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15/10/2016

De l’arête de Ramendure à Montahut, c'est ainsi que la vie vaut d'être vécue !

 

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Après avoir arpenté les cimes andorranes, nous voici de retour, Gibus et moi, dans notre terrain de jeu habituel : les monts de l’Espinousse. Nos jambes étant « affutées » par nos ascensions précédentes, nous choisissons un itinéraire un peu sportif qui part du charmant village de Mauroul (dont je vous recommande l’Auberge) pour rejoindre le sommet du Montahut (1045m) en passant par l’arête rocheuse de Ramendure.

 

 

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Sur l’arête de Ramendure, où nous nous engageons, il n’y a pas vraiment de sentier, juste une vague piste qui sinue entre les rochers ponctuée par des cairns. Gibus et moi aimons ces itinéraires « sauvages » où l’empreinte de l’homme est minimale et où il faut sans cesse avoir l’œil aux aguets pour ne pas s’engager dans une impasse qui vous mène au pied d’une barre rocheuse ou au bord d’un précipice.

 

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Nous sommes ici dans un monde peuplé de créatures étranges, comme celle que l’on croise ici, mi chien–mi phoque - et qui dialogue avec deux arbustes sur la dureté de l’existence dans ces montagnes cramées par le soleil (il n’a quasiment pas plu depuis des semaines) et battues par les vents….

 

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….ou bien encore, comme ce gros moineau qui semble donner la becquée à son oisillon !

 

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Partout des rochers jaillissent du sol qui témoignent de la violence inouïe qui a accompagnée la naissance de ces montagnes.

 

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Mais de là aussi, on découvre la munificence de notre planète et la beauté particulière de notre région, quand le soleil met le feu à la Méditerranée et illumine le manteau vert-bleu des montagnes.

 

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Sans le petit cairn posé sur le rocher à gauche, nous ne saurions pas qu’il faut franchir cette petite barre rocheuse. C’est ainsi que la solidarité se noue entre tous ceux qui s’aventurent en ces lieux et dont les vies sont ainsi secrètement reliées par ces modestes tas de cailloux.

 

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Cela fait partie du plaisir de la randonnée que de tester ses capacités physiques, de les mettre à l’épreuve, de vaincre la pesanteur et parfois, pour ce qui me concerne, de maîtriser le vertige qui me saisit .

 

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Mais quel bonheur, de voir alors ce que voit le mouflon, de dominer ce que domine le vautour et de frôler les nuages.

 

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La contemplation de la montagne qui expose ses rides vieilles de millions d’années nous fait prendre conscience de l’éphémère de nos vies. Chaque instant redevient alors précieux, rendu intensément présent par l’effort fourni, l’ardeur du soleil ou le mordant du froid, la beauté des paysages.

 

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Quand on part ainsi marcher dans un milieu sauvage, où les manifestations de la société humaine ne sont pas visibles, nos vies sortent du temps et de la civilisation, pour pénétrer dans un espace intemporel de liberté. Les données de notre état civil sont pour un instant oubliées, nous ne sommes plus que des cœurs qui battent et des âmes enchantées par la beauté du monde.

 

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Gibus, qui est à la fois mon ami et mon guide, fait parfois les frais d’une erreur d’aiguillage comme ici où il s’est engagé sur une fausse piste pendant que j’attendais patiemment son verdict - c’est l’avantage de mon grand âge - ce qui l’a obligé à quelques contorsions pour descendre du perchoir où il s’était malencontreusement engagé !

 

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Mais à vrai dire c’est pour lui une partie de plaisir vu qu’il a hérité de ses ancêtres suisses quelques gènes de bouquetin ou de chamois .

 

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« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées" se serait écrié Tartuffe, si jamais il était passé en cet endroit où Gaïa arbore fièrement l’un de ses nombreux tétons. Pour ma part, j’en ai été émoustillé et je me suis dit qu’il était bien ferme malgré son grand âge !

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau des Bourdils, où nous nous engageons sur un confortable sentier qui nous mène vers le magnifique roc d’Ourliades, que nous n’avons encore jamais grimpé.

 

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Nous nous promettons de l’ajouter à notre palmarès dès que possible (avoir des projets empêche de vieillir !)

 

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Dans la foulée nous grimpons au sommet du Montahut, ce qui ne présente aucune difficulté, cette montagne n’étant qu’un gros tas de cailloux érodé. Mais elle offre une vue somptueuse sur les Pyrénées quand, par chance, ils ne sont pas masqués par la brume comme aujourd’hui ! Gibus et moi nous disons alors que c’est sans doute parce que nous n’avons pas fait assez d’offrandes aux dieux que les Pyrénées nous sont cachées. Nous décidons derechef de prendre notre pique-nique en ces lieux et de procéder à des libations en l’honneur de Bacchus, Vichnou et quelques autres divinités, en espérant que l’une d’entre elles voudra bien dissiper les nuées.

 

 

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Mais les dieux restent sourds à notre prière et la seule chose que l’on voit apparaître dans le ciel est un rapace sans doute intéressé par notre déjeuner. Et puis, preuve que le monde est vraiment petit et qu’il appartient à ceux qui se lèvent tôt, surgit l’ami Bernard, que l’on a connu en parcourant les sentiers du Caroux - passion qui nous est commune – et qui tient un superbe blog photo-poétique que je vous invite à découvrir en cliquant ICI ! La montagne est vraiment un lieu de beauté et d’amitié ! Si vous en avez l'opportunité, allez donc de Ramendure à Montahut, c'est ainsi que la vie vaut d'être vécue !

 

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Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir mes autres blogs:

 

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

Texte & photos Ulysse 

 

01/12/2014

Crapahut vers le Montahut (1053m)

Chères lectrices, chers lecteurs, 

les intempéries ne m'ayant pas permis d'aller arpenter mes chères montagnes, je remets une note tirée de mes archives en vous invitant à vous rendre, si vous recherchez de l'inédit, sur mon blog

PIQUESEL

où j'ai posté la deuxième partie de ma visite "décoiffante" à Paris ....

 

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Crapahut ! voilà un mot comme je les aime : plein de « mâche » comme un vin tannique, tonitruant, rocailleux.  Sans le connaître, on en devine le sens : marcher en terrain difficile ! Le « cra » est là qui rappelle le bruit de nos (hélas !) déjà vieilles articulations, le « pas » s’impose puisque l’on marche et le « hut » sonne comme cette interjection lancée aux chevaux (de retour pour ce qui me concerne ! ) pour les faire avancer .

Quand on dit que l’on va crapahuter on ne va pas flâner ni baguenauder . Ces mots en « n » évoquent la nonchalance, l’allure d’un sénateur (mot qui commence au demeurant comme « sénile » et finit comme « profiteur »).

Mon ami Gibus et moi avions donc décidé de jour là d’aller crapahuter vers le Montahut  en partant de Mons la Trivalle et en passant par le Bardou, les Bourdils, le mont Gros  et la chapelle de St Martin du Froid soit environ 25km et 1300m de dénivelé cumulé.

A Mons la Trivalle, un chat que les premiers rayons du soleil vient de réveiller, nous regarde passer d’un air intrigué, les gens du cru n’ayant pas l’habitude de monter les rues pentues du village en caracolant, même quand il y a  la promesse d’un pastis au bout !

 

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De toute façon vu la sécheresse qui affecte le midi et dont témoigne le défunt torrent du Bardou qui alimente en temps normal le lac d’Airette, il va bientôt falloir faire une croix sur les glaçons et boire son pastis pur !

Espérons aussi que la raison (mais ne nous a-t-elle pas depuis longtemps quittés ?) nous conduira à bannir la culture du maïs et l’arrosage des pelouses et des ronds points dans nos régions, arrosage qui profite d’ailleurs généralement au bitume des chaussées environnantes, quand l’eau ne s’évapore pas avant de toucher le sol !

 

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Nous suivons un moment le fil séculaire d’antiques chemins de pierres qui font mon admiration. Les derniers survivants des chataîgneraies, dont les hommes autrefois tiraient nourriture et bois de charpente ou de marine, les abritent de leur ombre. Mais ces chataîgneraies sont aujourd’hui abandonnées et seront peu à peu remplacées, pour des raisons de rentabilité, par des pins tueurs de biodiversité. Notre logique comptable qui ignore la richesse du vivant et méprise l’humain envahit et détruit peu à peu le monde naturel.

 

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Nous parcourons les flancs du Mont Gros aujourd’hui envahis par les genets et les bruyères qui prolifèrent depuis la disparition des troupeaux de moutons qui abondaient autrefois en ces lieux. Ne subsiste qu’une brebis égarée qui, dressée sur ses pattes arrières, cherche désespérément des yeux son berger. En ces temps complexes et menaçants  les hommes déboussolés ne cherchent ils pas aussi des bergers qui leur promettent la sécurité. Prenons garde à ne pas choisir un jour , comme l’ont maintes fois fait nos ancêtres,  des loups déguisés en bergers.

 

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Parvenus au col de Landres, nous  contemplons le corps tourmenté de notre  Terre Mère  couvert d’une ombre bleutée qui gomme toute présence humaine.  C’est à la fois apaisant et exaltant de pouvoir contempler un monde en apparence vierge et sauvage. Cela réveille en nous un émerveillement venu du fonds des ages quand l’homme  en migrant découvrait peu à peu la planète et explorait des mondes inconnus. 

Nous avons besoin de conserver de vastes zones sauvages et naturelles pour pouvoir nourrir notre imaginaire, et satisfaire notre goût du mystère. Nous avons besoin de savoir qu’une partie du monde est encore libre et échappe à notre contrôle, que les ours , les loups, les mouflons, les éléphants, les tigres ont des espaces où ils peuvent évoluer en toute liberté. Car cette image de liberté qu’ils nous donnent est un antidote contre la tentation d’un monde insidieusement totalitaire centre-commercialisé, anti-dépresseuré, vidéo-surveillé, face-booké, dechavanisés, assurancetous-risquisé où nous évoluerons comme des  zombies lobotomisés.

 

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Un vieillard au visage buriné par la pluie, le gel, le soleil et le vent nous salue au passage, heureux de voir des humains en ces lieux isolés. Il nous  raconte qu’il a été berger  de Chavardès, un hameau en ruine situé plus avant sur le chemin et qu’à sa mort moyennant la livraison à Saint Pierre de 50kg de Pélardons et de 50litres de Faugères il a obtenu de pouvoir passer son éternité là où il a vécu, mais en étant condamné à l’immobilité, afin de ne pas aller troubler les vivants.

«  Certes  l’immobilité me pèse un peu » nous avoue-t-il « mais je suis en plein air et le paysage ici est tellement beau, alors qu’au paradis ça sent l’encens et la naphtaline car ils gardent les portes toujours fermées à cause des courants d’air et des resquilleurs ».

 

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Poursuivant notre route, nous longeons les contreforts du Montahut dont les cotes saillantes émergent d’une toison d’arbres qui commencent lentement à se parer de zébrures oranges sous les premières morsures des nuits fraîches de l’automne.

 

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Nous voilà au hameau en ruine de Chavardès où vécut notre berger rencontré un instant plus tôt. Le four à pain ouvre sa gueule noire qui n’a plus vu de feu depuis bien des lunes.  Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines alors que nos vies nomades qui vagabondent de cube de béton en cube de béton ne laisseront aucun signe de notre passage.

 

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De fait, notre société hyper moderne et nomade est fascinée par les   ruines antiques qui sont comme un fil auquel elle s’accroche pour ne pas sombrer dans le vide.

 

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Ayant franchi le col de Montahut, nous apercevons le roc d’Ourliades (1020m) qui semble nous mettre au défi de le grimper. Mais n’ayant pas 50Kg de Pélardons ni 50 litres de Faugères à livrer à Saint Pierre nous préférons nous abstenir ( j’ai horreur de l’odeur d’encens et je laisse toujours mes fenêtres ouvertes)

 

 

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Nous franchissons le col d’Ourliades gardé par une sorcière perchée sur son rocher qui nous laisse passer à condition de lui citer cinq vins portant le nom de saints, ce qui n’est pour nous qu’une simple formalité. 

 

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Mais qu’en aurait-il été pour vous chères lectrices ou lecteurs ? J’attends vos réponses dans les commentaires.

 

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Et soudain, le sommet du Montahut se révèle à nos yeux, occupé, oh sublime surprise  par un couple de jeunes mouflons et leur petit ! Constatant que nous ne sommes pas armés de fusils, ces phallus de substitution qu’arborent les nemrods pour se consoler du deuil  de leur virilité, les mouflons se laissent un instant admirer.

 

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Puis lentement ils se retirent pour nous laisser la place, la femelle traînant derrière à l’insu de son mari et restant perchée sur un rocher pour nous contempler, sans doute admirative de la belle taille de nos mollets .

 

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Nous en sommes émoustillés. Il faut dire que nous n’avons plus l’habitude que des regards « féminins » admiratifs se posent sur nous !

 

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La belle mouflonne partie, nous accédons au sommet, ajoutant le Montahut à notre collection de pics, de piochs, de monts, de rocs qui ont vu la semelle de nos godillots.

 

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Ayant entendu certaines de mes lectrices émettre des murmures dubitatifs à la lecture du passage relatif à la beauté de nos mollets, je vous livre en exclusivité une vue de ceux de mon ami Gibus en plein action et qui je pense vous convaincront. Certes les miens sont un peu moins musclés, mais j’ai l’excuse de ne pas être marathonien.

 

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D’ailleurs, au détour d’une piste qui traverse les Bourdils nous avons la surprise d’apercevoir de nouveau notre mouflonne qui, encore sous le charme, nous a suivis. Mais son époux jaloux la rappelle à l’ordre et elle nous quitte à regret. J’espère chères lectrices que vos maris ne font pas de même quand vous passez trop de temps à lire mon blog.

 

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Nous passons près de la chapelle de St martin du Froid qui domine le vallon de la Bayssière  et plongeons à pieds joints dans le vallon

 

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Il suffit alors de se laisser entraîner par la pente en se méfiant des cailloux du chemin qui en ont un peu marre de se faire marcher dessus et roulent traîtreusement sous vos pas . Mais  qui peut leur en vouloir ! Je suppose que quand on vous marche sur un pied, vous ne tendez pas l’autre ! 

 

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Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

 

Cliquez : ICI

 

 

Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : montahut, caroux, mouflon, ours