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07/03/2010

Le roi mage du vallon de l’Espaze

 

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Vous connaissez tous l’histoire des trois rois mages, excellent prétexte après les agapes de Noël et du nouvel an, pour satisfaire sans vergogne à nouveau sa gourmandise en se faisant une orgie de galettes pendant tout le mois de janvier. Et vous croyez dur comme fer qu’ils étaient trois : Melchior qui offrit de l’or à jésus, symbole de sa royauté, Gaspard qui lui apporta de l’encens, symbole de sa divinité et Balthazard, de la myrrhe, que l’on utilisait pour embaumer les corps, pour lui signifier qu’il ne ferait pas de vieux os (vraiment sympa ce Balthazard !)

Et bien vous vous trompez, car il y en avait un quatrième, Jéroboam, natif de Marcq-en-Baroeuf qui avait prévu d’offrir à Jésus un paquet de carambars (délice local) pour égayer sa prime enfance, vu le sort tragique qui lui était ensuite dévolu. Mais Jéroboam était gourmand et, toutes celles et ceux qui ont goûté au carambar savent qu’il est difficile de résister à cette confiserie diaboliquement délicieuse. Aussi ce qui devait arriver arriva : Jéroboam se mit à piocher dans sa boite à carambars au fur et à mesure de sa progression, tant et si bien qu’arrivant à Camplong la boite était vide. N’osant paraître devant jésus les mains vides , le roi mage alla se réfugier dans le vallon de l’Espaze pour cacher sa honte. Il y est resté et il arrive qu’on le rencontre prostré dans la forêt méditant sur son forfait.

 

 

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Nous voilà donc partis un matin de la semaine passée à la recherche du roi mage pour le convaincre qu’il y a maintenant prescription et que Jésus lui a depuis longtemps pardonné son forfait qui n’est qu’une douce billevesée par rapport aux crimes quotidiennement commis par l’humanité.

Le ciel laiteux et les oripeaux de l’hiver ont gommé les couleurs du monde conférant au vallon de l’Espaze les allures d’un lieu de pénitence.. On comprend que Jéroboam s’y soit réfugié.

 

 

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Des draperies de glace ornent le tronc d’un arbre mort, seule note de fantaisie dans cet univers glacé.

 

 

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Que les lois de la physique conduisent à l’élaboration de telles merveilles est pour moi source d’interrogation : quel divin artiste a conçu ces magnifiques bijoux éphémères ?

 

 

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Il est difficile en hiver de déterminer le sexe des arbres, certains d’ailleurs pouvant être hermaphrodites. Mais à mon avis ces magnifiques pendentifs ne peuvent appartenir qu’à des « arbresses ».

 

 

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Une averse de neige nous surprend au cours de notre progression et en tendant l’oreille on perçoit le doux chuintement que font les flocons en heurtant le sol et le tronc des arbres. Nous redoublons de vigilance au cas où le roi mage profiterait de cette averse pour sortir de son repère.

 

 

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Mais cette averse est de courte durée et bientôt le sous bois s’illumine et le monde reprend des couleurs sous le soleil retrouvé.

 

 

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Nous suivons un chemin en balcon qui surplombe le vallon de l’Espaze et redoublons d’attention mais notre roi mage reste introuvable

 

 

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Et puis soudain nous l’apercevons en contrebas du chemin, figé dans une posture méditative serrant son coffret à carambars vide contre lui .

Nous l’interpellons en lui disant que Jésus se soucie comme d’une guigne desséchée de cette affaire d’autant qu’il peut s’offrir tous les carambars qu’il souhaite, vu qu’il a déjà multiplié des petits pains et des poissons pour des milliers de personnes.

Le roi mage n’en croyant pas ses oreilles se met à danser la gigue puis commence à dévaler la pente ; nous le hélons en lui demandant où il compte aller : « je m’en retourne à Marc-en-Baroeuf nous dit-il les carambars, c’est trop bon !

 

 

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Nous poursuivons notre chemin heureux d’avoir rasséréné une âme mortifiée. Combien de vies ont été ainsi gâchées par la hantise du péché et la menace de l’enfer brandie par des ayatollahs mortifères menant une existence de cancrelats. Ceux qui font de l'amour ou de la gourmandise un péché sont les seuls vrais hérétiques.

Le bruit de nos pas étant étouffés par la neige, nous surprenons, un brin gênés, un couple de hêtres tendrement enlacés s’embrassant passionnément sur la mousse .

 

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Nous allons bientôt quitter le chemin ombragé et glacial qui sinue sur le flanc de l’ubac pour gagner la terre promise de l’adret illuminée par le soleil. Ainsi nos vies passent-elles en permanence de l’ombre à la lumière et inversement et il faut savoir se garder à la fois de l’éblouissement et de la désespérance si l’on veut ne pas perdre son cap.

 

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Les œuvres éphémères nées du mariage de l’eau et du gel ornent le moindre filet d’eau. Le soleil les dissipera bientôt dans l’espace, comme « la camarde » le fera un jour de nos existences, libérant nos atomes pour de nouvelles aventures.

 

 

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Nous voilà cheminant au soleil, l’air cristallin et la neige conférant une gracieuse légèreté au monde environnant. On se sent prêt à voler au sommet de la crête strié d’un fil blanc que l’on découvre à l’horizon. Mais nous serions vite rappelé à l’ordre par la loi de la gravité; l’homme qui rêve si souvent au ciel est condamné  à ramper sur la terre comme un cloporte, dont il n'est en définitive guère différent.

 

 

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Nous sommes en vue du refuge, autant dire pour nous, montagnards, du paradis ! D’aucuns placent leur « nirvana » dans le ciel, ou dans les palaces, ou encore dans les bras d’une autre personne (je n’ai pas ajouté du sexe opposé, car il faut vivre avec son temps) Mais pour ce qui nous concerne, à cet instant précis, il est là dans cette masure de guingois, ce qui ne veut pas dire que nous n’apprécions pas les effusions …mais bon avec ce froid !

 

 

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Revigorés par un vin chaud, une collation et un feu d’enfer ….. ayant illuminé notre paradis (c’est le diable qui rend le ciel attrayant) nous poursuivons notre périple bercé par le vent qui chante dans les vastes sapinières que traverse le chemin.

 

 

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Un ruisseau facétieux et poète a brodé à la branche d’un chêne pubescent des fleurs de glace . Elles ne vivront hélas que ce que vivent les roses : l’espace d’un matin !

 

 

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Dans le sous bois où il fait plus doux car le vent glacial n’y pénètre pas, la neige n’adhère plus que sur le tracé du chemin où le sol est plus compact et donc plus froid. A l’instar du fil d’Ariane, ce fil neigeux nous guide  jusqu’à notre point de départ

 

Texte & photos ulysse

 

24/03/2008

Moments d'extase autour de l'Espaze...

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Parmi les bonheurs qu'offre le pays d'Oc il en est un qui, sur notre terre

surpeuplée et surexploitée, devient de plus en plus rare : celui de pouvoir randonner à distance

raisonnable de chez soi dans une nature sauvage.



Dans les hauts cantons où je vous emmène aujourd'hui ces endroits abondent.

Il en est un que j'aime particulièrement situé au nord de Camplong dans les monts d'Orb, une vaste zone montueuse et boisée

traversée par les eaux claires de l'Espaze
!

http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07065.JPG


L'Espaze qui coule en cet endroit des jours souvent tranquilles connaît, les

jours d'orage, de grosses colères qui le rendent infranchissable. Fort heureusement nous avons

pu le traverser les pieds au sec le jour de notre périple car, malgré un ciel gris, pas une goutte

de pluie n'était tombée depuis plusieurs jours.


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Remontant sur le flanc nord de la Jasse d'Albert de la Caumette qui culmine à

738m (ledit Albert étant sans doute une personnalité locale de grande renommée mais sur

laquelle je n'ai pu glaner aucune information, si l'un de mes lecteurs peut éclairer ma lanterne je

suis preneur) on traverse une magnifique forêt aux essences diversifiées transformée

aujourd'hui en arboretum.


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Dans une trouée du feuillage on aperçoit au loin vers le sud les anciennes

mines de charbon à ciel ouvert dominant Camplong et qui ont été exploitées jusque dans les

années soixante. Aujourd'hui elles sont lentement recolonisées par la

végétation.


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En arrivant près du sommet de la Jasse qui correspond à un plateau herbeux

où l'on parquait autrefois la nuit les troupeaux en estive, on ne voit n'y n'entend plus

aujourd'hui la queue d'une vache ou le bêlement d'un mouton. On y croise parfois un chien de

berger fossilisé d'avoir attendu vainement son maître parti avec son troupeau dans la voie

lactée.


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07102.JPG


Le sommet de la Jasse est aujourd'hui couvert de genets et d'ajoncs et une

table d'orientation permet aux randonneurs de passage d'apprendre la géographie des

lieux.


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En redescendant vers l'espaze on traverse de magnifiques forêts de cèdres, de

pins lariccios et de hêtres dont les élégantes silhouettes argentées illuminent le sous-bois. Le

réchauffement climatique en cours menace hélas de chasser de la région cet arbre qui prospère

dans les sols frais et humides .


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC07144.JPG


Au détour du chemin surgit parfois une ruine moussue dont le charme et le

mystère n'a rien à envier (à mon humble avis) aux pyramides mayas ou aux temples d'Angkor

!

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Puis l'on traverse une ancienne chataigneraie dont les doyens quelque peu

décharnés n'ont plus que la peau sur les os et constituent un repère idéal pour Hibous.


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D'ailleurs il y en avait un ce jour là assez déplumé mais pas effrayé pour un

sou de notre présence.



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On dit que de mémoire de rose on n'a jamais vu mourir un jardinier et de

mémoire d'homme, un chataigner ....mais en ce lieu hélas on voit mourir les chataigners ce qui

augure mal du devenir de l'humanité !



Puis le chemin nous ramène au bord de la rivière de l'Espaze dont il suffit de suivre le

cours enchanteur pour revenir fourbu mais régénéré à notre point de départ


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Texte & Photos Ulysse

09:55 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : camplong, espaze, jasse