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20/01/2018

Pèlerinage à St Eutrope pour chasser l’hiver….

 

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(Reprise d'archive)

Il y a de cela quelques années, un matin de la mi-janvier, malgré le froid de manchot qui régnait sur le sud, je faisais mon marché et attendais patiemment mon tour à un étal. Les sudistes étant généralement volubiles, me voilà engagé dans une conversation météorologique avec un "papet" auquel je manifeste ma surprise au sujet des abondantes chutes de neige tombées la veille sur les sommets des hauts-cantons qui ont pris une allure alpine .

  « On m’avait que dans le sud, il n’y avait pas d’hiver et qu’on se baladait en chemisette en toutes saisons »  je lui susurre goguenard.

« jeunot , ici  dans ma jeunesse il n’y avait pas d’hiver car quand il osait pointer le bout de son nez, on organisait un pèlerinage à la chapelle de St. Eutrope  pour y faire un grand feu et il s’en allait.  Aujourd’hui plus personne n’a le courage d’y monter. Mais attention pour que ça marche fallait monter le bois du bas de la vallée et sur un sentier que même les mouflons hésitent à prendre »

Outre le plaisir d’être appelé jeunot (ce qui ne m’arrive plus guère) l’histoire du papet m’intriguait. Depuis ma rencontre avec un magnétiseur au Montahut, j’étais prêt à admettre que des phénomènes qui choquent à priori nos esprits cartésiens pouvaient avoir une explication scientifique. Ainsi peut être que la colonne d’air chaud provoquée par le feu en cet endroit particulier avait une influence sur l’anticyclone des Açores. Certes l’obligation de n’utiliser que du bois de la vallée semblait relever de la superstition. Mais il fallait aller vérifier en respectant la tradition..

Nous voilà donc partis le lendemain avec Gibus et notre bande de copains sans peurs et sans reproches à l’assaut des pentes enneigées de la Serre de Majoux où se dresse la Chapelle de St Eutrope. Les routes étant enneigées nous partons du village de  Compeyre situé près de Saint Gervais sur Mare  pour emprunter le GR 653 qui  mène au pied de la Serre de Majoux.

  

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Nous passons près de jeunes et tendres hêtres dépouillés d’une partie de leur écorce par des cervidés affamés.  Si jamais grâce à notre expédition nous arrivons à chasser l’hiver, les hôtes de ces bois, que le manteau neigeux prive de nourriture, nous devrons une fière chandelle. Par gratitude peut être se laisseront-ils plus volontiers approcher et photographier !

 

 

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Un compère de Sylvebarbe du peuple des Ents  nous hèle au passage pour nous demander où nous allons par un temps si peu propice à la randonnée.  Ayant pris connaissance de notre projet il nous encourage dans notre expédition. Il nous confie qu’au cours de ces 254 années d’existence il n’a jamais vu tomber autant de neige dans la région et se fait du souci pour la survie de ses compagnons forestiers.

 

 

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Nous gravissons une colline boisée dont les arbres dépouillés  laissent voir entre  leurs branches les terrasses édifiées par les anciens, titanesque travail aujourd’hui ignoré, abandonné, mais qui témoigne de leur courage. Tandis qu’ils façonnaient le monde dans lequel ils vivaient, ce travail pétrissait leur propre vie qui plongeait ses racines dans la terre qui les avait vus naître.  Le monde moderne a, pour la plupart d’entre nous, coupé ce cordon ombilical avec la terre mère et c’est sans doute pour cela que nous en prenons si peu soin.

 

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Et pourtant quelle magnificence est la sienne en tous lieux et en toutes saisons pour qui a la chance de pouvoir  s’immerger dans la nature et la contempler.

 

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Nous voici arrivés au pied de l’un des contreforts de la serre de Majoux dont  le sommet échancré laisse voir le bout du clocher de la chapelle St  Eutrope. Le sentier qui y mène - qui par temps clément n’est pas des plus aisé à gravir – est ce jour là une véritable patinoire. Mais préoccupés avant tout par le seul bien être général qui dépend de l’accomplissement de notre mission, nous battons les fourrés environnants afin de recueillir le bois nécessaire au feu que nous devons allumer dans la chapelle.

  

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Notre récolte faite, nous entamons notre ascension Gibus - le plus audacieux et expérimenté d’entre nous - en tête comme il se doit .

  

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Votre serviteur lui emboîte le pas tanguant et dérapant sur le sentier verglacé tandis que Gibus semble avoir des semelles en « post it ».

 

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Nos compagnes suivent derrière emmenées par Marie la savoyarde qui avec son mari Gibus a connu des situations bien plus périlleuses.

 

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Mais nous parvenons tous sains et saufs à la Chapelle qu’un rayon de soleil inopinément éclaire, dû sans doute à la débauche d’énergie que nous avons déployée pour grimper jusqu’ici.

 

 

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Mais ce rayon de soleil peine à faire grimper la température et nous nous réfugions « fissa »  à l’intérieur de l’abri qui jouxte la chapelle et où autrefois vivait un ermite.

  

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Le local n’ayant pas de fenêtre nous suspendons une bougie pour nous éclairer ce qui crée une ambiance magique propice à l’allumage du feu « sacré » qui doit chasser l’hiver .

  

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Le feu est enfin allumé qui boute bientôt la température hivernale hors des lieux, ce qui est déjà un premier résultat !

 

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Quand nous sortons pour prendre le chemin du retour, il fait étonnamment beau, ce qui est de bon augure quand au succès de notre entreprise. La neige est néanmoins toujours là et la descente  va se révéler périlleuse.

 

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Mais, après avoir à plusieurs reprises posé involontairement nos fesses sur le sentier, nous arrivons sans encombre dans la vallée où nous constatons avec stupeur que le soleil s’enhardit et commence à faire fondre la couche de neige qui recouvre la montagne du Marcou en face de nous : le papet avait raison, notre feu est en train de faire partir l’hiver !

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D’ailleurs l’un des descendants des éléphants perdu par Hannibal quand il est passé dans la région pour aller conquérir Rome barrit de contentement à la perspective de retrouver enfin des températures plus clémentes auxquelles il est accoutumé.

 

 

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Un Ent, sans doute mis au courant de notre expédition par son congénère rencontré le matin (les oiseaux sont les messagers de ce peuple), nous félicite pour notre courage et se réjouit des rayons du soleil qui commencent à chauffer le haut de sa ramure.

 

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Et, suprême récompense, des mouflons, d'ordinaire si farouches mais probablement informés  par les Ents, viennent saluer ces humains auxquels ils doivent ce réchauffement soudain de l’atmosphère qui va leur permettre de nouveau de brouter l'herbe qui était recouverte de neige.

  

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Une minuscule feuille de hêtre qui avait vaillamment résisté à l’hiver et  refusait de choir avant de revoir une dernière fois le soleil, accueille avec un bonheur immense le rayon qui la traverse .

 

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Et un vieux châtaignier nous ouvre son cœur pour nous remercier au nom de l’ensemble des êtres de la forêt de ce que nous avons fait.  Emus par ces témoignages de reconnaissance, nous sentons renaître en nous ce lien charnel et fraternel qui nous unit à la nature. Et nous comprenons que si l’homme ne prend pas soin de son « berceau » il prépare sa tombe. Et si jamais l’hiver revient l'année prochaine roder dans les parages nous savons ce qu’il nous reste à faire !

 

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Texte & Photos Ulysse

28/10/2017

En avant marche pour le Marcou !

 

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L’été jouant les prolongations, nous décidons, intrépides mousquetaires (Gibus, Jo, Gérard et votre serviteur) d’aller défier le Marcou, grand seigneur du Haut Languedoc, qui toise la vallée de la Mare du haut de ses 1081 mètres. Défier est le mot juste car le chemin d’accès est plutôt sportif et implique par endroits de se servir de ses mains autant que de ses pieds. Et de sa cervelle aussi par la même occasion, si l’on veut choisir la meilleure trajectoire sans finir dans un brancard. Dans cet exercice, Gibus est sans conteste le meilleur d’entre nous !

 

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Nous progressons ainsi cahin-caha de promontoire rocheux en promontoire rocheux, vieux enfants ravis de pouvoir encore arpenter ce magnifique terrain de jeux.

 

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Gibus, qui doit avoir un mouflon parmi ses ancêtres, donne le rythme et je m’accroche à ses basques, désireux de montrer à ce jeunot que ma vieille carcasse en a encore sous le pied !

 

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Derrière nous se dresse le Plo des Brus où nous vous avons maintes fois emmenés hiver comme été, par temps de canicule comme par temps de blizzard. Rien n’arrête les mousquetaires !

 

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Parvenus sur un premier plateau à 900 mètres d’altitude, nous prenons le temps d’admirer le panorama qui s’étend jusqu’à la Méditerranée dont les flots argentés scintillent à l’horizon. La brume qui envahit les vallons et le littoral gomme toute trace humaine, nous donnant le sentiment d’être seuls au monde.

 

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Le confortable sentier qui traverse le plateau nous offre un répit qui nous permet d’admirer la parure automnale d’une allée de hêtres centenaires conduisant à une antique ferme.

 

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Qu’il est réconfortant de cotoyer ces géants dont la vie s’inscrit dans un monde immuable rythmé par les saisons, qui infuse la sérénité dans nos âmes. Dans la plaine, nous vivons de plus en plus soumis à des contraintes et des sollicitations auxquelles nous accordons une urgence et une importance illusoires.

 

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Puis le sentier traverse un tunnel de buis plantés par les anciens pour se protéger du soleil ardent de l’été. Entourés de cette matrice végétale, nous redevenons des enfants de la Terre, notre « mère » que nous traitons pourtant si mal ! Enfants ingrats nous sommes, qui recevrons d’ici peu, je le crains, une belle fessée !

 

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Je m’en voudrais de ne pas partager avec vous cette beauté sereine et pour le moment encore préservée qui nous environne. Ici nous vivons à l’heure apaisante de la nature et non à celle trépidante des hommes.

 

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Le paysage nous offre une palette de couleurs dont certains experts – rejoignant les médecine chinoises et ayurvédique - prétendent que leurs vibrations qui ont des vitesses, des longueurs d'onde et des rythmes différents, exercent sur nous une influence physique, psychique et émotionnelle bénéfiques. Dans le cadre de cette chromothérapie, le bleu qui symbolise la quiétude et le pacifisme (comme le drapeau européen) est apaisante. Le vert, couleur du renouveau et du retour à la vie, est revigorante. Le jaune procure énergie, motivation et imagination. Ainsi une journée passée à contempler un un paysage automnal, qui réunit ces couleurs et bien d’autres, est une potion magique pour la santé. Ce que nous pouvons confirmer.

 

 

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Nous arrivons au pied de la partie terminale du Marcou et nous troquons notre confortable chemin pour une sente plus abrupte qui sollicite nos mollets jusque là en roue libre.

 

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Mais après le sentier d’approche du matin, nous avalons sans difficulté ce que Gibus appelle «un faux plat suisse »

 

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Et nous voici au sommet, réjouis comme des mômes qui font l’école buissonnière. Quel privilège et quel bonheur nous avons de pouvoir ainsi galoper par monts et par vaux en se gavant d’oxygène et de chlorophylle, le tout accompagné de divins nectars qui ne vont pas tarder à couler dans nos gosiers pendant la pause pique-nique. A ceux qui cherchent un sens à la vie, je leur réponds : il est dans le sens de la montée !

 

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Ragaillardis par nos agapes et l’incontournable sieste avec ce charmant Morphée (et oui c’est un homme, mais nous ne sommes pas sectaires !) nous redescendons vers notre monture en prenant bien garde aux pierres qui roulent car elles n’amassent pas mousse et sont plutôt dures au coccyx.

 

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Et c’est dans le cadre bucolique du charmant village de Saint Geniès de Varensal que nous retrouvons la plaine où nous attendent nos pétillantes blondes du nord ! Ah quel bonheur quand elles effleurent nos lèvres !

 

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Texte & Photos (sauf les 13 & 14 Gibus) Ulysse

 

12/11/2016

Le coeur s'emballe sur les Canissals

 

canissals,marcou,nemrod

Mes petits loups ayant regagné leurs pénates septentrionales et mon ami Gibus étant indisponible, me voici parti seul sur les sentiers du Haut Languedoc. J’ai décidé d’explorer, carte et boussole en mains, un itinéraire non répertorié, ne sachant pas si certains chemins que j’envisage de suivre sont encore praticables. Parti du col du Layrac, je suis, pour le moment, en terrain connu. J’emprunte le chemin qui mène au col du Marcou, bordé d’un muret de pierres moussues et tapissé d’un lit de feuilles caramel tombées de hêtres, dont certains sont probablement nés sous l’ancien régime. Quand on marche on ne traverse pas seulement un territoire, mais on remonte aussi le cours de l’histoire !

 

canissals,marcou,nemrodIci l’influence méditerranéenne ne se fait plus sentir, l’air humide habille de mousse le tronc des arbres, faisant penser à quelque sortilège !

 

 

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Du Plo Auriol que je traverse, je découvre la combe Cave, environnée par les monts d’Orb, dont les champs cultivés témoignent de la présence de l’homme en ces lieux éloignés de toute agglomération. Bien que la France continue de connaître un inévitable exode rural, quelques agriculteurs acharnés continuent envers et contre tout, bravant la solitude et des conditions économiques déplorables, de maintenir une activité séculaire qui assure à la fois notre alimentation et évite la fermeture totale des paysages par un couvert forestier. Ils préservent ainsi la biodiversité, pour autant, bien sûr, qu’ils n’utilisent pas de produits chimiques dévastateurs, ce qui est malheureusement souvent le cas !

 

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Certes les arbres et forêts rendent un grand service à l’humanité car ce sont des capteurs de Co2, mais les garrigues et espaces ouverts sont tout aussi utiles. Ils abritent, en effet,   une grande diversité d'espèces végétales et animales qui leurs sont adaptées et nous rendent des services, comme le font les fleurs et les insectes butineurs par exemple.

 

 

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J’emprunte la piste herbeuse qui mène au sommet des Canissals, d’où je découvre en face le Marcou que j’ai gravi la semaine passée avec mes petits loups.

 

 

canissals,marcou,nemrod

De cette crête on découvre un paysage qui, avec la présence des nuages, ressemble plus au Jura qu’au sud méditerranéen.

 

canissals,marcou,nemrod

De fait ces mamelons couverts de hêtres et de sapins n’ont vraiment rien de méridional ! C’est le charme de l’Hérault, connu et apprécié plutôt pour ses plages, de recéler une extraordinaire variété de paysages. Les touristes connaissent plus les culs nus du cap d’Agde que les « mamelons » du nord du département !

 

canissals,marcou,nemrod

Après avoir descendu hors sentier une combe qui mène au col de Thalis, je gravis une piste quasiment verticale qui titille mes ventricules et me mène sur une ligne de crête environnée de toutes parts par des montagnes :  je m'arrête un instant et mon âme vole de sommet en sommet.

 

canissals,marcou,nemrod

Les bruyères succèdent aux genêts et aux graminées créant un patchwork de couleurs. Il manque à ce monde presque idyllique une présence animale : j’aimerais y voir courir des lièvres ou des chevreuils, voir s’envoler des faisans ou des perdrix mais hélas la présence au loin d’un affut de chasseur témoigne de la dévastation et la terreur que les « nemrods » provoquent dans les campagnes !

 

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Car notre belle terre est en train de se dépeupler de ses espèces animales : selon le dernier rapport du WWF, en l’espace de 40 ans les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58 %. Certes les chasseurs ne sont pas la première cause de ce cataclysme dû, pour l’essentiel, à la disparition des habitats, à la pollution et au réchauffement climatique, mais dans nos campagnes ils accélèrent le processus.

  

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Imaginez ce panorama foisonnant de vie animale, ce serait le paradis, comme l’était notre planète avant sa conquête par homo sapiens !

 

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Selon ce rapport, en 2012 l’humanité a utilisé 1,6 planète pour vivre obérant les chances de survie des générations futures. Cet arbre mort préfigure ce que sera l’aspect de notre berceau céleste dans quelques décennies si nous ne prenons pas les mesures appropriées.

 

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Il faut espérer pour les génération futures que  nous prendrons  enfin conscience que notre survie est en jeu. En attendant,  admirons et partageons les beautés du monde, car en la matière la pédagogie compte autant que la répression.

 

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Oui, espérons que dans mille ans d’ici un « Ulysse » continuera de partager les beautés de l’arrière pays de l’Hérault sur un nouveau blog « Eldorad’Oc » .

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Texte & photos Ulysse

 

05/11/2016

les petits loups à l'assaut du Marcou

 

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Hello, vous vous rappelez de moi ? Je m’appelle Romain, descendu des brumes nordiques, avec ma sœur Emilie, pour passer les vacances chez nos grands parents sous le généreux soleil languedocien. Nous vous invitons à aller contempler les splendeurs automnales de cette région bénie des dieux sur les pentes du Marcou (1093m), le plus haut sommet des monts d’Orb. Suivez le guide !

 

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Comme nous ne nous sommes pas levés aux aurores - vacances obligent - nous ne partons pas de la plaine, comme le font mon papi et son copain Gibus qui sont un peu « masos », mais du col de Leyrac situé à 770 mètres d’altitude, ce qui nous fait quand même un peu plus de 300mètres de dénivelé à grimper. Vu la longueur de mes jambes, c’est un exploit honorable ! Le parcours commence « moderato » et emprunte une allée bordée de hêtres qui sont au moins aussi vieux que mon papi, mais qui, eux, ont gardé leur ramure ! Je marche en tête avec les « grands » tandis que ma sœur traîne derrière comme toute pré-ado qui se respecte.

 

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Cette allée débouche sur une vaste prairie d’où l’on découvre l’imposant Marcou, dont le sommet est orné d’une croix. De fait, selon mon ancêtre Ulysse, le chemin le plus direct pour y accéder est un vrai chemin de croix ! Mais, comme il va de soi, nous allons prendre le chemin des « écoliers » dont la pente est plus douce, ce qui permettra aux lectrices et lecteurs les moins aguerris de nous suivre sans difficulté.

 

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Quelques chevaux se repaissent avidement de l’herbe dont les pluies récentes, après un été aride, ont permis la repousse.

 

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De nombreux adultes considèrent encore les animaux comme des êtres ne se préoccupant que de manger, boire et dormir. Mais nous, les enfants, savons par la fréquentation de nos doudous, que ce sont des êtres sensibles, comme en témoigne ce cheval perdu dans la contemplation du magnifique panorama qui s’offre à lui.

 

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Somptueux, effectivement, est le paysage qui se dévoile où le camaïeu d’or et de bruns des feuillages d’automne contraste avec le bleu des sommets noyés dans la brume venue de la mer. 

 

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Après une bonne heure de marche nous arrivons au sommet au dessus duquel tournoient quelques vautours, que notre présence ne semble pas inquiéter. Mais quel mal pourrions nous faire à ces seigneurs de l’air, nous, pauvres bipèdes collés à la terre par la loi de la gravité.

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Nous nous asseyons un instant au sommet et papi en profite pour nous donner une leçon de géographie, vu qu’il a grimpé la plupart des sommets que l’on aperçoit.

 

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Afin de nous protéger de la brise qui souffle de la mer, nous redescendons une vingtaine de mètres sur le flanc nord du Marcou pour pique-niquer. Le spectacle dont on jouit n’a rien à voir avec celui de la cantine scolaire.

 

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Après avoir festoyé, nous redescendons du Marcou pour poursuivre notre randonnée. Je reprends ma place en tête et cours en dévalant la pente et en étendant les bras, essayant vainement de décoller. Même les formules de Harry Potter, que je connais par cœur, sont inopérantes. Vous qui me lisez, faites le savoir autour de vous : Harry Potter est un imposteur !

 

 

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Mais mon papi me dit qu’avec un tel paysage, on n’a pas besoin de voler et que de toute façon, si on volait, on risquerait de se faire canarder par des « Nemrods » en vadrouille.

 

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Nous quittons les pentes du Marcou pour nous engager sur une piste qui sinue dans les sous-bois éclairés par une douce lumière tamisée par les feuilles d’or des hêtres.

 

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Je trouve surprenant que les feuilles se parent d’une telle beauté au moment de leur mort. Papi me dit que c’est un signal de la nature pour nous enseigner à révéler le beau et le bon qui est en nous avant de mourir. J’ai donc décidé à la rentrée prochaine de partager mes billes avec mes copains, mais bon je vous avoue que ça m’embête un peu !

 

 

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Dans une partie du sous-bois plus sombre colonisée par les sapins, un hêtre, dont le feuillage est éclairé par le soleil, brille comme une bougie dans cette obscurité.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour laisser passer un éphippigère (grosse sauterelle) qui traverse le chemin insouciant de notre présence. J’avoue qu’à voir son rostre arrière en forme de glaive, je ne suis pas rassuré, mais mon papi m’affirme que cet insecte est inoffensif.

 

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Nous croisons ensuite un autre randonneur avec lequel – étant un enfant bien élevé - j’entame la conversation. Mais il est si dur de la feuille que je poursuis mon chemin. Dommage, car il avait l’air sympa le vieux !

 

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La randonnée s’achève par un sentier bordé de vieux hêtres majestueux qui ont dû voir de nombreuses générations d'hommes passer sur ce chemin et qui en verront encore d'innombrables. 

 

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Les pierres du muret qui borde le chemin sont recouvertes d’une épaisse couche de mousse qui confère au lieu une atmosphère féérique.

 

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 Finalement pas besoin de s’appeler Alice pour découvrir le pays des merveilles ! Il est ici !

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