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23/05/2015

Dans le dédale des Gorges de Madale (reprise d'archive)

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Ce matin, Gibus et moi partons explorer un secteur du Caroux où nous ne vous avons encore jamais emmenés : celui des Gorges de Madale. Il faut dire que, selon les informations dont nous disposons, le chemin du retour a été emporté par endroits par des éboulements et le passage est donc hasardeux. Mais que ne ferait-on pas pour vous offrir chaque semaine sur vos écrans de nouvelles merveilles du pays d’Oc !  Et en matière de paysages, mais aussi de difficultés et d’émotions, les gorges de Madale ne nous ont pas déçus ! Mais soyez patients,  je vais vous conter cela par le menu .

 

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Au départ, nous empruntons le chemin qui permet d’accéder aux crêtes du Suquet puis de la Coudière qui dominent la rive gauche des Gorges de Madale. Il serpente au milieu d’une forêt de chênes verts qui dispensent une ombre rafraîchissante, nous permettant de réduire notre dépense d’énergie. Nous ne savons pas, alors, que cette énergie ainsi épargnée nous sera  fort utile en fin de journée !

 

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Nous accédons à la crête du Suquet, lieu d’une beauté sauvage et qui nous semble au premier abord désert.  Mais mon œil de « Sioux » (que je tiens de mon grand père paternel  qui est venu en France lors de la tournée de Buffalo Bill en 1889) repère vite un vieil indien méditant à l’ombre des rochers. A sa plume placée à l’horizontale et à son attitude digne et fière  je reconnais qu’il s’agit d’un Cheyenne, sans doute la tribu la plus brave parmi celles qui ont lutté contre les colons  américains. Cette tribu fut d’ailleurs l’un des plus fidèles alliés de mes ancêtres Sioux. De ma filiation «peau-rouge », je n’ai hélas gardé que le bout de mon nez qui est de cette couleur !

Ne souhaitant pas troubler les rêveries  de mon lointain congénère, nous nous esquivons sur la pointe des pieds. Je me doute bien qu’il nous a entendus, mais son impassibilité nous fait comprendre qu’il n’a pas envie de nous parler.  Que le Grand Manitou veille sur lui, Hugh !

 

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Nous entamons l’ascension de la crête  de Coudière qui offre une vue plongeante sur les Gorges de Madale dont le fond très encaissé reste toutefois invisible. Nous cherchons en vain des yeux sur la paroi d’en face le chemin du retour, ce qui n’est pas de bonne augure ! Mais à chaque moment suffit sa peine….

 

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Soudain, en ces lieux isolés, nous découvrons une ancienne habitation superbement restaurée et qui a probablement servi de refuge aux charbonniers, autrefois nombreux dans le secteur. C’était au temps où le bois - ce soleil en barres - était la principale source d’énergie des habitants de la région.

 

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 Plus ancien, mais aussi moins bien conservé, est le dolmen  édifié au sommet de la crête de Coudière (779m) où nous nous arrêtons un instant, admiratifs du savoir faire de ses bâtisseurs, capables de déplacer et de soulever des rochers de plusieurs tonnes. Il faut espérer qu’ils avaient également découvert des remèdes souverains pour soigner les lumbagos !

 

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Puis nous entamons notre descente vers les Gorges de Madale ne nous laissant pas impressionner par un vieux pin couché qui semble nous inviter à rebrousser chemin.  Peut être aurions nous dû tenir compte de son silencieux message !

 

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Nous traversons le Madale sur un pontet, guères étonnés qu’un cours d’eau aussi paisible ait pu creuser  en aval des Gorges aussi impressionnantes. Car Gibus et moi savons que l’eau a un pouvoir destructeur incommensurable et c’est pourquoi il n’est pas question de laisser une seule goutte nous en pénétrer le gosier !

 

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Après avoir remonté sur l’autre rive, nous traversons le village de Madale et empruntons un sentier qui surplombe le torrent. Un  vieux châtaignier – conscient des difficultés qui nous attendent - prend un air menaçant en agitant dans l’air ses branches noueuses, dans l’espoir de nous faire rebrousser chemin. Mais c’est mal nous connaître, Gibus et moi, qui, malgré tout le respect que nous avons pour les « vieilles branches » (vu que nous en sommes aussi), n’avons jamais, jusqu’à présent, en randonnée fait demi-tour ! Nos compagnes peuvent en témoigner, qui ont à cet égard de douloureux souvenirs !

 

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Le vieux châtaignier ne bluffait pas car la situation se corse très vite ! Nous tombons sur un  premier effondrement qui a emporté le chemin : fort heureusement une corde permet de franchir  l’obstacle  sans prendre trop de risques.

 

 

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Mais une fois la corde descendue, nous passons de « Charybde en Scylla » car le chemin a tout bonnement disparu emporté par d’autres éboulements.  Comme il est un peu tard pour faire demi-tour, nous décidons d’aller de l’avant, en avançant précautionneusement à flanc  de paroi, avec l’espoir de retrouver un peu plus loin le chemin.

  

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Restant malgré tout sereins - vu que ça n'arrangerait pas pour autant notre situation de ne pas l'être, isn't it ? - nous admirons l’environnement grandiose qui nous entoure,  conscients d’être parmi les quelques privilégiés ayant la chance de pouvoir le découvrir. Nous sommes, chers lectrices et lecteurs,  très heureux de partager la beauté de ce lieu secret avec vous.

 

 

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Mais nous ne nous éternisons pas car il y a en haut de cette aiguille, dénommée  Pilier du Bosc, un rocher qui ne demande qu’à prendre un bain dans le Madale. Et Gibus et moi, même si nous aimons nous baigner, avons horreur d’être éclaboussés!

 

 

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La pente devenant de plus en plus abrupte, nous sommes obligés de descendre au fond des Gorges.  A certains passages délicats Gibus, aussi agile qu’un mouflon, me tend une main secourable, ce qui me permet de vous conter aujourd’hui notre aventure.

 

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Nous qui, d’habitude, ne manquons jamais une occasion de nous baigner dans les torrents que nous rencontrons, ignorons pour cette fois les eaux limpides du Madale. Notre préoccupation première est de sortir des gorges avant que la nuit ne tombe.

 

 

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La pente redevenant moins abrupte nous remontons à flanc de gorge sur des dalles fort heureusement sèches, toujours en quête du chemin  perdu …

 

 

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Au bout d’une heure de crapahut, notre persévérance est récompensée car nous finissons par le retrouver à environ deux cents mètres d’altitude en amont du torrent. Vous imaginez notre soulagement à ne pas devoir passer une nuit au fond des gorges sans autre liquide que de l’eau à boire !

 

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Le chemin nous ramène sans autre péripétie à notre point de départ où nous pouvons enfin profiter des eaux toniques du Madale, en usage exclusivement  externe bien évidemment !

 

PS : Je vous invite à suivre la suite de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL

 

Texte &  Photos Ulysse

15:29 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : madale, dédale, caroux, dolmen