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01/09/2017

Quel cagna à Notre Dame du Froid !

 

 

saint martin du froid,espinousse,bardou,vautour moine

Nos petits loups étant rentrés dans leurs pénates en vue de la rentrée des classes, avec l’ami Gibus nous décidons de reprendre en duo nos randos sportives pour redonner un peu de tonus à nos organismes un brin encalaminés par les excès de nos festivités estivales. Certes, avec mes petits loups j’ai pas mal bourlingué au cours de l’été mais à un rythme familial plutôt propice à la contemplation. Et il est donc temps de remettre quelques chevaux dans le moteur !

 

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Pour corser l’aventure, nous avons décidé de grimper jusqu’à la chapelle Saint Martin du Froid (1023m) hors sentier en partant du hameau du Bardou et en passant par le pas de Candoubre et le roc de Tauteylle. Cette zone caillouteuse très abrupte a probablement été utilisée autrefois comme lieu de pâture pour les ovins, comme en témoigne les murets de pierre qui subsistent ici et là. Pour ajouter à la difficulté de l’épreuve, le soleil darde sur nos couennes des rayons ardents, la température ambiante approchant, malgré l’altitude, les 35°.

 

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Mais au vu de cet édicule de pierres, nous ne sommes pas les premiers à emprunter cet itinéraire. J’adresse un amical salut au courageux randonneur (peut être notre ami Bernard ?) qui l’a édifié et qui me permet ainsi de faire cette photo originale de l’un des pics qui surplombent les gorges d’Héric.

 

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L’itinéraire que nous empruntons nous gratifie d’une vue fantastique sur le massif du Caroux qui, vu sous cet angle, n’a rien à envier à ses lointains voisins des Alpes et des Pyrénées.

 

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Nous passons au large du Roc de Tauteylle (879m) situé environ au deux tiers du parcours. Ce repère nous aide à garder le bon cap.

 

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Notre parcours est un peu chaotique, les amas rocheux nous obligeant à sinuer dans la pente. Mais si ce n’est le risque de se tordre une cheville et de griffer un peu la carosserie, nous ne rencontrons aucune difficulté technique. Nous avons, en d’autres lieux, affronté des conditions plus difficiles.

 

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Notre objectif n’étant pas visible, la seule difficulté est de choisir l’itinéraire le plus court en limitant les détours auxquels nous contraignent les amas rocheux.

 

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Un vautour moine, que nous n’avions encore jamais vu dans le massif (bonne nouvelle !) nous survole un instant, espérant sans doute une défaillance de notre part. Mais il est pas encore né le rapace qui se régalera de nos vieilles carcasses !

 

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Nous sommes témoins d’une scène insolite : deux rochers qui s’embrassent amoureusement et qui prouvent que les pierres ont aussi une vie sentimentale et sont loin d’avoir un cœur …de pierre !

A cet égard, j'intègre à mes propos ce court poème que la photo a inspiré à Monique, l'une de mes fidèles lectrices : 

Baiser au sommet
amours et beauté des roches
le ciel pour témoin
Sous la pierre un cœur qui bat
Pas une histoire à l'eau de rose !

 

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Nous arrivons finalement à bon port, le corps en surchauffe, et heureux de pouvoir profiter de la relative fraicheur qui règne à l’ombre des pins qui entourent la chapelle. Le nom qui lui a été donné tient au fait que l'hiver, quand la Tramontane souffle, il peut y faire un froid polaire ! Mais aujourd'hui il fait un sacré cagna à Notre Dame du Froid !

 

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Le vin blanc apporté par l’ami Gibus finit de rafraichir nos organismes, ce qui prouve au demeurant que l’on peut être sportifs et aussi de bons vivants !

 

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Pour redescendre, nous empruntons le sentier balisé qui nous permet marcher tout en rêvant et en méditant, l’esprit oxygéné par l’air des cimes et la beauté environnante.

 

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Nous avons toutefois un motif d’inquiétude dû à l’extrême sécheresse qui sévit dans notre région et qui conduit à une sénescence prématurée des fougères et même des feuillages des arbres. Si cette situation devait se répéter – comme le laisse craindre le réchauffement climatique - la végétation de notre région serait grandement affectée ainsi que toute la biodiversité qui l’accompagne.

 

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Je ne résiste pas au plaisir de vous remettre une photo du Caroux qui vous fera comprendre pourquoi Gibus et moi sommes amoureux de cette très vieille montagne. A chaque âge, ses amours !

 

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Malgré la sécheresse, quelques vasques subsistent dans le lit du torrent d’Héric dont l’eau relativement fraiche revitalise nos organismes ramollis par la fournaise ambiante.

 

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Le torrent étant quasiment à sec, nous en descendons le cours sur quelques centaines de mètres avant de reprendre le sentier qui nous ramène à notre monture.

 

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Sur l'une des aiguilles qui surplombent les gorges d'Heric, nous apercevons un arbre accroché à mi pente en un lieu inhabituel. Ainsi, après avoir surpris des rochers amoureux, nous découvrons un arbre alpiniste ! La nature n'a pas fini de nous surprendre ! C'est l'un des bonheurs que procure la randonnée .

 *****

Mon dernier CD "La casa de Maria" comportant dix chansons est disponible sur les plateformes musicales (Itunes, Google Play, Amazon, Spotify et Deezer)

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Vous pouvez écouter librement mes autres chansons sur mes autres blogs

CANTA-la -VIDA

La dernière chanson mise en ligne étant "La fille du pasteur"

(blogs de chansons illustrées par des photos)

OLD NUT WIX

(intégralité des chansons - sauf le dernier album - classées par album)

(cliquez sur les liens dans le haut de la colonne à droite)


Texte & photos Ulysse

 

 

 

 

27/10/2012

Et si on retournait sur le Caroux ?

 

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Après quelques pérégrinations loin de l’Hérault où je vis, il est temps avec les froidures automnales qui arrivent et les jours qui raccourcissent de se poser un peu et d’arpenter à nouveau avec mon ami Gibus les chemins qui partent à l’assaut du Caroux, notre massif « local ». Bien que cela fasse plusieurs années que nous le sillonnons, il arrive encore à nous éblouir et nous surprendre, tant il recèle de pitons, de vallons, de recoins sauvages et secrets auxquels mènent des sentes séculaires incertaines que seuls les « mordus » de ce massif osent emprunter.

Il faut dire que les hommes qui ont occupé les lieux au cours des siècles passés n’ont pas ménagé leur peine. Ils ont arpenté en long et en large ce massif, créant sur ses flancs des milliers de terrasses et des dizaines de kilomètres de sentiers pour y accéder, dont on voit encore en de nombreux endroits les magnifiques vestiges qui   témoignent du courage et du talent de leurs bâtisseurs.

 

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Partis du pittoresque village de Mons, nous grimpons avec allégresse le sentier supérieur du Cabalet sous un ciel sans nuage, alors que la fraîcheur matinale tricote une écharpe de brume  au dessus de l’Orb, qui coule dans la vallée en contrebas.

 

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Le chemin devient très vite  « sportif » et sinue en montagnes russes entre des chaos rocheux qui ménagent par endroits de belles vues sur la vallée. Le rapetissement spectaculaire des montagnes qui surplombent la rive sud  de l’orb nous confirme que nous prenons de l’altitude, ce que les battements accélérés de nos cœurs nous avaient fait pressentir.

 

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Le sentier offre des vues spectaculaires sur les aiguilles rocheuses qui dominent les gorges d’Heric. Qui croirait en voyant leur profil « himalayen » qu’elles atteignent à peine les mille mètres d’altitude ? .

 

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Seule la présence de végétation sur ces impressionnantes aiguilles nous révèle leur taille somme toute modeste au regard de leurs consoeurs alpines ou pyrénéenne, royaume du règne minéral.. Mais leur ascension n’en est pas moins difficile car le dénivelé qu’elle implique est aussi important que celui que l’on trouve dans les « grands massifs », vu qu’ici on part d’une altitude proche du niveau de la mer !

 

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Le Caroux est d’ailleurs un lieu prisé d’escalade du fait des difficultés techniques, de l’absence de voies « équipées » qui donne un parfum d’aventure aux ascensions et de la roche constituée d’un gneiss de grande qualité.

 

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Et puis la faune  y est également très riche et comporte des espèces endémiques comme le « canis lapis gigantus » auquel les bergers recouraient autrefois pour protéger leurs troupeaux de moutons contre les loups,  mais dont il n’en resterait plus aujourd’hui qu’un specimen, que seuls quelques privilégiés – dont nous sommes Gibus et moi -  ont pu observer. Je peux vous le faire découvrir aujourd’hui en exclusivité mondiale grâce au sacrifice de mon sandwich au jambon–beurre-cornichon, que j’avais prévu pour le pique-nique, et avec lequel je l’ai attiré !  Que ne ferais pas pour vous étonner chers lecteurs !

 

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A vrai dire  peu me chaut d’avoir sacrifié mon sandwich alors que pour le pique-nique nous jouissons d’un décor de salle à manger que les milliardaires du Quatar ou d’ailleurs ne peuvent se payer. Que peut-on demander de plus, d’autant qu’il me reste un peu de fromage  et un flacon de nectar « bacchusien «  - à partager cela va de soi avec l’ami Gibus - de quoi tenir sans problème jusqu’au soir !

 

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D’être ainsi immergés, seuls,  au cœur d’une nature sauvage avec pour seul bruit le buzzetis des abeilles et par moments le bruissement de feuillages et le roulement de pierres qui signalent le passage d’un mouflon, nous régénère. Par delà les millénaires nous ressentons une filiation avec ces premiers hommes qui ont survécu grâce à une parfaite connaissance et maîtrise directe et personnelle de leur environnement. Aujourd’hui nos existences sont dépendantes du bon fonctionnement d’une myriade de choses sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir individuel. Où est le progrès ? Oh certes nous pouvons être joints ou informés des évènements du monde à toute heure du jour et de la nuit mais  est ce que cela contribue d’un iota au simple bonheur d’exister ? N’est-il pas plus gratifiant d’aller - dès qu'on le peut - cueillir des mures ou des fraises des bois, boire un café avec des copains (ou des copines)  aller avec ses enfants faire de la balançoire dans le square d'à coté ou  faire une petite sieste sur les flancs rocailleux du Caroux comme nous le faisons en ce moment ?

 

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Mais je cesse là mes ratiocinations philosophiques à trois sous car, nous étant remis en route, nous abordons une zone rocheuse où les caprices telluriques et atmosphériques de Gaïa ont fait naître des empilements rocheux plutôt instables qui sollicitent toute notre attention.

 

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Il est étonnant de constater l’impact que peuvent avoir l’eau et le vent, associés au gel et à la chaleur, sur des roches aussi dures que le gneiss du Caroux. C’est en s’inspirant de leur exemple que les anciens égyptiens ont taillé leurs obélisques dans des carrières avec de simples coins de bois imprégnés d’eau.

 

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Nous étant engagés sur la sente du Médaillé qui part du col de la Maure en direction du col de Bardou, nous tombons sur une barre rocheuse que nous ne pouvons franchir faute de corde. Nous revenons sur nos pas et cherchons une voie alternative . Nous abandonnons très vite l’idée de descendre directement dans les gorges d’Héric vu le profil de la pente qui impressionne même mon ami Gibus, c’est pour dire !

 

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Finalement nous décidons de descendre du coté du vallon de Bardou où nous trouvons un sentier confortable qui nous ramène au col du Rougas.

 

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Parvenus au col, nous décidons d’explorer la piste de Rougas que nous n’avons jamais empruntée. C’était un mauvais choix et je la déconseille  vivement  à ceux qui me lisent et qui n’ont pas un bon sens de l’orientation et  craignent de passer une nuit à la belle étoile. Cela dit elle permet de découvrir de magnifiques terrasses et murets de pierres, hélas non entretenus, ainsi qu’une superbe bâtisse en pierres. Notez , au passage, l’extraordinaire agencement des pierres de toutes tailles et de toutes formes dont ses murs sont constitués. 

 

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Nous arrivons au terme de notre périple, heureux d’avoir passé une journée dans ce cher Caroux, cette montagne « méridionale » d’une beauté et diversité à nulle autre pareille et  à laquelle les hommes des siècles passés, en gage de la passion  qu’elle leur inspirait, ont tissé de si beaux colliers de pierres.

 

Texte & photos Ulysse

 

10:27 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags : caroux, bancels, bardou, orb