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17/03/2017

Le Caroux encore et toujours......

 

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Ce matin me voilà de nouveau parti pour faire l’ascension du Caroux en empruntant les pistes des Gardes, du Bartouyre et du Rieutord, un parcours sportif, rocailleux qui offre des vues somptueuses sur les impressionnantes aiguilles que comporte le massif. Je traverse le torrent d’Heric sur la passerelle des Soupirs, la bien nommée, car à peine l’a-t-on quittée que la pente devient abrupte. Mais avant d’entamer la montée, je prends le temps de photographier le sommet pyramidal de la Maurelle que je vais contourner, une fois parvenu sur le plateau sommital. L’espace montueux qui nous en sépare vous donne une idée du chemin à parcourir !

 

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En me retournant, je découvre les eaux de l’Héric abondantes à cette saison et qui vont rejoindre l’Orb en aval.

 

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La piste longe des chaos rocheux dont je me demande comment ils ne cèdent pas à la loi de la gravité qui me fait chèrement payer chaque enjambée que je fais pour grimper !

 

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Mais ces rochers qui semblent inamovibles tomberont un jour ou l’autre, victimes du sablier du temps. Cet implacable sablier qui dispersera un jour les atomes qui me constitue, qui retourneront au ballet céleste commencé il y a quinze milliards d’années. En attendant j’essaie de les tenir ensemble du mieux que je peux !

 

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En attendant leur écroulement, ces aiguilles ont fière allure et servent de perchoirs à des arbustes alpinistes. Les plantes, qui n’ont aucun moyen de locomotion propre, ont de multiples stratégies pour la dispersion de leurs graines. Certaines se servent à cet effet du vent (anémochorie) ou des oiseaux et des animaux (zoochorie).

 

 

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Ayant atteint la cote des 800mètres, je passe non loin de l’aiguille Déplasse à laquelle je trouve une allure de requin défiant le ciel ! Encore une effet de la paréidolie dont je suis atteint et que m’a diagnostiqué une lectrice (Chinou). Cela s’apparente à une inoffensive folie! Mais heureux sont généralement les fous et les enfants (que je suis resté aussi) .

 

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Plus contemplative est l’aiguille Viallat qui surplombe un océan de collines bleutées. Cette remarque peut vous faire sourie, mais qui nous dit que les roches n'ont pas de sensibilité : nous sommes constitués de la même matière originelle qu'elles.

 

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La piste traverse le Rieutord qui se faufile sous un éboulement de rochers. Quels que soient les obstacles mis sur son cours, l’eau trouve toujours un chemin. Il n’ y a guère que mon gosier qu’elle n’arrive pas à franchir !

 

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L’eau est un élément étonnant : Elle nous caresse la peau mais emporte les montagnes ; On peut y plonger facilement la main mais si l’on y tombe d’une hauteur de 50 mètres on peut s’y briser comme sur du béton ! Elle est même consommable à condition d’y mettre du pastis ou du sirop de grenadine pour les plus jeunes ! Cela dit, même si je suis resté un enfant, je ne consomme plus de grenadine !

 

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Je passe au pied d’une falaise en haut de laquelle s’est adossé le chef indien Seattle qui y a trouvé refuge. Il contemple avec tristesse notre monde peu à peu dévasté par les humains alors qu’il avait mis en garde l’homme blanc contre les dommages qu’occasionneraient sa cupidité et son inconscience. 

 

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Seattle s’est réfugié dans le Caroux car c’est un lieu encore épargné par la folie des hommes, sans doute du fait qu’il ne recèle aucune ressource exploitable. Un vénérable hêtre pluriséculaire peut y mener sa paisible existence sans craindre la hache d’un bûcheron.

 

 

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Il a pris appui sur un énorme rocher, émouvantes épousailles entre le monde minéral et végétal.

 

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C’est à son pied que je sacrifie à la noble tradition d'un pique-nique bacchusien et d'une sieste réparatrice qui contribuent à tenir mes atomes ensemble.

 

 

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Je redescends peinardement  par la petite route touristique piétonnière longeant le torrent d’Héric qui bondit joyeusement  de cascade en cascade vers la plaine.

 

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Encore une belle balade dont le souvenir restera gravée dans mes atomes le jour où ils rejoindront le grand ballet de l’univers. Je pense que les expériences vécues ou ressenties par le règne minéral, végétal et animal enrichissent le Grand Manitou qui se cache dans les coulisses de l'univers. Je sais je suis un peu fou, mais je vous rassure  je suis un fou inoffensif !

 

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Mes autres blogs:

Old Nut : où vous pouvez écouter toutes mes chansons

Certaines sont disponibles sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Spotify, Google play, Amazon...

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

La dernière chanson mise en ligne s'intitule "L'Aventurière"

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite

 

Texte & Photos Ulysse

29/08/2015

Le Caroux par la piste des charbonniers (Reprise d'archive)

 

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Chacun dans la vie a son « Graal » : un but difficilement accessible qu’il aimerait accomplir. Pour certains c’est gravir l’Everest, le Mont Blanc,  la Dune du Pyla,  les marches du perron de l’Elysée, pour d’autres c’est faire un marathon, traverser la Manche à la nage ou la piscine de Pénélope Cruz ou de Julia Roberts. Pour moi, amoureux du Caroux, c’était de le gravir par la voie la plus difficile (hors parcours d’escalade que je ne pratique pas) : c’est à dire la piste dite "des charbonniers."

Je fais donc part de mon projet l’autre jour à mon ami Gibus qui l’a emprunté deux fois et en a gardé un souvenir mémorable. Il accepte de la  gravir une dernière fois, tout en me mettant en garde contre la difficulté de l’entreprise. C’est en effet un parcours équipé par endroits de chaînes et dont certains passages impliquent d’utiliser une corde. On l’appelle ainsi, me précise-t-il, non pas parce qu’elle menait à des lieux de production de charbon de bois (ce qui serait impossible vu les lieux) mais parce qu’il faut avoir une foi de charbonnier pour l’affronter !

Personnellement convaincu que « le ciel » est indifférent à notre sort et qu’il vaut mieux compter sur quelqu’un que l’on connaît bien (soi même) et sur Gibus plutôt que sur quelqu’un que l’on ne connaît pas (dieu, vichnou , allah , zeuss ou toute autre divinité ) j’indique à mon ami que je maintiens mon projet . Nous nous engageons donc un beau matin (condition indispensable)  dans les gorges d’Heric d’où part la piste.

 

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A vrai dire, ce n’est même pas un piste mais une vague trace qui traverse dans sa première partie une zone d’éboulis dans lesquels des cairns permettent de garder le cap. L’objectif est d’atteindre le plateau sommital derrière les sommets que l’on aperçoit au dessus de nous en contre-jour.

 

 

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Passés ces éboulis, on atteint la base d’une paroi équipée de chaînes que Gibus en montagnard expérimenté et prudent examine avant que nous nous y engagions.  Etant aussi souple qu’un fauteuil Louis XVI je sens en moi une petite poussée d’adrénaline. « Mon vieux » (c’est malheureusement chaque jour un peu plus vrai) me dis-je  « le vin est tiré il faut le boire » sauf que ce vin là  ressemble plutôt à du vinaigre !

 

 

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Gibus me fait une magnifique démonstration dont l’aisance me donne confiance. Mais désireux de conserver votre estime, vous n’aurez pas droit à ma photo car je n’ai absolument pas le même style !

 

 

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Au terme d’un passage délicat dans un goulet resserré nous parvenons sur un premier palier où nous faisons une pause. En contemplant le chemin parcouru, je comprends que quelque soient les difficultés à venir il me serait personnellement difficile de faire demi tour.

 

 

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Heureusement le tronçon suivant se révèle un peu moins difficile et nous offre un répit qui me permet de récupérer quelques forces.

 

 

charbonniers,graal,heric,carouxMais le répit est de courte durée car  une nouvelle paroi se dresse  bientôt devant nous qui me met, au sens propre comme au sens figuré, au pied du mur ! C’est dans ce genre de situation que l’on apprend ce que l’on a vraiment dans le ventre (outre le petit déjeuner du matin ). Et j’avoue sans fausse modestie que, le style mis à part,  je ne me suis pas déçu, car j'ai franchi l'obstacle sans trop de difficulté. Et puis  c’est toujours avec plaisir que s’offre  une occasion de lever un « toast » à notre exploit avec mon ami Gibus (mais bon, on n’en est pas encore malheureusement à l’heure de l’apéritif).

 

 

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On arrive en vue d’une deuxième plateforme qui nous permet de reprendre notre souffle (ce qui est absolument nécessaire parce que qu’il faut être  « gonflés à bloc » pour emprunter cet itinéraire).

 

 

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Nous apercevons environ 700mètres en contrebas le fil blanc du torrent Heric qui sinue au fond des gorges d’où nous sommes partis. Concentrés sur notre ascension nous n’avons pas vu le temps passer et sommes surpris d’être déjà si haut.

 

 

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D’ailleurs, les pics de pierre qui émergent à  notre niveau nous indiquent que nous sommes près du but .

 

 

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Il nous reste un dernier passage délicat à franchir,mais, dopés par les difficultés déjà vaincues, nous survolons ce dernier obstacle (Bon, soyons honnête, dans mon cas le terme « survol » est j’en conviens un peu exagéré et c’est pour ça que vous avez droit à la photo de Gibus).

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Enfin, nous touchons au but !  La joie et la fierté m’envahissent. Il faut dire qu’à mon age où l’on passe son temps à chercher ses lunettes et le titre du film que l’on a vu à la télé la veille au soir, les motifs de fierté se font rares ! Alors quand on en tient un, on en profite !

 

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Et puis la vue dont on jouit du plateau nous récompense des efforts accomplis et des pincements intestinaux ressentis ! 

 

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Soudain, ébahis nous entendons une voix de stentor qui nous dit « bravo les gars, ça faisait longtemps que quelqu’un n’était pas grimpé par là » Nous nous retournons et apercevons le Génie du Caroux (chaque montagne a son Génie) qui nous fait un large sourire puis retourne à son immobilité, soucieux de ne pas abandonner la surveillance du domaine dont il est chargé.

 

 

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Le laissant à sa noble mission, nous traversons la plateau couvert de bruyères en fleurs à la recherche d’un endroit ombragé pour pique-niquer et célébrer dignement (une première fois)  l’événement.

 

 

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Puis nous redescendons dans les gorges par le chemin traditionnel bordé de superbes vasques dont les eaux rafraîchissantes nous permettent de refaire le plein d’énergie pour achever notre périple. Deux belles blondes (Heine & Ken ) nous attendent dans notre voiture avec lesquelles nous célébrons dignement (une seconde fois) notre exploit (parce que nous le valons bien !).

 Heureux homme nous sommes qui avons trouvé notre Graal !

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Et comme en France tout finit par des chansons je vous invite à aller écouter celles que j'ai composées et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste OLD NUT sur

DEEZER 

 (cliquez sur le mot Deezer pour y accéder)

(Vous pouvez aussi les écouter sur I Tunes /Old Nut)

Texte & Photos Ulysse et Gibus

04/04/2015

Evitez les talons aiguilles pour faire le chemin des Aiguilles...

 

 

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Finies les « reprises d’archives » chères lectrices et lecteurs ! Après quelques problèmes de disponibilité, mâtinés d’aléas climatiques, Gibus et moi avons pu reprendre le chemin du Caroux. Cela faisait longtemps que nous lui avions fait une aussi longue infidélité. Et nous l’avons retrouvé tel que nous l’avions laissé, toujours aussi altier et sans une ride de plus, ce qui n’est pas le cas de votre serviteur dont les articulations cliquètent et regimbent de plus en plus quand je suis en mouvement. Mais ce n’est pas demain la veille que je vais me laisser influencer par une paire de genoux récalcitrants. 

 

caroux,heric,lucet,cairn,pyrénnéesNotre parcours du jour emprunte d’abord la piste des Gardes puis celle des Aiguilles pour finir par celle du Rieutord, ce qui représente environ un dénivelé cumulé de 1200 mètres, tout à fait convenable pour une reprise ! Au risque de passer pour un vieux radoteur aux yeux de mes fidèles lecteurs, je soulignerai une nouvelle fois l’originalité de ce massif dont la toison de chênes verts, d’arbousiers et de fougère arborescentes qui fleurissent en hiver lui confère un éternel aspect printanier, sauf quand il est recouvert de neige bien évidemment.

 

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L’itinéraire que nous empruntons joue les montagnes russes, ce qui multiplie les  points de vue et perspectives plongeantes, nous donnant ainsi  le sentiment d’évoluer en très haute montagne. C’est l’un des autres attraits de ce petit massif d’offrir des parcours qui raviraient des pyrénéens et des alpinois !

 

 

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Nous abordons le bien nommé chemin des Aiguilles bordé de pics rocheux dont le temps a émoussé la pointe, comme il rabote peu à peu le cartilage de mes genoux. La seule différence est que ces « aiguilles » seront encore debout quand les atomes de mes genoux auront pris la poudre d’escampette et voleront quelque part dans la Voie Lactée.

 

 

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Nous traversons un modeste ruisseau qui semble nous dire « Oh ! les gars ne vous fiez pas aux apparences, vous avez vu les rochers que je peux déplacer quand je suis en colère ! » Et il est vrai que son lit est encombré de mastodontes qui nous laisse penser qu’il vaut mieux ne pas croiser son cours en cas de violent orage.

 

 

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Nous passons au pied d’une autre « aiguille » à laquelle un modeste arbrisseau semble lancer un défi. C’est le privilège de la jeunesse de croire qu’en grandissant on peut toucher du doigt les étoiles. C’est ainsi que l’humanité a appris à maitriser le feu et finit par marcher sur la lune. Cela dit on ferait peut être mieux maintenant de se soucier de l’état de notre bonne vieille terre, plutôt que de partir à la conquête de l’espace. Parce que ce n’est pas demain la veille que l’on trouvera une planète de rechange .

 

 

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Le parcours devient de plus en plus chaotique et nous finissons par franchir le Rieutord, modeste torrent qui porte bien son nom (ruisseau tordu) vu qu’il a été contraint de se frayer un chemin dans un amoncellement d’énormes blocs tombés des sommets.

 

 

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Après avoir grimpé quelques dalles rocheuses, nous parvenons enfin sur le plateau où nous saluons le vieux roi du Caroux, perché en haut de la falaise qui nous fait face, et qui est perdu dans la contemplation des très lointaines Pyrénées dont la surrection a donné naissance il y a quarante millions d’années à son royaume.

 

 

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Après nous être arrêtés pour pique-niquer dans le refuge de Font Salesse, récemment rénové par des collégiens mais qui a déjà été « tagué » par des abrutis dignes de la collection de jurons du capitaine Haddock, nous redescendons peinardement vers la plaine par le sentier du Roc de Lucet.

 

 

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Malgré le plafond bas de nuages et la Tramontane  qui redouble de violence, le panorama  enchanteur nous récompense de la rude montée du matin. L’air des cimes est un excellent détergent pour les soucis et les contrariétés qui peuvent nous assaillir dans la plaine.

 

 

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Maintes fois je vous ai confié mon admiration pour les cairns, ces modestes pyramides de pierres qui lient secrètement tous ceux qui y ont déposé un caillou ! Ici convergent les fils invisibles de centaines de vies !

 

 

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Et pour fêter dignement nos retrouvailles avec le Caroux, nous nous sommes sentis obligés d’honorer les eaux tumultueuses et glacées de son plus beau torrent,  l’Heric , et je dois vous dire que l’Heric à cette saison c’est tonique !!!

 

Et maintenant je vous invite à faire une magnifique et vertigineuse  randonnée dans le massif montagneux de l'île de Madère en vous rendant sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Et également d'aller  écouter ma nouvelle chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

28/02/2015

Nous avons vogué vent debout sur le Caroux ! (Reprise d'Archive)

 

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En cette saison, mon blog ressemble souvent à un catalogue de sports d’hiver. Pourtant je n’ai pas changé d’adresse, mon antre étant toujours situé près des rivages de la Méditerrannée. Mais les aléas climatiques font que nos modestes montagnes languedociennes prennent au cours de l'hiver une allure «Himalayenne». Et Gibus et moi  nous délectons à les arpenter !

Ainsi nous allons aujourd'hui faire l’ascension du Caroux dont les larges épaules n’ont jamais été aussi blanches. Il faut dire que ce colosse, qui malgré ses allures débonnaires met à mal nos mollets, est plus habitué aux tièdes effluves méditerranéennes parfumées de garrigue qu’aux vents glaciaux venus de Norvège aromatisés au sapin !

 

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Nous partons du Verdier situé à l’entrée des Gorges d’Heric que domine le Roc du Miral du haut de ses 887 m. Le ciel est « bleu neige »   le vent est nul à cet endroit (précision importante, on le verra tout à l’heure) la température extérieure affiche un « agréable «  2° (pour des montagnards !) et nos sacs sont pourvus de réserves d’anti-gel pour affronter la froidure des sommets. Nous jouissons donc de conditions de « vol » idéales pour mener à bien notre expédition.

 

 

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Très vite nous rencontrons la neige qui tapisse les sous bois de chênes verts dont les feuilles vivaces créent l’étonnant spectacle d’une frondaison verte dans un paysage hivernal.

 

 

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Parvenus au pied du Rocher du Luchet qui nous toise de ses 1010m les choses se gâtent un peu, la couche de poudreuse devenant plus épaisse et masquant les chausses trappes du chemin empierré. Je me retrouve plusieurs fois le cul dans la neige tandis que Gibus , à qui on a dû greffer à la naissance un gyroscope, semble surfer sur le chemin.

 

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Mais nous parvenons enfin sur le plateau sommital où nous imprimons les premières traces de bipèdes, instant pour nous aussi mémorables que les premiers pas d’Amstrong et d’Aldrin (celui que l’on oublie toujours ! malédiction des deuxièmes !) sur la lune. Vous verrez peut être dans cette affirmation un brin de prétention mais ce jour là nous étions assurément les seuls hommes sur ce lopin de terre.

 

 

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Le moment étant venu de l’indispensable pause-repas (boissons comprises !) , nous nous réfugions dans le refuge de Font Salesse où nous vous avons souvent virtuellement accueillis. Nous y faisons un feu d’enfer et le plein d’énergie, le menu du jour étant, comme à l’accoutumée, constitué de vin chaud, de potage, de pâté, de salade de pâtes, de vin de pays d’Oc et pour conclure de café, thé, biscuits et chocolat : un festin auquel Amstrong, Aldrin et Collins - le troisième larron de l’expédition lunaire qui a fait tout le boulot en conduisant le module mais a été privé de sortie - n’ont jamais eu droit ! Mieux vaut donc partir à la conquête du Caroux que de cette « faucille d’or négligemment jetée par dieu dans le champ des étoiles » si chère au grand Victor !

 

 

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Mais il nous faut nous arracher au confort du refuge pour prendre le chemin du retour. Le trajet commence sous de bons auspices, le ciel rayonne toujours d’un intense bleu neige, la hêtraie que nous traversons ressemble à d’immenses chandeliers dont les ombres des branches zèbrent d’éclairs le sol enneigé. .

 

 

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L’eau d’un ruisseau que rien n’arrête (sauf nos gosiers !) grignote son chemin dans la couverture neigeuse et ouvre une plaie béante sur l ‘épiderme de Gaïa .

 

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Mais nous approchons du coté nord du plateau où notre vieille et vigoureuse ennemie, la Tramontane, entraîne la poudreuse dans une valse infernale.

 

 

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Après un instant d’hésitation nous nous lançons tête baissée sur la « piste de danse » espérant échapper rapidement à l’emprise de cette vigoureuse fille d’Eole dont le seul mérite est de balayer le chemin nous permettant de le suivre plus aisément .

 

 

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Mais la drôlesse est susceptible et comme aucun de nous deux n’a daigné l’inviter à danser, elle commence à faire tourner autour de nous un tourbillon de poudreuse qui nous suffoque.

 

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Nous tanguons, nous roulons voguant vent debout sur cet océan de neige. Par instants la Tramontane parvient à faire vaciller Gibus ce qui n’est pas un mince exploit. Mais celui ci plie mais ne rompt pas ! Quant à moi, je l’avoue humblement, je suis obligé plusieurs fois de mettre un genou en neige pour reprendre mon souffle ! Plier le genou devant madame Tramontane n'est pas une faiblesse mais un signe de galanterie! (je sauve mon amour propre comme je peux)

 

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Sous l’effet de cette valse folle le chemin a disparu et nous naviguons à l’instinct traversant des dépressions de terrain où nous nous enfonçons jusqu’à mi-cuisse dans la poudreuse.

 

 

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Chaque pas demande un effort intense pour extirper nos jambes de la gangue neigeuse mais l’infinie pureté et beauté du paysage nous fait oublier la difficulté de l’épreuve, notre corps étant assujetti à notre âme éblouie .

 

 

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Car notre âme s’est émancipée de ce corps si contraint et pesant et vole de sommet en sommet, enivrée de pouvoir contempler une telle magnificence que peut être aucun homme ne reverra jamais. Voir autant de neige sous un ciel si bleu dans notre contrée est en effet plus rare que de voir fleurir un oranger sur le sol irlandais !

 

 

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Nous plongeons dans les Gorges d’Héric espérant échapper à l’étreinte de la Tramontane, mais elle semble là aussi s’en donner à cœur joie. Nous prenons notre mal en patience car au fond de nous nous savourons secrètement ce défi qu’elle nous lance et qui sublime la sensation de nos existences.

 

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Nous longeons les imposantes masses de gneiss déchiquetées du Roc du Caroux que l’haleine blanche de la tramontane rend aériennes.

 

 

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Nous parvenons enfin sous le couvert d’antiques châtaigneraies où le calme règne. Nous reprenons nos esprits avec le sentiment d’avoir vécu un moment unique de notre vie, une idylle fougueuse avec la neige et la tramontane, deux redoutables et séduisantes filles de Dame Nature.

 

 

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Un ruisseau qui coule non loin nous offre en prime une magnifique fleur-étoile de glace et nous jouissons de ce privilège d’être les seuls hommes qui pourront jamais la contempler.

 

 

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Nous croyant tirés d’affaire et la température ayant remonté de quelques degrés, nous quittons nos anoraks quand soudain la Tramontane profitant d’une trouée dans la châtaigneraie nous impose une dernière « valse ». Après un instant d’hésitation, voyant que nous ne pouvons refuser une invitation aussi pressante, nous nous livrons contraints et forcés à ce dernier tour de piste…

 

 

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Mais le hameau d’Heric est bientôt en vue à partir duquel le chemin descend au fond des gorges de l’Héric où la tramontane ne peut s’aventurer.

 

 

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Le reste de notre périple devient alors idyllique, des lambeaux de neige illuminant la frondaison des arbres et les pierres du torrent tandis que les rayons du soleil retrouvent une température printanière.

 

 

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Nous sommes un instant tentés de faire comme cette chute qui se précipite dans une vasque émeraude, mais les rives en sont ombragées et il se fait tard.

 

 

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Et puis, pour dire le vrai, juste à coté la nature nous offre un fabuleux spectacle qui refroidit un peu notre envie de nous baigner !

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & Photos Ulysse