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19/09/2011

Périple pyrénéen : 1) La montée au refuge de Bassiès

 

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 Nous voilà partis (Gibus, Marie, Rémi, Suzanne, Jean Mi , Ghis, Jo et Bibi) pour le refuge de Bassiès, sis à 1647 mètres au cœur d’un cirque glaoiaire parsemé de lacs au sein des Pyrénées ariégeoises. La météo est favorable, attestant ainsi que l’Ariège n’est pas, comme le prétendent les mauvaises langues, la « Bretagne » pyrénéenne. Encore qu’il me souvient y avoir passé quinze jours de vacances pluvieuses, mais c’était il y a plus de quinze ans, il y a donc prescription.

 

 

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Un superbe chemin caladé  mène au refuge, construit il y a plusieurs siècles sans doute pour permettre la transhumance des moutons, le cirque offrant des prairies généreuses.

 

 

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Nous arrivons au bord de l’étang artificiel de l’Escalès dont les rives se prêtent à une pause picnic dyionisiaque.  Ses eaux bleutées idylliques nous invitent à la baignade en compagnie de truites qui attirent de nombreux pêcheurs. On voit ces derniers comme des gens pacifiques et respectables, amoureux de la nature, et pourtant chaque année  des plongeurs doivent retirer du lac les sacs d’ordures que certains d’entre eux y jettent pour ne pas avoir à les ramener. Tristes sires !

 

 

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 Reprenant notre périple, nous dérangeons deux chevaux en liberté qui se désaltèrent  au bord de l’étang Long. Leur reflet  a tant de présence qu’on s’attend à les voir sortir de l’eau en s’ébrouant !

 

 

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Quelle étonnante faculté a l’eau de dédoubler ainsi le monde environnant au point que l’on ne sait plus  vraiment où est le monde réel. N’en est-il pas de même parfois avec notre esprit qui donne vie à des fantasmes, des obsessions et des préjugés. Jetons leur mentalement une pierre pour qu’ils s’évanouissent.

 

 

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Au terme de deux heures de marche, nous arrivons en vue de l’étang Majeur derrière lequel nous apercevons le toit gris du refuge de Bassiès. Les sacs à dos commençant à tirer sur les épaules, chacun apprécie la perspective de bientôt pouvoir les poser. Des visions de mousse blanche surmontant un liquide frais et doré…(mirage fréquent après un effort intense en montagne) envahissent alors nos esprits.

 

 

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Mais pour le moment l’or est dans le lac où la chevelure d’invisibles sirènes forment à la surface de l’eau d’élégantes arabesques. Des esprits triviaux prétendront que ce ne sont que des algues, mais ces gens là sont  des rabats joies qui ne regardent que votre doigt quand vous leur montrez la lune.

 

 

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Manifestement en ces lieux, il gèle l’hiver à pierre fendre et il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas être ému par le sort de ce roc fendu. Magie de l’eau insaisissable et qui file entre nos doigts mais auquel le gel confère une puissance redoutable. Le gel n’est pas indispensable d’ailleurs. Car c’est en imprégnant d’eau des coins de bois fichés dans des entailles de la pierre que les anciens Egyptiens détachaient les pierres servant à fabriquer les obélisques des carrières

 

 

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Nous voici enfin au refuge, cette « machine à remonter le temps ». Y séjourner c’est revenir à la vie d’autrefois. Pas de radio, pas de télé, pas de journaux, pas d’eau chaude pour se laver, et de la lumière avec parcimonie (1 heure le matin et 2 heures le soir) . Ajoutez y  la promiscuité humaine  chaleureuse mais sans « chichis » des dortoirs et des salles d’eau. Ces lieux ne sont pas fait pour les introvertis  et les nez délicats. 

couleuvre,catalogne,racou,collioureLa terrasse est l’endroit incontournable des refuges. De retour d’une randonnée, le grand plaisir est d’y traîner  en compagnie de jolies  et  pétillantes blondes ou brunes….ou pour les moins délurés, d’un café ou d’un chocolat. On y  lit aussi, on rêvasse, on discute des courses effectuées ou de celle que l’on fera demain, si la météo - ou pour les croyants Jehova, Vichnou ou Allah -  le permet (la météo n’étant au demeurant guère plus fiable que les dieux).

 

 

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On y admire surtout le somptueux paysage tout en jouissant d’une tranquillité et simplicité  qu’aucun cinq étoiles au monde ne peut vous offrir, car ici les verroteries et ferrailleries qui s'entrechoquent ou pétaradent au sein ou devant les les palaces ne sont pas de mise.

 

couleuvre,catalogne,racou,collioureMais, signe des temps, on y rencontre parfois, hélas, quelques « crapouilles » qui abandonnent leurs mégots devant le refuge (comme ils le font d’ailleurs sur les plages ou dans les rues). Insondable, incompréhensible et incurable stupidité de certains homo sapiens qui doivent avoir dans leur patrimoine génétique des gènes du cancrelat. Les randonneurs et alpinistes (ou les pêcheurs comme on l'a vu tout à l'heure) ne sont pas hélas exempts de ce genre de comportement, comme en témoigne les immondices laissés en haut des sommets de l'Himalaya.

 

 

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Le torrent voisin sert de douche aux plus courageux. Si la température de l'eau est proche de celle d'un pastis marseillais, on a en compensation – oh ! luxe suprême - le libre choix de la vasque. Quant à la qualité de l'eau, elle est de premier choix ! C’est comme si l’on prenait un bain dans de l’eau d’Evian ! Et ça, même dans les « Dix étoiles » on ne vous l’offre pas !

 

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 Nous revenons au refuge au moment où un vent facétieux déverse quelques sacs de nuages dans la vallée. Mais en montagnards expérimentés nous ne nous laissons pas impressionner. Comme le dit un dicton local « Si tu vois  des nuages à midi, fuit, si tu en vois après dix sept heures, à la bonne heure ! »

 

 

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Et c’est pourquoi nous préparons sereinement notre ascension du lendemain qui doit nous mener au sommet du Pic Rouge de Bassiès à 2676 mètres (de gauche à droite: Rémi, Gibus, Bibi, Jo et Jean-Mi ).

 

 

 

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Mais la nuit tombe et les derniers oripeaux du jour se noient dans la rivière qui alimente les lacs, l’illuminant quelques instants avant de sombrer définitivement.  Ce sera bientôt l’extinction des feux dans le refuge et l’heure d’aller se coucher. Demain une rude journée nous attend !

 

 A suivre….

 

Texte et Photos Ulysse (sauf l’avant dernière Marie B)

06/09/2011

Caraïbes ? Non, Catalogne !

 

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La mer est bleue, l’air immobile, les pêcheurs à demi assoupis  attendent l’heure propice pour mettre leurs barques à l’eau. Au loin, un primate sur son hors-bord crée un moment de vaine agitation.

 

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Puis c’est de nouveau le silence et  la valse lente des ombres que le soleil dessine sur le sable. Une délicieuse léthargie nous gagne alors. On se croit aux Caraîbes,  on est au Racou en Catalogne, magie du Pays d’oc !

 

 

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Une voile rouge au large nargue l’immensité bleue. Mais la mer débonnaire ignore  cette modeste flamme qu’elle pourrait éteindre et engloutir d’un coup d’épaule.

 

 

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Que l’homme puisse avec quelques planches ajustées et de si frêles morceaux de toile  franchir les mers m’esbaudit. Là est l’expression du génie humain,  plus que dans les tours qui chatouillent les étoiles,  la bombe à hydrogène ou la poêle qui n’attache pas.

Et que dire de l’homme qui est à la barre,  fourmi à l’échelle de la mer, dieu à l’égard des vents et des courants.  Haro ! sur ceux qui naviguent avec un moteur, tout juste bons à  barboter dans le  bassin des Tuileries !

 

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Quittons un instant le large pour nous livrer  à un enfantillage : ceux qui trouveront dans les cinq secondes Jonathan le Goéland, caché dans le paysage, seront dignes de naviguer, oh hé ! oh hé  en ma compagnie. Cela dit, si vous gagnez, il vaut mieux que vous soyez un bon « voileux » car avec moi vous risquez de chavirer !

 

 

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Un peu plus loin sur le chemin côtier qui mène à Collioure nous croisons un pin, un brin « voyeur », heureux du retour de la belle saison qui ramène de belles ondines sur la plage, qu’il caresse discrètement de son ombre.

 

 

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C’est aussi une saison où les bipèdes étant plus volontiers dans l’eau que sur les chemins, certains « indigènes » d’habitude discrets y prennent le soleil. C’est ainsi que nous faisons la rencontre d’une superbe « couleuvre à échelons », redoutable prédateur, amateur d’oisillons et de lapereaux et dont la morsure pour l’homme n’est certes pas fatale, mais douloureuse. Une engeance donc qu’il vaut mieux éviter !

 

 

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Comme elle ne manifeste guère l’intention de nous laisser le passage, mon ami Gibus que rien n’effraie à part une bouteille vide (frayeur que je partage !) la saisit par la queue (chose que je n’oserais même pas faire avec une souris verte) . A croire qu’il a été charmeur de serpent dans une vie antérieure !

 

 

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La couleuvre fort mécontente d’être ainsi traitée tente sans succès de mordre Gibus qui garde un calme olympien. S’il avait été à la place d’Adam dans le jardin d’Eden, croyez moi, nous y serions encore  !

 

 

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Etant toutefois respectueux de tout ce qui vit sur terre, Gibus lui rend sa liberté, en cherchant toutefois à mettre, par sécurité, quelque distance entre elle et nous. Mais la trajectoire étant un peu courte, la couleuvre choit quasiment au pied de nos épouses qui nous suivent sur le chemin. Par élégance je ne dirai mot des la scène qui s’en est ensuivie !

 

 

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Mais sans doute impressionnée par le sang-froid de Gibus (qui est pourtant un animal à sang chaud surtout quand on se partage quelques Ti’Punch !) elle file sans demander son reste. Gageons qu’elle n’agira pas avec autant de mansuétude à l’égard du premier lapereau venu qui croisera son chemin. Mais ne la jugeons pas cruelle car dans son cas nécessité fait loi !  Pas comme ces Tartarins qui tuent par plaisir et qui vont, hélas, bientôt de nouveau battre la campagne! 

 

 

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Nous voici en vue de Collioure, la perle de la côte Vermeille qu’il vaut mieux aborder hors-saison si l’on veut jouir de sa beauté. Nous ne pouvons que souhaiter le développement de toute l’humanité, mais imaginez, comme je l’ai vu à Capri ( Qui comme l’a chanté Hervé Gueulard est bien fini !), 30.000 touristes  débarquer chaque jour en ce lieu idyllique et c’est l’enfer assuré. Bienfaits et méfaits du tourisme indissolublement liés.

 

 

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Matisse, Derain, Picasso , Dali, Juan Gris , Dufy, Chagall ne s’y sont pas trompés qui sont tombés amoureux de ce port coloré fondé par les grecs au Vème siècle av.J.C. et rendu célèbre par ses barques catalanes et la tour de l’église Notre Dame des Anges qui servait autrefois de phare .

Ce port a été le berceau du Fauvisme, courant pictural privilégiant la couleur et le mouvement sur la perspective et qui fut qualifiée de « fumisterie» par la critique à l’origine . En peinture, comme en finance, en politique et en amour ne vous fiez pas aux prétendus "experts" dont l’arrogance est à la hauteur de leur incompétence. Les fumistes ce sont eux !

 

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C’est un village où il faut absolument au cours de sa vie faire  au moins une escapade, si possible avec un être cher et en arrivant par la mer. Car il a séduit non seulement les peintres mais aussi les poètes comme Antonio Machado qui, fuyant la dictature espagnole, s’y est réfugié  le 22 janvier 1939 entouré de sa famille et de quelques amis pour y mourir un mois plus tard. Avant de s’éteindre (il y a des hommes qui sont des lumières pour l’humanité)  ce poète discret nous a laissé  ce message :

 Tout passe et tout demeure. Mais notre affaire est de passer, 
de passer en traçant 
des chemins. 
Des chemins sur la mer.

Je vous invite donc  à tracer votre chemin sur la mer pour visiter Collioure !

 

Texte & Photos Ulysse

03/09/2010

De Racou à Collioure....

 

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Sur les monts dominant la côte Vermeille,

Siège une armée de vitis vinifera,

Qui, face à la mer, danseuse de samba,

Etalent leurs généreuses treilles.

 

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Le va et vient des vagues écumeuses,

A creusé dans les falaises de shiste,

Des criques où les voiliers s’abritent,

Quand la mer devient tempétueuse.

 

 

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C’est aussi le refuge de belles vestales,

Qui s’offrent nues aux rayons du soleil,

Ne voulant manquer un spectacle pareil,

Les pins y poussent à l’horizontale.

 

 

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Au bleu diaphane du ciel,

Répond l’émeraude de la mer.

Sur l’or des genêts, éphémère,

Viennent danser les abeilles.

 

 

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Des voiliers à la queue leu leu,

Egratignent une mer d’huile.

Qui sera le plus habile,

A dompter le vent capricieux ?

 

 

 

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Un facétieux loup de mer,

Déguisé en chaperon rouge,

Sous un ciel où rien ne bouge,

Part à l’assaut de la grande mer !

 

 

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Une armada de noirs nuages ,

Donnent à la mer une couleur d’encre.

Mais pas question de jeter l’ancre,

Les marins ne craignent pas l'orage !

 

 

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Nous sommes au bord du monde,

D’où l’on voit pointer la Tour Eiffel,

Ainsi que les plus hauts gratte-ciels,

De New-York, de Dubaï ou de Londres

 

 

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Et voici, lieu idyllique,

Le village catalan de Collioure,

Endroit propice aux amours,

Vélocipédiques !

 

 

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Bien que les horloges marquent l’heure,

Le temps ici s’est arrêté ,

On y vit paraît-il un éternel été,

Mais les catalans sont un peu hâbleurs !

 

 

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Cette côte autrefois convoitée,

Fut farouchement défendue,

Aujourd’hui seule une armée de corps nus,

Vient l’assiéger.

 

 

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Comme dans toutes les stations balnéaires,

On trouve ici des promènes- couillons,

Mais dieu qu’il est parfois bon,

De se laisser faire !

 

Texte & Photos Ulysse