suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/05/2014

De battre nos coeurs ont continué....

 Après avoir pioché au cours des semaines passées dans mes archives, je vous offre aujourd'hui le récit d'une nouvelle aventure ! 

Merci pour votre patience et votre fidélité à me suivre...

 

 * Le titre de ma note est un clin d'oeil au très beau film de Jacques Audiard "De battre mon coeur s'est arrêté" 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

On dit des gens sans ambition qu’ils végètent ou de ceux qui sont inactifs (selon des critères éminemment subjectifs, car penser est la plus noble et productive des actions) qu’ils sont de vrais légumes. C’est dire la piètre estime que les humains ont généralement du monde végétal ! Je ne suis pas de ceux là, et vois dans les plantes, et notamment les arbres, les êtres les plus sophistiqués qui soient. Car tout en étant condamnés à l’immobilité, ils savent trouver de quoi se nourrir, prospérer, transformer l’énergie du soleil, capter l’oxyde de carbone, qui est un poison pour l’homme et émettre de l’oxygène qui nous permet de respirer !  Et les scientifiques sont en train de découvrir qu’ils  sont capables de communiquer entre eux et de faire preuve d’empathie envers leurs congénères !  Respect , chers arbres ! Et vous en voyez là de magnifiques qui jouent à sauter le muret de pierres que les anciens ont bâti pour protéger le chemin qu’ils ont tracé pour accéder à la montagne de Rosis où autrefois allaient paître leurs troupeaux d’ovins.

NB: Sur la question de la capacité des arbres à communiquer, je vous invite à consulter ce passionnant site dont la référence m'a été fourni par Framboise, l'une de mes lectrices, dans son commentaire. Je l'en remercie

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

D’ailleurs en mourant les arbres  révèlent leur véritable nature et les orbites vides de leurs yeux que leur écorce masquait sont des fenêtres ouvertes sur le mystère de la vie.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Certains arbres morts, dont les racines ne leur apportent plus la sève nourricière, broutent ici et là quelques feuilles de leurs jeunes et vigoureux voisins qui n’en prennent pas ombrage !

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

A peine sortis de la forêt nous découvrons un ancien abri de berger perché sur l’épaule de la Serre de More. Pour le construire, les anciens ont emprunté quelques os de la Terre, en en faisant en quelque sorte un prolongement. Ceux qui y vivaient préservaient ainsi le lien originel entre l’homme et la nature  qui leur faisaient comprendre que leur survie dépendait d’elle.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Cette masure est en parfaite harmonie avec le paysage environnant, au contraire des prétentieux gratte ciels que les hommes dressent aujourd’hui dans lesquels leurs vies périclitent faute de  pouvoir y entendre les battements du cœur de notre Terre Mère Gaïa.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Vivre ici au cœur des montagnes devait être une dure épreuve mais qui vous rendait immortel, puisqu’au milieu de cet environnement, qui vous conte des histoires vieilles de centaines de millions d’années, on comprend que la vie et la mort ne sont que les deux faces d’une existence transcendantale.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Au fond du vallon, on aperçoit le Casselouvre, dont nous avons l’été dernier descendu le cours lors d’une randonnée-canyoning mémorable !

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

On en devine le cours tortueux et escarpé qui sinue au cœur de la montagne de Rosis  qui commence à être illuminée par l’or des genêts.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

D’avoir aperçu ce cours d’eau fraiche et tonique (c’est le moins que l’on puisse dire) nous a donné envie d’aller y plonger une tête (et le reste si affinité !). Descendant pour le rejoindre nous passons devant une modeste capitelle qui devait plus servir à protéger les chopines des bergers des feux du soleil qu’à abriter les hommes ! Le vin chaud , c’est bon pour l’hiver !

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Et plouf ! nous y sommes !  L’ami Gibus prenant le chemin le plus court pour s’y tremper en se jetant d’un promontoire rocheux, alors que votre serviteur, désireux de ne pas vous priver d’Eldorad’Oc que vous semblez apprécier, l’a rejoint d’une façon plus précautionneuse.

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Après ce bain revigorant et un pique-nique qui l’est tout autant, nous reprenons le chemin des sommets pour y faire notre cure d’oxygène, de ciel bleu et  de chlorophylle, histoire aussi de faire battre la chamade à notre cœur afin d’assurer sa longévité..

 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

Car quand on a le privilège de pouvoir contempler de tels paysages, on veut pouvoir en profiter le plus longtemps possible….même si la mort n’est, comme je vous le disais plus avant, qu’une illusion !

 

PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "Le coupeur de canne" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

Je vous invite également à regarder et à diffuser à vos amis cette émouvante  vidéo (en espagnol) qui a été faite par le chanteur Macaco avec les travailleurs et les patients du 8e étage (Oncologie) de L'Hôpital pour enfant San Juan de Dios à Barcelone afin de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer. Chaque fois que l’on regarde la vidéo, 5 centimes sont versés à la cause.

 

    

 

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

06/04/2014

Allez on se chausse, on file à Caramaus !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Comment ! J’en vois qui ne sont pas encore chaussés !  Vous traînez un peu chères lectrices et chers lecteurs ! Quoi ? Qu’entends je ? La rando de la semaine dernière vous a fatigués, alors que Gibus et moi on s’est efforcé de vous vous emmener sur des chemins carrossables ! C’est sûr que le Caroux même par des bons chemins n’est pas le Mont Valérien où le Mont Saint Clair, c’est une MONTAGNE !  De toute façon, on ne peut pas attendre les retardataires, car cette fois ci une rude montée nous attend, vu que nous allons grimper hors sentier au sommet de la Plane (1020m) par la serre d’Esparic et le col de Caramaus. Allez celles et ceux qui sont prêts, prenez votre sac et zou, on y va !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Ne nous quittez pas des yeux car il n’y a pas de chemin et on va naviguer à vue en suivant les quelques balises bleues peintes ici et là sur des rochers. Ceux qui parlent le russe ne seront pas trop dépaysés vu que le parcours a un profil de montagnes russes. Je sais, ma blague n’est pas très subtile mais c’était juste pour détendre l’atmosphère !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Que celles et ceux qui ont le vertige ne regardent pas vers la gauche ou qu’ils ferment les yeux et  s’accrochent à mon sac à dos. Attention « pierre » ! , Attention «  trou » ! Attention « crottes de mouflons » ! 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Bon, le passage le plus difficile est passé, vous pouvez maintenant ouvrir les yeux pour jouir du panorama.

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Je vous rassure nous n’allons pas avoir à grimper ce monticule mais nous allons le contourner. Je tiens beaucoup à vous garder chères lectrices et lecteurs !

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Avant de descendre par le vallon du ruisseau des Fabre nous allons passer en revue les sommets que l’on aperçoit et où nous avons déjà emmenés certains d’entre vous. En face à gauche , on aperçoit le Plo des Brus où j’ai essuyé une tempête de neige il y a trois semaines. La pyramide au milieu recouverte d’une forêt sombre est le Mont Agut (1030m) qui domine l’ancien bassin minier de Graissessac aujourd’hui abandonné. Tout au fond entre les deux on aperçoit les Cévennes. Et si je me retournais je pourrai vous montrer le Caroux où nous étions la semaine passée. Ca donne le vertige n’est ce pas ! Le Népal est une pénéplaine à coté (bon là c’est mon coté sudiste qui parle !)

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

En descendant nous trouvons quelques lambeaux de neige que la fraicheur de ce versant nord a préservés. Non ! on n’a pas le temps de faire une bataille de boules de neige ! Vous y tenez !! Vous êtres de vrais gamins ! Gibus et moi aussi d'ailleurs ! OK mais alors pas plus de cinq minutes !

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Oh ! vous avez vu la laie qui vient de s’enfuir avec ses petits. J’ai juste eu le temps de prendre au vol une (mauvaise) photo d’un marcassin ralenti par une vielle souche. Je pense qu’il a eu la première peur de sa vie. Il en verra d’autres quand plus tard les « nemrods » voudront sa peau !

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

 

Nous arrivons au havre de paix qu’est Caissenols, merveilleusement restauré par une association de bénévoles (que je salue au passage) et où j’ai personnellement de merveilleux souvenirs pour y avoir emmené de nombreux amis ainsi que mes enfants et petits enfants pour de mémorables « saucisses grillées «  parties !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Désolé pour celles et ceux qui ne sont pas avec nous mais je ne poste pas pour cette fois de photo de notre pique-nique ! J’ai en effet reçu de trop nombreuses lettres de lectrices et lecteurs frustrés d’être arrivés trop tard pour les délicieux œufs-bacon au plat  préparés par Maître Gibus . Donc, on «squeeze la pause » dinatoire et la sieste et on se remet « fissa en route »  en empruntant un chemin des plus confortables. Ce n’est pas que je tiens à vous ménager, mais  généralement l’après midi, Gibus et moi, adoptons un « train de sénateur », bien qu’il soit évident qu’aucun des vieillards cacochymes qui peuplent le Sénat ne pourrait nous suivre !

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

J’en profite pour vous donner des nouvelles de cet arbre mort qui borde le chemin et avec lequel j’ai souvent de longues conversations, comme en décembre dernier. Il tient le coup ma foi et garde « bonnes racines et bon œil » et je vous transmets son amical salut, notamment à mon ami Marc qui le connaît bien aussi.

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Bon, il va quand même falloir affronter une dernière « légère » (au sens montagnard du terme)  montée pour accéder à la serre de More avant de redescendre vers notre point de départ.  Les protestations ne sont recevables que par pli recommandé avec accusé de réception dans les vingt quatre heures après l’ascension, le cachet de la poste faisant foi.

 

 

caissenols,rosis,casselouvre,nemrod,sénat

Mais une superbe récompense vous attend pour prix de vos efforts : une baignade dans le site magnifique des méandres du Casselouvre. A quelle température est l’eau, me demandez vous . Désolé mais ce n’est pas un question que l’on pose quand on part en randonnée avec Gibus et Ulysse . On se déshabille et on plonge, point barre !

 

PS: Je vous invite à faire connaissance de Jennifer, femme fatale, sur mon blog musical OLD NUT  en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse

 

06/11/2013

Voulez vous que je l’on vous ravisse ? Suivez nous à Rosis !

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

En ces temps où la morosité règne en tous lieux et où notre capitaine qui est censé tenir la barre a perdu le cap, il est revigorant, quand on a l’infini privilège d’être libre de son temps, d’aller se plonger au cœur de la nature à la fois immuable et  changeante. Immuable, car roches, torrents, animaux, arbres nous donnent le sentiment d’une permanence qui nous rassure dans notre monde instable et imprévisible.  Changeante car la ronde des saisons lui confère un charme renouvelé sans modifier en rien son essence. A vous, chères lectrices et lecteurs, qui n’avez peut être pas cette liberté, j’offre donc cette parenthèse virtuelle d’immersion dans la nature, en espérant qu’elle vous apportera un brin de « zénitude ».

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Sur le chemin des Banissous, que nous empruntons en vue d’accéder à la montagne de Rosis, nous rencontrons ce que je pensais être une magnifique amanite panthère, mais qui serait en fait une coulemelle, d'après deux de mes lecteurs, Alain et Daniel, que je remercie pour cette précision.  La belle n’a pas froid aux yeux de s’installer ainsi sur le chemin où elle risque de se faire bousculer par les randonneurs, heureusement rares en cette saison.  

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Puis nous traversons le ruisseau d’Aussière dont la douce chanson égaie cet univers végétal gagné par la mélancolie automnale. Chaque fois que je rencontre un cours d’eau je pense à l’étonnant voyage de cette matière protéiforme qui va sans cesse des nuages aux océans où dans les profondeurs de la terre et dont le cycle perpétuel a permis l’éclosion de la vie sur la terre.

 


rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Après avoir accédé à la Plane (1029m) l’un des sommets de la montagne de Rosis, nous suivons la sente qui court sur la ligne de crête avant de redescendre vers notre point de départ. Les premiers froids de l’automne commencent à roussir les bruyères et les feuilles des hêtres (aussi dénommés fayards). Etant également  à l’automne de nos existences nous nous sentons en harmonie avec notre environnement. Espérons néanmoins que pour ce qui nous concerne l’hiver ne viendra pas trop vite !!

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Seuls les genets restent verts pendant la « morte saison ». De fait, leur vitalité et leur prolifération pose un problème d’environnement car ils envahissent peu à peu les massifs du haut Languedoc au détriment des autres végétaux. Autrefois les troupeaux de moutons permettaient de limiter leur extension. Ils ont vite fait de recouvrir les chemins et il faut l’œil avisé de Gibus pour ne pas perdre la trace qui doit nous mener à bon port.


 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Cette sente passe par les croupes rocheuses qui émaillent la ligne de crête et qui nous ramènent à l’état de quadrupède, nos mains servant autant que nos pieds dans ce genre de situation.

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Quand je fais référence aux quadrupèdes, je devrais préciser : genre mouflon pour l’ami Gibus qui survole les obstacles et plutôt hippopotame pour ce qui concerne votre serviteur. Mais bon j’arrive à passer quand même !

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Nous évoluons dans un paysage qui évoque une peinture chinoise « shanshui » qui  célèbre la montagne, symbole de la force et l’eau, symbole de vitalité. Bien que l’eau ne soit pas ici visible, elle coule en contrebas dans le vallon et nous en apercevons parfois le cours.

Selon Confucius « L'homme avisé aime l'eau, l'homme vertueux, les montagnes. L'homme avisé se meut comme l'eau, l'homme vertueux est stoïque comme la montagne. L'homme avisé est heureux ; l'homme vertueux a une longue vie. ». Nous qui aimons l’eau et les montagnes serions nous donc avisés et vertueux ? Je répondrai avec sincérité pour ce qui me concerne : pas toujours !

 


rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Au sommet de l’une des croupes rocheuses nous tombons sur un tas de crottes fraîches de mouflon, mais c’est hélas la seule trace que l’on verra ce jour de ce noble animal.



rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Mais afin que vous ne soyez pas trop frustrés et que vous ayez envie de revenir nous voir, je vous mets une photo d’un magnifique mâle prise  l’an passé à la même époque et dans ce secteur.

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Passant au pied des ruines du vieux château de Nébuzon  nous y grimpons espérant y découvrir un somptueux panorama.

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Et nous apercevons, en effet, le cours du Casselouvre que nous avons descendu cet été en canyoning (voir ma note du 8 août dernier)

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Nous ne manquons pas à la descente d’aller y plonger une tête …..et d’en ressortir vite fait, l’eau étant à une température compatible avec le pastis ! Nous en ressortons plus petits de quelques centimètres…..

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Après avoir parcouru ensemble ces merveilleux paysages que recèle le Haut Languedoc, je vais malheureusement devoir partager avec vous un coup de gueule contre quelques individus qui relèvent plus de la race des cancrelats que de l’humanité. Ces "goujats" ont déposé sur le parking du hameau de Cours le Haut où nous étions garés des « encombrants » à coté même d’un panneau d’interdiction informant les habitants de l’organisation d’un dispositif de ramassage à domicile. Je sais bien que mon coup de gueule n’aura aucun effet car ces individus pour agir de la sorte ne doivent même pas savoir lire !

 

rosis,mouflon,casselouvre,canyoning,chasse

Tout aussi méprisables sont les chasseurs qui ont abattu ce faucon crécerelle dont la photo m’a été communiquée par un ami randonneur Daniel qui les a surpris juste après qu’ils aient commis leur forfait. Mon ami les a interpellés mais ils se sont carapatés comme des cancrelats pour ne pas être identifiés, car c’est un délit. Le faucon est d’autant plus facile à atteindre qu’il a un vol stationnaire afin de repérer ses proies et tirer sur lui est une ignominie. Cet acte n'est hélas pas un cas isolé et vous lirez ICI une liste de bavures et incidents de chasse recensés par la « Buvette des Alpages »

 Ceci dit je ne veux pas diaboliser tous les chasseurs. Même si c’est une activité que je réprouve, elle est légale et tant que les personnes qui la pratiquent  respectent la réglementation et les autres usagers des espaces naturels, on ne peut les condamner. Je dois reconnaître que la majorité de ceux que je croise sont courtois et disposés à cohabiter avec les randonneurs. Mais il serait bien que les fédérations fassent la « chasse » à ceux de leurs membres qui commettent de tels actes.

 

Texte & Photos Ulysse


 

25/01/2013

La montagne de Rosis hors piste !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

 A l’occasion de l’annonce de la fin du monde fixée par une bande da farfelus au 21 décembre dernier, le journal Le Monde avait publié un article où des scientifiques répertoriaient les causes probables de la fin de l’aventure humaine sur notre planète. Outre l’implosion de notre soleil, prévue dans quelques milliards d’années, étaient ainsi envisagés une méga explosion volcanique, la rencontre avec un gros astéroïde, une pandémie mondiale mortelle, l’effondrement du champ magnétique terrestre qui transformerait la terre en micro-onde, évènements dont la probabilité de survenir n’excédait pas quelques milliers d’années, sans exclure pour certains (éruption volcanique et pandémie) qu’il puisse se produire dans les mois à venir. Nous vivons donc avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et il vaut mieux en conséquence, quand bien sûr on en a la possibilité, ne pas remettre à demain la quête des petits bonheurs que l’on peut cueillir ici et là dans cette vaste foire d’empoigne qu’est devenue notre planète.

C’est pourquoi Gibus et moi ne manquons pas une occasion d’aller explorer un bout de notre cher Languedoc qui n’a pas encore eu l’honneur de voir la semelle de nos souliers, et grâce à Zeus, ces lieux inexplorés sont suffisamment vastes pour occuper le reste de notre existence (même si nous devenons centenaires !).

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous voilà donc partis en ce frais, mais radieux, matin du 20 novembre 2012, du hameau de Cours le Bas, en direction du col de Vente Vieille, en vue d’aller explorer la Montagne de Rosis hors piste.

La beauté des feuillages de l’automne finissant et l’océan démonté de montagnes bleutées qui nous entoure et que la brume ourle d’écume nous gratifie d’un spectacle qui exalte nos âmes ou plutôt ce « je ne sais quoi » en nous qui nous fait sentir que nous sommes intimement liés au reste de l’univers.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous passons en contrebas  du Mouscaillou, modeste sommet ou des bataillons de conifères disciplinés ont installé leur camp. On dirait des légions romaines faisant face à l’assaut de hordes hirsutes de feuillus gaulois. Les arbres, de fait, se livrent une guerre silencieuse où les batailles durent des décennies.

Les chasseurs ont dressé un portique accessible en 4X4 qui ne laisse aucune chance au gibier à plume ou à poil qui passe dans les parages. Quelle « noble » tradition  l’on perpétue ainsi qui permet à des gens ventripotents de massacrer à distance des animaux qu’ils sont hors d’état de suivre à la trace et dont ils sont incapables d’apprécier la beauté et la grâce !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Ayant conclu, à notre démarche légère et à notre attirail, que nous n’étions pas de la sinistre famille des Nemrods, deux superbes et vénérables mouflons nous font l’honneur de se laisser contempler. Comment peut on avoir envie de tuer un être vivant dont on a ainsi croisé le regard  sans qu’il y ait une nécessité vitale. Les amérindiens qui  considéraient les animaux comme leurs égaux, les remerciaient quand ils les chassaient pour se nourrir  de se sacrifier ainsi pour assurer leur survie. Et chasser le bison avec un arc et des flèches relève d’une autre éthique que de chasser le cerf ou le mouflon avec un fusil à balle qui porte à 2km !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Etant parvenu au sommet de la Montagne de Rosis qui culmine à 1058 mètres, nous entamons notre descente vers la rivière du Casselouvre, qui coule en contrebas et constitue le but de notre parcours hors piste. Evitant les sentiers, nous courrons le risque de tomber sur une barre rocheuse infranchissable et de devoir, s’il est trop tard pour revenir au point de départ,  passer une nuit à la belle étoile ! Mais il est exaltant de pouvoir ainsi introduire un peu d’incertitude dans nos vies aussi bien réglées et prévisibles qu’un coucou suisse.  Posons nous la question : y a-t-il beaucoup de jours dans notre vie où nous ne savons pas où nous serons  dans les heures qui suivent ! De fait, fort peu sous nos latitudes, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres pays où règnent famine et tyrannie.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous rencontrons quelques difficultés pour traverser les denses ginestières qui occupent les pentes de la serre d’Esparic. Même les mouflons eux mêmes ont du mal à s’y faufiler, c’est pour dire ! Nous évitons de trop nous approcher des arêtes rocheuses car certains gros cailloux pourraient être tentés de vérifier s’ils sont plus durs que notre caboche , ce qui est probablement le cas !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous traversons ensuite quelques éboulis où un vénérable hêtre s’est allongé pour mourir, ce qui ne facilite pas le passage de l’obstacle  ! Mais il n’ y a rien de plus revigorant que d’affronter et de surmonter des difficultés car on en tire un sentiment de fierté, autrement plus légitime et gratifiant que celui qu’éprouve le sportif de canapé qui crie « on a gagné » quand son équipe est victorieuse.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Puis nous abordons une zone plus confortable où nous pouvons enfin jouir du paysage ; « so far, so good » comme disent nos meilleurs ennemis les « englishs », la perspective de devoir contempler le lever et le coucher de lune en compagnie de mouflonnes s’éloigne ainsi à grand pas, pour notre plus grande joie  (bien que nous n’ayons aucune prévention contre les mouflonnes !).

 rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Parvenant au dessus d’un éperon rocheux nous apercevons d’ailleurs un mâle qui se prélasse tandis que ses deux concubines broutent paisiblement inconscients de notre présence.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous cherchons et trouvons une brèche dans l’éperon rocheux nous confortant dans l’idée que nous sommes nés sous une bonne étoile et que notre périple s’achèvera sans autre difficulté..

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous abordons l’endroit où paissaient les mouflons aperçus auparavant, mais ils ont disparu, sans doute alertés par le bruit de nos pas sur le sol caillouteux et notre odeur prononcée de randonneur !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Quelques hêtres sont partis à l’assaut des flancs de la serre d’Esparic, cohorte de fantômes dont les silhouettes évanescentes tranchent avec l’or cramoisi des fougères fanées. En ces lieux combien la mort  est séduisante !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Un jeune mouflon plus audacieux que les autres ou, hypothèse plus probable,  ignorant de la dangerosité  de l’espèce humaine nous regarde quelques instants, sans doute intrigué de nous voir tenir debout avec seulement deux pattes. Puis il part tranquillement  se réfugier derrière une barre rocheuse.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Nous contournons à notre tour cette barre rocheuse pour découvrir avec « ravissement » qu’il va nous falloir franchir le ruisseau du Denès qui, à cette saison, ressemble à un torrent ! La traversée se révèle un brin acrobatique mais nous réussissons à garder nos pieds au sec ce qui, en cette saison, est des plus apprécié.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

En remontant sur l’autre rive nous entendons le bruit d’une cavalcade dans les sous bois, une harde de mouflons  défile alors devant nos yeux ébahis juste au dessus de nous, effrayés sans doute par le bruit de notre approche sans toutefois avoir pu nous repérer.

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Un vieux mâle s’arrête un instant pour tenter de voir d’où vient le danger mais grâce au vent contraire il ne peut déceler notre présence, ce qui nous donne le loisir de l’admirer. C’est pour nous un instant mémorable, un de ceux pour lesquels on avale des dizaines de kilomètres de chemin sans barguigner. Cette étincelle de vie sauvage et fière que l’on aperçoit dans son œil vaut plus pour nous que le plus gros des diamants, qui ne sont finalement que des morceaux de charbon transparents que des foldingues s’arrachent à prix d’or. Ah, les couillons !

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

 Mais passé ce moment de bonheur nous tombons sur un « os ». Une paroi rocheuse d’une vingtaine de mètres se dresse devant nous qu’il nous est impossible de gravir. Deux solutions s’offrent à nous :  la contourner par le haut avec le risque de tomber sur d’autres parois qui nous obligeraient,  en définitive, à rebrousser chemin  ou trouver une issue vers le bas, sachant que le ruisseau de Casselouvre, objectif de notre périple hors piste, ne doit plus être loin. Nous optons donc pour cette seconde solution qui implique, toutefois, de nous frayer un tunnel dans une végétation qui n’a rien à envier à  la jungle amazonienne. Fort heureusement les ronces n’affectionnent pas trop les pentes humides de la montagne de Rosis et nous sortons de cette épreuve pas trop balafrés.


 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Et suprême récompense nous abordons aux rives du Casselouvre qui prennent à nos yeux l’allure du paradis. Et là je m’inscris en faux contre l’adage Zen qui prétend que « celui qui atteint son but a manqué tout le reste ». Car ce but que nous nous étions fixé n’était qu’un prétexte à arpenter cette nature sauvage et somptueuse de la montagne de Rosis. De fait, en atteignant notre but nous avons surtout gagné tout le reste ….

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

 Nous sommes juste en contrebas du portail de Roquendouire d’où part un sentier qui nous ramènera sans encombre à bon port. Sachant que nous n’aurons donc pas cette nuit à contempler comme Ruth  «  cette faucille d’or négligemment jetée dans le champ des étoiles «  comme l’a célébré ce cher Victor, nous prenons le temps de nous baigner (oui, oui,  un 20 novembre !) couronnement du bonheur pris à faire cette randonnée.

  

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

 

 La montée vers le portail n’est ensuite  pour nous qu’une formalité. En le voyant un plaisir intense nous envahit, comme celui que l’on éprouve à revoir sa maison après un long voyage.

  

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Et c’est en « roues libres » que nous empruntons la superbe draille, bordées de magnifiques « sécadous », en ruines hélas, qui doit nous ramener  tranquillement à notre point de départ.

 

 

rosis,mouflon,casselouvre,hugo

Mais nous avions oublié qu’il nous fallait franchir une dernière fois le Casselouvre avant de rejoindre  Cours le Bas  et le gué que nous empruntons habituellement est, à cette saison, submergé. Nous devons nous livrer à un dernier exercice périlleux de le traverser pieds nus en marchant sur des cailloux glissants : il ne manquerait plus que, si près du but, on se retrouve le cul dans l’eau tout habillé après avoir arpenté la montagne de Rosis hors piste sans avoir subi aucun dommage !

 

Texte & photos Ulysse