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16/10/2010

Périple en Andorre 4 - Le pic de Coma Pedrosa (2934m)

 

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Pour notre dernière escapade, nous avons prévu de grimper le Pic de Coma Pedrosa (2934mètres) plus haut sommet de l’Andorre. je dis « prévu » car la partie terminale de l’itinéraire est considérée comme assez technique et il est fortement recommandé de ne pas s’écarter des balises sous peine de redescendre bien plus vite qu’on le souhaiterait !

C’est la raison pour laquelle, nous formons deux groupes : le premier constitué des garçons (jamais disponibles quand il s’agit de passer l’aspirateur, mais toujours prêts à relever les défis les plus idiots) et le second composé de nos épouses que nous devons - si tout se passe bien - retrouver après l’ascension, auprès du Lac Nègre pour le pique-nique. Au moment du départ, inquiètes sont nos compagnes qui nous recommandent la plus grande prudence. Ca fait toujours plaisir de savoir que l’on tient à nous !

C’est d’ailleurs un test que je vous conseille, chers amis lecteurs, si vous doutez des sentiments que l’on a pour vous. Dites à votre compagne « tiens, j’irai bien grimper le Pic de la Coma Pedrosa  » et attendez la réaction. Si on vous dit « Tu as bien raison , va prendre l’air », vous avez du souci à vous faire ! »

 

 

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Notre plan de vol se déroule comme prévu ( je dis « vol » car vu l ‘allure à laquelle Gibus mène le train, nos pieds touchent à peine terre) et nous arrivons en vue de lac Nègre dans le délai anticipé.

 

 

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A partir de là, ce qui n’était qu’une marche d’approche un peu sportive devient une véritable ascension. Après une demi heure de crapahut dans les éboulis, nous croyons être en vue du sommet et pensons alors, bien que ce passage ait été plutôt sportif, que la sulfureuse réputation faite au Pic est bien surfaite. Mais le Pic cache bien son jeu !

Car si vous regardez avec attention la photo ci-dessus, vous constatez que derrière le sommet au premier plan figurent quatre mamelons en alignement. Et pour gravir ces quatre mamelons, nous avons dû nous transformer en araignée et chercher un passage en suivant les quelques marques jaunes peintes ici et là sur des rochers en surplomb. Vous comprendrez que je n’ai pas pu immortaliser ces instants en prenant des photos, j’en suis désolé !

 

 

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La somptueuse vue que l’on a sur les chaînes de montagne environnantes en arrivant au sommet vous donne une idée de l’étroitesse des lieux. Pour cheminer sur certaines d’entre elles il faudrait avoir l’agilité et les neuf vies d’un chat.

 

 

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Mais vu que nous n’avons (jusqu’à preuve du contraire) qu’une existence, nous faisons tout pour la préserver en restant précautionneusement au sommet et en évitant de se bousculer

 

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L’heure du rendez vous avec nos compagnes approchant, nous nous arrachons à ce lieu envoûtant et dévalons la face nord afin d’éviter d’avoir à repasser par les quatre mamelons de rochers cahotiques que nous avons dû franchir à l’aller.

Mais la pente est fort ardue, le sol meuble et glissant et en cas de chute il n’y a rien, ni végétation, ni rocher pour nous retenir. Cela n'empêche pas Gibus, qui semble avoir des semelles en « post it »,  de  prendre le large comme à l’accoutumée.

 

 

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Par contre, nous, les besogneux, aussi agiles que des fers à repasser, freinons de nos talons autant que nous pouvons, soulevant des volutes de poussière, ce qui provoque soudain le déblocage d’une pierre grosse comme un ballon de football. Elle se met à dévaler la pente à vive allure en se dirigeant vers Gibus en contrebas.

 

 

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Nous hurlons à l’unisson afin qu’il sorte de la trajectoire, sous l’œil intéressé d’un vautour fauve qui croit voir son déjeuner assuré Heureusement Gibus perçoit à temps notre clameur et en trois sauts dignes d’un isard se met hors de portée de la pierre. Nous en sommes quitte pour une bonne montée d’adrénaline ! Le vautour s’en va dépité !

 

 

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Nous parvenons sans autre frayeur auprès du lac Nègre qui, vu sous cet angle, est plutôt bleu outremer. Sans doute a-t-il adopté ce séduisant atour afin de nous tenter et nous attirer dans ses eaux . Mais l’heure n’est pas à la baignade, notre priorité étant d’aller au plus vite rassurer nos compagnes.

 

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La présence d’un névé à proximité vous donne au demeurant une indication de la température de l’eau. Mais vous savez bien que ce n’est pas cela qui peut nous dissuader de prendre un bain.

 

 

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Le chemin passant au ras de ce névé, il faut prendre garde à ne pas glisser et tomber en dessous sous peine d'être transformé en hibernatus.

 

 

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Nous franchissons le champ de pierres cahotiques d’une ancienne moraine où les cairns nous permettent de ne pas perdre notre chemin. Derrière la moraine nous retrouvons enfin nos compagnes pas si inquiètes que ça (la vie n’est faite que d’illusions !). Le récit de l’accident dont a failli être victime Gibus les rend un peu plus démonstratives (les hommes sont tous des grands enfants qui ont besoin d’attirer l’attention !)

 

 

 

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Après avoir transvasé le contenu de nos sacs et de nos bouteilles (je ne dirai pas de quoi, vu que la L.A.O veille !) dans nos estomacs affamés et nos gosiers assoiffés, nous faisons une sieste réparatrice. Quel bonheur de pouvoir ainsi en toute confiance s’abandonner aux rayons du soleil, aux caresses du vent, aux regards concupiscents des vautours ( les vautours sont d’ailleurs bien les s euls qui nous regardent encore avec concupiscence !)

 

 

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Il est l’heure de reprendre le chemin de la vallée que surplombent de formidables murailles de pierre noire, surgies il y a plusieurs dizaines de millions d’années des entrailles incandescentes de la terre.

 

 

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Carpe diem, voilà les mots qui s’imposent, car en ces lieux tout n’est que beauté, calme et volupté.

 

 

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A mi-chemin, sur un grand plateau herbeux des chevaux à demi sauvages folâtrent, nous donnant le sentiment d’être revenus à un temps édénique. Dieu est vraiment un vieillard irascible et sadique de nous avoir chassés du paradis pour une malheureuse pomme dérobée, alors qu’elles se vendent à un euro le kilog chez l’épicier du coin.

 

 

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Gibus qui, comme Robert Redford,  sait parler aux chevaux (avez vous noté, qu'ils ont le même chapeau !) leur raconte sa mésaventure et la déconvenue du vautour qui croyait son déjeuner assuré , ce qui les fait bien rire !

 

 

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Notre chemin suit un moment un torrent dont les eaux riches en sels minéraux parent de blanc les rochers de son lit.

 

 

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Nous y trempons les gambettes, et la tête , et le reste, alouette ! alouette, gentille alouette, alouette …où es tu passée ?

 

 

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Et voilà en première mondiale enfin dévoilés…. mes mollets en plein exercice, photographiés à mon insu par Gibus! je les expose non pas pour m’en glorifier mais pour au contraire vous montrer qu’ils n’ont rien d’extraordinaire et vous prouver ainsi que les vôtres feraient aussi bien l’affaire et pourraient, si vous le vouliez, vous emmener ou je vous ai emmenés !

 

 

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Les plus belles choses ayant une fin , ce qui au demeurant contribue à leur beauté, il est temps de vous quitter et de vous saluer. Marie, Monique, Ghislaine, Suzanne, Christiane, Nelly, Gibus, Rémi, Jean-Michel, Georges, Jean-Claude et moi même vous remercions d’avoir suivi notre périple en espérant qu’il vous a dépaysés.

 

 

 

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A la prochaine !

 

Texte Ulysse & Photos Ulysse et Marie/Gibus (5,7, 9, 16, 18)