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20/12/2013

Dieu et le père Noël (reprise d'archive)

 
 
 JOYEUSES FETES A TOUTES ET A TOUS
 
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Dieu alluma une cigarette et en tira voluptueusement une profonde bouffée qu'il expulsa lentement, disparaissant dans un nuage de fumée de la vue des anges qui tournoyaient autour de lui. Puis, avalant goulûment une gorgée de Glenlivet 10.000 ans d'âge, il dit à Divina assise à ses côtés : « Laisse moi un instant douce Divina, j'ai besoin de réfléchir ! ».

Car Dieu était préoccupé ! L'humanité lui donnait du souci ! Voilà des êtres, se disait-il, auxquels j'ai offert la plus belle et la plus confortable planète de l'univers et ils en font un mouroir et une décharge publique ! Ils n'arrêtent pas de se taper dessus, même leurs gosses dans les cours de récréation se comportent comme des,chiffonniers ! Diable (c'est son juron préféré) ce n'est pas faute pourtant de leur avoir envoyer des messages de tolérance et d'amour. Mais ces gredins ne retiennent de mes paroles que ce qui sert leur instinct de domination !

Ils ont fait de moi un père fouettard, un épicier vicieux comptant leurs péchés, un Moloch avide de sang, d'honneurs et d'offrandes, un maquereau pourvoyeur de vierges ! C'en est assez, je ne sais plus que dire ni que faire, je crois que je vais saborder leur planète !


Divina qui, grâce à son intuition féminine, avait deviné le dilemme qui tourmentait son cher compagnon, revint s'asseoir à ses cotés et, lui passant la main dans les cheveux, lui dit : « je sais ce qui te rend soucieux et je crois que j'ai une solution »

« Je t'écoute très chère » lui dit il amoureusement ne doutant pas qu'elle ait effectivement trouvé un moyen de résoudre son problème, tant était grande son intelligence. A vrai dire, pensait-il, s'il n'y avait que des femmes sur la Terre la situation y serait sans doute plus agréable car il n'y aurait plus de chaussettes sales qui traînent. Mais bon le "mâle" étant fait, il faut l'accepter et se dire que sans lui le monde n'y serait pas forcément plus gai, car que vaudrait la vie sans amour (même éphémère) et sans "galipettes" !

Divina lui dit alors : «  j'ai constaté qu'un jour par an la Terre connaît une trève, un jour où les hommes semblent mieux disposer à l'égard de leurs congénères et déposent leurs armes, c'est le jour de Noël. Ecris donc au Père Noêl pour savoir ce qu'il faut faire pour que les hommes se comportent ainsi tous les jours de l'année. »

« Divina tu es géniale, je vais sur le champ envoyer un mail au père Noël pour lui demander conseil ». Une fois le mail expédié, n'ayant pas d'autre problème à traiter et connaissant par coeur le programme des chaines de télé, ils s'enlacèrent amoureusement, attendant la réponse de Santa Claus.

Deux jours plus tard, alors que Dieu taillait ses rosiers, le téléphone sonna. Il décrocha le combiné et s'installa dans un fauteuil « Allo, Dieu à l'appareil! » dit il, « C'est le Père Noël » lui répondit son interlocuteur «j'ai bien reçu votre mail et je préfère vous répondre par téléphone, c'est plus convivial » « Vous pensez que vous allez pouvoir régler mon problème et rendre l'humanité plus raisonnable ? » lui dit Dieu « C'est une tâche titanesque que vous me demandez là, mais j'ai quelques idées »  rétorqua le Père Noêl

« Bon, et bien allez y, je vous écoute » dit Dieu


« Bon voilà, je crois qu'il faut faire quelque chose pour chaque peuple dont le comportement pose problème si l'on veut améliorer l'ambiance qui règne sur la terre et réduire les conflits. Je commencerais par les Chinois qui sont les plus nombreux et dont l'impact sur l 'économie et le climat de la planète devient préoccupant.

Si j'étais vous je leur enverrais Martine Aubry pour qu'elle leur impose les 35 heures. Cela permettrait aux autres peuples de respirer au sens propre et figuré. En outre, il serait bon que les dirigeants chinois accoutumés aux turpitudes et aux pollutions en tous genres deviennent allergiques à l'air pur du Tibet. Cela permettrait à ces pacifiques Tibétains d'échapper aux brimades de cette sinistre et pitoyable clique qui dirige un Etat producteur de chaussettes à deux balles et de vivre comme ils l'entendent.


Pour les indiens je ressusciterais Gandhi dont le souvenir est très respecté et qui pourrait ramener l'harmonie dans ce pays. Je changerais aussi plus souvent l'eau du Gange afin qu'ils attrapent moins de maladies.

Aux français toujours mécontents et déprimés qui vivent dans le souvenir de leur grandeur passé et qui ont la nostalgie des 30 glorieuses où ils étaient tous fonctionnaires, j'enverrais quelques milliers de tonnes de carambars et de mistral gagnants. Ca les détournerait des anti-dépresseurs, supprimerait le trou de la sécu, permettrait ainsi de réduire leurs impôts et donc de les rendre plus aimables. Je ferais aussi en sorte que Carla tombe amoureuse de Nicolas Hulot afin qu'il soit élu lors des prochaines élections

Pour les russes je transformerais leur pétrole en vodka afin que plus jamais aucun soldat ne soit en état de conduire un char et échangerais leurs ogives nucléaires contre des bacs à fleurs .

Aux italiens j'offrirais des milliers de bennes à ordures pour la collecte des mafieux. Je ferais aussi élire Ornella Mutti comme papesse pour mettre au pas les vieux barbons qui règnent au Vatican et donnent de vous une image déplorable.

Quant aux allemands, qui se présentent comme les champions de l'écologie mais roulent tous dans des grosses cylindrées, je transformerais leurs mercédès et BMW en chars à boeufs, sauf que je remplacerais les boeufs par des ânes, car le pet de boeuf contient du méthane néfaste pour l'environnement. Je remplacerais aussi l'allemand par l'italien, langue beaucoup plus harmonieuse et propice à l'amour.

Pour les espagnols, je remplacerais les épées des toréadors par des épées en plastique pour que les toros aient enfin un chance de s'en sortir dans les corridas. Et je supprimerais les verbes irréguliers de la langue espagnole pour qu'on puisse l'apprendre plus facilement et lire ainsi dans leur langue d'origine les magnifiques poèmes de Fédérico Garcia Lorca.

Pour les pays arabes, je transformerais le pétrole en eau afin qu'ils puissent cultiver le désert et inciterais Mahomet à retourner sur terre  pour aller clamer haut et fort l'égalité de la femme et faire de la publicité pour le vin et les rillettes, ce qui permettrait à la France, qui est la fille ainée de l'église, de rétablir sa balance commerciale.

Pour les anglais, je comblerais la Manche et communiquerais au monde entier leur recette de marmelade à l'orange pour qu'ils sortent de leur splendide isolement et qu'ils cessent de se prendre pour le nombril du monde. Je leur imposerais aussi de rouler à droite afin qu'ils soient moins dangereux quand ils s'aventurent à l'étranger.

Quant aux américains je réduirais la taille de leurs hamburgers afin qu'ils laissent un peu plus de nourriture aux autres habitants de la planète.

Je rajouterais aussi un bon paquet de neurones à tous ceux qui insultent, méprisent maltraitent oui assassinent ceux qui ne sont pas nés dans le même poulailler qu'eux et ne font pas des crottes et des « cot, cot.... » identiques aux leurs.

Enfin je transformerais en zèbres les dictateurs d'Afrique et d'ailleurs et les mettrais dans une réserve peuplée de lions pour qu'ils se rendent compte à quoi ressemblent la vie de leurs sujets.

Pour les autres peuples qui ne causent pas trop de nuisance, je ne ferais rien à ce stade en espérant qu'ils persévèrent dans cette voie..... »

"Voilà qui est intéressant"  dit Dieu à son interlocuteur ! « Je vais m'atteler de ce pas à la tâche mais je ne suis pas sur de pouvoir tout faire pour le prochain Noë!, je veux offrir un cadeau à Divina et je ne suis pas encore allé faire mes courses »

« C'est aussi bien que vous n'alliez pas trop vite » lui répondit le Père Noël « parce que le jour où tout ira bien sur terre, les humains n'auront plus rien à demander et je me retrouverai au chômage !"

"Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas demain la veille" lui répondit Dieu " Ils croient plus au Père Noël qu'en votre humble serviteur et ça me rend jaloux! Au fait, si vous êtes libres au nouvel an, Divina et moi serions heureux de vous avoir à la maison avec la Mère Noëlle; Divina vous régalerait d'une nouvelle recette de couscous que lui a montré Mahomet. Et puis j'ai un vieux cognac hors d'âge que j'ai retrouvé dans ma cave, je peux dire que c'est le petit Jésus en culotte de velours !"


"Avec plaisir" répondit le père Noël "ça me changera du pain d'épice et du verre de lait que les terriens se croient obligés de me laisser au pied de leur foutu sapin et qu'il faut que je m'ingurgite pour ne pas les vexer ! "

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Texte & Photos Ulysse

08/06/2010

Des amis du plat pays amoureux des Hauts-Cantons….

 

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En créant mon blog je ne pensais pas qu’il donnerait naissance à une belle amitié avec des gens du plat pays belge, petit royaume qui se chauffe à la chaleur humaine et ensoleille pluies et brouillards, qui souvent l’assiègent, avec les effluves dorées de la bière .

Tout a commencé quand Marc, résidant en Wallonie, a croisé sur internet le chemin de mon blog. Amoureux du massif du Caroux qu’il sillonne une semaine par an depuis dix sept ans avec des membres de sa fratrie et ses amis, Jean Marie, Eric, Raymond et leurs épouses, il est devenu l’un de mes lecteurs assidus.

Esbaudi et ravi par cet amour porté par de lointains « estrangers » des plaines nordiques à la montagne que je chéris entre toutes, j’ai alors proposé à Marc de faire une randonnée en commun lors de sa prochaine visite. Tope là ! m’a-t-il aussitôt répondu et c’est ainsi que la semaine passée nous nous sommes retrouvés pour une virée sur les chemins de la Montagne de Rosis, située au nord du massif du Caroux.

Ceux qui connaissent ce massif savent qu’on ne peut résister à l’appel de sa voix rocailleuse et chantante qui s’élève de mille bouches perchées haut sur ses falaises rocheuses ou tapies dans ses bois profonds. Cette voix unique et envoûtante qui est parvenue il y a dix sept ans jusqu’à l’oreille de Marc et de ses compères au cœur de la Belgique !


 

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Il était tout naturel que Gibus, qui connaît le Caroux encore mieux que les agents du fisc connaissent mes poches (et dieu sait pourtant que ces gens sont des experts !), soit de la partie. En professionnel aguerri de la montagne il veille à notre sécurité lors de passages un peu technique, comme cette traversée de gué apparemment anodine, mais qui recèle quelques pièges sous la forme de pierres branlantes et glissantes. Les naïfs découvrent ainsi le caractère vicieux de l’eau qui explique ma méfiance à l’égard de ce breuvage.

 

 

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Randonner en montagne c’est ouvrir en grand les portes et fenêtres de sa vie pour y laisser entrer le soleil, la pluie, la neige, le vent, les orages qui, dans les temps anciens, ont forgé le cœur et l’âme de l’homme. C’est, ainsi, perpétuer cette énergie qui a permis à ce fragile bipède de partir à la conquête de la planète et d’y bâtir des empires.

 

 

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Randonner c’est aussi préserver en soi le sens du merveilleux qui a nourri les premières rêveries de l’homme et de sa compagne quand dans les cieux ils voyaient flotter la lune. Et c’est un fait qu’au cours de mes pérégrinations j’ai pu souvent constater que les êtres des contes et légendes, que les citadins désenchantés prennent pour des fariboles, existent vraiment

D’ailleurs, Marie, l’épouse de Gibus, qui a l’œil plus vif que mon gosier devant un verre de rosé bien frais, aperçoit soudain un « sangliéton » être mi-sanglier, mi-mouton en train de se gaver d’herbes tendres au milieu d’un clairière. Voyant qu’il a affaire à d’innocents promeneurs (certains comme moi, « innocent » tout court !) cet être fabuleux poursuit son festin sans s’inquiéter outre mesure.

 

 

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Un peu plus loin nous passons près d’un hêtre astucieux dont l’une des branches forme un nœud coulant avec lequel, je le soupçonne de capturer quelques rayons du soleil quand arrivent les derniers jours d’automne, qui le réchauffent tout l’hiver jusqu’à la venue du printemps.

 

 

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Nous entendons soudain le tiquètement d’un pic-vert sur le fût d’un châtaigner en quête de quelques insectes xylophages à manger. Je me mets alors à déclamer des alexandrins car je sais que les pic-verts sont friands de vers de douze pieds (ce sont les plus nourrissants) et le voilà qui, peu farouche, se pose à nos pieds et se met à picorer mes vers tombés à terre…

 

 

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Après un glorieux picnic au hameau fantôme de Caissenols, nous franchissons le portail de Roquendouire pour gravir la serre de la Mare qui culmine à 810 mètres. Nos amis belges sont un peu déçus car les ginestières (champs de genets) n’affichent pas encore la belle couleur de bière blonde qu’elles prennent quand elles sont en fleurs.

 

 

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Un rapace qui se joue des vents et de l’altitude ricane de nous voir suer, souffler, ahaner dans la pente. Mais pas rancuniers pour deux sous, nous admirons sa grâce et son expertise qui rendent jaloux les imbéciles qui les prennent parfois pour cible,

 

 

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Gibus veille à ce que personne ne reste en rade voulant éviter tout incident diplomatique avec un pays qui par mesure de rétorsion pourrait nous priver de ses exportations de frites . Mais nos amis belges se montrent à la hauteur et c’est ensemble que nous franchissons la crête.

 

 

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Comme les cairns où s’entassent des pierres libres à l’improbable équilibre et qui défient les lois de la pesanteur, les amitiés se tricotent avec des mots et des sourires et la passion commune des grands espaces, de la marche et du bon vin.

 

 

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Humbles conquérants de l’inutile, nous savourons en silence la plaisir de partager ensemble le spectacle de la nature environnante.

 

 

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L’univers ouvre au dessus de nous sa gueule bleue où virevoltent, pendant que nous marchons, nos méditations et nos rêveries.

 

 

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Au cours d’une pause près d’un abri séculaire de berger, Marie de nature un brin mystique (comme votre serviteur qui honorent les vignes du Seigneur)) entre en contact avec les dieux de l’Olympe afin qu’ils nous prévoient un demi bien frais à l’arrivée

 

 

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Notre chemin franchissant le Casselouvre nous en profitons pour nous y baigner, seul usage que nous apprécions de ce liquide que les anglais - peuple intelligent contrairement aux apparences - dénomment « water » et qu’ils réservent à juste titre au « closet »

 

 

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Le retour se fait par l’un de ces chemins que j’affectionne , bordé d’un muret de pierres, dont la longueur cumulé à travers le pays d’oc dépasse largement celle de la muraille de Chine. Mais alors que la muraille de Chine enferme un peuple soumis à une clique de dictateurs, ces murs là guident des hommes libres.

 

 

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Revenus au point de départ, nous constatons avec bonheur que les dieux de l’Olympe sont au rendez vous avec des Stellas Artois bien fraîches (bravo Marie), exquise délicatesse de leur part sachant que c’est la bière préférée de nos amis belges. Comme quoi les grecs n’ont peut être plus d’argent, mais ils ont encore du savoir vivre.

Cerise sur le gâteau, ou comme disent plutôt nos amis belges « moutarde sur les frites » Vulcain nous a même allumé un grand feu pour y faire cuire nos grillades.

 

 

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C’est ainsi qu’après avoir marché et contemplé ensemble la beauté des haut-cantons, nous partageons le pain, le vin, les rires et les saucisses, délicieux ciments d’une belle amitié. L’année prochaine c’est promis, nous recommencerons !

 

 

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Texte & photos Ulysse

 

17:59 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : rosis, frite, olympe, chine

17/03/2010

De notre âme, hissons le foc, pour aller à Belloc (1ère partie)

 

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Il fut une époque où les cloches des églises rythmaient la journée des croyants et leur annonçaient les évènements marquants de la paroisse. Ainsi sonnaient-elles l’heure du lever, le début et la fin de la journée de travail ainsi que de la pause déjeuner . Elles annonçaient aussi l’heure des différentes prières et, en Bretagne la fermeture des cabarets . De même sonnaient-elles le tocsin pour une alerte, le glas pour un décès, la volée pour la messe. On notera avec étonnement que la naissance ou le décès d’un homme était annoncé par le tintement d’une grosse cloche alors que celui d’une femme l’était par une petite. On pourrait y voir le reflet du machisme qui imprégnait alors la société, mais personnellement je pense qu’il en était ainsi parce qu'il faut reconnaître que nous, les garçons, sommes généralement plus cloches que les filles.

Aujourd’hui les cloches ne font plus que réjouir nos oreilles, à condition que le clocher ne soit pas à l’aplomb de votre chambre à coucher, expérience que j’ai vécue un certain nombre d’années et qui a - je le confesse - nourri en mon sein, malgré mon éducation chrétienne, l’envie de faire avaler son bourdon au curé du lieu !

L’église de Dorres possède à cet égard un superbe clocher-mur qui arbore trois magnifiques cloches qui ne chantent qu’une fois le soleil levé, ce qui est heureux vu que le seul hôtel du village où nous logions , l'Hotel Marty, très agréable au demeurant, est situé juste à coté.

 

 

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Levés donc à une heure raisonnable au son des cloches, nous décidons malgré le temps maussade de nous rendre à la Chapelle de Belloc, non pas dans un but religieux mais pour la simple beauté du lieu. Il est vrai que notre pratique religieuse se limite à une généreuse consommation du sang du Christ qui n’est pas, au demeurant, incompatible avec une réelle sensibilité à la spiritualité de certains sites.

Et si je suis réticent à imaginer un Dieu barbu faisant dans un calepin le décompte de nos bienfaits et de nos méfaits, je reste fasciné devant la complexité et la beauté de l’univers dont je veux bien croire qu’il n’est que le reflet d’un grand « Mystère » .

 

 

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L’une des manifestations les plus étonnantes de ce « mystère » est la faculté de métamorphose de l’eau qui outre la forme liquide existe à l’état de nuage, de brouillard, de glace et de neige. De surcroît cette substance étonnante constitue l’élément prédominant du vin (de 85 à 90%) ce qui fait que les buveurs de vin sont avant tout des buveurs d’eau, CQFD !

 

 

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La neige sublime les paysages d’hiver et leur confère une douceur rassérénante. Elle donne un relief aux choses et magnifie leur « être » qui sans elle sombre dans la torpeur de l’hiver.

 

 

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Et puis quel bonheur d’entendre son craquement ouaté sous nous pieds : crouac, crouac crouac…sur la neige poudreuse, crunch, crunch, crunch, sur la neige glacée ! Gaïa doit aussi aimer cette douce amie qui la protège du choc de nos semelles.

 

 

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Les mouflons sont moins heureux sans doute qui voient ainsi disparaître leur pitance sous une couche de neige et je ne suis pas sûr que la beauté des lieux les console de cette frustration. Mais sait on jamais, il existe peut être des mouflons poètes, et la probabilité d’en rencontrer un est de toute façon plus forte que de croiser un chasseur qui le soit .

 

 

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Quelques flocons de neige se sont laissés séduire par les corolles des ombellifères qu’ils protègent ainsi du vent glacial (et oui, curieusement  la neige est un bon isolant, comme le prouve les igloos des esquimaux). Mais que vienne à briller le soleil et ils seront ses premières victimes.

 

 

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Notre chemin passe près de ce que l’on croit, au premier abord, être un monolithe, mais à notre immense surprise nous l’entendons nous dire « Paix sur terre aux marcheurs de bonne volonté amateurs de bon vin  ».

De fait il s’agit d’un moine boudhiste vêtu d’une cape, méditant les les yeux mi clos, un bâton dans la main gauche et deux doigts de sa main droite levés pour nous souhaiter la bienvenue.

« Mais comment savez vous que nous aimons le vin ? » nous écrions nous . « Mais c’est évident » nous répond-t-il «  jamais des buveurs d’eau n’oseraient affronter une temps pareil de peur de geler ! Moi même j’ai ma gourde de vin catalan qu’un berger du village vient me remplir régulièrement car l’été je l’aide à garder ses moutons »

« Et vous passez tout l’hiver ici ? » lui demande-t-on . « Oui , car ce lieu me rappelle le Tibet où je vivais autrefois. Mais la soldatesque de Hu Djintao dont l'objectif politique est d'avoir un peuple d'esclaves fabriquant  des chaussettes à trois balles persécute tous ceux qui se font une autre idée de la destinée humaine. Aussi suis je venu me réfugier en ces lieux de haute spiritualité que domine la magnifique chapelle de Belloc »

« Bonne méditation » lui répond –t-on alors, et notre âme émue par cette rencontre hisse son foc pour cheminer jusqu’à la chapelle de Belloc

 

 

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En contemplant la douce beauté de chatons de noisetiers ornés de neige, nous comprenons que le moine ait choisi un tel lieu pour venir y méditer loin de ces fantoches de papier qui rêvent d’une humanité de cancrelats. Une chose nous rend supérieur aux tyrans, c'est qu'ils ne savent rien de la beauté du monde !

 

 

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Et même le vent qui se lève et bombarde nos visages d’une nuée de flocons glacés n’entame notre détermination et n’affecte notre bonheur d’être là dans ce paradis blanc, peut être celui dont rêvait Michel Berger et si joliment chanté par Véronique Sanson

A suivre....


Texte & Photos Ulysse


19/08/2008

Les J.O je m'en fous, moi je vais sur le Caroux !......

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L'autre matin, j'a été pris moralement en otage par des "journaleux" peu scrupuleux et racoleurs qui

ont titré à la une de leur infâme feuille de choux « Les français se passionnent pour les J.O ». Or si le hasard a

voulu que je naisse français, je me fous et contrefous des JO. Oui, j'ose avouer que je me moque comme de

mon premier biberon de lait (depuis je suis passé à d'autres breuvages !) de cette mascarade sportive où des

athlètes élevés en batterie et nourris aux hormones comme de vulgaires poulets veulent prouver au monde qu'ils

sont capables de pondre le plus bel oeuf.



D'ailleurs c'est en toute logique que cette tartuferie se passe cette fois-ci en Chine, pays spécialisé dans

l'élevage humain en batterie, et qui va, à ce que l'on dit, raffler la médaille d'or du poulailler le plus productif.

Quand on connait le sort fait aux Tibétains qui n'ont pas la passion de marcher à la baguette, on peut craindre

que cette immense basse-cour ne nous submerge un jour par une énorme omelette, version culinaire du péril

jaune!



Français donc (et pas toujours fier de l'être !), mais Jotiste non ! Au 3m dos canapé et au

lancer de canette de bières dans lesquels excellent certains de mes congénères, je préfère de beaucoup le

jeu de mollets sur les sentiers du pays d'Oc. Et même quand la météo incite à jouer les prolongations sous la

couette, je prends ma musette, ma gourde d'A.O.C (à mon age on évite l'eau qui a - c'est prouvé - un terrible

effet oxydatif) mon baton de pèlerin et je pars vers les haut-cantons faire le plein d'oxygène, un dopant gratuit

et sans effet secondaire.


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Ma dernière balade m'a ramené vers un site mythique que vous connaissez bien si vous suivez mes

pérégrinations : le Caroux . Mais cette fois ci, plutôt que de l'affronter de face, je suis allé arpenter les vallons

du Bardou et du Violay qui ravinent son flanc ouest avant de revenir par le plateau de l'Espinousse et le vallon de

la Bayssière, soit la bagatelle de 22km et environ 900m de dénivelé.




Nous sommes partis du Lac d'Ayrette avec un taux d'hygrométrie de l'air proche de celle de l'eau du

lac. Mais en randonneurs expérimentés nous savons que les hauts cantons n'usurpent pas leur nom et possèdent

un tempérament montagnard qui, certains jours, n'a rien à envier à ses plus prestigieux voisins : Massif Central

ou Pyrénées.




C'est donc emmitouflés dans nos imperméables que nous nous sommes mis en chemin, heureux de

pouvoir patauger dans les flaques d'eau, joie simple mais rare dans le sud. On s'y adonne d'ailleurs dès la prime

l'enfance, réflexe atavique sans doute légué par nos ancêtres poissons (ce qui explique pourquoi certains

d'entre nous se comportent comme des requins, d'autre des maquereaux quant au reste, dont je suis, nous ne

sommes que du menu fretin !)



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L'un des grands bonheurs des balades en pays d'Oc est d'emprunter des chemins séculaires qui

irriguent plaines, vallons, coteaux et montagnes. Ils ont vu défiler au fil du temps, souvent fourbus et ployant

sous des fardeaux, des humains accompagnés de leurs moutons, de leurs chèvres, de leurs vaches, de leurs

chevaux. Car cette région autrefois grouillait de vie comme en témoignent les terrasses et les ruines que l'on

croise en tous lieux.


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Outre la jouissance des flaques d'eau, la pluie offre parfois aux randonneurs le spectacle d'un

magnifique arc-en-ciel, dont on dit qu'à l'endroit où il touche le sol est caché un trésor. On perçoit dans ces

légendes l'esprit de lucre qui depuis toujours anime l 'humanité et qui fait que les puissants de ce monde

mesurent le temps qui passe sur le cadran d'une Rollex plutôt qu'en se fiant à la course du soleil ou aux couleurs

que la nature arbore en fonction des saisons.


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L'exode de nos contemporains vers les villes ont rendu ces espaces à leur sauvagerie originelle et les

elfes, les lutins et autres êtres légendaires s'y refugient et saluent au passage ceux dont l'âme innocente continue

à croire en eux. Car l'univers est une création de notre âme, de notre coeur et de notre regard et n'existe pas

sans eux.


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Les anciens choisissaient avec pertinence le lieu de leur résidence, telle cette masure avec sa fenêtre

qui ouvre sur le mont Fourcat dont la vue devait chaque jour insuffler force et courage à ceux et celles qui le

contemplaient;


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Je parlais tout à l'heure de l'horloge végétale qui indique la marche des saisons. Ainsi en montagne le

printemps est-il la saison de l'or avec les genêts et les ajoncs, tandis que l'été est la saison de l'améthyste avec

les bruyères qui tapissent les flancs dénudés des montagnes.


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Après avoir testé la résilience de notre coeur sur les pentes du massif de l'Espinousse, nous arrivons au

bien nommé Point Sublime. Face à un tel panorama les mots (du moins les miens) sont infirmes et ne peuvent

rendre compte de l'émotion qui vous saisit alors. Je doute que les courses de poulets de batterie organisées

dans le cadre des JO puissent procurer un tel bonheur. Alors qu'un tel paysage vous agrandit et vous libère, la

télé met votre esprit en boite, dont il n'ose plus sortir par peur de prendre froid dans les courants d'air .


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Après nous être nourris de ce panorama, nous nous mettons en roue libre pour traverser une vaste forêt

qui nous donne le sentiment d'être au Canada. Le pétrole peut bien monter à 300€ le baril, les hauts cantons

ont dans leurs plis et replis de quoi dépayser les plus blasés d'entre nous.


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On n'oublie jamais dans cette région que nous sommes en terre chétienne. Où que l'on aille, aussi haut

que l'on grimpe, il y a toujours une chapelle qui vous attend au creux d'un vallon, au détour d'un chemin ou sur

un promontoire. Loin de la pompe, de l'apparât et de l'hypocrisie papale, ces édifices sont empreints d'une

authentique spiritualité, leur forme, aussi simple soit-elle, symbolisant l'émergence de l'esprit humain au milieu

du monde naturel. Or sans esprit pour en prendre conscience, l'univers n'existerait point.


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Un tapis de bruyère illuminé par la lumière rasante du soir enchante notre descente jusqu'au hameau

perdu du Bardou où nous accueille la statue d'une vieille femme méditative dont le visage serein semble partager

nos beautés aperçues et nos bonheurs vécus au cours de cette journée.


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Rien ne vaut une journée comme celle-là et surtout pas les JO qui mobilisent les media, et nous

retournerons au Caroux quand celà nous chantera, car au contraire de nos gouvernants sans parole et sans

honneur, les Sark-ose-pas et Kouchtoi, ce n'est pas la Chine qui fixe notre agenda !


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC04364.JPG


Une description du circuit figure en fichier joint.


Texte & photo Ulysse

19:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : agenda, chine, caroux, JO