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01/06/2012

Rencontre Franco-Belge au Salagou

 

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Un soir de la semaine dernière alors que je me tricotais une paire de moufles pour l’hiver prochain que l’on annonce rude,  le téléphone se mit à sonner. Je décroche et j’entends une voix qui me dit :

 « Allo, c’est François je voudrais parler à Ulysse »

 « C’est moi, mais vous êtes François qui ? »

  « François Hollande ! »

  « Mais je ne connais pas de François en Hollande »

 « Allons fais pas l’idiot Ulysse, je suis François Hollande, le nouveau président »

Le plafond me serait tombé sur la tête que je n’aurais pas été plus sonné. Comment moi, un modeste citoyen qui n’a pour seul mérite que de payer ses impôts, de respecter les Stop et de ne pas jeter de papier par terre, a-t-il pu attirer l’attention du « Prez’ »  Me ressaisissant je lui dis :

 « Mais que me vaut l’honneur de ton appel François » 

 « J’ai besoin de tes services pour traiter un important dossier international»

 « Mais François, que je sache, tu as un ministère des Affaires Etrangères pour s’occuper de ce genre d’affaires. Pourquoi t’adresser à moi ? »

 « Et bien c’est simple, aux Affaires Etrangères ils sont débordés. Ils sont tous mobilisés par les discussions avec les allemands - des durs à cuire, soit dit entre nous, ceux là - et par les problèmes grec, espagnol, italien et autres pays de l’Europe en difficulté, sans oublier le retrait d’Afghanistan qui est une affaire un peu compliquée, tu t'en doutes. Or nous devons recevoir une importante délégation belge qui vient négocier l’achat de brevets pour la fabrication de frites hélicoïdales que vient de déposer la société française Patate & Cie établie à Montpellier. Nos services de renseignements ont pu établir que certains membres de la délégation apprécient ton blog qui est au demeurant très lu en Belgique. J’ai donc pensé que tu étais la personne idéale pour recevoir cette délégation et leur organiser une petite sortie, car je sais qu’ils apprécient vivement notre région ».

Fort honoré par la confiance du président je n’ai pas pu lui refusé ma collaboration. C’est la raison pour laquelle nous partons ce matin en compagnie de la délégation belge et de mon inséparable ami Gibus, ainsi que de nos épouses respectives, pour leur faire découvrir le site du Lac Salagou, en préalable à la signature des contrats de licence pour la fabrication de frites hélicoïdales. Marie, l'épouse de Gibus pense que cette nouvelle frite devrait avoir un succès phénoménal car sa forme est idéale pour retenir la mayonnaise ou la moutarde !

Nous partons du hameau de Laulo, situé sur le contrefort oriental du plateau d’Arverne, que pour l’heure nous escaladons. Parmi la délégation belge se trouvent Marc, responsable de la logistique de distribution des frites surgelées à travers le monde (la Belgique est le premier exportateur mondial), Eric  éminent chercheur qui travaille sur l’optimisation de la température des huiles de cuisson des frites, Jean-Marie et Raymond qui sont considérés comme les meilleurs goûteurs de frites  de Belgique et leurs épouses qui sont responsables des ventes sur les différents continents.. C’est suite aux recherches d’Eric, qui a établi que la forme hélicoïdale permettrait d’économiser 30% d’huile pour la cuisson des frites, que  la société Patate & Cie, dans le cadre d’un concours international, a mis au point un procédé industriel efficace de production de ce genre de frites.

 

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Parvenus sur le sommet du plateau d’Arverne et  pu ainsi  reprendre notre souffle, les discussions vont bon train sur nos expériences gastronomiques respectives, les belges étant de fins gourmets. La preuve en est que la Belgique comporte plus de restaurants « 3 étoiles » par habitant que la France.

Gibus, joignant le geste à la parole, raconte alors qu’il a vécu  son expérience gastronomique la plus étonnante la veille du marathon de Naples où il a vu arriver sur la table du restaurant où il était attablé avec huit autres coureurs  un plat de spaghettis de plus d’un mètre de haut. Lui et ses camarades de tablée n’ont pas laissé un spaghetti au fond du chaudron !

 

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Le plateau d’Arverne comporte des capitelles dont  l’une  qui a la forme de pyramides à degrés, fait partie des plus belles du Languedoc.

 

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Nos amis belges sont impressionnés par le savoir faire de ceux qui ont édifié, sans une once de ciment, un tel édifice capable de défier le temps. On ne peut pas en dire autant de certains orgueilleux buildings contemporains de verre et d’acier qui sont décatis en moins d’une décennie ou qui, comme à Shangaï s’effondrent avant d’être terminés.  Mais on sait ce que vaut le « made in china » !

 

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Puis nous descendons vers les rives du lac Salagou illuminées par les genêts en fleurs. Marc et ses amis sont émerveillés par la beauté du site et font chauffer leurs A.P.N peu habitués à un ciel aussi bleu et à la présence d’autant de couleurs en un même lieu. Chez eux ils sont plutôt habitués aux différentes nuances de gris !

 

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Nous avons en face de nous les piochs de Rouens et de la Sure, anciens volcans qui faisaient partie de la chaîne des volcans d’Auvergne et dont les sommets sont coiffés d’anciennes coulées de lave  que recouvrent peu à peu la végétation.

 

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La vue  de ces anciennes « friteuses » géantes fait rêver nos amis belges et aiguise leur appétit. Nous nous installons donc pour le pique-nique. Nous célébrons, comme il se doit, l’indéfectible amitié franco-belge pays, l’un des rares pays avec lesquels, rappelons le,  nous n’avons jamais été en guerre. Nous leur offrons à cette occasion quelques « pots de vin », mais en tout bien tout honneur, car  ce sont des pots de vin du Pays d’Oc et non pas de Karachi !

 

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Puis nous reprenons notre périple le long de la rive où l’érosion a découpé des chapelets de canyons dans les ruffes écarlates où s’engouffre l’eau bleue du lac, créant un étonnant contraste.

 

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Le groupe avance d’un bon pas en ce lieu idyllique, chacun étant porté par l’allégresse que fait naître la vue d’une telle beauté.

 

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Et reconnaissez qu’il est beau notre Salagou ! Finalement, toute modestie mise à part, François a eu raison de s’adresser à moi parce qu’avec une balade dans un tel cadre,  il est sûr que l’affaire est dans le sac et que les contrats de licence seront signés en fin de journée !

 

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Ici et là quelques coquelicots  ajoutent une touche de douceur à cet univers essentiellement minéral. Nos amis belges y sont d’autant plus sensibles que la liqueur aux coquelicots est une délicieuse spécialité de leur pays

 

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Mais même sans coquelicots, le paysage reste sublime, convenez en.

 

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Nous passons devant la chapelle des Clans,  fermée à double tour comme  la plupart des églises et chapelles. Comment peut-on croire en un dieu qui ne peut protéger ses biens contre les vandales et les voleurs ?

 

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Puis nous passons au pied d’impressionnantes orgues basaltiques nées d’éruptions volcaniques et qui ressemblent étrangement à des frites. Les volcans sont effectivement  de  gigantesques friteuses !

 

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Notre périple s’achève et nous rendons dans les locaux de la préfecture pour signer les contrats de licence. Nos amis belges bien qu’enchantés par cette journée se montrent de redoutables négociateurs. Mais c’est de bonne guerre car en matière de relations commerciales il y a toujours des cactus. Mais même les cactus font des fleurs et tout finit par s’arranger à la plus grande satisfaction des deux parties qui promettent de se revoir. Ma mission accomplie, je téléphone à François pour lui faire part du plein succès de l’opération:

"Bonjour François, mission accomplie, les belges ont signé"

« Bravo Ulysse et merci pour ta contribution au redressement économique de notre pays. Passe me voir à l’Elysée si un jour tu montes à Paris »

 « Oh tu sais François, Paris et  l’Elysée c’est pas mon truc . Je préfère que tu descendes dans le sud à l’occasion et on ira faire une rando sur le Caroux»

« Alors ça c’est une bonne idée, ça me changera d'air. Je  dois bientôt inaugurer les nouveaux locaux de Patate & Cie à Montpellier j’en profiterai pour m’éclipser une journée. J’espère qu’à cette occasion tu me feras goûter le Rosé Saint Hyppolite dont tu dis le plus grand bien sur ton blog  Et prends plutôt deux bouteilles qu’une parce que contrairement à mon prédécesseur, moi je suis un mec normal : je bois du vin ! » 

 

PS : Merci  à nos amis belges  Myriam, Anne-Marie, Jacqueline, Marc, Eric, Jean-Marie et Raymond d’être descendus du « grand nord » pour venir randonner avec nous et d’avoir accepté de figurer dans cette fable.

 PS 2 : Si jamais François lit cette histoire et veut venir randonner avec nous dans le Caroux, il sera le bienvenu...

 PS 3 :  Et si vous voulez  goûter aux frites hélicoïdales, laissez moi un commentaire je vous donnerai des adresses

 

PS : Je vous invite à suivre le 7ème épisode de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL

Texte & photos Ulysse

08/06/2010

Des amis du plat pays amoureux des Hauts-Cantons….

 

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En créant mon blog je ne pensais pas qu’il donnerait naissance à une belle amitié avec des gens du plat pays belge, petit royaume qui se chauffe à la chaleur humaine et ensoleille pluies et brouillards, qui souvent l’assiègent, avec les effluves dorées de la bière .

Tout a commencé quand Marc, résidant en Wallonie, a croisé sur internet le chemin de mon blog. Amoureux du massif du Caroux qu’il sillonne une semaine par an depuis dix sept ans avec des membres de sa fratrie et ses amis, Jean Marie, Eric, Raymond et leurs épouses, il est devenu l’un de mes lecteurs assidus.

Esbaudi et ravi par cet amour porté par de lointains « estrangers » des plaines nordiques à la montagne que je chéris entre toutes, j’ai alors proposé à Marc de faire une randonnée en commun lors de sa prochaine visite. Tope là ! m’a-t-il aussitôt répondu et c’est ainsi que la semaine passée nous nous sommes retrouvés pour une virée sur les chemins de la Montagne de Rosis, située au nord du massif du Caroux.

Ceux qui connaissent ce massif savent qu’on ne peut résister à l’appel de sa voix rocailleuse et chantante qui s’élève de mille bouches perchées haut sur ses falaises rocheuses ou tapies dans ses bois profonds. Cette voix unique et envoûtante qui est parvenue il y a dix sept ans jusqu’à l’oreille de Marc et de ses compères au cœur de la Belgique !


 

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Il était tout naturel que Gibus, qui connaît le Caroux encore mieux que les agents du fisc connaissent mes poches (et dieu sait pourtant que ces gens sont des experts !), soit de la partie. En professionnel aguerri de la montagne il veille à notre sécurité lors de passages un peu technique, comme cette traversée de gué apparemment anodine, mais qui recèle quelques pièges sous la forme de pierres branlantes et glissantes. Les naïfs découvrent ainsi le caractère vicieux de l’eau qui explique ma méfiance à l’égard de ce breuvage.

 

 

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Randonner en montagne c’est ouvrir en grand les portes et fenêtres de sa vie pour y laisser entrer le soleil, la pluie, la neige, le vent, les orages qui, dans les temps anciens, ont forgé le cœur et l’âme de l’homme. C’est, ainsi, perpétuer cette énergie qui a permis à ce fragile bipède de partir à la conquête de la planète et d’y bâtir des empires.

 

 

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Randonner c’est aussi préserver en soi le sens du merveilleux qui a nourri les premières rêveries de l’homme et de sa compagne quand dans les cieux ils voyaient flotter la lune. Et c’est un fait qu’au cours de mes pérégrinations j’ai pu souvent constater que les êtres des contes et légendes, que les citadins désenchantés prennent pour des fariboles, existent vraiment

D’ailleurs, Marie, l’épouse de Gibus, qui a l’œil plus vif que mon gosier devant un verre de rosé bien frais, aperçoit soudain un « sangliéton » être mi-sanglier, mi-mouton en train de se gaver d’herbes tendres au milieu d’un clairière. Voyant qu’il a affaire à d’innocents promeneurs (certains comme moi, « innocent » tout court !) cet être fabuleux poursuit son festin sans s’inquiéter outre mesure.

 

 

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Un peu plus loin nous passons près d’un hêtre astucieux dont l’une des branches forme un nœud coulant avec lequel, je le soupçonne de capturer quelques rayons du soleil quand arrivent les derniers jours d’automne, qui le réchauffent tout l’hiver jusqu’à la venue du printemps.

 

 

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Nous entendons soudain le tiquètement d’un pic-vert sur le fût d’un châtaigner en quête de quelques insectes xylophages à manger. Je me mets alors à déclamer des alexandrins car je sais que les pic-verts sont friands de vers de douze pieds (ce sont les plus nourrissants) et le voilà qui, peu farouche, se pose à nos pieds et se met à picorer mes vers tombés à terre…

 

 

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Après un glorieux picnic au hameau fantôme de Caissenols, nous franchissons le portail de Roquendouire pour gravir la serre de la Mare qui culmine à 810 mètres. Nos amis belges sont un peu déçus car les ginestières (champs de genets) n’affichent pas encore la belle couleur de bière blonde qu’elles prennent quand elles sont en fleurs.

 

 

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Un rapace qui se joue des vents et de l’altitude ricane de nous voir suer, souffler, ahaner dans la pente. Mais pas rancuniers pour deux sous, nous admirons sa grâce et son expertise qui rendent jaloux les imbéciles qui les prennent parfois pour cible,

 

 

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Gibus veille à ce que personne ne reste en rade voulant éviter tout incident diplomatique avec un pays qui par mesure de rétorsion pourrait nous priver de ses exportations de frites . Mais nos amis belges se montrent à la hauteur et c’est ensemble que nous franchissons la crête.

 

 

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Comme les cairns où s’entassent des pierres libres à l’improbable équilibre et qui défient les lois de la pesanteur, les amitiés se tricotent avec des mots et des sourires et la passion commune des grands espaces, de la marche et du bon vin.

 

 

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Humbles conquérants de l’inutile, nous savourons en silence la plaisir de partager ensemble le spectacle de la nature environnante.

 

 

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L’univers ouvre au dessus de nous sa gueule bleue où virevoltent, pendant que nous marchons, nos méditations et nos rêveries.

 

 

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Au cours d’une pause près d’un abri séculaire de berger, Marie de nature un brin mystique (comme votre serviteur qui honorent les vignes du Seigneur)) entre en contact avec les dieux de l’Olympe afin qu’ils nous prévoient un demi bien frais à l’arrivée

 

 

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Notre chemin franchissant le Casselouvre nous en profitons pour nous y baigner, seul usage que nous apprécions de ce liquide que les anglais - peuple intelligent contrairement aux apparences - dénomment « water » et qu’ils réservent à juste titre au « closet »

 

 

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Le retour se fait par l’un de ces chemins que j’affectionne , bordé d’un muret de pierres, dont la longueur cumulé à travers le pays d’oc dépasse largement celle de la muraille de Chine. Mais alors que la muraille de Chine enferme un peuple soumis à une clique de dictateurs, ces murs là guident des hommes libres.

 

 

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Revenus au point de départ, nous constatons avec bonheur que les dieux de l’Olympe sont au rendez vous avec des Stellas Artois bien fraîches (bravo Marie), exquise délicatesse de leur part sachant que c’est la bière préférée de nos amis belges. Comme quoi les grecs n’ont peut être plus d’argent, mais ils ont encore du savoir vivre.

Cerise sur le gâteau, ou comme disent plutôt nos amis belges « moutarde sur les frites » Vulcain nous a même allumé un grand feu pour y faire cuire nos grillades.

 

 

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C’est ainsi qu’après avoir marché et contemplé ensemble la beauté des haut-cantons, nous partageons le pain, le vin, les rires et les saucisses, délicieux ciments d’une belle amitié. L’année prochaine c’est promis, nous recommencerons !

 

 

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Texte & photos Ulysse

 

17:59 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : rosis, frite, olympe, chine