suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/09/2013

Périple en Cerdagne- 2ème partie :le vallon des Bouillousses


Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 


DSC00211.JPG
Marris (y compris nos épouses n'en déplaise aux féministes, c'est là tout le "charme" de la langue française !) de ne pas avoir la veille piétiné la neige, nous décidons le lendemain de prendre la direction du Vallon des Bouillousses, réputé pour son enneigement. Mais soucieux de ne pas nous encombrer inutilement de raquettes qui pourraient ne pas servir, nous prenons le risque de partir chaussés de nos seuls godillots.



DSC00223.JPG

Vers 1650m nous rencontrons effectivement la neige, mais elle apparaît suffisamment tassée pour nous permettre de progresser sans trop de risque de nous y enfoncer. Cela dit malgré mon 45 fillette je suis dans mes petits souliers car
par endroits la couche supérieure cède et je me retrouve enfoncé dans la neige jusqu'à mi-cuisse. S'ensuivent alors des efforts désespérés pour sortir de ce chausse-trappe aussi redoutable que des sables mouvants. Heureusement les sapins tendent leurs branches secourables et me permettent de m'extirper de ce funeste piège. En hommage à ces valeureux montagnards, jamais plus jamais je ne dirai « ça sent le sapin » quand je croiserai un ami qui a mauvaise mine ! 


DSC00217.JPG

Sur les versants enneigés les chandelles sombres de ces bienfaiteurs contrastent avec la silhouette diaphane des bouleaux dont les bourgeons titillés par le soleil s'entrouvrent et les enveloppent d'un brouilard rosé.


DSC00234.JPG

Nous progressons en file indienne bercés par le crissement ouaté de nos pas dans la neige. Quel bonheur de marcher « pour rien » ou pour le seul plaisir de mettre un pied devant l'autre et de donner ainsi un sens à sa vie : le sens de la marche !

DSC00230.JPG

Nous arrivons en vue d'un refuge ce qui nous fait presser le pas, pur réflexe pavlovien stomacal, car nous ne sommes pas du genre montagnards ascétiques, le vin n'ayant jamais avec nous le temps de tourner au vinaigre (il fallait la trouver celle là hein !)

Soudain, alors que nous étions en train de célébrer notre (modeste) ascension tout en rendant hommage aux produits "liquides" du pays, un "de ces cons qui sont nés quelque part" célébrés par l'ami Georges, avec une allure et des manières de sanglier des Carpathes (ce sont les plus sauvages !) tente vainement de nous déloger du refuge au motif qu'il "était chez lui ici". L'olibrius qui ne fait pas honneur à sa Cerdagne natale a dû battre en retraite devant la fermeté des "branleurs de touristes" que nous sommes et qui vont "foutre le bordel dans les refuges". Habituellement la pratique de la montagne est une école de civilité et de solidarité, mais il faut croire qu'il y a des individus imperméables à la civilisation Si cet ostrogoth sait lire et qu'il tombe un jour sur cette note, qu'il sache que je lui offre en pensée l'équivalent de son poids, au choix, en foin ou en glands, aliments qui doivent convenir à sa nature porcine !


DSC00239-1.JPG



Rassasiés et revigorés, nous prenons le chemin du retour alors que le soleil tente une percée. La terre en profite pour réchauffer ses vieux os qui émergent lentement de leur glaciale couverture neigeuse hivernale.


DSC00251.JPG


La fonte des neiges alimente des myriades de ruisseaux dont certains domestiqués suivent docilement leur cours officiel ponctué de pontets qui permettent de les traverser. Mais il en va des ruisseaux comme des hommes, certains sont rebelles et vont où bon leur semble, courant parfois sous la neige et se révélant par endroits par un trou d'eau qui capte le soleil.

DSC00247.JPG

Il faut alors être vigilant et guetter le bruit de l'eau qui court sous la neige si l'on veut éviter de sombrer dans une « gouille » d'eau glacée ! Mais finalement le danger ne surgit pas des « gouilles » cachées sous la neige, mais d'une plaque de neige verglacée sur laquelle notre amie Marie, pourtant pleine de grâce, nous fait une impressionnante démonstration de vol plané, qui lui vaut hélas une cheville cassée. Comme quoi de porter le prénom de la mère du Christ ne vous protège pas des misères de ce monde. 

Marie termine en conséquence la randonnée sur le dos de son mari Gibus qui, outre sa capacité à fendre les montagnes avec son couteau suisse (voir ma note du 17 septembre 2008 ) est capable d'arpenter les montagnes avec un menhir dans son sac à dos !

DSC00273.JPG

Le ciel se dégage enfin au moment où nous regagnons la terre ferme révélant à nos yeux éblouis ( je sais la formule est un peu bateau, mais éblouis nos yeux vraiment étaient !) les cîmes enneigées des Angles et de Formiguères.

DSC00283.JPG

Un couple d'heures plus tard, le reliquat de nuages qui traînent encore dans les parages nous offrent, au moment où le soleil nous donne son congé, un spectacle  inoubliable.


A suivre....

et je vous invite une nouvelle fois à rendre visite
à mon blog PIQUESEL pour suivre  le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Et si vous aimez la photographie allez sur



Texte & Photos Ulysse