

 

 

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Vers le sud, El Canigo est presque submergé par la mer de nuages qui, au fil des heures, sous l’effet des courants d’air chaud ascendants,  a débordé de la vallée où elle a pris naissance.

 

 

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Mais le soleil déclinant rapidement, il est temps d’entamer à regret la descente vers le hameau de Douch d’où nous sommes partis.

 

 

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Dans le soleil rasant, la canopée de certains arbres ressemblent à des îles d’or dans un océan vert bouteille, couleur que j’affectionne particulièrement comme mes fidèles lecteurs  le savent.

 

 

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Nous arrivons enfin en vue du hameau de Douch qui commence à être englouti par l’ombre portée des monts environnants. Dans un couple d’heures ce village, que ne pollue aucune source lumineuse humaine, s’endormira sous la vaste bannière étoilée du ciel languedocien. Les mouflons, les renards, les sangliers et autres mammifère sortiront  alors de leurs cachettes dans les espaces environnants et reprendront possession de ce magnifique royaume dont nous les avons pour quelques heures dépossédés. Nous leur en demandons humblement pardon !

 

PS : Au cours de cette balade j’ai croisé l’un de mes lecteurs qui m’a spontanément reconnu et salué en me remerciant de partager ainsi mes aventures. J’ai été très touché par son geste et ses propos qui m’encouragent à poursuivre ce partage malgré la lassitude qui parfois me gagne par crainte de « radoter ». Je  le salue à mon tour chaleureusement et lui souhaite bon vent en espérant pouvoir un jour de nouveau le croiser.

 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Gaïa Blues" (nouvelle version pour ceux qui la connaissent déjà)

Cliquez :

 

ICI

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

09:45 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : caroux, douch, mouflon, loup, ours

03/12/2009

Etonnez vous, allez sur le caroux ! (fin)

 

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Nous nous remettons en chemin après un déjeuner que bien des chefs étoilés ne sauraient nous offrir car il manque à leurs menus, aussi raffinés soient-ils, le buzzetis des abeilles attirées par l’odeur des mets, la caresse des rayons du soleil sur nos maxillaires affairés, le clapotis du torrent qui coule à nos pieds et la mignardise suprême d’une sieste, allongés dans l’herbe avec la frondaison des arbres pour ombrelle.

Notre sentier, qui escalade le versant nord du massif du Caroux, est bordé de hêtres qui y trouvent la fraîcheur et l’humidité qu’ils affectionnent. J’aime leur écorce claire tachetée et le vert lumineux de leurs feuilles qui leur confèrent une grâce particulière.

Outre leur dénomination habituelle qui vient de l’allemand « heister », ces arbres sont appelés aussi « fayard » qui vient du latin « fagus ». Leurs fruits ou « faînes » sont appréciés des animaux sauvages et le bois est recherché en ébénisterie et pour le chauffage.

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Après avoir rejoint le col de l’Ourtigas, nous grimpons un dernier raidillon  qui accède au plateau sommital dominant le vallon du Vialay, où nous suivons la piste qui descend vers le hameau de Douch.

Vous qui étouffez dans l’espace restreint de vos bureaux, de vos ateliers, de vos chaumières , voire de vos jardinets entourés de murs, venez un jour en cet endroit pour découvrir ou retrouver l’ivresse des vastes espaces où seule la courbure de la terre fixe une limite à votre vision.

 

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Marchant comme un funambule sur le fil blanc de la piste tendu à travers un océan de bruyères, notre esprit progressivement sort de sa carapace et empli l’espace, ravivant cette sensation enfantine de ne faire qu’un avec l’univers qui nous entoure.

 

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L’égo se dissout alors dans l’éther et vous devenez l’oiseau qui passe, le nuage qui s’effiloche , l’air chaud qui vibrionne au loin.

 

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De telles balades sont un excellent antidote à la frénésie qui nous gagne tous de temps en temps de posséder, de consommer, d’être reconnu ou admiré, actes qui nous rassurent et nous donnent un sentiment de pouvoir éphémère dans un monde qui nous échappe et où nous sommes ballottés en quête d’un sens à donner à nos existences.

 

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Sur ces chemins, nos vies retrouvent la simplicité de la vie des cailloux, des arbres, des oiseaux : je suis, tu es, il ou elle est, nous sommes  vous êtes, ils ou elles sont, . Ici nous conjuguons le verbe être sans avoir besoin de paraître ou d’avoir ! 

Il n’y a qu’un autre lieu où je me retrouve ainsi en communion avec le monde : au fond de ma cave car j’y trouve un chemin liquide qui me conduit du cœur de la terre au ciel!

 

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Admirez ces arbres courageux postés en sentinelle en haut de la colline. Ils ont été envoyés par leurs congénères du vallon pour trouver de nouvelles terres propices à leur développement. Certains ne survivront pas à leur audace, mais d’autres donneront naissance à une nouvelle génération qui colonisera peu à peu ces nouveaux espaces.

 

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Nous parvenons bientôt au niveau d’anciennes terrasses autrefois cultivées par les hommes qui ont déserté ces lieux austères pour rejoindre les villes. Qui pourrait les en blâmer ? Ce sol est aussi aride qu’il est majestueux et qui accepterait aujourd’hui de mener une vie battue par le vent, brûlée par le gel ou le soleil et privée du confort de nos demeures et du « régénérant » spectacle des « feux de l’amour ( trop souvent devenus des braises)  ou de la « roue de l’Infortune »

 

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Mais nous approchons du hameau de Douch dont les habitants ont serré leurs maisons les unes contre les autres au creux du vallon afin de mieux se protéger du vent. On a beau être à 40 km à vol d’oiseau de la Méditerrannée , il n’est pas rare en l’hiver de voir le Caroux balayé par des blizzards de neige, comme nous en avons affronté un en décembre 2008 . Celles et ceux qui me lisent régulièrement s’en souviennent peut être ?

 

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Deux magnifiques murs de pierres, comme seuls les anciens savaient en monter, nous guident vers l’entrée du village. Des sorbiers aux oiseaux offrent généreusement leurs fruits à la gent ailée, dernier festin qu’ils peuvent faire avant les frimas de l’hiver qui est souvent pour eux une longue période de disette.

Heureux est l’homme qui a su maîtriser son destin en inventant le placard qui lui permet de ranger ses stocks de nourriture pour affronter la mauvaise saison. On peut d’ailleurs vivre sans yacht, sans rolex, sans 4X4, sans ferrari, éléments superflus d’une existence sans substance, mais pas sans placard plein, symbole du capitalisme triomphant !

Encore plus heureux et aussi plus finaud est celui qui a pris la précaution de se creuser une cave et qui n’a pas à battre la campagne en hiver pour trouver par moins dix degrés un caviste ouvert !

Heureux et finaud donc je suis !

Texte & photos Ulysse

10:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : caroux, douch, vialay, caviste