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05/04/2010

Haut les coeurs, filons sur le Monthaut

 

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Traînant les pieds, l’hiver a enfin quitté notre contrée abandonnant ici et là des écharpes de nuages au fond des vallées. Délaissant la région des hauts cantons, nous filons vers le village de St Jean de Buèges lové au pied du roc de Trescastel qui se trouve ainsi momentanément englouti, seul le sommet du roc émergeant des nuées.

 

 

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Notre objectif pour aujourd’hui est le Monthaut, modeste sommet (656m) qui domine le village de Pégairolles de Buèges mais d’un abord, comme nous le verrons, assez peu amène. Il en est d’ailleurs souvent ainsi dans la vie. Des choses qui paraissent « fastoches » (comme dirait ma petite fille Louna) telle qu’être élu président de la république - l’histoire récente ayant prouvé que n’importe quelle cloche peut y parvenir - se révèle ensuite pleine d’embûches.

Sous l’effet des rayons du soleil devenus plus ardents, les nuages qui se vautraient dans le fond de la vallée montent vers le ciel comme des Montgolfières et Gibus et moi accélérons le rythme de notre ascension pour ne pas être à notre tour engloutis. En matière de pluie, de neige, de glace et de froidure nous avons pendant l’hiver assez « donné » et nous aspirons à des conditions plus clémentes (et oui, nous avons aussi nos moments de faiblesse).

 

 

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Mais certaines résidentes du lieu doivent se réjouir de l’arrivée du brouillard car les pièges qu’elles ont tendus n’en deviendront que plus efficaces !

 

 

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On ne peut qu’être admiratif et émerveillé devant de tels chef-d’oeuvres bien qu’ils condamnent à mort ceux qui s’y font prendre .

 

 

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Si vous êtes mouche, moucheron, coccinelle ou papillon mieux vaut ne pas avoir comme moi la tête en l’air car ce n’est pas le moment de se « faire une toile » !

 

 

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Nous arrivons au magnifique mas d’Agre, en ruine certes mais qui dépasse en beauté et en harmonie la plupart des constructions modernes qui mitent peu à peu les campagnes languedociennes. Ici pas d’hideux murs de cairons bruts ni de bric à brac hétéroclite qui envahissent généralement cours et jardins et leur donnent l’allure d’une déchetterie….

 

 

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« La France devient moche » titrait récemment et avec raison l’hebdomadaire Télérama qui dénonçait les hideuses zones commerciales et le mitage du territoire par des bâtiments sans style et sans âme. Heureusement, dès que l’on quitte les abords des villes et des villages il subsiste des lieux de toute beauté comme celui-ci, hélas réservés aux bienheureux qui peuvent ou savent encore marcher à pied.

 

 

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Dans un champ aujourd’hui en friche qui jouxte le mas d’étranges créatures se livrent à une danse incantatoire qui vise peut être à ramener en ces lieux une présence et une activité humaine rythmée par les saisons et la ronde de la lune et des étoiles.

Il n’est pas question de verser dans la nostalgie passéiste mais il est bon de se souvenir d’où l’on vient et ce que fut l’histoire de l’homme pour ne pas perdre le cap et finir dans une impasse. La « virtualisation «  du monde risque de nous transformer en simples « périphériques » d’un univers artificiel où nous passerons sous le contrôle d’un super « Hal » l'ordinateur assassin de "2001 l'Odyssée de l'espace".

 

 

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Mais pendant que ratiocine le vieux bougon mal embouché  que je suis parfois , Gibus a filé et a commencé à escalader les barres rocheuses qui permettent d’accéder au sommet du Monthaut.

Rassurez vous l’exercice demande certes de nous transformer en quadrupèdes mais il n’est pas vraiment dangereux. Il faut simplement avoir assez d’énergie pour hisser vers le sommet un arrière train qui comme son nom l’indique a tendance à vous tirer vers l’arrière !

 

 

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Une fois nos « popotins » hissés là haut, il faut prendre garde où l’on met les pieds car la roche calcaire a été dissoute, fendue, éclatée par la pluie et le gel et le moindre faux pas pourrait nous faire disparaître dans une faille. Si un jour vous ne voyez plus de nouvelle note sur Eldorad’Oc c’est ce qui me sera probablement arrivé . Surtout ce jour là ne soyez pas tristes et buvez plutôt un verre à mon bon souvenir. Mais attention, que ce ne soit pas de la piquette, sinon mon fantôme viendra vous tirer par les pieds pendant votre sommeil.

 

 

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La vue de la haut est (à vous de choisir le terme qui convient à votre personnalité) : stupéfiant, sublime, admirable, bluffant, inouï, magnifique, bouleversant, ébouriffant, somptueux, renversant (mais ce terme là présente des risques !) . On découvre le village de Pégairolles-de-Buèges, étonnamment préservé de toute scorie « moderne », assoupi au pied du Peyre Martine que nous avons déjà grimpé ensemble.

 

 

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Plus loin vers le nord ouest, on aperçoit le village de Saint Jean de Buèges niché au pied du Roc de Trescastel et qui n’a guère plus d’importance qu’une fourmilière. Les œuvres de l’homme, qui a tendance à se prendre pour le roi de la création, ne sont, vues du ciel, que des chiures de mouche.

 

 

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Vers le sud, le Pic Saint Loup ressemble à une grosse otarie facétieuse faisant rebondir sur son museau un nuage.

 

 

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La ligne de crête n’est qu’une longue litanie de chaos rocheux qui mettent à mal nos vieilles articulations . L’avantage est qu’il n’y a guère de risque de se perdre, le chemin étant bordé d’à-pics.

 

 

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Par endroits des citadelles de pierre se dressent, refuges idéaux pour les oiseaux et sans doute les lutins, elfes, farfadets, troll, diablotins, djinn et autres poulpiquets qui viennent probablement y danser à la clarté de la lune et des étoiles.

 

 

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D’ailleurs nous tombons, à un détour du chemin, sur une sorcière assoupie qui doit la nuit venue mener le bal

 

 

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Ce spectacle nocturne doit réjouir ce chevalier égaré ou déserteur lors d’une fort ancienne bataille et qui semble pour le moment perdu dans ses rêveries. Nous vous laissons  en sa compagnie pendant que nous redescendons en flânant du Monthaut.


Texte & Photos ulysse