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24/10/2007

De bas en haut et de haut en bas dans le Devois

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Vous aimez les sensations fortes que procurent les « montagnes russes » et vous n'êtes pas impressionnés outre mesure par les pentes un peu rudes et les à pics ! Et bien voici une randonnée faite pour vous qui part de Graissessac (340m) pour y revenir après avoir gravi pas moins de 5 sommets :La capuce (882m) le Mont Redon (939m) le Mont Agut (1022m) le Mont Pareviol (977m) et le Mont Cabanes (950m).
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Graissessac est situé au coeur d'un bassin minier exploité jusqu'en 1992 dont on voit encore les terrasses d'exploitation car une grande partie des mines étaient à ciel ouvert. Si les premières concessions datent de la fin du XVIIIe siècle, les habitants du pays depuis fort longtemps prélevaient le charbon nécessaire à leur chauffage et aux travaux de ferronerie, celui-ci étant à portée de main du fait des gisements en surface.
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L'industrie minière se développe véritablement pendant la première moitié du XIXe siècle et approvisonne alors les manufactures des environs : fabriques de drap de Bédarieux et Lodève, distilleries de l'arrondissement de Béziers, fours à chaux, savonneries, fonderies.

A partir de 1858, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Béziers-Graissessac ouvre de nouveaux marchés terrestres et maritimes. Du Second Empire à la dernière guerre, le bassin minier connaît une expansion croissante

En 1946, les mines de Graissessac sont nationalisées et entrent dans le groupe des Houillères du Bassin des Cévennes.
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Mais bientôt, la concurrence des nouvelles sources d'énergie entraîne la fermeture des mines de fond. A partir de 1962, seule une exploitation de charbon en « découverte » fonctionne avec peu d'ouvriers. Quand elle ferme en 1992 la région connaît alors une véritable désertification et un grand marasme économique et social. Le "Pays Noir" devient "Pays Vert" et tente une reconversion totale en particulier vers le tourisme.
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Après ce court rappel historique, revenons à notre périple. Dès le départ le massif du Mont Agut s'impose dans le paysage. De sa masse trapue il cherche à nous impressionner mais nos jambes en ont vu d'autres et c'est plein d'allant que nous abordons les premières pentes.

L'été a été chaud et sec et la montagne arbore une chevelure dorée dans laquelle jouent les rayons du soleil
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Nous franchissons un premier ressac rocheux, prémisse d'un relief plus tourmenté
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Une mante religieuse, croisée sur notre chemin, daigne à peine tourner la tête pour voir qui ose s'aventurer sur son terrain de chasse.
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On aperçoit bientôt le fil du sentier qui suit la ligne des crêtes qui lui donne un air de montagnes russes
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Vu de loin la pente semble anodine mais arrivés à pied d'oeuvre elle révèle un profil plus impressionnant
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Après avoir grimpé et « dégrimpé » les monts La Capuce (882m) et Redon (932m) nous arrivons en vue du Mont Agut (1022m). Malgré une pente asse raide nous n'en faisons qu'une bouchée
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Et sans s'attarder au sommet nous le dévalons pour gravir notre dernier sommet Le mont Cabanes (950m)

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Nous voici enfin revenus dans une zone ou notre chemin connait moins de turbulence et nous nous mettons pour quelques instants en pilotage automatique. Contemplant de yeux le chemin déjà fait, nous sommes sidérés de voir la distance que l'on peut parcourir en additionnant ainsi de modestes pas.

La marche est une leçon de persévérance, elle nous convainc de notre capacité à accomplir avec l'aide du temps des choses dont on ne se pensait pas capable. Je pense qu'il est ainsi pour tous le domaines de l'existence où , comme le dit si bien le dicton « Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage »
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Nous installant confortablement dans l'herbe pour une courte sieste réparatrice, nous pénétrons un univers étrange dont les habitants, pour se protéger, adoptent les formes et couleurs de leur environnement;
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Apercevant le village de Graissessac nous pensons pouvoir le rejoindre en «  roue libre »  mais le chemin qui dévale dans le vallon creusé par le ruisseau de Bouissescure prend, par endroits, des allures de toboggan. Heureusement les gens du cru,soucieux de ne pas perdre les quelques touristes qui s'aventurent dans leur région, l'ont équipé de cordes qui permettent de ménager ses fonds de pantalons.
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Ces cordes nous évitent d'avoir à nous raccrocher aux branches qu'un arbre mort nous tend au fond du ravin!
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Le dernier tronçon du chemin est infiniment plus bucolique et nous permet de retrouver nos esprits.
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On pourra dire sans mentir que ce jour là, au sens propre comme au sens figuré, nous sommes allés « au charbon » !


Des précisions sur l'itinéraire figurent en fichier joint

Texte & photos Ulysse (sauf pour la partie historique de la mine extraite du site La Mine):