suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

31/01/2014

Périple en Auvergne – 4ème étape : Du Puy de sancy au lac de Guéry

 Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !


DSC03602.JPG

Le lendemain matin, miracle ! le soleil entrouvre son oeil sur l'Auvergne, je dis « entrouvre » car les cîmes sont encore bien enrubannées de nuées, à croire qu'il s'y passe des choses peu recommandables, genre bacchanales de satyres et de nymphettes ou « happy hours » bacchusiennes.

Voulant en avoir le coeur net Gibus et moi, quittons nos compagnes un peu inquiètes (du moins le font-elles croire) pour entreprendre une nouvelle fois l'ascension du massif du Sancy, avec comme objectif le Pas de l'Ane.


DSC03611.JPG

Au fur et à mesure que nous progressons vers les cîmes, Eole dissipe les nuages et nous révèle la grandeur et majesté du massif. Combien médiocres sommes nous d'avoir imaginé des scènes de beuverie et de luxure en ces lieux empreints d'une telle beauté. Mais ainsi est fait l'homme qui ramène toujours les choses à son aune de vermisseau tourmenté par son égo lubrique et avide

DSC03619.JPG

Mais les nuages n'ont pas dit leur dernier mot et font une ultime tentative pour regagner le terrain perdu. Les cîmes alors se rebellent et les déchiquètent de leurs pointes acérées. Les nuages s'effilochent en lambeaux qui agonisent en silence sous les rayons du soleil enfin triomphant (sans fausse modestie je trouve ces lignes dignes de Chateaubriant....mais je suis sur que certains esprits mesquins rajouteront « rayon pâtisserie » !)


DSC03621.JPG

Nous voici enfin parvenus au Pas de l'Ane, Gibus en petites foulées et moi ahanant et soufflant tout en méditant sur la compatibilité du Chateaugay et du Chantourgues (deux agréables crûs de la région) avec le profil des chemins auvergnats. La montée s'est toutefois arrêtée avant que je n'arrive à une conclusion. Il faudra donc que je procède à un nouveau test.


DSC03631.JPGPendant quelques kilomètres nous allons jouer les funambules sur le chemin qui serpente en bordure du plateau sommital qui va du Puy de Sancy au Capucin, immense moquette d'herbe où les troupeaux de vaches ressemblent à des fourmis et où l'homme se dissipe, s'évanouit ne laissant comme preuve de son existence que la plaie à vif des chemins tracés par des siècles de va et vient.

DSC03635.JPG

La chaine des Puys qui nous fait face résulte de l'histoire tourmentée du massif qui s'est édifié par un empilement successif d'énormes quantités de roches volcaniques sur 500km2 entre moins trois millions d'années et 230.000 ans. Différents types de lave y sont présents, des basaltes et des andésites noires formant des « tables » plus ou moins allongées (sur l'une desquelles nous sommes) des trachytes plus claires trop visqueuses pour s'écouler et qui s'accumulent au point de sortie et forment les dômes et notamment le Puy de Sancy.

Comme je le disais au cours de notre première étape, la découverte de la présence de volcans en Auvergne fut tardive. Elle est le fait d'un modeste naturaliste parisien, Jean Etienne Guettard qui, en 1751, alors qu'il était en villégiature à Vichy (belle ville que je ne connais pas mais chère à Juliette que je salue au passage), découvre sur des maisons des pierres qui lui rappellent des échantillons de lave qu'il avait vus sur le Vésuve. Il se rend alors au Puy de Dôme d'où viennent les pierres en question et constate avec stupéfaction en le parcourant qu'il s'agit d'un ancien volcan.

Il fait alors une communication à l'académie des sciences (peuplée de vieillards cacochymes comme aujourd'hui le sont toutes nos académies ) qui se gaussent de lui.....Ce n'est que vingt cinq ans plus tard, face aux preuves de plus en plus évidentes apportées à l'appui de la thèse de J.E Guettard qu'ils lui donnèrent raison. M. Allègre pseudo scientifique français qui conteste l'origine humaine du réchauffement climatique perpétue cette tradition de nos élites et de nos généraux d'être toujours en retard d'une révolution ou d'une guerre.

Pour ne pas être en reste en matière de ridicule, quand la nature des volcans fut avérée, les autorités ecclésiastiques, pour apaiser les populations effrayées par cette nouvelle, organisèrent de grandes processions afin de prier la puissance divine de maintenir les volcans en sommeil . Souvent l'homme fait mentir le grand Aristote qui a dit de lui qu'il était un animal doué de raison...

DSC03639.JPG

Je parle, je parle et pendant ce temps là Gibus avance mais le terrain étant pour une fois fort heureusement plat je parviens à ne pas me faire trop distancer. Les nuages font un retour discret mais qui ne gâche pas l'impression d'ensemble de beau temps ...Comme l'aurait chanté le talentueux Bourvil ( une telle référence à l'évidence trahit mon âge !) « un grand ciel bleu sur le sol Auvergnat jamais on ne le verra !

 

DSC03641.JPG

Nous nous arrêtons un instant (pas deux, car un long chemin nous attend) pour contempler au loin la forme massive du Puy de Dôme dont nous espérons faire le tour l'an prochain, si celle ou celui qui tire les ficelles de nos destinées ne cassent pas nos fils (il faut être prudent car il ou elle est souvent maladroit !)


DSC03646.JPG

De jeunes pousses de gentiane s'épanouissent sous le soleil revenu et me donnent l'occasion, en m'obligeant à m'agenouiller pour les photographier, d'ausculter discrètement le sol d'une oreille. C'est le calme plat, pas le moindre grondement, pas la moindre rumeur, ce qui à vrai dire, nous déçoit un peu, car un petit "crachouillis" volcanique ne serait pas pour nous déplaire. Cela troublerait un peu la sérénité affichée du locataire de l'Elysée, enfin "locataire" est une façon de parler, car c'est nous qui payons les charges et le loyer et il est pas du genre à éteindre les lumières  ! Le réveil des volcans auvergnats mettrait un peu d'ambiance !

Pour en revenir à la gentiane, savez vous que la formule « Ave César » vient de l'époque où ce célèbre empereur, qui commandait la légion romaine, remontait vers le nord pour conquérir l'Angleterre en traversant l'Auvergne. A chaque entrée de village il s'entendait dire « Avèze César ? » car les auvergnats généreux et accueillants souhaitaient lui offrir leur apéritif emblématique. Et donc la tradition est restée, déformée par les légionnaires, d'accueillir César par ces mots.


DSC03652.JPG

Nous descendons vers la Bourboule en suivant le ruisseau de la Clergue dont les eaux désaltèrent une magnifique hêtraie. Des engins forestiers ont défoncé le chemin dans lequel nos godillots s'engloutissent en dérapant, menaçant à tout moment de nous faire prendre un bain de boue. Le roi de la forêt, un hêtre multi séculaire, hilare nous interpelle au passage en nous disant « Si vous ne marchez pas plus vite vous allez prendre racine, ce qui ne serait pas pour me déplaire car vous me tiendriez compagnie » Nous aimons les arbres mais la perspective de subir pendant des décennies les aléas climatiques d'Auvergne (sorry Juliette), alors que nous attend notre cher soleil du sud, nous fait presser un peu plus le pas, malgré les risques de glissade.

 

DSC03664.JPG

Ayant franchi la vallée de la Bourboule où s'écoule claire et riante la Dordogne, nous commençons à gravir le flanc sud de la Banne dOrdanche (1512m) autre ancien volcan jumelé avec le Sancy.

 

DSC03659.JPG

Nous sommes loin, en ce lieu isolé, des hordes toutistiques croisées au Sancy. Mais on est toujours le gêneur de quelqu'un d'autre car un aigle tournoie au dessus de nous pour nous impressionner, sans doute mécontent que l'on vienne empiéter sur son terrain de chasse.


 

DSC03668.JPG

 Parvenus au sommet, nous avons la récompense d'un panorama comme seule l'Auvergne sait en offrir : un océan de verdure aux vagues à la fois impressionantes et paisibles sur lequel dérivent des radeaux de nuages .

 

 

DSC03700.JPG

 Ayant retrouvé nos compagnes venues à notre rencontre, nous nous réfugions à l'hôtel du Lac de Guéry, une délicieuse adresse au rapport qualité prix imbattable, comme l'Auvergne en a le secret et qui offre en prime une vue magique sur l'un des plus beaux lacs de cette région.

Le délicieux repas consommé en ce lieu idyllique me fait penser qu'il serait temps que je vous parle de vins et de fromages auvergnats. Pour cela, je vous donne rendez vous lors de nos prochaines étapes

A suivre.....

 

Texte & Photos Ulysse

 

24/01/2012

Il a neigé dru sur le Plo des Brus (1ère partie)

  ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

 
DSC01445.JPG

Parcourir les chemins du haut-languedoc c’est revisiter son histoire. Il ne s’y trouve guère de lieu qui, par sa végétation, l’aménagement de l’espace ou les ruines que l’on y trouve, ne parle des siècles passés.

Nous voilà donc partis, Gibus et moi, pour un haut lieu à la fois géographique et historique de notre région : le plo des Brus, perché à plus de 1000 mètres dans le massif de l’Espinousse. En lisant ce nom, les esprits retors pourraient s’imaginer (aurais je l’esprit retors ?) que sur ce plateau (plo) haut perché, autrefois les brus en délicatesse avec leurs belles mamans (ce sont des choses qui arrivent, n’est ce pas !) venaient s’y échanger des recettes de soupe à la cigüe et autres « délices » pour mettre fin à leur problème, d’où le nom donné à ce lieu.

Que nenni ! l’origine en est beaucoup plus passionnante et viendrait de l’existence d’un camp romain qui aurait été commandé par Brutus, l’un des lieutenants de César (et plus tard l’un de ses assassins)  avec la mission de réduire les Ruthènes et les Avernes, soulevés par Vercingétorix.

Car ce plo situé sur le chemin menant de Béziers à Cahors occupait une position stratégique et présentait sur la majeure partie de son périmètre des défenses naturelles inexpugnables. Des restes de fortifications, des traces de roues de chars  gravées dans les dalles du sol et d’innombrables fragments de porteries attestent de cette présence romaine (Source « Mon Blason de Jules Anton Ed.  les Amis des Cévennes).

 

DSC01451.JPG

Nous partons donc du vieux moulin de Nougayrol situé au bord de la Mare (affluent de l’Orb) quelques kilomètres après Andabre et grimpons vers la chapelle de St Eutrope, notre  première étape. Derrière nous s’élève la montagne de Marcou (1087m) coiffée de neige qui donne une note de fantaisie à son allure habituellement austère.

 

DSC01463.JPG

La plateforme rocheuse sur laquelle est installée la chapelle nous permet de reprendre notre souffle. La croix qui la coiffe est comme un  défi de l’esprit au monde minéral et inhospitalier qui l’entoure .

 

DSC01473.JPG

Mais nous avons nous aussi un défi à relever qui est de franchir  sans encombre la formidable barre rocheuse qui protège le plo des brus, malgré la neige qui recouvre ses pentes

 

DSC01478.JPG

A peine sommes nous en route sur une vague trace encombrée de rocs, que nous apercevons un vénérable mouflon qui doit se trouver très heureux, en nous voyant tanguer sur le sentier, d’avoir quatre pattes plutôt que deux ! Malgré les cornes qu’il nous faudrait porter, sûr que l’on aimerait nous aussi à ce moment être mouflons !

 

DSC01485.JPG

Il rejoint nonchalamment sa harde qui se réchauffe la couenne au soleil, sans doute heureuse de retrouver un temps plus clément après les tempêtes des derniers jours.

 

DSC01497.JPG

La pente se fait plus raide et la neige plus profonde, ce qui ne facilite pas notre progression. Mais la tramontane est en congé et le froid reste supportable, ce qui nous permet de nous concentrer sur le sentier.

 

DSC01502.JPG

A l ‘approche de la dernière barre rocheuse les choses se corsent car la couche de neige rend les roches sous jacentes glissantes et, oh stupeur ! Gibus, qui habituellement semble flotter sur les chemins, patine un peu dans la semoule ….Quant à moi je progresse à quatre pattes  sur un air de tango, deux pas en avant, un pas en arrière !

 

DSC01506.JPG

Mais de nos efforts nous sommes largement récompensés par la vue que l’on a une fois parvenus sur le plo.  On comprend que les romains aient choisi d’installer leur camp à cet endroit qui offre une vue à 360° (voire plus) sur le paysage environnant.

 

DSC01508.JPG

Vu d’ici, l’orgueilleux Marcou n’est plus qu’un pauvre tas de caillou, lointain cousin du Mont valérien (il faudra que je me méfie la prochaine fois que j’irai lui gratter le dos, si jamais on lui rapporte mes propos !). Comme quoi tout est affaire de perspective : tel problème dont on se faisait une montagne nous fait sourire après l'avoir surmonté !

 

DSC01520.JPG

Nous nous arrachons à grand peine à cette vue ensorcelante pour descendre vers le hameau de Caissenols le Haut, où nous avons prévu de pique-niquer.

 

DSC01516.JPG

Alors que nous suivons les traces d’un mouflon, je vérifie la véracité d’un dicton languedocien qui dit que si l’on met ses pas dans ceux de cet ongulé , on peut lire dans ses pensées. Je n’ose le dire, mais ayant agi de la sorte, je vis apparaître le postérieur d’une mouflonne ! Comme quoi les mouflons et les hommes ont des valeurs communes !

 

DSC01528.JPG

Nous croisons un hippopotame des neiges, descendant d’une espèce qui occupait les lieux il y deux cents millions d’années alors que le climat était tropical. La faculté d’adaptation du monde vivant est étonnante. Qui pourrait imaginer que nos avortons politiques actuels sont des descendants de Vercingétorix et de Charlemagne?

 

DSC01529.JPG

Etre ou ne pas être, voilà une question que ne se pose pas ce formidable hêtre qui a lui seul constitue une forêt. Les arbres sont dans le monde vivant les êtres qui ont la vie intérieure la plus riche et la plus intense, du fait de leur immobilité qui les conduit  à passer leur existence à méditer en faisant fi des éléments. D’ailleurs, faites l’essai un jour d’enlacer un bel arbre pendant plusieurs minutes et vous en serez revigoré.

La tempête Klaus de janvier 2009 l’a malheureusement sérieusement blessé mais pas terrassé et je lui souhaite  de voir passer de nombreuses générations de randonneurs.

A suivre....

Texte & photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter