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12/10/2010

Périple en Andorre – 3 – les étangs de Langonella

 

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Nous voilà au troisième jour de notre séjour en Andorre et nous prenons la direction des étangs de Langonella, nichés à environ 2500 mètres d’altitude au pied de la Serra del Cap de la Coma, dont le plus haut sommet est le Pic de Langonella avec ses 2815 mètres.

L’objectif du jour étant accessible à tous les membres du groupe nous cheminons tranquillement à la queue leu leu, chacun perdu dans ses pensées et ses méditations ponctuées de coups d’œil admiratifs au paysage environnant.

Nos conditions de marche sont idéales : ciel bleu, température clémente, sol herbeux ! Quand il en est ainsi la marche vous procure des moments parmi les plus gratifiants de votre existence et c’est gratuit ! Oh il doit bien y avoir une tête d’œuf au ministère des Finances qui se creuse la tête pour savoir comment on pourrait imposer l’air que nous respirons, mais vu la quantité phénoménale d’air que brassent et avalent au cours de leurs discours nos hommes politiques, il y a heureusement peu de risque pour que cela aboutisse un jour .

 

 

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Nous sommes à une altitude où les alpages abondent et nous croisons un troupeau de chevaux à demi sauvages qui nous ignorent superbement. Ils ne connaissent pas leur bonheur de ne pas subir le sort de leurs congénères du PMU contraints de courir à bride abattue, quel que soit le temps, pour le compte de quelques bipèdes ventripotents. L’homme se prend pour l’être le plus évolué et le plus abouti de la création, mais on peut en douter quand on le voit prendre plaisir à torturer les animaux dans le cadre de combats de coqs, de chiens, de corridas  ou à les égorger au nom d’un dieu, pauvre divinité qu’il prend en otage et rend complice de sa cruauté.

 

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Nous arrivons sur les berges du premier lac où nous établissons notre camp pour honorer deux des plus agréables fonctions dont nous a dotés notre créateur ou créatrice (je pencherai plutôt pour une créatrice vu que les femmes sont plus sophistiquées que les hommes) : la faim et la soif (je vous laisse le soin de deviner les autres).

 

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L’observation faite dans ma dernière note sur la relativité de la couleur des choses trouve en ce lieu une éclatante confirmation : l’eau du lac se parant de bleu outremer ou de vert bouteille (devinez la couleur que je préfère) selon la rive d’où on le contemple

Le bleu est si profond et si dense que l’on a le sentiment que l’on pourrait marcher sur les eaux, ce qu’heureusement je n’ai pas réussi à faire. Je dis « heureusement » car je n’ai aucune vocation pour mener une vie exemplaire à laquelle j’aurais été contraint si jamais cela s’était produit !

 

 

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Après nos agapes, nous partons à la recherche du second lac de Langonella qui révèle soudain ses eaux turquoises du haut d’un promontoire. Ces lacs sont comme autant de pierres précieuses qui ornent les replis des montagnes. Gaïa est, somme toute, une grande coquette qui ne cherche qu’à séduire le soleil et nous sommes leurs enfants !

 

 

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Nous n’avons pas hésité une seconde à nous plonger dans ces eaux tentatrices, mais je préfère vous laisser admirer ces lieux dans leur virginité pastorale, sans la présence de nos vieillissantes carcasses dont les eaux transparentes n’auraient rien caché. Certes, nous avons de beaux restes, mais ça ne se fait pas d’offrir les restes aux ami(e)s !

 

 

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Requinqués par ce bain vivifiant , nous reprenons le chemin de la vallée, avec pour panorama le majestueux cirque de montagnes qui la surplombe. Que savent de la beauté du monde ces zombies dont l’ambition est de se payer une « raulaixe » pour leur cinquantième anniversaire ? Ils consacrent leur existence à accumuler des montagnes d’argent sur leurs comptes alors que les seules montagnes qui vous permettent de vous réaliser et vous enrichissent vraiment sont celles que l’on grimpe.

 

 

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Nous longeons à nouveau les rives du premier lac, jamais lassés, jamais rassasiés de contempler une telle splendeur en permanence offerte à ceux qui font l’effort ou ont la possibilité d’aller à sa rencontre. En écrivant ces mots je pense à Ginette, Michelle et toutes celles et ceux qui ne peuvent plus faire de randonnée en montagne et qui me suivent fidèlement. Je suis heureux de partager avec vous ces moments.

 

 

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Et comme la montagne n’est pas avare de ses beautés, elle nous offre sur le chemin du retour un troisième lac niché dans une dépression située à l’écart du chemin, énorme virgule émeraude qui ponctue le paysage.

 

 

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Près du lac un énorme « patou » monte la garde attendant sans doute le retour des troupeaux qui autrefois occupaient les lieux. Mais ce pauvre animal , risque d’attendre longtemps, car ici comme ailleurs les traditions pastorales sont en voie de disparition, évolution inéluctable d’un monde dont le centre de gravité est dorénavant au cœur des mégalopoles. En 1900 , au niveau mondial, un habitant sur dix vivait en ville alors que la proportion aujourd’hui est d'un sur deux !

 

 

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Nous suivons un instant le cours du torrent alimenté par les lacs et nous admirons la force tranquille de l’eau qui se rit des obstacles et trouve quoiqu’il arrive son chemin. On devrait s’en inspirer pour mener sa vie et tenter d'acquérir sa "fluidité" pour affronter les difficultés de l'existence.

 

 

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Nous nous rapprochons par paliers du fond de la vallée et retrouvons le peuple des arbres qui fuit les hautes altitudes. Les arbres sont les amis des montagnes et des montagnards car ils freinent leur érosion et préviennent les avalanches et coulées de boues qui peuvent être meurtrières là où les hommes inconscients ont déforesté.

 

 

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Nous voilà de retour au village de Liorts d’où nous sommes partis et qui illustre merveilleusement le sens esthétique et l’amour de la nature des andorrans. Leurs maisons sont faites ou habillées de pierres empruntées aux montagnes et leurs fenêtres et balcons sont de véritables jardins suspendus. Nous nous glorifions d’appartenir à une grande nation, mais nous avons beaucoup à apprendre de ce petit pays.

 

 

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La fréquentation des cîmes ayant conduit à l’élévation de nos esprits comme de nos corps, nous célébrons les saints du lieu avec dévotion. Et c’est ainsi qu’après un hommage traditionnel à San Miguel à l’heure des vêpres, nous célébrons San Gria à l’heure de l’Angélus.

 

A votre santé chères lectrices et chers lecteurs....

 

A suivre….


Texte & Photos Ulysse (sauf dernière photo Marie B.)