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06/06/2015

Triplette de sommets dans le Castillonnais (2ème partie)(reprise d'archive)

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La toilette du matin n’est pas le moment le plus agréable d’un séjour en montagne. Encore ensommeillé on doit affronter l’eau des robinets dont la température est proche de celle des névés qui entourent le refuge. Autant dire que certains recoins échappent au lavage et attendront la douche du soir – ou pour les plus courageux, le bain dans le lac -  qui est par contre, fort heureusement, incontournable, sous peine de devoir prendre son dîner dehors ! Et je peux vous dire qu’à huit heures du soir à  deux mille mètres d’altitude il ne fait pas chaud, même en été !

Pleinement réveillés par cette eau glaciale et revigorés par un copieux petit déjeuner, nous voilà à pied d’œuvre à sept heures trente du matin pour entamer notre périple qui va nous mener du Pic Crabère,  qui se dresse devant nous, au Pic de Serre Haute puis au Pic de l’Har. Malheureusement Jean Pierre, qui a eu  récemment une entorse à une cheville, dont la douleur s'est réveillée lors de la montée au refuge, préfère ne pas nous accompagner compte tenu de la longueur du parcours. Il projette de faire tranquillement l’ascension du Crabère dans la journée.

 

  

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Le pied alerte, nous atteignons en vingt minutes le col d’Auréan à 2176m, soit un peu plus de 200mètres de dénivelé. A peine essoufflés nous entamons sans attendre la pente qui conduit au sommet du Crabère (2629m). Le temps magnifique dont nous jouissons ainsi que l’air frais et tonique nous donnent des ailes, sensation qui me ravit vu que je suis d’ordinaire plutôt déplumé.

 

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Parachevant le bonheur de cet idyllique début de journée, une harde d’isards dévalent la pente et nous montrent vite leur arrière-train, histoire de nous faire comprendre, qu’aussi alertes que nous soyons, nous ne pourrons jamais rivaliser avec eux. Et c’est tant mieux car c’est un fascinant spectacle de voir la merveilleuse adaptation du monde animal à son milieu. Il faudrait que nos dirigeants, qui ont été incapables de prendre des mesures de protection de l’environnement à Rio, quittent leurs tours d’ivoire et chaussent des « godillots » de marche pour  découvrir la beauté du monde et se décident à faire enfin quelque chose pour notre planète.

 

 

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Nous prenons rapidement de l’altitude et apercevons bientôt le refuge d’où nous sommes partis, perché au dessus du lac d’Airaing que la réflexion des rayons du soleil fait ressembler à un névé.

 

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En une heure et huit minutes (temps plus qu’honorable pour des sexagénaires) nous sommes au sommet  du Pic de Crabère qui offre une vue grandiose (on n’en attendait pas moins !) sur les Pyrénées espagnoles et notamment le  massif de la Maladeta - encore fortement enneigé - dominé par le Pic dAneto (3404m) le plus haut sommet des Pyrénées.

 

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Nous ne nous éternisons pas car il nous reste deux sommets à gravir. Nous entamons donc la descente qui doit nous mener au bord de l’étang de Floret à 2200 mètres d’altitude point de départ de l’ascension du Pic de Serre Haute.

 

 

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Le parcours n’est pas des plus aisés vu qu’il n’ y a pas de sentier et qu’il faut se diriger à vue en évitant les pierriers instables et les névés trop pentus, car nous n’avons ni crampons ni piolets. Cela confère à notre expédition un parfum d’aventure qui n’est pas pour nous déplaire, les conditions atmosphériques étant idéales pour faire la « montagne buissonnière ».

 

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Gibus, dont l’instinct montagnard est le plus affirmé, observe soigneusement la configuration du terrain afin de déterminer le meilleur itinéraire. Homme sans peur et sans reproche jamais il ne prendra un risque inutile et c’est pourquoi je lui fais pleinement confiance. C’est au demeurant lui, dont le pied est le plus assuré, qui porte le flacon de divin nectar qui accompagne immanquablement nos pique-niques !

 

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Pour rejoindre la  barre rocheuse qui offre un passage vers le lac de Floret, nous devons traverser un immense névé. Le crissement de la neige sous nos pieds fait naître en nous une joie enfantine. Si l’on veut réussir sa vie d’adulte, il faut rester un éternel enfant !

 

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Nous arrivons sur un pierrier trop pentu que nous décidons de contourner par le bas, ce qui nous rapproche du lac d’Airaing que s’apprête à survoler un immense aigle blanc. Nous découvrons vite notre méprise et constatons, hélas, qu’il ne s’agit que d’un névé ! Mais finalement peu importe, les rêves sont pour nous aussi importants que la réalité.

 

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Etant arrivés sur une pente abrupte mais herbeuse, nous la remontons pour tenter de trouver le passage dans la barre rocheuse que nous a signalé le responsable du refuge et qui doit nous permettre de rejoindre le lac de Floret.

 

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Après quelques tâtonnements, nous trouvons enfin le passage qui nous permet de basculer vers notre objectif. J’avoue que je suis soulagé car les conditions de progression commençaient à se corser nous obligeant à régresser vers l’état de quadrupède !

 

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Retrouvant notre posture de roi de la création - un roi, de fait, bien indigne quand on voit ce qu'il en fait ! - nous descendons  vers l’étang de Floquet lové au pied du Pic de Serre Haute dont nous avons prévu de faire l’ascension.

  

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Pour aller plus vite, l’ami Gibus emprunte les névés en utilisant ses chaussures comme des mini-skis.  Je tente de le suivre mais ayant autant de souplesse qu’une table à repasser je renonce très vite n’ayant aucune envie de finir ma randonnée à bord de l’hélicoptère de la sécurité civile.

 

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Un spectacle paradisiaque nous accueille au bord du lac ou le rose magenta des rhododendrons se conjugue, dans une parfaite harmonie, au bleu cobalt de l’eau, au vert pistache des pelouses et au blanc nuage des névés. Peintres qui me lisez, à vos pinceaux !

 

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Devant une pareille splendeur nous ne pouvons résister à piquer une tête  et le reste de notre anatomie dans le lac,  bien que la température de l’eau soit proche de celle de la neige fondante. Mais après nos efforts de la matinée, nous avons besoin d’un coup de fouet pour faire l’ascension du Pic de Serre Haute, dont le sommet nous nargue à 500 mètres au dessus du lac.

 

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Aussi frais dans nos vêtements que des glaçons dans un pastis, nous entamons l’ascension du Pic de Serre haute (2712m) dont le flanc sud abrupt nous oblige à faire un long détour. Il est onze heures quarante cinq et nous nous sommes mis au défi d’être de retour au bord du lac pour le pique-nique à midi « pile », soit environ cinq cents mètres de dénivelé positif et négatif en une heure quinze !  Jeunes ou vieux les garçons ne changent pas, ils passent leur temps à comparer leurs kikis ou à  se lancer des défis idiots !

 

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Nous prenons quand même le temps d’admirer au passage le lac d’Albe avant d’attaquer la longue, que dis je,  l’interminable pente finale !

 

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Ce fut dur, très dur, plus pour moi que pour  Gibus qui, étant né dans les Alpes, a des gênes de chamois, mais nous arrivons au sommet à onze heures trente tapante ! Quel bonheur à mon âge  respectable, où nombre de mes congénères sont malheureusement condamnés à rester dans les vallées, de pouvoir encore accéder à ces lieux où l'on n'a pour horizon que le ciel et d’autres sommets. Que les religieux de tout poil (et surtout les "barbus") cessent de nous promettre le paradis, nous l’avons trouvé, il est ici ! 

 

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En face de nous le Pic de Mauberme (2880m) semble nous narguer et nous inviter à aller lui gratter la « couenne » avec la semelle de nos souliers. Mais il nous faut raison garder, car il nous reste encore le Pic de l’Har à grimper, ce sera donc pour une  autre occasion.

 A suivre…

Mon premier single "Bidochon dream" est sorti sur les plateformes de musique numérique, vous pouvez l'écouter en "streaming"  sur Deezer  (cliquez sur le mot) ou  le télécharger sur AMAZON (cliquez sur le mot) ou encore I Tunes. Et si vous appréciez n'hésitez pas à vous inscrire parmi les fans ! Vous pouvez vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam  

 

Texte & Photos Ulysse