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09/05/2010

Homme libre toujours tu chériras la mer …

 

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Homme libre toujours tu chériras la mer,

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

........

Ainsi parlait le poète Charles Baudelaire et aujourd’hui des millions de gens suivent ce précepte et se précipitent dès qu’ils le peuvent au bord de la grande bleue. Les uns, enfants décomplexés des « soixante-huitards qui ont cherché la plage sous les pavés du quartier latin, sont adeptes du « sea, sex and sun » et les autres, zombies broyés par le rouleau compresseur du capitalisme financier, pratiquent avec résignation le « sea, sieste and sun ».

Et les vagues de la mer, autrefois si souvent meurtrières, ne font plus aujourd’hui que bercer de leur clapotis des idylles saisonnières incluses dans les forfaits des clubs-vacances et qui faneront quand tomberont les premières feuilles mortes.

 

 

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Dans les temps anciens un homme qui se prétendait fils de dieu a, selon les légendes chrétiennes, réussit l’exploit de marcher sur l’eau et, par ce miracle, remisé au placard les dieux de l’Olympe. Aujourd’hui avec l’aide d’Eole, qui prend ainsi sa revanche, tout un chacun peut défier les lois de la pesanteur et glisser sur les flots.

 

 

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Les lames de leurs skis tracent sur l’épiderme de la mer, qui magnanime les laisse faire, de longues blessures ourlées d’écume blanche.

 

 

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L’homme en tire un fallacieux sentiment de puissance. Il croit être le maître de cette mer immense dont il écume les richesses sans vergogne . Mais son pouvoir n’est qu’un fétu de paille, car ce que la mer a décidé de prendre ou de reprendre, rien n’y personne ne peut l’en empêcher.

 

 

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Par un incessant travail de sape, elle ronge , grignote, démantèle, dissout caps et falaises qui finissent en tas de sable

 

 

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Sous le regard ébahi d’un vieux pirate, elle engloutit peu à peu des îles dont les lambeaux servent d’égouttoir aux cormorans qui viennent y faire sécher leurs ailes détrempées.

 

 

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Mais elle sait se montrer avenante quand une belle sirène africaine s’y baigne …..

 

 

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…sous le regard émoustillé d’un descendant de King-kong qui s’est jeté à la mer pour échapper à la vindicte des humains.

 

 

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Quant elle en a assez d’être pillée et polluée elle envoie vers les rivages une vague solitaire annonciatrice de sa colère qui menace.

 

 

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Nul port n’est alors à l’abri de ses langues salées qui peuvent happer et engloutir n’importe quel bateau comme un vulgaire bulot.

 

 

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Et ce n’est pas le lion du golfe, aussi vaillant soit-il, qui peut l’amadouer et la soumettre.

 

 

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Elle se déchaîne alors, donnant toute la mesure de sa puissance et on comprend que sa beauté sauvage ait inspiré à la plume de Victor l’immortel « Océnano nox »

 

 

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Les mouettes sont alors à la fête et se gaussent des bipèdes pliés en deux par dessus les bastingages en se tenant les entrailles et implorant son pardon pour lui avoir manqué de respect

 

 

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Et puis s’étant défoulée, la mer s’apaise. Les dieux pétochards qui s’étaient réfugiés sur l’Olympe, viennent s’en assurer en jetant un œil à travers les nuées. Les humains peu à peu s’enhardissent et reviennent sur la plage

 

 

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Les bateaux de pêche profitent alors lâchement de la trêve pour jeter leurs filets, accompagnés par une nuée de mouettes qui réclament à grands cris leur part du butin

 

 

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D’humeur badine la mer s’entend alors avec Eole pour faire « mariner » un voileux présomptueux parti à sa conquête.

 

 

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Et puis le soir tombant , elle s'offre à la caresse des rayons du soleil couchant

 

 

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C’est l’heure où les voiles des bateaux des pseudo marins se prennent à rêver du cap Horn au pied de mâts orgueilleux qui n’ont jamais reçu d’embruns.

 

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Texte & Photos Ulysse

 

09:42 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : mer, baudelaire, hugo, lion

31/03/2010

Bien fol qui se baigne en hiver dans le lac de Vezoles !

 

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La randonnée est une activité de plein air ouverte à tous. Elle ne nécessite aucun talent particulier sinon de savoir encore se servir de ses jambes et n’implique pas de dépenses somptuaires, encore qu’il ne faille pas mégotter sur la qualité des chaussures et des vêtements que l’on porte, ni des vins que l’on emporte en pic-nique .

Pratiquée de façon progressive et raisonnable, elle ne présente que des bénéfices pour votre santé et ne vous expose qu’à des risques modérés : prendre une bonne saucée, attraper (au début) quelques ampoules et quelques courbatures ou quelques coups de soleil, ou bien vous perdre et être obligé de traverser pierriers,  ronciers et terrains fangeux et revenir chez vous crotté et balafré comme un bagnard évadé de Cayenne (n’est ce pas Gibus !).

Dans des cas exceptionnels toutefois, le « ciel » risque de vous tomber sur la tête  à l’instar de cet arbre balayé par la chute d’un rocher. Mais il ne faut pas que cet accident rarissime vous dissuade de vous lancer sur les sentiers, car les beautés qui vous attendent vous récompensent au « miltuple » des efforts accomplis et des risques encourus.

 

 

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Nous vous invitons donc aujourd’hui à nous suivre sur l’un des plus beaux parcours de la région  qui remonte les gorges du torrent de Vezoles et permet d’accéder au lac du même nom, perché à  1000m d’altitude dans les monts du Sommail.

 

 

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Il est vrai que ce sentier est un peu "technique" pour les débutants mais avec un peu d’entraînement et en évitant les jours de pluie ou de gel on a de bonnes chances d’arriver sain et sauf au sommet .

 

 

 

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Le plus grand danger qui vous guette sur ce parcours est le lion du Sommail perché sur son monticule. Mais comme il est d’un age vénérable et se déplace avec difficulté, si vous n’allez pas le narguer de trop près il vous laissera tranquille.

 

 

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Même les gens du nord, habitants d'un plat pays, qui n’ont que de vieux terrils pour montagne et sont plus coutumiers des faux cols de leurs bocks de bière que des vrais cols montagnards, empruntent ce chemin, ce qui ne peut que vous encourager à suivre leur valeureux exemple ! (salut Marc ! )

 

 

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Parvenus sur le plateau sommital (et il n’y a pas de raison que vous n’y arrivez pas, sauf chute de pierre bien évidemment !) nous sommes remboursés -sans franchise - de nos efforts (c’est mieux que la sécu !) .

Le regard porte alors jusqu’aux sommets enneigés de la chaîne des Pyrénées qui barre l’horizon. Face à un tel panorama notre existence jusque là ratatinée, ratiocinée, gangrenée par les soucis triviaux et les verbiages cancaniers et vains du monde urbain s’oxygène, se dilate, et est gagnée par la douce euphorie que suscite la beauté.

 

 

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Mais aujourd’hui, un spectacle plus beau encore nous attend : le lac de Vézoles est aux trois quarts gelé et recouvert par endroits de neige.

 

 

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La toile bleutée de la glace est déchirée par des flèches d’eau libre reflétant la neige couvrant les rives, blanc lumignon plongé dans les eaux noires du lac.

 

 

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Les épicéas qui bordent par endroits les rives du lac et habituellement s’enorgueillissent de leurs majestueux reflets souffrent de ne plus voir que leurs pointes dans une déchirure de la glace.

 

 

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Ils ne semblent pas non plus très heureux d’avoir les pieds dans la neige, car ils se sont établis dans le sud pour y trouver la chaleur et ne plus avoir à affronter les frimas de leur contrée d’origine.

 

 

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Apercevant une petite zone d’eau libre au bord du lac, l’idée  soudain nous traverse l’esprit de nous baigner. C’est en quelque sorte un défi lancé à l’hiver qui s’éternise de façon inhabituelle dans notre région.  Une fois dans l’eau, celle-ci commence à se transformer en glace selon le phénomène bien connu de surfusion dont ont été victimes les chevaux du lac Ladoga

Mais fort heureusement les rayons du soleil se mettent soudain et à notre grande surprise à chauffer plus fort, ce qui nous permet de nous libérer de l’emprise de la glace. Le vent colporte alors des murmures bizarres qui nous intriguent.

Nous allongeant sur de larges pierres de la rive pour nous faire sécher, un bref assoupissement nous saisit pendant lequel Gibus fait un rêve étrange qui nous donne la clé de ce curieux événement (voir le fichier joint )

 

 

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Rhabillés de pied en cap, nous croisons de vieux fayards qui se tordent de rire et nous demandent si nous n’avons rien perdu dans l’eau « Parce que » nous disent-ils « quand vous êtes sortis du bain il vous manquait quelque chose !

Rougissant devant cette allusion ironique à « notre pistolet à bébés » escamoté par l’eau glacée, nous ne pouvons à notre tour qu’éclater de rire pour tenter de sauver la face !

« Nous n’avons aucune crainte » leur rétorque-t-on « ce que l’hiver a gelé, le printemps le fera revivre.  Nous croyons alors entendre dans le vent des ries féminins, mais regardant de tous cotés nous ne voyons personne !

 

 

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Nous poursuivons alors notre périple autour du lac dont la partie la moins profonde est recouverte d’un voile argenté.

 

 

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Nous avons conscience de vivre là des moments uniques, inhabituels et que, peut être, nous ne connaîtrons plus jamais. Inattendues et innombrables sont les merveilles qui vous sont offertes quand on met un pied devant l’autre et que l’on part à la découverte du monde !

 

 

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Nous savons que le soleil va bientôt gommer ce paysage unique et éphémère. Aussi, nous le savourons à pleines pupilles et ralentissons notre pas habituellement martial pour ne pas en perdre une miette !

Nous sommes très heureux de pouvoir partager ces moments avec vous !


Texte & photos Ulysse (sauf le conte joint 'A Vezoles les saisons s'affolent" écrit par Gibus)


17:37 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : vezoles, lion, langlade, ladoga