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05/01/2010

Douce est la vie le long du Canal du Midi (1ère partie)

 

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Nous allons commencer l'année 2010 en douceur car comme dit le proverbe italien  "chi va piano, va sano e va lontano ". Je vous invite donc aujourd’hui à une escapade vélocipédique le long du Canal du Midi, œuvre du génial Pierre Paul Riquet, qui y consacra ses biens et sa vie et mourut hélas peu de temps avant son inauguration.

D’excellents sites existent qui vous diront tout de cette œuvre unique, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, aussi je me limiterai, dans mon récit aux aspects bucoliques et pratiques, de ce lieu.

Bien que parfaitement plat, le canal du Midi n’est pas pour les vélocrates qui ne prennent leur biclou que pour aller chercher leur baguette, histoire de faire croire à leur jeune et jolie boulangère que ce sont de grands sportifs. Le canal fait, en effet, plus de 600km de long ponctués par d’innombrables écluses et ouvrages d’art.

 

 

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Il faut donc de bons mollets pour en venir à bout, ainsi qu’un minimum de pratique et un excellent sens de l’équilibre pour déjouer les pièges tendus par les racines de platanes qui ornent ses rives, hormis sur certains tronçons restaurés, comme celui que nous allons parcourir aujourd’hui qui va de Bram à Castelnaudary (32km A.R.)

Le canal du Midi est un lieu de quiétude en marge du monde, sauf quand des abrutis en « quad » ou en motos dites « vertes » envahissent ses rives. Mais il faut hélas se résigner à ce que certains bipèdes ne puissent vivre que dans le vacarme et la fumée qui compensent le silence et le vide sidéral qui règne dans leur lobe frontal.

 

 

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Le canal est un lieu pour ceux qui chérissent la lenteur, surtout quand on le parcourt en bateau...

 

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La vie s’écoule alors au rythme de la respiration des écluses, vastes sabliers aquatiques qui s’emplissent et se vident d’eau pour permettre le passage des bateaux

 

 

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Les méandres du canal offrent un spectacle sans cesse renouvelé de jeux d’ombres et de lumières et de reflets aquatiques.

 

 

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C’est un terrain de jeux idéal et un lieu de bombance pour les  canards qui quémandent leur pitance aux plaisanciers .

 

 

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Jeunes qui cherchez un emploi d’avenir non menacé par les délocalisations qui dévastent industries et services, devenez éclusier, car le canal du Midi, malgré le réchauffement climatique annoncé, n’est pas près d’être asséché !  En outre vous  ferez chaque jour de nouvelles rencontres et vous serez logé, avantage inestimable en ces temps de crise du logement.

 

 

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Que serait le canal sans les platanes :  qu'un morne serpent d’eau verdâtre ! Mais avec leurs bataillons de fûts élancés et leurs frondaisons denses, il prend l’allure d’une Amazone domptée.

 

 

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Hélas, un sort funeste menace ces vénérables arbres  car le chancre coloré, sans doute introduit en France dans les caisses de l’armée américaine en 1945, a gagné le sud de la France et a commencé a les décimer. Il n’existe pas de remède sinon de couper et de brûler les sujets malades pour éviter que cette « peste » ne se propage !

 

 

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Mais nous voilà arrivés à Castelnaudary dont l’immense « réservoir » dominé par la collégiale Saint Michel  était autrefois le principal port du Laurageais. De ses quais partaient des barges chargés de céréales à destination de Narbonne et de Béziers.

 

 

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Aujourd’hui on y fait halte pour célébrer un des chefs d’oeuvre de la gastronomie française :  le cassoulet ! Vous savez sans doute que ce plat est objet de litige entre Castelnaudary, Toulouse et Carcassonne, qui revendiquent toutes trois d’en être à l’origine et d’avoir la seule vraie recette de cassoulet !

Pour arbitrer cette rivalité, Prosper Montagné, grand chef languedocien du début du XXème siècle a forgé une métaphore :

« Le cassoulet, c'est le Dieu la cuisine occitane, Dieu le père c'est le cassoulet de Castelnaudary, Dieu le fils c'est celui de Carcassonne et le saint esprit c’est celui de Toulouse. »

Quant à celui que nous avons dégusté dans un restaurant de Castelnaudary , qui nous a été recommandé par un éclusier et qui se nomme  l'Escapade,  il était effectivement divin !

PS : ce restaurant  se trouve au 2, Avenue François Mitterrand à 200m, à droite sur la route qui mène au centre ville, quand on quitte la berge du canal juste avant d’arriver au réservoir (04 68 23 45 58 et 06 23 37 46 95)

A suivre …

Texte & Photos Ulysse