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08/10/2014

Soirée fondue aux Bourdils !

Les intempéries qui règnent sur l'Hérault et diverses contraintes nous ayant tenus éloignés de nos chère montagnes, je suis obligé de recourir à mes archives mais je crois que vous n'aurez pas à vous en plaindre, car toute modestie mise à part, je trouve cette note "savoureuse" et pour cause....on y déguste une fondue préparée par maître Gibus !!!

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D’aucuns pourraient penser en lisant le titre de ma note que j’ai commis une faute d’accord (cela m’arrive, bien qu’étant de la vieille école !) et que j’aurais dû écrire « fondus » et non pas « fondue » vu que Gibus et moi un brin fondus nous sommes parfois quand, par exemple, nous nous plongeons (avec délice !) dans un lac gelé ou que nous partons affronter un blizzard de neige sur le Caroux.

Mais non, mon propos concerne cette délicieuse recette savoyarde que nous avons dégustée dans le refuge des Bourdils perdu sur le plateau de l’Espinousse. Et je m’en vais vous conter par le menu cette délicieuse et étonnante aventure rando-gastronomique.

 

 

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Tout est parti du projet que nous avions depuis longtemps Gibus et moi d’aller observer les mouflons à la tombée de la nuit dans le massif de l’Espinousse, ce qui impliquait de passer une nuit au refuge des Bourdils. Et tant qu’à y passer une nuit autant rendre notre séjour aussi festif que possible.

Nous voilà donc partis en direction du refuge ce matin du 15 octobre avec le barda nécessaire à la préparation d’une fondue et accompagnés de Marie l’épouse de Gibus, pleine de grâce certes, mais aussi femme tous terrains de souche montagnarde, qui a souhaité être de l’aventure.

Notre première tâche en arrivant est de nous constituer une importante provision de bois nous permettant de chauffer le refuge en vue de la nuit glaciale à venir et bien évidemment de faire cuire la fondue !

Comme nous sommes, vous n’en doutez pas chères lectrices, des maris progressistes et que nous défendons l’égalité de la femme nous laissons bien volontiers Marie participer à la corvée de bois.

 

 

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Gibus notre maître « es feu » prépare une flambée pouvant tenir quelques heures, le temps que nous allions faire une première virée dans les alentours avec l’espoir d’apercevoir des mouflons.

 

 

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Nous empruntons le GR7 qui mène au Montahut et offre vers l’ouest une vue somptueuse sur le rocher de Lissante. La brume confère une légèreté féerique à cet univers essentiellement minéral.

 

 

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Nous traversons de vastes hêtraies qui apprécient la fraîcheur de l’endroit et dont les sujets consacrent toute leur énergie dans une course folle vers la lumière.

 

 

 

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L’automne parsème d’or leur frondaison, signe annonciateur de la fin de leur existence et certaines feuilles déjà mortes trouvent pour tombeau un nid abandonné. Ainsi nos corps retrouveront-ils un jour le berceau de terre dont ils sont issus, mais, pour ce qui nous concerne, nous espérons secrètement avoir le temps de déguster au préalable encore quelques fondues et autres délices terrestres, sans oublier les flacons de nectar qui généralement les accompagnent !

 

 

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Nous quittons le GR7 pour nous diriger vers le Roc d’Ourliades, gigantesque dent de pierre qui mord le ciel nimbé de brume. C’est un secteur sauvage habituellement fréquenté par les mouflons et nous sommes donc discrets et attentifs.

 

 

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Nous passons près d’un aigle au repos dans son nid et que n’effraie guère notre présence. Il sait n’avoir rien à craindre de nous pauvres bipèdes condamnés par la gravité à ramper sur la terre.

 

 

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N’ayant pas vu la queue d’un mouflon, nous laissons le Roc d’Ourliades derrière nous pour grimper vers le Montahut.

 

 

 

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Nous scrutons attentivement la ligne de crête du Montahut en espérant y apercevoir ces farouches quadrupèdes. Mais à part quelques pins qui s’y sont audacieusement installés nous ne voyons pas âme qui vive !

 

 

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Poursuivant notre ascension nous rencontrons un vieil homme au visage buriné qui regarde fixement devant lui et reste sourd à nos interpellations. Intrigués nous tournons alors nos regards vers le lieu qui semble le fasciner …..

 

 

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….et nous découvrons alors, ravis, un trio de mouflons qui nous observent d’un œil inquiet. Nous aimerions leur faire comprendre qu’ils n’ont rien à craindre de nous mais entre l’homme et l’animal sauvage la méfiance régnera tant que la pratique archaïque de la chasse n’aura pas disparue. Il serait plus naturel de confier au loup le soin de réguler les populations d'herbivores, d’autant qu’il est de retour dans la région …comme nous allons le voir un peu plus tard !

 

 

 

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Après quelques secondes d’observation, les mouflons disparaissent bien vite derrière la crête, que nous contournons alors pour tenter de les apercevoir de nouveau. Mais au moment où Gibus franchit une barre rocheuse, une énorme pierre se met à glisser qu’il retient de la main le temps que nous puissions franchir l’obstacle. Ne me demandez pas ce qu’il mange au petit déjeuner, c’est un secret !

 

 

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Puis nous descendons vers le col du Peyre Azent alors que des masses nuageuses venues de l’Auvergne commencent à assombrir le ciel. Juju a beau me vanter son beau ciel bleu de Vichy, ce que je constate c’est que le mauvais temps qui arrive chez nous est souvent auvergnat !

 

 

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La dent du Peyre Azent qui émerge d’une mer bleutée de montagnes semble également être un lieu idéal pour y traquer le mouflon. Nous décidons d’aller y faire un tour.

 

 

 

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Nous nous rapprochons peu à peu du sommet qui semble désert, mais notre précédente rencontre sur le Montahut nous incite à en poursuivre l’ascension.

 

 

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Parvenus près du sommet nous tombons sur un autre guetteur tout aussi absorbé dans sa contemplation que celui rencontré sur le Montahut.

 

 

 

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Mais ce ne sont pas des mouflons qu’il admire, mais la mer Méditerranée qui scintille au loin. On peut être de pierre et avoir un cœur romantique !

 

 

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Nous redescendons le Peyre d’Azent pour prendre la direction du Mont Gros. Ses flancs sont couverts de champs de fougères fanées qui prennent une couleur d’or cuivré. L’or végétal me fascine bien plus que l’or minéral, car je préfère ce qui est éphémère à ce qui peut être thésaurisé. La vie est dans le passage et la mort dans l’éternité.

 

 

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Nous rentrons sous le couvert d’une forêt de hêtres espérant que des mouflons s’y soient réfugiés.

 

 

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Après avoir marché un long moment la seule rencontre que nous faisons est celle d’une assemblée de champignons qui dansent la gigue sur une vieille souche d'arbre et que nous dédaignons, le menu du soir étant déjà fixé !

 

 

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Soudain , alors que nous commençons à désespérer de rencontrer nos amis à poils, nous tombons  « nez à cornes » avec un jeune mâle. Nous avons à peine le temps d’appuyer sur la gâchette de notre appareil photo qu’il a déjà tourné casaque et nous montre son arrière train. Les jeunes n’ont plus d’éducation !

 

 

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Mais le crépuscule tombe et il est temps de prendre le chemin du refuge sous peine de courir le risque de devoir errer toute la nuit dans ce paysage déchiqueté.

 

 

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Bien que pressés, nous ne nous lassons pas d’admirer les merveilleux oripeaux dont le jour qui meurt couvre alors le paysage.

 

 

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Nous voilà enfin au refuge et Gibus, qui entre autres talents est un fin cordon bleu, commence à préparer la fondue, tandis que je débouche les bouteilles : A chacun selon ses capacités ! Pendant ce temps là, Marie qui entend représenter dignement la gent féminine et ajouter une note de coquetterie à la soirée, fait un brin de toilette.

 

 

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Après avoir coupé l’ail, Gibus verse le vin blanc non sans avoir vérifié avec mon aide (deux avis valent mieux qu’un) sa qualité.

 

 

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Il suffit ensuite d’ajouter le fromage et de touiller sur le feu pour obtenir une pâte onctueuse

 

 

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Enfin, « last but not the least » il suffit de s’armer dune longue fourchette, d’y planter un morceau de pain, de plonger le tout dans la marmite pour en retirer une délicieuse bouchée qu’il faut alors déguster avec une gorgée d’un vin de Haute-Savoie, par exemple un excellent Seyssel, auquel le cépage Altesse confère beaucoup de finesse, et de recommencer !

Si vous êtes un(e) fin(e) observateur (trice) vous comprendrez que le nombre de bouteilles de vin blanc ouvertes sur la table n’est pas étrangère à l’intensité du sourire qu’affiche le visage de Gibus, de Marie et le mien (que vous ne voyez pas). Et n’oublions pas que la fondue savoyarde s’accompagne toujours de la noble tradition du « coup du milieu » , mais là je n’en dis pas plus car je risque de voir mon blog censuré par la L.A.O.

 

 

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Dans l’ambiance féerique de cette soirée, nous sommes peu à peu gagnés par une douce euphorie. Alors que nous rêvons et contemplons le reflet des bougies sur les carreaux de la fenêtre, qui se sont curieusement dédoublés dû à un étonnant phénomène optique appelés par les physiciens « effet cul de bouteille », nous entendons frapper à la porte.

« Ouvrez moi «  dit alors une voix rocailleuse «  il fait un froid glacial à ne pas mettre un loup dehors et je meurs de faim «

Interloqués et un peu inquiets nous nous précipitons à l’étage et regardons par la fenêtre qui vient nous importuner à une heure aussi tardive et en un lieu aussi isolé. « Mais c’est vraiment un loup »  profère-t-on en chœur, abasourdis !

Nous redescendons au rez-de-chaussée et signifions au loup que, bien que n’ayant aucune animosité contre lui, nous préférons qu’il reste dehors.

« Puisque vous me refusez l’hospitalité, je vais souffler sur la porte et entrer sans votre permission » réplique-t-il alors. Il se met à souffler, souffler, souffler jusqu’à épuisement sans succès, la porte restant obstinément fermée.

Nous le croyons alors parti, quand nous entendons des bruits de pas sur le toit du refuge et puis soudain un hurlement…

 

 

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Le loup a plongé dans la cheminée sans prendre garde qu’il y avait du feu et son pelage s’enflamme en un instant.

 

 

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Consternés nous ne pouvons rien faire pour lui et le regardons se consumer avec horreur ! Nous prenons alors « le coup de la fin » pour nous remettre de notre émotion et à demi rassurés nous montons alors nous coucher .

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "MIGRANT BOY"

Cliquez :

 

 ICI

 

Texte Ulysse & photos Ulysse (sauf 27ème Marie B.)

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06/06/2014

Sixième rencontre au sommet Franco-Belge sur l'Espinousse !

 

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 En matière de patates, vous connaissez certainement la charlotte, la roseval, la ratte, la pompadour ou la belle de fontenay parmi les deux cents variétés recensées dans le « catalogue officiel ». Mais  je suis certain que vous ignorez l’existence de la « patate moule » et pour cause elle vient d’être créée dans le plus grand secret par un laboratoire agronomique belge. La patate moule est une pomme de terre à laquelle on a intégré des gènes de la moule afin de lui donner le goût de ce divin mollusque. Innovation révolutionnaire car elle permettra de faire des frites-moules sans moules et donc de les vendre en cornets : un succès mondial en perspective qui va créer un sacré grabuge dans le monde de la restauration !

C’est pour obtenir la license pour la France qu’avec mon ami Gibus et nos épouses, cuisinières émérites,  nous avons convié les créateurs belges de cette patate à une rencontre aux Bourdils, endroit éminemment sauvage situé à plus de mille mètres  sur le plateau de l’Espinoussee,  à l’écart des media. Nous partons donc de bon matin du village de Maurouls, situé au pied de l’Espinousse, les négociateurs belges devant nous rejoindre au sommet pour le pique-nique en partant d’un autre lieu pour ne pas éveiller l’attention.

 

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Nous sommes un peu inquiets car, selon la rumeur locale, quelques êtres étranges ont élu domicile dans cette partie du massif particulièrement sauvage. Et de fait après une demi heure de marche nous entendons des bruits effrayants de mastication. Nous découvrons un impressionnant monstre xylophage en train de dévorer un tronc mort. Mais tout à son festin, celui-ci ne nous prête aucune attention et nous poursuivons sans plus tarder notre ascension, néanmoins un peu inquiets qu’il finisse par s’intéresser à nos vieux abattis, malgré tout plus appétissants qu’un vieux tronc mort !

 

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A peine sommes nous hors de la vue du monstre  que nous tombons sur un calmar géant ! Mais, cette fois ci nous n’avons pas la moindre inquiétude car c’est une vielle connaissance que nous avons déjà croisée l’hiver dernier en ces parages. Ceux qui sont curieux de connaître son histoire peuvent en savoir plus en cliquant ICI . Après l’avoir salué, nous poursuivons notre ascension.

 

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Mais après un quart d’heure de marche, nous entendons soudain une voix nous dire d’un ton péremptoire « halte là » ! Surpris mais n’étant pas du genre à obtempérer, nous continuons de grimper. La voix réitère son avertissement d’une façon encore plus brutale. Nous stoppons alors pour voir qui nous interpelle ainsi de façon aussi comminatoire et nous apercevons un guetteur dissimulé derrière des rochers. Celui-ci nous prévient que nous sommes sur les terres du marquis des Bourdils et qu’il faut un laisser–passer pour y pénétrer. Par chance, le marquis qui est un descendant d’un amant de la Pompadour - qui se trouve être mon arrière arrière arrrière arrière arrière grand mère - est l’un de mes amis ( je me doute que vous êtes sceptique mais sachez que vous l’êtes faussement car c’est l’exacte vérité) . Joignant le dit ami avec mon mobile je lui demande de dire à son guetteur de nous laisser passer. Ce qu’il fait avec bonne grâce.

 

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Notre ascension se poursuit sans que l’on fasse  d’autres rencontres, notre seule préoccupation étant d’éviter que les arbres morts ne choisissent le moment de notre passage pour s’effondrer.

 

 

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 Parvenus sur le plateau nous retrouvons nos amis belges fidèles au rendez vous et nous nous rendons alors d’un bon pas vers le refuge des Bourdils pour y pique-niquer. S’il est un trait commun aux français et aux belges c’est bien de ne jamais laisser passer une occasion de se mettre à table !

 

 

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D’ailleurs à table, nous y voilà, la bouteille d’eau au premier plan sur la table n’étant là qu’en vertu des dispositions règlementaires qui interdisent de faire de la publicité pour le vin sur les blogs.   La France est le premier producteur de vin au monde – la valeur des vins que l’on exporte est égale à celle des airbus -  mais au contraire de nos amis espagnols qui en ont fait un bien culturel et le considèrent comme un aliment naturel, nos élus nous interdisent d’en parler ! Ce qui  ne les empêchent pas de  régaler leurs gosiers  aux frais des contribuables !

 

 

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Après avoir négocié la cession de la license pour l’exploitation de la « patate moule » en France - la vente des premiers cornets de frites-moules étant prévue pour la Noël, le temps que la première récolte soit faite - nous allons admirer le magnifique panorama sur les monts avoisinants.

 

 

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Les genêts en fleurs rehaussent encore la beauté du paysage et il ne nous manque que d’apercevoir quelques mouflons pour parfaire notre bonheur. Mais nous sommes hélas dans un pays de « canardeurs » où les animaux ont appris à craindre l’homme et ils restent sagement sous le couvert des forêts qui nous entourent.

 

 

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Ayant rassasié nos âmes des splendeurs du Haut Languedoc nous redescendons tranquillement vers la vallée .

 

 

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Le chemin est par endroits encombré d’arbres foudroyés qui nous invitent à méditer sur le temps qui passe et nos vies qui s’acheminent tout doucement vers le néant alors que nous perdons trop souvent les heures précieuses de nos existences à des billevesées….Vivons et aimons nous pendant qu’il est encore temps ! L’amour, l’amitié, la fraternité sont des antidotes au temps qui passe et à la dureté du monde dans lequel on vit .

 

 

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Même les montagnes n’échappent pas au sort commun et s’émiettent peu à peu en rochers et cailloux qui dévalent les pentes pour devenir un jour grains de sables dans l’océan !

 

 

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Nous prolongeons ces quelques heures délicieuses passées ensemble par une mémorable soirée qui débute par une fastueuse Sangria préparée par Maître Gibus. Il n’ y a qu’avec des amis belges que les affaires se concluent dans la  fraternité !

 

PS : Ceux qui auraient manqué les précédentes rencontres franco-belges au sommet, peuvent y accéder ICI, ICI, et ICI

 

PS : Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Tic Tac Tic Toc" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

 

Texte & photos Ulysse

28/12/2013

Bataille de boules de neige aux Bourdils !

Chères lectrices et chers lecteurs, j'avais prévu de faire une pause en raison d'un emploi du temps chargé mais ma petite fille Emilie a tenu à tout prix à  vous faire le récit de leur randonnée aux Bourdils et j'avoue que je n'ai pas eu le coeur à lui refuser.  Je lui prête donc ma plume pour la circonstance.....

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Hello, chères lectrices et chers lecteurs du blog de notre papi Ulysse, nous « revoilou » Emilie et Romain, les petits « parigots tête de veau » descendus dans le sud pour y trouver un peu de soleil et se faire chouchouter par nos « ancêtres » (Ils sont nés au siècle dernier vous vous rendez compte !).  Nous allons en profiter pour faire une razzia sur la réserve de confitures de mûres et de figues qu’ils ont concoctées . Ils ont bien de la chance de n’avoir plus que ça à faire dans leur existence !

Aujourd’hui papi et son copain Gibus ont prévu de nous emmener au refuge des Bourdils qui est l’un de leurs « restaurants d’altitude »  préférés . Bon, comme c’est papi qui a prévu aujourd’hui de faire la cuisine nous ne sommes pas sûrs que l’on aura le même avis ! Mais ne soyons pas mauvaise langue, attendons de d’avoir goûté pour juger !

Vous allez sans doute trouver que Romain a un drôle d’accoutrement, mais figurez vous que nos parents « chéris » (ils l'étaient jusqu'à ce matin) ont oublié nos manteaux (à mon avis c’est un acte manqué !) et que du coup papa a du se priver de sa polaire pour éviter que son fiston ne prenne froid ! Si quelqu’un de la DASS lit ce blog il risque de nous retirer la garde de nos parents !

 

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Dans ce monde imprévisible et instable il y a une chose incontestable, c’est qu’un déjeuner aux Bourdils ça se mérite car il faut au préalable se taper cinq cents mètres de dénivelé. Ce ne sont pas les escaliers du métro, qui sont les seules grimpettes que l’on a à Paris, qui nous préparent pour cette épreuve ! Cela dit, papi et Gibus nous ont assuré que le sentier était "confortable" et qu’on ne serait pas obligés de jouer aux acrobates, comme on les voit faire parfois sur ce blog.  On ne sait pas ce que vous pensez, mais nous ont trouve qu’à leur âge, c’est pas sérieux. Qui s’occuperait de la piscine l’été si notre papi tombait dans une crevasse ?

 

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 Mon frérot Romain,  qui habituellement gambade  toujours devant a, ce matin, l’âme rêveuse.  Je pense qu’il est vexé de ressembler à un clown et pourtant tout le monde trouve que ça lui va bien, car le clown, ça, je peux vous garantir, qu’il sait faire !

 

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Il retrouve son sourire quand son papa et Gibus lui prêtent assistance pour traverser un torrent. Il se dit que finalement ses parents tiennent à lui, même s’ils ont oublié de lui prendre son manteau ce matin !

 

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Vous noterez que les chemins qualifiés de « confortable » par papi et Gibus ne sont  quand même pas de tout repos. On y croise quelques obstacles qui font froid dans le dos car on se dit que ces arbres pourraient aussi bien nous tomber sur le poil juste au moment où l’on passe ! En définitive je me demande si papi tient autant à nous qu’il le dit !

 

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 Plus on monte et plus les difficultés s’accroissent. A 900 mètres d’altitude on rencontre la neige, ce qui n’était pas prévu. Pour des petits parisiens la neige en montagne est généralement un bonheur sauf que nos chaussures  n’y sont pas tout à fait adaptées. Mais la magie de la neige nous fait oublier ce petit inconvénient .

 

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Qui dit neige dit immanquablement bataille de boules de neige et je ne peux résister à accueillir comme il se doit l’arrière garde.

 

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Romain retrouve soudainement tout son dynamisme et prend la défense  de sa chère maman, oubliant du coup l’histoire du manteau oublié !

 

 

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Je suis certaine que ça vous tente de vous joindre à nous ! Oups ! celle ci est partie malgré moi, j’espère qu’elle ne vous a pas touché et que votre ordinateur n’est pas plein de neige !

 

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La récompense suprême d’une rando en montagne est la vue que l’on a sur le monde qui se transforme en un  océan de collines bleutées sur lequel votre âme peut voguer. Tout est alors noyé dans les profondeurs de ce sublime océan et notamment les écoles que l’on aimerait bien voir définitivement submergées !

 

 

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Nous arrivons enfin en vue du refuge des Bourdils et je me « débarrasse » de ma dernière boule de neige sur le dos de mon frérot adoré. Je sais qu’il n’est guère élégant de prendre ainsi quelqu’un en traitre mais  je vous avouerai que c’était trop tentant ! Vous aussi j’en suis certaine vous n’auriez pas résisté !

 

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Le problème est que mon frérot chéri le prend très mal ! Les garçons d’aujourd’hui sont vraiment trop douillets, ce n’est pas comme mon papi qui se cogne souvent la tête aux branches sans jamais dire un mot !

 

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Midi sonne et il est temps d’aller s’installer dans le refuge pour y déjeuner car cette belle grimpette nous a mis l’estomac dans les talons !

 

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Après avoir allumé le feu nous prenons l’apéritif : vin chaud pour les anciens,  jus de fruit pour moi et mon frère le tout accompagné de « chips » dont je peux vous dire que c’étaient les meilleures que nous avons mangées au cours de notre  (courte) existence. Si les parents savaient, ils ne se ruineraient pas en cadeaux de noël, il leur suffit de nous offrir un paquet de « chips » dans un refuge de montagne entouré de neige et la vie est belle !

 

 

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L’apéro terminé, nos papis se transforment en cuisiniers pour nous concocter leur fameuse recette d’œufs sur le plat qu’ils vous ont souvent fait déguster, enfin celles et ceux qui ont eu la chance d’arriver assez tôt au cours de leurs dernières sorties. Bon je vais vous faire une confidence pour ce qui concerne les œufs préparés par mon papi, si vous n’y avez jamais goûté, vous n’avez rien raté car dans sa poêle il y avait une mixture peu appétissante à moitié carbonisée.

 

 

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Heureusement qu’il y avait des œufs en réserve et que mon papa a pris les choses en main pour nous préparer des œufs sur le plat dignes de ce nom.

 

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Vous pouvez juger du résultat et je sais qu’à cet instant la salive vous vient à la bouche. Désolée mais nous n’en avons pas laissé une miette, même mon frérot qui habituellement a un appétit d’oiseau.

 

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Après le repas les hostilités reprennent très vite le soleil ayant la bonne idée de déverser généreusement ses rayons sur nos épidermes parisiens aussi blancs que neige .

 

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Papi abandonne un instant son appareil photo pour se joindre à la bataille ce qui ne nous inquiète pas trop car vu qu’il perd toujours aux boules on sait que l’on n’a rien à craindre !

 

 

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Gibus est un adversaire plus dangereux et nous ne sommes pas trop de deux, mon frère et moi pour prendre le dessus !

 

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Mais les meilleurs moments ont une fin et le soleil déclinant nous devons prendre le chemin du retour.

 

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Au cours de notre descente, nous croisons un étrange personnage qui prétend être le Marquis des Bourdils venu inspecter ses propriétés, mais on reconnaît bien vite notre papi sous sa perruque de mousse. Pas étonnant que Romain aime tant faire le clown, je sais d’où lui vienne les gènes !

 

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La douceur printanière qui baigne le fond de la vallée a  fait naître des nuées de moucherons dont l’existence n’ira pas au delà du crépuscule, quand l’air glacial plus lourd descendra des montagnes.

 

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Ces insectes jouissent de cette parenthèse printanière inattendue sans savoir qu’ils vont bientôt mourir. Romain et moi sommes encore bien jeunes et nous avons le temps de voir venir mais comme le dit souvent notre papi « carpe diem»,  profitons de chacun de nos jours, surtout de ceux où l’on va dans des endroits comme les Bourdils qui sont d’après lui des morceaux de paradis tombés sur terre.

 

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Notre périple est terminé et nous espérons que vous avez apprécié cette journée passée avec nous aux Bourdils. Encore pardon pour la boule de neige !  Et rendez vous aux prochaines vacances !

 

Texte Emilie/Ulysse Photos Ulysse, Fabienne et Marie

 

08/12/2013

Face, on fait la « grasse », pile, on va aux Bourdils !


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Chère lectrice, cher lecteur, vous avez dû vous dire en lisant le titre de ma note «Tiens Gibus et Ulysse se laissent gagner, comme le commun des mortels, par les effets délétères de l’âge qui font que  certains matins d’hiver où souffle une bise glaciale on est tenté de rester sous sa couette plutôt que d’aller chatouiller les mamelons de notre (encore) séduisante Gaïa ! ».

Que nenni je vous rassure ! Nous n’avons pas joué à pile ou face notre décision d’aller randonner. Encore que, vu les conditions climatiques qui régnaient ce matin là,  une telle faiblesse aurait été excusable. Non j’ai simplement pensé que ce titre accrocheur titillerait vos neurones et vous inciterait à nous suivre à l’assaut de l’Espinousse, alors que la Tramontane soufflait à 80 kilomètres heure et que le mercure du thermomètre était aussi bas que la cote de popularité de Flamby. C’est ce qu’on appelle du « marquetinge », devenu incontournable en ces temps hyper médiatiques, si on veut avoir, comme le disait Andy Warhol, son petit quart d’heure de célébrité. 

Bon cela dit, cette première photo vous fera croire que, s’agissant de la météo, j’affabule (ce qui m’arrive de temps en temps, je l’avoue, comme le commun des mortels), car les conditions de notre ascension apparaissent, pour le moment, idylliques. Effectivement le vallon encaissé où nous progressons est protégé du vent et les feuillages dorés des hêtres qui tapissent en partie le sol et amortissent nos pas créent un environnement féerique, je dirais même, euphorique. Mais cela ne va pas durer, sinon quel intérêt aurait ce blog !

 

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Notre sérénité est effectivement rapidement mise à rude épreuve. Tout d’abord, nous croisons, à notre grande surprise (et à la votre, je suppose !) un calmar géant  dont les tentacules qui brassent l’air nous font reculer de quelques pas. Car courageux mais pas téméraires, nous sommes, comme le commun des mortels (je dis cela car certaines lectrices auraient tendance à surestimer nos capacités, ce qui fait ironiquement sourires nos compagnes !)

 « N’ayez pas peur » nous dit le calmar «  je n’ai nullement l’intention de vous agresser, j’agite seulement mes tentacules pour me  réchauffer ».

 « Mais que faites vous ici à plus de cinquante kilomètres de la Méditerranée ? » Lui rétorquons nous.

  « Méditerranée, vous dites, c’est plutôt Merditerranée qu’il faut l’appeler ! Vous avez vu ce que les humains en font ! Un égout à ciel ouvert, un cloaque ! Et en plus ils se baignent dedans, les inconscients ! Je n’avais pas envie d’y rester pour y mourir à petit feu, j’ai pris la décision de me retirer sur les hauteur,  loin de ces miasmes maritimes » Nous répond-t-il.

  « Mais de quoi vous nourrissez vous » lui demande-t-on ?

 « D’insectes fort abondants dans cette forêt et qui remplacent avantageusement les sardines, crevettes et  moules au mercure et au pétrole qui faisaient mon ordinaire » Dont acte, pour les inconscients qui continuent de consommer du poisson et des mollusques de notre « Mare Nostrum » !

Laissant notre étonnant compagnon de rencontre à sa gymnastique hivernale, nous poursuivons notre ascension, sans nous douter qu’une autre surprise nous attend un peu plus haut.

 

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Cette surprise, moins inhabituelle en ces lieux et cette période de l’année qu’un calmar, c’est la neige, mais d’une abondance qui fait ressembler les sapins de l’Espinousse à leurs confrères du Jura. « Cherry on the cake » le soleil se met aux abonnés absent, faisant descendre un peu plus le thermomètre.

 

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La couche au sol est si épaisse qu’on perd le chemin et que nous devons vérifier à chaque pas qu’il n’y a pas une embûche. Je sais que ces moments où nous mettons en péril notre verticalité humanoïde nous vaut l’admiration de nos lectrices et ce n’est pas, pour nous,  un mince bonheur. Mais vous vous doutez bien que si jamais l’un de nous se retrouvait à quatre pattes ou les quatre fers en l’air vous n’auriez pas droit à la photo. Elle serait censurée comme celles de Gibus nu dans les torrents que certaines de mes lectrices me réclament pourtant à corps et à cri  (je ne dirai pas les noms) !

 

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Mais, de haute lutte,  nous arrivons finalement au refuge des Bourdils, dont celles et ceux qui fidèlement nous suivent connaissent les moindres recoins.

 

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En pénétrant dans ce refuge, lieu de tant de souvenirs mémorables, et alors que souffle à l’extérieur une Tramontane à décorner les mouflons, nous éprouvons le bonheur que devait ressentir l’homme préhistorique qui, pourchassé par un smilodon, trouvait refuge dans sa grotte protégé par un feu alimenté par sa douce compagne vêtue d’une simple peau de bête et impatiente de ces chaudes retrouvailles (ah ! les fantasmes masculins )

 

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Bien qu’il  n’ y ait pas de douce compagne en peau de bête et que nous devons nous même allumer le feu, exercice dans lequel Gibus est, cela dit, un maître, nous sommes ici les rois du monde.  Nous sortons du sac nos victuailles et  breuvages variés et  faisons cuire notre traditionnelle omelette au jambon, plat qui semble avoir votre faveur même si, hélas et j’en suis désolé, vous n’en avez que les effluves. Bon appétit quand même !

 

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Ayant rechargé nos batteries, nous remettons nos vieilles, mais robustes,  mécaniques en route pour aller admirer le panorama sur la vallée du Jaur. En sous bois, la neige moins épaisse facilite notre progression.

 

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Après une demi-heure de marche où notre esprit est bercé par la lente évaporation du petit verre de Williamine Morand – excellent anti-gel - que, vu les conditions climatiques nous nous sommes « ordonnancés » (nous sommes des adeptes de l’auto-médication), nous arrivons au bord du plateau d’où nous dominons le monde des terriens qui sont restés le postérieur au chaud ! Et à ce moment là on les comprend un peu, car la Tramontane continue de souffler et nous transforme le croupion en bloc de glace.

 

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Bon cela dit, le spectacle est si beau que nous oublions bien vite les intempéries et je suis certain qu’en le découvrant à votre tour vous auriez aimé être à notre place. Diable quel silence ! Mais qui ne dit mot consent, isn’t it !

 

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Bon pour convaincre les quelques uns (par galanterie, je ne mets que le pluriel « mixte ») que je sens réticents, je mets également la vue sur le Roc d’Ourliades et le Montahut. J’espère que cette sublime vue vous convainc  que ça vaut le coup de patauger dans la neige et  de se geler les miches pendant quelques heures pour pouvoir admirer un tel spectacle. Je sens que la prochaine fois il  y aura foule ! (à partir de deux, on est une foule …non ?)

 

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Les dernières gouttes de Williamine s’étant évaporées, il est temps pour nous de redescendre si l’on ne veut pas que notre sang gèle dans notre tuyauterie et que l’on finisse en bonhommes de neige.

 

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Le soleil nous fait alors l’amabilité de réapparaître alors que le plus dur est passé, comme ces faux amis qui attendent que vous soyez sortis de la « mouise pour vous demandez si vous avez besoin d’un coup de main.


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Nous replongeons au coeur de la Hêtraie dont certains membres exposent  des branches aux formes si tarabiscotées qu’elles nous laissent interrogatifs. Quand percerons nous le langage des arbres pour qu’ils nous confient leurs tourments ?

 

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Les conditions climatiques deviennent franchement agréables et je me sens de nouveau d’humeur primesautière, mitraillant à tout va avec mon appareil photographique la beauté de cet étonnant pays d’Oc, que beaucoup voient comme un pays de plages et de « picrates » alors que c’est essentiellement un pays de montagnes et de divins nectars.

 

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Je conclus notre périple par ce cliché d’arbre que  je tiens pour la plus belle espèce vivante de notre terre, ces arbres qui nous fournissent l’oxygène que nous respirons et qui, condamnés à l’immobilité, doivent stoïquement affronter les intempéries et les malheurs du temps.

 

Bonus :

 Je tiens à vous remercier chaleureusement pour les commentaires que vous laissez sur mes notes et je souhaite, pour le plaisir, vous faire partager ce petit échange versifié que j’ai eu, dans le cadre de ma dernière note, avec Marie (la compagne de Gibus) qui avait révélé malicieusement un oubli de ma part lors d’une randonnée. :

 

Poème de Marie :

 

Pas de compliments ni d'encouragements,

Pour celles qui vous suivent vaillamment.

Mais que lis-je dans ta prose ?

Qu'en rando beaucoup trop femmes causent !

Mais jamais tu ne narras dans tes vers,

Le jour où tu oublias ton verre !

Quand Gibus déboucha son Terret *,

Dans ton sac point de gobelet !

Ton teint vira du rose au vert

A l'idée de ne point boire un verre !

Fort heureusement ta douce mie,

Qui sait que souvent tout t'oublies

Et comme femme joue son rôle

Et toujours derrière toi contrôle !

Ce matin même ta timbale oubliée

Dans sa propre besace fût emportée.

Quel ne fut soudainement ton sourire

Voyant ton gobelet surgir !!

Et pendant qu'avec Gibus tu sirotes,

Nous femmes, continuons parlotte !!!

  

 * le Terret est un cépage languedocien 

Ma réponse :

 

Marie tes vers un brin moqueurs

Sont pour moi un régal

Etant d’un naturel jovial

Je ne t’en tiens pas rigueur.

J’avais oublié mon verre !

Ah ! la belle affaire !

Si ma mie n’ y avait pensé

J’aurais bu dans mon soulier.

Les arômes du Terret

De mon ami Gilbert

Auraient certes été

De nature laitière

Mais avec l’avantage

Qui n’est pas mesquin

Qu’avec mon vin

J’aurai eu mon fromage !

 

 

Et pour finir  je vous invite à jeter un œil sur cette cyber-action (et à la signer si vous approuvez la démarche) qui vise à défendre le droit des agriculteurs à produire et utiliser leurs propres semences. En effet une loi est en préparation qui s'ajoute à tout un arsenal juridique d'appropriation du vivant et criminalisera les agriculteurs qui ne payeraient pas tous les ans pour acheter ou reproduire eux-mêmes leurs semences et animaux reproducteurs et interdira de facto la sélection paysanne telle qu'elle existe depuis l'invention de l'agriculture.

 

 Texte & Photos Ulysse