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24/01/2014

Périple en Auvergne - 3ème étape : de Picherande au Puy de sancy

 Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !


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Le lendemain matin nous prenons la direction du Puy de Sancy (1885m) Le GR 30 déroule son fil noir, qui trahit la nature volcanique du sol, au travers d'un paysage d'une luxuriante beauté. Nous découvrons, une fois de plus, que nous avons à portée de pieds, des paysages qui n'ont rien à envier à ceux que l'on va chercher au bout de la Terre. Et nous n'avons pas à subir l'effet du « jet lag » comme disent les « jetsetteurs » dont le seul bonheur, au demeurant, est de revenir de quelque part où vous n'êtes pas allés.

Par contre l'Auvergne vous offre un décalage temporel en vous transportant en un univers où l'homme et la nature sont en complète et harmonieuse interaction. Gaîa laisse les hommes lui planter quelques épines de bois dans son échine pour marquer leurs territoires et parquer leurs troupeaux et l'homme en retours lui brode, pour la remercier, des tabliers de fleurs ou des écharpes de forêts.

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La pente se fait progressivement plus rude et un honorable hêtre s'incline sur notre passage pour saluer notre courage à entreprendre l'ascension du seigneur des lieux.

 

 

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Sortant du bois, nous avons le bonheur d'apercevoir sa cîme vierge de tout nuage, ce qui n'avait pas été le cas les jours précédents. Mais nous modérons notre enthousiasme car comme le dit un proverbe ulysso-auvergnat (pardon Juliette !) « Qui grimpe au puy de sancy, ne doit pas craindre la pluie !

 

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Nous longeons l'austère mais magnifique cirque de la Fontaine Salée qui tient son nom de la richesse en sels minéraux des sources qui en coulent. Il a été creusé par les glaciers qui couvraient le massif il y a 10.000ans et qui l'ont raboté, ramenant au fil du temps son altitude de plus de 3.000m à 1886 m aujourdhui. Quelques blocs morainiques abandonnés sur les flancs des montagnes témoignent de leur passage.

 

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L'herbe y est verte et tendre et si l'on ne connaissait le destin des vaches qui s'en régalent on pourrait presque envier leur sort. Il ne manque guère que le passage de trains à contempler au moment de leur rumination pour qu'elles mènent une vie rêvée.

 

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Le souci légitime de protéger cet espace unique - en cours de classement en réserve naturelle – oblige le GR 30 a jouer les sentiers buissonniers et à contourner par le sud-est le massif du Sancy, offrant en contrepartie des vues splendides sur les différents puys qui le constituent.


 

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Mais au fur et à mesure que nous avançons, les nuages font de même, ce qui fait que lorsque nous abordons enfin la pente terminale, un troupeau de cumulus patibulaires stationnent au dessus de nos têtes. Pour corser l'aventure, nous commençons à croiser des névés qui vous donnent une indication de la température extérieure. Notre température intérieure est encore acceptable, grâce au délicieux Chateaugay dégusté (et oui malgré les apparences, nous prenons le temps de déguster !) la veille au soir.

 

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Soudain le GR 30 disparaît sous un gros névé qu'il nous faut escalader pour pouvoir poursuivre en vue du sommet. Nous sommes le 10 juin et, désolé Juliette, (elle se reconnaîtra) mais c'est encore l'hiver en certains coins de l'Auvergne ! (sans rancune, j'adore marcher sur les névés!)

 

 

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Nous arrivons enfin au sommet, haletants comme des soufflets de forge, où nous croisons quelques congénères frais et dispos qui ont emprunté le téléphérique et le chemin en caillebotis dont est équipée la face nord du Massif pour y accéder. Cela gâche un peu notre plaisir, mais ne soyons pas trop puristes, il est louable que la beauté de la montagne soit rendue accessible à ceux qui n'ont pas l'habitude ou la possibilité physique de randonner. Et puis il y a suffisamment en Auvergne de puys vierges de tout appendice technique pour satisfaire à notre goût de la contemplation dans le recueillement et la solitude.



 

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Des aiguilles de lave se dressent orgueilleusement au dessus de la vallée. Elles semblent figées pour l'éternité mais pourtant les experts n'excluent pas qu'un jour les volcans d'Auvergne sortent de leur torpeur. Pour le moment, soyez rassurés, malgré une longue et attentive scrutation, Gibus et moi n'en avons pas vu une osciller !

 

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Le monde végétal en cet univers inhospitalier est réduit à une maigre couverture d'herbe qui pare l'ossature torturée du massif, dont la moindre fissure ou pliure se révèle sous cette toison élimée par la pluie, la neige et le vent. En ces lieux sauvages naissent les maigres et glacials ruisseaux de la Dorre et de la Dogne qui en se réunissant en aval donnent, étonnante descendance, la riante Dordogne.


 

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En gagnant la station du Mont Dore notre chemin croise la plaie béante d'une coulée de lave rougeoyante (de la trachyte) sur laquelle dame nature tisse patiemment sa broderie de verdure. D'aucuns (les femmes seront plus indulgentes car plus romantiques) vont trouver que ma plume devient trop mielleuse, et qu'à trop parcourir les estives je m'avachis, mais bon que voulez vous l' Auvergne avec ses bovins, pardon, ses beaux vins, m'émeuh, ah que zut, m'émeut.

 

 

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A ses pieds, protégée du vent, se dresse une fleur de pavot (mais que fait la police ?) qu'une droséphile auvergnatus a repéré et sur laquelle elle déambule un peu « groggy », occasion unique pour moi de prendre une mouche en photo. Bien qu'ayant pris la mouche, je reste d'un calme olympien (très drôle hein !) ce qui me permet de pixeliser un superbe lamier jaune qui offre ses lèvres sensuelles aux lépidoptères en goguette. Ainsi après avoir rêvé d'être « vache » me vient l'envie d'être bourdon...(non, non je vous assure je n'ai pas goûté au pavot...).



 

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Mais les nuages qui nous avaient épargnés sur le sommet du Puy de Sancy ouvrent soudain les vannes, malgré les remontrances de Juliette qui leur rappellent que c'est bientôt l'été et qu'à cette saison normalement il fait beau en Auvergne (voir les commentaires de la première étape) .

 

 

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Cette saucée nous incite à rejoindre « fissa » notre chambre d'hôte et nos compagnes impatientes (du moins le croit-on, les femmes sont très fortes dit-on pour simuler !) où nous nous désaltérons d'un jus de houblon concocté par les moines de l'abbaye de Leffe (ceux là méritent vraiment le paradis !), mais ce n'est qu'un début et vous ne saurez rien du reste car je tiens à garder votre estime et considération...

A suivre.....


Texte & Photos Ulysse