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14/01/2017

En remontant les millénaires dans les gorges de Colombières

 

 

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Marcher dans les plaines et vallons c’est marcher au cœur de l’histoire de l’homme, tant ce dernier y a façonné le paysage. Marcher en montagne c’est parcourir l’histoire de la Terre, comme on va le voir en randonnant dans les gorges de Colombières. Certes, l’homme a aussi laissé son empreinte dans les montagnes, tel ce magnifique sentier caladé (pavé de cailloux) qui permettait autrefois aux troupeaux d’accéder aux estives sommitales. Mais cette empreinte est fragile et furtive et serait vite balayée si les randonneurs ne prenaient aujourd’hui le relais des troupeaux disparus.

 

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D’ailleurs, on voit ici à l’œuvre l’entropie qui mène notre univers à sa perte. Les branches mortes, les feuillages, le ravinement des pluies torrentielles auraient vite fait de balayer ces chemins si les bénévoles des Fédérations Départementales de Randonnées ne les entretenaient pas. Qu’ils en soient remerciés !

 

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Autre modeste manifestation de l’activité passée de l’homme en ces lieux : un abri en ruines qui pouvait servir à entreposer les outils nécessaires aux cultures sur les quelques terrasses aménagées par les anciens et aujourd’hui disparues. Il pouvait s’agir aussi d’un abri pour les charbonniers qui fabriquaient du charbon de bois ou bien d’un « sécadou » pour sécher les châtaignes, élément important de la nourriture des anciens de la région.

 

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Une fois dépassés les lieux cultivables ou exploitables, on entre dans le monde du minéral et donc dans l’histoire de la Terre. Ici sont visibles les soubresauts qu’elle a connu au long de sa vie mouvementée. Je crois y voir l’enclume sur laquelle Vulcain forgeait des bijoux pour les nymphes, mais nous sommes loin de l’Etna où celui ci résidait. Ce n’est donc de ma part qu’un effet de la paréidolie, cette propension que j’ai à voir des choses familières dans des formes désorganisées (merci Chinou)

 

 

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Combien de millions d’années a-t-il fallu au vent, au gel, à la pluie pour sculpter ces pitons de pierre ? Il arrivera un instant où un seul grain de matière emporté par les éléments suffira à les précipiter vers l’abime. Mais il y aura aussi un moment où un nouveau soubresaut de la Terre les portera à la hauteur des nuages qui les survolent, comme ce fut le cas dans un lointain passé où les monts du Haut Languedoc dépassaient les 6000 mètres ! J’ai lu avec stupeur dans un article scientifique que dans deux cent cinquante millions d’année, la pangée - le continent unique à l’origine des continents actuels qui dérivent sur le magma sous-jacent - sera reformée !   Le réchauffement climatique en cours, à coté, c’est de la « gnognotte » !!

 

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Ayant accédé au sommet des Gorges de Colombières, nous basculons sur l’autre versant pour rejoindre notre point de départ. Il est curieux que ces gorges portent ce nom alors que c’est le torrent d’Arles, dont on aperçoit les eaux argentées qui les a creusées. De fait, cette dénomination leur vient du village éponyme que l’Arve traverse en contrebas et qui est le point de départ de la randonnée.

 

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Le sentier, qui descend dans les gorges, offre de somptueuses vues sur les reliefs déchiquetés. C’est aussi un couloir à vent et la Tramontane glaciale qui y soufflait violemment le jour de notre randonnée nous a amené à couvrir nos oreilles !!!

 

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Mais on oublie le vent et le froid quand on a en face des yeux de tels panoramas. La luminosité et la pureté de l’air hivernal créent un superbe effet de profondeur et de relief.

 

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Le sentier traverse des chaos rocheux, issus d’éboulements anciens, qui nous font lever la tête avec inquiétude vers le haut des falaises, conscients qu’à tout moment ils peuvent se reproduire.

 

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Grisé par l’air vif chargé d’oxygène mon cerveau « paréidolien » aperçoit un vieux chef indien qui semble avoir trouvé refuge dans nos montagnes. Je ne peux qu’approuver son exil, vu le dangereux cow-boy que les yankees ont choisi pour président !

 

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L’un des avantages de l’hiver (outre le fait que l’on y boit du vin chaud) est que l’on y découvre de somptueux paysages - masqués par les frondaisons des arbres durant l’été - telles ces impressionnantes falaises, sur le sommet desquelles nous cheminions quelques heures plus tôt.

 

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La falaise derrière nous illustre l’histoire mouvementée de Gaïa, notre planète, en exposant les différentes couches sédimentaires et rocheuses qui se superposent en de vastes arcs de cercle.

 

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C’est grâce aux hommes du passé qui ont édifié ce chemin vertigineux à flanc de falaise et à ceux d'aujourd'hui qui l'entretiennent que nous pouvons admirer ces fantastiques paysages de notre région. Qu’ils en soient une nouvelle fois remerciés !

*****

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir les chansons de mon nouveau CD "Ne perds pas tes rêves en chemin" sur :

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Mes autres blogs:

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes précédentes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

La dernière chanson mise en ligne s'intitule "Le coupeur de cannes"

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite

 

Texte & Photos Ulysse 

26/03/2012

Allons dire adieu à l’hiver à Colombières

Je vous invite à suivre le 9ème épisode de mon reportage sur Karukera - la chute Moreau - sur mon autre blog PIQUESEL

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Dans la plaine de l’Hérault le printemps s’est précocement  installé avec, d’ailleurs, des faux airs d’été. L’eau manque déjà comme en plein mois d’août et les plantes qui sortent de leur torpeur hivernale plongent désespérément leurs racines dans un sol desséché.

Aussi, avec notre long  périple à Karukera,  Gibus et moi n’avons pas eu notre comptant d’hiver. Nous décidons donc d’aller lui dire adieu pendant qu’il est encore temps sur les hauteurs du Caroux,  en passant par les Gorges de Colombières.

 

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Un serpent de brume est lové dans la plaine de l’Orb dont on devine les eaux sous le voile luminescent.

 

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Nous empruntons le chemin qui passe par le col de la Buffe qui  offre des vues plongeantes sur le torrent d’Arles, dont les eaux tumultueuses se jettent dans l’Orb.   Il faut espérer que les rochers  que l’on aperçoit ici ne sont pas sujets au vertige, car aucune âme charitable ne viendra leur prêter main forte pour les changer de lieu.

 

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Nous arrivons sur le plateau sommital du Caroux et saluons  le jeune hêtre qu’un oiseau ou le vent facétieux a semé là, à une lieue de ses congénères. Chaque fois que nous passons ici nous ne manquons pas de prendre de ses nouvelles. La  compagnie des siens lui manque, certes, mais il s’est fait de nombreux amis parmi les randonneurs et la sollicitude des humains, nous confie-t-il,  lui fait chaud au cœur.

 

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Nous traversons la tourbière située au cœur du plateau sommital, précieuse réserve d’eau qui alimente les torrents du Caroux  et qui elle aussi, hélas,  semble affecté par la sécheresse qui sévit dans la plaine. Economisons l’eau, plus nécessaire à nos vies que le pétrole ! C’est, d’ailleurs pourquoi, Gibus et moi, par pur civisme écologique, nous désaltérons plus volontiers avec du vin que de l’eau!

 

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Nous croisons un spécimen rarissime de Tortue Carouxienne, vieille de quelques millions d’années. Comme elle fait la sieste nous passons notre chemin sans la déranger, connaissant le délice que cet abandon diurne aux bras de Morphée procure, étant nous même de fidèles adeptes.

 

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Approchant du bord du plateau, nous découvrons au loin vers le sud-ouest, au delà d’un océan de monts bleutés, la Méditerranée que le soleil amoureux pare d’or.

 

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En regardant plus à l’ouest, le Canigou, avant-poste de la chaîne des Pyrénées, s’impose dans le paysage. Sa vue fait revivre les émotions que nous avons éprouvées à le gravir un jour de juin quand il était couvert de genêts et de rhododendrons en fleurs.

 

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Dans le secret de nos coeurs nous le saluons  et le remercions de nous avoir, ce jour là,  magnifiquement accueillis. Pour sûr, nous retournerons le voir bientôt.

 

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Le soleil ayant fini par réchauffer l’atmosphère, nous quittons nos anoraks et nos polaires et nous disons adieu à l’hiver, où plutôt au revoir, car malgré le réchauffement climatique en cours le Caroux n’est pas près d’avoir le climat de l’Amazonie !

 

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Dans ces amas de rochers érodés, celles et ceux qui ont longtemps pratiqué dans leur enfance les « dessins devinettes » où il fallait chercher un animal dissimulé dans les frondaisons d’une forêt verront peut-être un lion couché ! Le voyez- vous ? Non !  Allez un petit effort, concentrez vous sur les rochers à gauche au premier plan. Vous voyez son faciès pointu et son œil ainsi que sa patte allongée devant lui? Oui ! Bravo, vous avez su garder votre âme d'enfant !

 

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Le chemin pentu que nous empruntons pour descendre est heureusement bordé d’arbres qui nous permettent de nous raccrocher à leurs branches ! Sans leur précieuse assistance nous risquerions d’aller nous fracasser sur les rochers en contrebas.

 

 

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L’autre solution était de descendre en empruntant la paroi ! Dans une autre vie peut-être....... si nous sommes mouflons, ce qui n'est pas exclu, car le "Grand Manitou" la-haut qui décide de tout sait bien que nous envions ces agiles quadripèdes qui passent leurs nuits et leurs jours sur le Caroux !

 

Texte & Photos Ulysse


17/01/2012

Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux (fin)

  ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

 
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(Suite de la note précédente)

Sortant du couvert des arbres nous abordons la traversée du plateau central du Caroux occupé en partie par la tourbière de la Lande que l'on traverse sur des pilotis de bois glissants comme une savonnette. Nous nous dirigeons vers le hameau de la Fage situé sur le flanc « Est » du Caroux, bousculés par la Tramontane qui s’est levée et souffle à près de 100km/heure.

Nous dépassons un arbrisseau qui s’est témérairement installé sur le plateau, aussi fou que nous le sommes, sauf que nous avons l’avantage sur lui de ne pas être condamnés à rester plantés en ce lieu qui, aujourd’hui, prend des airs de Sibérie.

 

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Oui, fous nous sommes, mais de cette douce folie qui habite les enfants qui courent dehors débraillés pour faire des batailles de boule de neige ou pataugent les pieds gelés dans les flaques d’eau en niquant leurs chaussures, comme l'a si bien chanté  l'ami Renaud.


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Par endroits le chemin disparaît sous la neige et seuls les cairns qui émergent ici et là nous confirment que nous avançons dans la bonne direction

 

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Mais soudain la tramontane, sans doute vexée de notre indifférence à son égard, redouble de violence et nous environne dans un blizzard de cristaux de neige qui nous aveugle et nous cingle le visage. Le Caroux se met alors à ressembler à une mer gelée et démontée. Il nous faut impérativement marcher car s'arrêter c'est prendre le risque d'être transformés en quelques minutes en bonhommes de neige ! Le corps à corps avec les intempéries nous procure un bonheur intense en faisant vibrer la corde de vie qui nous traverse et diffuse à travers notre corps des ondes de plaisir.

 


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Plus la tramontane se déchaîne et plus notre plaisir redouble ! La saveur de la vie est magnifiée quand vous êtes ainsi soumis à des conditions extrêmes mais que votre existence n’est pas vraiment en péril.

 

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Nous approchons du bord du plateau et allons quitter à regret ce monde inhospitalier mais d’une beauté austère et vivifiante. La contemplation d’un monde vierge, sauvage, exempt de toute autre présence humaine permet de ressentir le lien intime qui nous relie à l’univers. Dans le blizzard de neige nous étions deux « flocons » pensant …

 

 

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Le chemin bascule vers les gorges de Colombières où nous sommes protégés de la Tramontane. Faisant une halte pour nous désaltérer- car le vent et le froid déshydratent - je découvre que pendant la traversée du plateau ma gourde a gelé ! C’est  « une première »  depuis des années que nous randonnons dans l’Hérault et qui me fait regretter de ne pas avoir emmener une flasque de pastis !

 

 

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On aperçoit bientôt le fil argenté du ruisseau d’Arles qui coule au fond des gorges. Bien qu’adeptes, comme vous le savez, des bains « nordiques » nous ne sommes pas tentés cette fois ci d’y mettre ne serait- ce que la moitié du quart d’un petit doigt de pied .

 

 

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Les rives rocheuses qui le surplombent sont décorées comme des sapins de noêl et témoignent de la température ambiante !

 

 

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L’eau habituellement insaisissable est ainsi condamnée par le froid à l’arrêt, mais que la chaleur revienne et elle reprendra son cours ! Après la mort qui nous saisit, nos vies reprennent elles aussi ailleurs leur cours ?

 

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Des brindilles s’habillent de glace et parent Gaïa, notre terre,  de somptueuses boucles d’oreilles. Gaïa est coquette  mais hélas , homo sapiens, son amant est un rustre qui ne prête guère attention à elle !

 

 

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Nous plongeons un peu plus avant dans les gorges de Colombières dont les falaises déchiquetées témoignent d’une histoire tourmentée. C’est toujours une source d’étonnement de voir de si petits ruisseaux éventrer ainsi les roches parmi les plus dures qui soient !

 

 

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Le chemin taillé par les hommes traverse de nombreux éboulis rocheux…on peut dire que les gaulois nos ancêtres ont fait un travail de 'romains !

 

 

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Plus avant le chemin  surplombe le torrent en d’étroits passages qui lui donne un air de « chemin des incas ». Mais c’est sans encombre que nous revenons à notre point de départ, revigorés par cette journée qui ferait le bonheur d’un « Inuit ».

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

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11/01/2012

Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux ! (1ère partie)

 ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

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La randonnée est pour moi un élément indispensable au maintien non seulement d’une bonne condition physique mais aussi mentale. Rompre un ou plusieurs jours avec le babillage médiatique pour aller à la rencontre de la nature et des éléments : soleil, pluie, vent, neige qui ne trichent pas, ne mentent pas , vous mettent face à vous même et vous poussent parfois dans vos derniers retranchements, est un exercice salutaire.

Elle permet de prendre du champ par rapport à cette "oligarchie d'incapables" qui  pensent que tous les français sont nés à Vire ! C’est sans doute pour ces tristes sires un critère d’identité nationale !

Non seulement sommes nous considérés comme des minables mais nous sommes aussi constamment sous surveillance. Car dorénavant avec les GPS installés sur les voitures et les portables , Big Brother peut nous localiser à tout instant et savoir si nous étions dans telle rue chaude de Neuilly sur Seine (un lieu particulièrement mal famé) ou dans une manifestation contre le port des talonnettes (un élément vestimentaire au moins aussi dangereux pour l’ordre public que la burka)

Aussi par mesure de sécurité éteignez le plus possible vos portables et allez là où les demoiselles à la voix sucrée des GPS n’oseront jamais vous accompagner : sur le Caroux ! Et cela même s’il y fait un temps à ne pas mettre un mouflon dehors . Au moins vous serez sûr d’être seul  et que l’on ne viendra pas vous y chercher !

 

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Et c'est pourquoi, alors qu’il a neigé la veille sur les sommets et qu’une tramontane à 100km /heure est annoncée pour la journée, nous nous mettons en route, Gibus et moi, à partir du village de la Colombières pour une cure de « désintoxication » sur le Caroux.

Nous empruntons le chemin qui longe le ruisseau d’Albine, ponctué de superbes cascades et qui mène aux baraques du Caylus puis au roc du Boutou situé au bord du plateau sommital (800m de dénivelé) .

 

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Il neigeote et le soleil, qui  généralement manifeste dans le sud un égo démesuré, joue une partie de bras de fer avec les nuages afin de na pas être renvoyé dans les coulisses. Leur affrontement crée de belles étincelles qui magnifient le paysage.

 

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Celles et ceux qui ont bâti et vécu autrefois dans les baraques de Caylus où nous arrivons imposent le respect. Ils avaient le sens du devoir vis à vis de ceux qui les avaient précédé et de ceux qui les suivraient. Ils savaient qu’ils n’étaient qu’un maillon dans une chaîne humaine et travaillaient et bâtissaient non seulement pour eux mêmes mais aussi pour l’éternité. Ce sentiment leur permettait de supporter une existence souvent rude, mais qui n’était pas exempte de joies et de fraternité.

 

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Le débit de l’Albine ayant considérablement grossi nous devons crapahuter sur ses rives escarpées pour trouver un endroit où le traverser sans trop de risque, les rochers étant rendus glissants par une pellicule de neige verglacée. Un peu d’adrénaline dans le sang est un élixir de jouvence qui enlève 20 ans à nos vieilles jambes ! (mais hélas pas au reste de notre anatomie  !)


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Ayant traversé sans encombre l’Albine, il nous reste à grimper le ravin des Drayes pour accéder au plateau sommital envahi par les nuées, ce qui nous réjouit, car nous sommes sûrs de ne pas rencontrer âme qui vive là haut. Enfin, il y a peut être des « âmes » (sait on jamais !) mais pas les corps qui vont généralement avec…

 

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En approchant du sommet la couche de neige se fait plus épaisse et recouvre de véritables chausse-trappes qui mettent en péril notre équilibre. Une fois ou deux je me retrouve affalé dans la neige alors que Gibus semble la survoler, révélant la supériorité en montagne des gènes suisses sur les gènes gaulois (mais dans une cave ceux des gaulois sont supérieurs, cocorico !)

  

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Parvenus sur le plateau nous ramassons des branches mortes de pins pour nous faire un feu dans le refuge de Fontsalès. Mais la neige ayant recouvert les chemins nous errons une bonne demi heure nos branches à la main autour du refuge avant de le trouver. Cet étrange ballet – qui nous a bien fait rire – a dû paraître étrange à la DST si jamais une caméra de l’un de leurs satellites nous a observé. Je ne serais pas étonné qu’on soit bientôt mis en garde à vue pour comportement suspect, vue les phobies sécuritaires de ceux qui prétendent nous gouverner.

 

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Nous finissons par trouver le refuge de Fontsalès qui est pour nous un bâtiment plus précieux que le Taj Mahal ou le palais de Topkapi, vu qu’on nous laisserait pas certainement boire du vin chaud et saucissonner au sein de ces deux monuments.


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Par la magie d’une allumette nous faisons naître un feu sans lequel l’homme aurait été une espèce condamnée . Quand je contemple un feu, j’ai les yeux de Naoh , l’oulhram qui est parti à sa conquête et dont l’histoire est contée dans le roman « La guerre du feu » de J-H Rosny qui a illuminé, c’est le cas de le dire, mon enfance .

 

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Pendant notre pause la tramontane s’est levée et a nettoyé le ciel . Nous entreprenons alors la traversée du plateau en direction du Hameau la Fage et des gorges de la Colombières. Au départ le chemin sinue au milieu dune sapinière qui nous protège du vent et arbore une parure digne de ses consoeurs du grand nord. Qui croirait que l’on puisse voir un tel spectacle dans l’Héraut, considéré par beaucoup comme le pays des plages et des camps de naturistes !


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Le soleil jette des confettis de lumière qui illumine le couvert de la sapinière et lui donne un aspect féérique.


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Puis nous abordons une zone de feuillus dont la tunique neigeuse apporte un brin de fantaisie à leur morne existence hivernale


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Sur ces chemins recouverts d’une neige inviolée nous posons le pied là où aucun autre homme ne l’a posé. Quelle jouissance cette sensation nous procure dans ce monde où tout semble pollué, déprécié, usé….. Mais nous faisons bien de savourer ces instants de jouissance car nous ne savons pas encore ce qui nous attend au sortir du couvert des arbres….pauvres fous partis seuls inconscients par un jour de blizzard sur le Caroux !

A suivre.....

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

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