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01/07/2016

De l'or sur le chemin du Plô des Brus

 

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Cela faisait longtemps qu’avec mon copain Gibus nous n’avions pas eu l’occasion de se faire une rando en « duo » compte tenu de nos nombreuses pérégrinations touristiques et des aléas météorologiques. Mais en ce lundi 20 juin, veille de l’été nous étions disponibles et le temps était quasi idéal ! Nous nous lançons donc à l’assaut du Plo des Brus, vaste plateau herbeux situé à plus de mille mètres d’altitude dans la montagne de Rosis. Partis du village de Compeyre, nous entamons l’ascension de la serre de More, hors d’œuvre qui permet à nos vieilles guiboles de retrouver le rythme avant d’entamer le plat de résistance qu’est la sente rocailleuse qui permet d’accéder au Plo.

 

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Le printemps plutôt maussade et frais a retardé la floraison des genêts qui, exceptionnellement, se conjugue avec celle des bruyères, stimulée par l’arrivée des premières chaleurs. Le mariage est somptueux et révèle le talent et la coquetterie de la nature qui parent ces vieilles montagnes du Languedoc d’une tunique odorante et enchanteresse. Tout au fond, on aperçoit notre objectif, le triangle herbeux du Plo coiffé d’une modeste pointe rocheuse. Autant dire qu’il nous reste pas mal de chemin à faire !

 

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Mais l’environnement est si enchanteur que nous avalons les montuosités de la serre de More sans nous en rendre compte, enfin presque ...!

 

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Après être passés au sommet de la serre (815m) nous dévalons vers le portail de Roquenduire, fragment de plateau sédimentaire porté à la verticale par la surrection des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années ! Les dinosaures avaient déjà disparus et je n’étais pas encore né ! Que le temps passe vite !

 

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Une fois dépassé le portail, nous nous retournons pour admirer la serre de More recouverte d’or. Mais cet or, au contraire de celui enfoui dans les coffres des banques, n’a jamais rendu fou aucun homme, bien au contraire ! Sa vision nous réjouit, nous transporte en un pays qui n’a rien à envier au pays des merveilles d’Alice.

 

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Nous voilà engagés sur la sente abrupte qui mène au Plo des Brus et au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, un grandiose paysage se révèle à nos yeux. Peu nous chaut alors que nos articulations grincent, nos cœurs battent la chamade ou que nos poumons jouent les soufflets de forge, la seule vision de ce paysage est un élixir de jouvence.

 

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Nous arrivons au pied des falaises qui bordent le Plô des Brus. C’est toujours émouvant de contempler les entrailles de notre chère planète qui témoignent de sa jeunesse tumultueuse. Alors que notre société vit de plus en plus dans l’urgence, dans l’instantané, dans l’éphémère, la contemplation de la nature nous réinstalle dans la chaine infinie du temps.

 

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Nous suivons la piste qui longe ses falaises et approchons du but sous le regard bienveillant d’un arbuste qui semble prêt à nous tendre une branche secourable pour franchir le dernier obstacle rocheux.

 

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Nous traversons le Plô des Brus déçus de ne pas y apercevoir des mouflons qui apprécient habituellement cette zone herbeuse. Mais le vent qui ne nous est pas favorable les a probablement avertis de notre présence. De toute façon, hormis le sanglier dont le développement anarchique a été favorisé par les sociétés de chasse dans les années 80,  il est de plus en plus difficile d'observer des animaux sauvages dans notre pays dont les politiques, au lieu de gérer courageusement les affaires du pays, passent leurs mandats à faire la pêche aux voix et à ce titre choient les chasseurs et pseudo éleveurs, et se moquent comme d'une guigne du sort de la faune sauvage, autorisant même l'assassinat de loups pourtant protégés par la convention de Berne. 

 

 

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Nous prenons alors la direction du col de l’Ourtigas en traversant une vaste pinède dont le sol est couvert de myrtilliers qui font le régal des randonneurs vers le milieu de l’été.

 

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Parvenus au col de l’Ourtigas nous descendons vers le refuge de Caissenols où mes fidèles lecteurs se sont souvent régalés d’omelettes cuites au feu de bois lors de nos sorties hivernales. Mais aujourd’hui le temps étant estival, nous nous contentons d’un modeste sandwich arrosé néanmoins d’un nectar du pays d’Oc.

 

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Puis nous repartons vers le portail de Roquenduire où l’intense soleil de l’après midi magnifie l’or des genêts .

 

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Et nous gravissons de nouveau la serre de More, cheminant de tas d’or en tas d’or…..heureux « crésus » épargnés par la malédiction !

 

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Nous abordons une zone où les bruyères l’emportent ce qui repose nos yeux aveuglés par l’or des genêts.

 

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Une fois dépassé le dernier cairn qui orne la serre de More, nous plongeons vers le torrent du Casselouvre en vue d’y rafraîchir nos abattis brûlés par le soleil.

 

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Et l’eau du torrent tient ses promesses, jaillie un peu en amont des entrailles fraiches de la Terre. Ragaillardis, c’est d’un pas allègre que nous parcourons les derniers kilomètres qui nous ramènent à notre monture où nous attendent nos deux fidèles  "blondes" Heine et Ken !

 

 

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Aujourd’hui, 3 juillet, j’ai soixante dix balais, de quoi faire un grand ménage dans mon existence pour me débarrasser de l’accessoire et ne me préoccuper que de l’essentiel. J’ai passé ma vie par monts et par vaux, navigué à travers tous les océans, posé le pied sur presque tous les continents, vécu dans divers pays étrangers, et parcouru au total à pied, à vélo, en voiture, en bateau et en avion environ trois tours de terre. J’ai compris très tôt que c’est le pays, c’est à dire la culture au sein de laquelle on nait, qui nous différencie et non les prétendues races où les illusoires différences de couleur de peau qui ne sont pas plus importantes que celles de nos yeux. Et si l’on peut se trouver heureux d’être né quelque part,   je ne comprends pas que l’on puisse s’en déclarer « fier » car l’on n’ y est pour rien et puis cela dénote un sentiment de supériorité inapproprié. J’ai constaté qu’au delà d’un minimum indispensable, l’argent ne contribue en rien au bonheur et que ceux qui consacrent leur vie à l’accumuler sont des infirmes de l’esprit et du cœur. Je pense que le partage nous enrichi et le repli sur soi nous appauvrit. J’ai constaté qu’il ne servait à rien de vouloir à tout prix avoir raison dans la mesure où la véritable réalité des choses nous échappera toujours et qu’il faut être tolérant vis à vis des opinions d’autrui, même si elles nous dérangent, pour autant qu’elles ne nuisent à personne. Une dernière chose : à force de fréquenter souvent monts et vallons, bois et forêts, j’ai gardé bon pied bon œil mais de la mousse a poussé dans mon nez et mes oreilles, ce qui me permet de prétendre que je suis un peu dur de la « feuille », argument très utile pour n’entendre ce que je veux bien entendre et ne faire que ce que je veux faire ! L’âge a ses faiblesses mais aussi ses privilèges !

 

A votre santé !

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Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

 

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur le nom en rouge)

 

Texte & Photos Ulysse

04/05/2010

Fastoche le Caroux !

 

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Je sais que mon papy sur son blog vous bassine avec le Caroux et vous fait croire que c’est une montagne digne des Pyrénées, des Alpes, voire de l’Hymalaya. Comme je sais que c’est un grand blagueur, je lui ai demandé d’en faire la grimpette l’autre jour pour me rendre compte par moi même. Et bien je peux vous dire : fastoche l’ascension du Caroux !

Nous voilà donc partis, mes parents, les parents de mon papa, son copain Gibus et sa compagne Marie ainsi que Léo, mon frère, et moi. Notez que dans la montée qui permet d’accéder au plateau je ne suis pas la dernière, bien que mes gambettes soient de beaucoup les plus petites du groupe. Je suis juste derrière Léo et Gibus et encore j’aurais été la deuxième (je n’ose pas dire la première parce que l’on me traiterait de prétentieuse) si je n’avais pas la fâcheuse habitude (enfin ce sont mes parents qui disent qu’elle est fâcheuse) d'être collectionneuse de jolis cailloux. Et des jolis cailloux il y en plein sur les chemins du Caroux (les poches de mon papy en savent quelque chose !). Mon papy est juste derrière moi sous le prétexte de prendre des photos, mais en vrai c’est parce qu’il a du mal à me suivre !

 

 

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Parvenus au grand Cairn qui signale l’approche du sommet, nous faisons une pause pour attendre le reste de la troupe.

 

 

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Je profite que les derniers arrivent pour admirer le paysage et là je dois reconnaître que mon papy ne galège pas quand il affirme que le Caroux est l’une des plus belles montagnes de France. Bon, c’est vrai que je n’en connais pas encore beaucoup mais pour le moment c’est vraiment la plus belle que j’ai vue !

 

 

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Ce que j’aime en particulier sur cette montagne, c’est qu’il y a plein de rochers que l’on peut escalader. Depuis toute petite j’ai toujours aimé grimper les fauteuils, les tables, les chaises, mon objectif secret étant d’accéder aux placards pour y trouver la réserve de bonbons ! Mais souvent hélas mon papa était passé avant moi ! Quel malheur d’avoir un papa gourmand ! Les psychologues prétendent que ça forme le caractère de connaître la frustration, moi je trouve que c’est plutôt traumatisant !

 

 

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Le problème c’est que de trop zigzaguer de gauche à droite pour grimper sur les rochers , je me fais distancer et je suis ensuite obligée de courir pour rattraper le groupe.

 

 

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Heureusement qu’il y a les cairns pour m’indiquer le chemin sinon je serai perdue. Je suis un peu vexée que le reste du groupe ne m’attende pas, c’est à croire que ma compagnie leur pèse. Bon je dois reconnaître que je suis un peu pipelette et qu’ils doivent apprécier ces quelques minutes de silence.

 

 

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Par chance, ils ont aperçu un groupe de mouflons qui paissent en sous bois et ils se sont arrêtés pour les contempler, ce qui me permet de recoller au groupe.

 

 

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Le chemin longe ensuite de superbes falaises que j’aimerais bien escalader mais mes parents qui voient le danger partout ne l’entendent pas de cette oreille. Comment voulez vous que l’on prenne des risques dans la vie quand on a été à ce point brimée !

 

 

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Je me contente de sauter d’un rocher à l’autre en gardant le contact avec le groupe de tête, car je n’ai plus l’intention de me faire distancer .

 

 

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Nous nous installons au pied du sphinx du caroux pour pic-niquer et j’en profite pour aller lui caresser le museau. A ma grande surprise je l’entends ronronner…..mais en fait je m’aperçois que c’est papy et Gibus qui font une petite sieste en contrebas et qui sont en train de ronfler ! C’est vrai ce que l’on dit que quand on devient vieux on retombe en enfance, ils font la sieste comme les bébés !

 

 

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Nous étant remis en route, notre chemin traverse une hêtraie et mon papy me montre un petit hêtre qui surgit au travers d’un tapis de feuilles mortes. Je suis émue et étonnée de voir que cette plante minuscule deviendra un jour un arbre majestueux. Les arbres ont cette chance par rapport aux hommes de ne pas se ratatiner en vieillissant. Je ne veux pas dire que mon papy est ratatiné mais c’est un fait qu’il a perdu depuis longtemps son feuillage.

 

 

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Le chemin franchit un torrent et je le traverse à la grande surprise de mes parents sans tomber dedans. Il faut dire que dans la famille on me surnomme "Calamity Louna" et je n’ai jamais vraiment compris pourquoi ! Les gens (même ceux qui vous aiment) sont médisants !

 

 

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Léo, qui a pris un peu d'avance sur moi veut me faire croire qu’à l’instar de Roland de Roncevaux (vous savez, le neveu du sale type qui a inventé l’école) il a fendu un rocher en deux. Mais les garçons sont tous des vantards et ils croient nous impressionner, nous les filles, avec leurs biceps ou, quand ils sont plus vieux, avec leur porte-monnaie alors que ce que tout l’on veut c’est du respect et de la tendresse !

 

 

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En remontant du vallon du Rieutord on découvre l’arête des Aiguilles et là je dois reconnaître que mon papy n’exagère pas (ou à peine) quand il dit que le Caroux a un petit air de Pyrénées. Il faut dire qu’il y a 600 millions d’années il culminait à 6000 mètres et que si le temps l’a érodé, il a encore de beaux restes. Mon papy aussi d’ailleurs (Flatteuse un brin il faut être, pour gagner quelques piècettes !)

 

 

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Revenus sur le haut du plateau, la balade devient vraiment très facile et j’en profite pour papoter quelques instants avec les autres filles du groupe (il faut savoir assumer sa condition féminine !)

 

 

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On fait une pause – goûter au sommet du Caroux marqué par un énorme cairn. Je fais un petit complexe en contemplant les mollets de Gibus mais je me dis que pour une fille c’est mieux d’avoir des petits mollets !

 

 

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On se remet en route mais comme maman est fatiguée je lui prends son sac à dos pour terminer la rando ! Je peux vous le dire, lectrices et lecteurs d’Eldorad’Oc, ne vous laissez pas impressionner par les soit disant exploits de Gibus et de mon papy, le Caroux c’est vraiment  fastoche !

 

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Texte Louna Photos Ulysse