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18/05/2014

A la conquête des deux Peric !

 REPRISE D'ARCHIVE

(La semaine prochaine il y aura du nouveau sur Eldorad'Oc)

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Nous vivons une époque formidable : alors que nous avons tous serrés trois crans à nos ceintures, supprimer le beurre des épinards et remplacer les baguettes par des ficelles (bientôt comme Charlie Chaplin, nous mangerons nos lacets de chaussure !), les médias bruissent des bonus mirobolants que les banqueroutiers  continuent de s'attribuer malgré la panade qu'ils ont provoqué dans le monde. Partout les statistiques confirment que les magnats s'attribuent une part de plus en plus importantes des richesse produites dans le monde. 

Une seule solution pour retrouver sa sérénité : fuir ! Fuir là où les antennes-relais ne diffusent pas encore leurs ondes néfastes ; là où les vieilles feuilles de déclarations d'impôt servent  à sécher les chaussures de randonnées où allumer des feux de bois, là où les cadrans solaires n’ont pas encore été détrônés par les Rôôôlex  et où la télé n’a pas encore éteint la clarté des étoiles. Et Vichnou merci, il existe encore de tels endroits sur cette péninsule que  l’on appelle France.

La région du Lac des Bouillousses (près de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales) en est une et, si mes propos préliminaires ne vous ont pas choqués (vous portez peut être une Rôôôlex ?) et que vous m’acceptez comme compagnon de route,  laissez moi vous y emmener.

 

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Première chose à faire : purifier nos organes sensoriels des pollutions médiatiques qu’ils ont subies. Pour cela se lever de bon matin et contempler les rayons du soleil qui viennent iriser les eaux gris métallique du lac en écoutant le meuglement  jouissif des vaches qui prennent leur petit déjeuner d’herbe.

Face à un tel spectacle, on est le roi du monde et les tapis persans et les dorures de l’Elysée ou d’ailleurs ne sont, en comparaison, que de risibles hochets de pouvoir. Alors que vous entendez battre le cœur du monde et que votre âme entre dans la danse des galaxies, les clowns tristes qui hantent les palais présidentiels s’époumonent à faire tourner les ailes de leurs moulins à paroles.

 

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Ayant longuement contemplé le lac et purifié vos yeux et oreilles nous pouvons alors prendre le chemin du refuge des Camporells. Le soleil rasant n’a pas encore pénétré dans le vallon que l’on remonte pour s’y rendre et seuls quelques confettis de lacs captent la lumière laiteuse du ciel que le vent tarde à  débarrasser de ses rideaux de nuages.

 

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Dans ce miroir d’eau, on perçoit jusqu’au tréfonds du ciel et l’on se demande si le monde dans lequel on évolue n’est pas une pure illusion d’optique.

 

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Puis soudain le soleil l’emporte sur les nuées et les cîmes jumelles des deux Péric se dressent à l’horizon, tétons aguicheurs de Gaïa, notre terre mère, que nous nous promettons Gibus et moi d’aller titiller.

 

 

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Mais parvenus au col de la Balmeta, Eole, sans doute furieux de nos intentions,  couvre les lieux d’un brouillard dense espérant nous faire renoncer à notre projet. Comme l’a chanté ce bon vieux Georges, Eole n’est vraiment qu’un  fripon. Il aime bien fureter dans les jupons de nos belles mais pas question que l’on touche à la sienne .

 

 

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Mais c’est mal nous connaître. Nous poursuivons notre chemin avec,  divine surprise, la bienveillance de Gaïa émoustillée à la vue de nos superbes mollets et qui enjoint Eole de remballer son brouillard.

 

 

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Nous arrivons au pied de l’Estany del Mig, superbe lac situé au pied des Pérics dont les rives sont brodées de rhododendrons. Mais si la beauté nourrit l’esprit elle ne remplit pas l’estomac. Nous sortons donc de nos sacs un pantagruellique pique-nique que nous engloutissons avant d’aller rendre hommage aux tétons de Gaïa. Il serait pour nous peu glorieux de faillir dans cette noble entreprise.

 

 

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Alors que nous entreprenons l’ascension du Petit Peric (2700m) Eole, ce fourbe,  nous jette à la figure quelques nuages espérant nous faire rebrousser chemin. Mais sentant Gaïa vibrer de plaisir sous nos pieds, nous poursuivons l’ascension, le cœur palpitant, le souffle court dans un état proche de l’extase amoureuse (comme le disait Clémenceau grand soldat mais aussi grand séducteur : le meilleur moment de l’amour c’est quand on monte l’escalier !)

 

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Nous foulons enfin le sommet du Petit Peric en faisant crisser l’aréole de cailloux sous nos pieds. Nous croyons entendre Gaïa  ronronner comme une chatte, mais piteusement nous nous rendons très vite compte que ce n’est que le vombrissement d’un hélicoptère qui va et vient au dessus du secteur, bien que la zone soit classée comme espace naturel protégé.

Nous avons appris après coup qu’il s’agissait de vols d’entraînement de l’armée pour former ses pilotes. Cette tolérance est d’autant plus scandaleuse qu’il existe de vastes zones polluées par les remontées mécaniques où cet entraînement pourrait  s’exercer sans  nuire  à la faune et aux usagers de la montagne qui viennent y chercher le silence et la tranquillité.

Une fois de plus entre les déclarations des politiques sur la nécessité de préserver l’environnement et les pratiques des services de l’Etat il y a un abîme. Mais nous sommes en France le royaume des discours et des lois sans application. 

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Puis nous descendons pour rejoindre le chemin qui mène au Puig Peric (2810m) mais ayant en perspective pour le lendemain la montée au Carlit (2921m) je préfère me blottir voluptueusement au creux des deux tétons de Gaïa et laisse Gibus aller seul batifoler sur le deuxième mamelon. A vrai dire j’avais le vague sentiment que Gaïa manifestait une petite préférence pour Gibus qui a incontestablement de plus beaux mollets que les miens et avait atteint en premier la pointe de son premier mamelon. J’ai donc préférer les laisser seuls en tête à tête ou plutôt en tête à têtine pour cette deuxième rencontre.

 

 

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Notre hommage ainsi rendu à l’opulente et somptueuse poitrine de Gaïa, nous redescendons vers la plaine heureux, épanouis comme chaque fois que nous manifestons respect et tendresse pour cette terre mère qui a donné un peu de son argile pour que nous prenions vie.

 

 

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Un couple de mouflons,  résidents permanents de ces lieux ne s’y trompent pas, eux d’ordinaire si farouches. Voyant nos visages extatiques ils reconnaissent en nous, bien que bipèdes, des frères et ils s’arrêtent un instant pour nous saluer. Plaignons ces pauvres chasseurs qui ne connaîtront jamais ce bonheur car les seuls animaux qu’ils puissent contempler  à l’arrêt sont des animaux qu'ils ont massacrés.

 

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Il nous suffit ensuite de suivre les cairns, providence des randonneurs aventureux, dont les pierres, sont à l’image de nos vies, en équilibre instable. Certains en tirent prétexte pour ne pas bouger de peur de tomber et d’autres ne cessent de vivre en déséquilibre, seul moyen de progresser.

 

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Nous voilà de retour au lac  de Bouillousses dont les eaux ont épargné un îlot coiffé de quelques sapins hirsutes qui se pressent l’un contre l’autre pour ne pas sombrer. Pensons à tous ces humains qui bientôt verront leurs terres envahies par les eaux parce que nous aurons vécus sans nous soucier de notre impact sur l’environnement. Tentons d’œuvrer chacun à notre mesure pour réduire cet impact et sauver s’il est encore temps ces peuples condamnés.

 

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Bientôt se profile  l’Auberge du Carlit qui offre un cadre rustique et chaleureux et une table généreuse propice à de conviviales soirées montagnardes.  Mais il est temps d’aller se coucher, demain on se lève tôt pour faire l’ascension du Carlit !

 PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "J'aurais aimé...." sur  mon blog musical OLD NUT .

Texte & photos Ulysse

11/05/2014

A la conquête du Carlit !

 REPRISE D'ARCHIVE

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Pendant une grande part de notre existence terrestre (je le précise pour ceux qui croient au ciel !) le matin, un réveil sonne  pour nous rappeler que dans l’heure qui suit  nous avons rendez vous avec notre pingre d’employeur, pour qui nous n’en faisons jamais assez et jamais assez vite, ou avec Paul Emploi pour lequel nous n’avons jamais le bon profil : c’est une expérience traumatisante qui ponctue l’essentiel de nos vies dans nos sociétés dite « développées » (on peut se demander d’ailleurs à quoi s’applique cet adjectif si ce n’est aux profits de ceux qui tirent les ficelles). Je suis heureusement délivré de cette fatalité et pour moi le réveil ne sonne point mais chante les prémisses d’une superbe journée généralement passée sur les sentiers.

Ainsi ce matin mon ami Gibus et moi avons pour objectif de gravir le Carlit qui domine le secteur de Font Romeu de ses 2921m. Ayant folâtré la veille sur les deux Peric, aguicheuses mamelles de Gaïa notre terre mère, notre nuit fut riche en rêves enchanteurs et nous nous sommes réveillés épanouis et dispos dans les bras frais et laiteux de l’aube, 

 

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Notre itinéraire longe au départ une kyrielle de lacs qui rechignent à se débarrasser de leurs écharpes de brouillard, frêles protections contre l’air glacial matinal.

Ces innombrables lacs sont une véritable usine à nuages qui plus lourds que l’air  vont s’échouer dans le fond des vallées dont elles prolongent la nuit, alors que le soleil commence à caresser les sommets.

 

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Nous sommes bientôt au pied du Carlit à environ 2200m d’altitude, il nous reste 721m à grimper et les conditions s’annoncent idéales si ce n’est le va et vient incessant des hélicoptère de l’armée qui continuent à propager leurs pollutions sonores et leurs résidus de kérosène dans cet endroit idyllique, pourtant considéré comme une zone naturelle protégée. Décidément celle que l’on appelle la « grande muette »  ne se prive pas de bafouer le droit des citoyens à la tranquillité. Une lettre envoyée au préfet sur ce point pour m'étonner de cette violation est restée sans réponse.

 

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 Pas à pas nous prenons de l’altitude et les lacs que nous avons longés deviennent des morceaux de ciel plaqués sur le fond des vallées.

 

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Le sentier se fait plus sportif et aborde une zone de pierriers où des cairns édifiés par des mains amicales et solidaires  et qui défient les lois de la pesanteur nous guident dans un dédale de rochers.

 

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Nous abordons la partie la plus délicate car il nous faut franchir une paroi rocheuse sur laquelle nous devons nous transformer en crabes ou en araignée pour progresser. C’est ainsi que l’on comprend que chaque être sur cette terre aussi antipathique ou répugnante soit, pour nous,  son apparence, doit être respecté car chacun est un exemple de la merveilleuse capacité d’adaptation de la vie aux différents milieux. Trop souvent nos critères de beauté et de laideur sont guidés par l’arrogance ou l’ignorance. La belle leçon donnée à cet égard par le magnifique film E .T. est de nous montrer que des enfants sans préjugés peuvent manifester de la sympathie à des êtres que des adultes jugent effrayants.

 

 

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Nous voilà au sommet ! Oubliés le souffle court, les mollets et les cuisses « grinçantes »,  la sueur  brûlante dans les yeux, le cœur qui s’emballe et semble vouloir jaillir de la poitrine ! Quelle jouissance ineffable et indicible !

Cette jouissance vient d’abord de s’être vaincu soi même et d’avoir fait taire la petite voix qui vous sussure quand ça devient « difficile »« tu vas faire quoi là haut ? c’est aussi beau d’en bas ! Tu te crèves pour rien, même si tu vas pas au sommet personne n’en saura rien et de toute façon tout le monde s’en fout» C’est cette petite voix qui fait qu’au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, on renonce à ses ambitions et à ses rêves ! Et puis ce n’est pas vrai que c’est aussi beau d’en bas ! La haut, on embrasse un vaste bout de terre et cette communion vous grandit, étire votre âme et votre esprit et dissout les mesquineries qui nous assaillent quand on vit à ras de terre.BOn,  je m'arrête là car je deviens grandiloquent !

 

 

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Et c'est , de surcroît, un grand bonheur de voir le dos des nuages, ces nuages dont on ne voit sur terre que le ventre et qui parfois sur nous s’oublient !

 

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Mais il nous faut redescendre pour rejoindre nos compagnes qui nous attendent au col pour des agapes montagnardes. Le spectacle des lacs rassasie de beauté nos esprits mais nos estomacs ont leurs exigences aussi .

 

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Une passerelle de bois qui tangue et danse au dessus du torrent qui jaillit d’un lac nous mène en un lieu paradisiaque  où nous posons nos sacs et étalons nos carcasses sur un lit d’herbes tendres brodé de rhododendrons.

 

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En un tel lieu, on se dit que la beauté du monde n’est pas gratuite ou fortuite, elle est l’œuvre d’une « énergie » avec laquelle notre esprit entre en résonance . La beauté nourrit et élève l’esprit et il faut plaindre ceux de nos congénères qui en sont privés parce qu'ils vivent dans des lieux infâmes.

 

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En prime nous jouissons du spectacle d’Izards qui gambadent sur le névé d’en face. Insouciants et heureux animaux protégés de  la passion destructrice des chasseurs. Pour moi celui qui prend plaisir à tuer est un homme spirituellement mort, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il tue ne supportant pas la beauté et la vie !

 

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Nous levons le camp pour lentement redescendre vers le plateau des Bouillousses. Les lacs se succèdent qui aspirent goulûment le bleu du ciel. Nous y piquons une tête et constatons que le « bleu  montagnard » au contraire du « bleu méditerranéen » est une couleur froide, mais en tant qu’adeptes des bains du 31 décembre il en faut plus pour nous dissuader.

 

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Et c’est le retour au lac des Bouillousses que le jour quitte lentement sur la pointe des pieds plongeant ses berges dans l’obscurité.Comme dit le poète « C’est l’heure exquise où il faut prendre garde à la douceur des choses » car hypnotisés par tant de beauté  nous risquerions d'y rester jusqu'à la nuit et de geler sur place à la contempler.

Fort heureusement l’attrait d’une 1664 bien fraîche qui nous attend au bar de l’auberge du Carlit nous tire de notre rêverie. Nous avons une âme, mais un gosier aussi !

 

 

PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Ainsi va le monde... sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse

 

26/09/2013

Périple en Cerdagne- 2ème partie :le vallon des Bouillousses


Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 


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Marris (y compris nos épouses n'en déplaise aux féministes, c'est là tout le "charme" de la langue française !) de ne pas avoir la veille piétiné la neige, nous décidons le lendemain de prendre la direction du Vallon des Bouillousses, réputé pour son enneigement. Mais soucieux de ne pas nous encombrer inutilement de raquettes qui pourraient ne pas servir, nous prenons le risque de partir chaussés de nos seuls godillots.



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Vers 1650m nous rencontrons effectivement la neige, mais elle apparaît suffisamment tassée pour nous permettre de progresser sans trop de risque de nous y enfoncer. Cela dit malgré mon 45 fillette je suis dans mes petits souliers car
par endroits la couche supérieure cède et je me retrouve enfoncé dans la neige jusqu'à mi-cuisse. S'ensuivent alors des efforts désespérés pour sortir de ce chausse-trappe aussi redoutable que des sables mouvants. Heureusement les sapins tendent leurs branches secourables et me permettent de m'extirper de ce funeste piège. En hommage à ces valeureux montagnards, jamais plus jamais je ne dirai « ça sent le sapin » quand je croiserai un ami qui a mauvaise mine ! 


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Sur les versants enneigés les chandelles sombres de ces bienfaiteurs contrastent avec la silhouette diaphane des bouleaux dont les bourgeons titillés par le soleil s'entrouvrent et les enveloppent d'un brouilard rosé.


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Nous progressons en file indienne bercés par le crissement ouaté de nos pas dans la neige. Quel bonheur de marcher « pour rien » ou pour le seul plaisir de mettre un pied devant l'autre et de donner ainsi un sens à sa vie : le sens de la marche !

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Nous arrivons en vue d'un refuge ce qui nous fait presser le pas, pur réflexe pavlovien stomacal, car nous ne sommes pas du genre montagnards ascétiques, le vin n'ayant jamais avec nous le temps de tourner au vinaigre (il fallait la trouver celle là hein !)

Soudain, alors que nous étions en train de célébrer notre (modeste) ascension tout en rendant hommage aux produits "liquides" du pays, un "de ces cons qui sont nés quelque part" célébrés par l'ami Georges, avec une allure et des manières de sanglier des Carpathes (ce sont les plus sauvages !) tente vainement de nous déloger du refuge au motif qu'il "était chez lui ici". L'olibrius qui ne fait pas honneur à sa Cerdagne natale a dû battre en retraite devant la fermeté des "branleurs de touristes" que nous sommes et qui vont "foutre le bordel dans les refuges". Habituellement la pratique de la montagne est une école de civilité et de solidarité, mais il faut croire qu'il y a des individus imperméables à la civilisation Si cet ostrogoth sait lire et qu'il tombe un jour sur cette note, qu'il sache que je lui offre en pensée l'équivalent de son poids, au choix, en foin ou en glands, aliments qui doivent convenir à sa nature porcine !


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Rassasiés et revigorés, nous prenons le chemin du retour alors que le soleil tente une percée. La terre en profite pour réchauffer ses vieux os qui émergent lentement de leur glaciale couverture neigeuse hivernale.


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La fonte des neiges alimente des myriades de ruisseaux dont certains domestiqués suivent docilement leur cours officiel ponctué de pontets qui permettent de les traverser. Mais il en va des ruisseaux comme des hommes, certains sont rebelles et vont où bon leur semble, courant parfois sous la neige et se révélant par endroits par un trou d'eau qui capte le soleil.

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Il faut alors être vigilant et guetter le bruit de l'eau qui court sous la neige si l'on veut éviter de sombrer dans une « gouille » d'eau glacée ! Mais finalement le danger ne surgit pas des « gouilles » cachées sous la neige, mais d'une plaque de neige verglacée sur laquelle notre amie Marie, pourtant pleine de grâce, nous fait une impressionnante démonstration de vol plané, qui lui vaut hélas une cheville cassée. Comme quoi de porter le prénom de la mère du Christ ne vous protège pas des misères de ce monde. 

Marie termine en conséquence la randonnée sur le dos de son mari Gibus qui, outre sa capacité à fendre les montagnes avec son couteau suisse (voir ma note du 17 septembre 2008 ) est capable d'arpenter les montagnes avec un menhir dans son sac à dos !

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Le ciel se dégage enfin au moment où nous regagnons la terre ferme révélant à nos yeux éblouis ( je sais la formule est un peu bateau, mais éblouis nos yeux vraiment étaient !) les cîmes enneigées des Angles et de Formiguères.

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Un couple d'heures plus tard, le reliquat de nuages qui traînent encore dans les parages nous offrent, au moment où le soleil nous donne son congé, un spectacle  inoubliable.


A suivre....

et je vous invite une nouvelle fois à rendre visite
à mon blog PIQUESEL pour suivre  le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Et si vous aimez la photographie allez sur



Texte & Photos Ulysse