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27/01/2017

« Tranquillou » sur le Caroux

 

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A lire le titre de cet article, vous allez vous dire chères lectrices et chers lecteurs, que je suis devenu « mou du genou » et que je suis bon pour m’inscrire dans un E.H.P.A.D. Je vous rassure tout de suite, cette balade « tranquillou » n’est qu’une parenthèse, dues aux circonstances, dans mes pérégrinations aventureuses. La raison en est qu’il avait neigé l’avant veille sur le Caroux et qu’il faisait un froid de canard avec une Tramontane désireuse de nous faire danser la valse malgré nos gros godillots. Avec l’ami Bernard, qui au demeurant souffrait d’un refroidissement, nous nous sommes dit que nous nous contenterions, pour le coup, d’une balade contemplative et photographique sur la plateau sommital, avec déjeuner au chaud dans le refuge de Font Salesse. Nous voici donc tranquillement partis, provision de bois sec sur le dos, à l’assaut du sommet arrondi du plateau carrousien.

 

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Le sommet, matérialisé par un imposant cairn, offre une vue circulaire sur les environs. Si Dali avait connu ce lieu, sans doute l’aurait-il désigné comme étant le centre du monde plutôt que la gare de Perpignan. Car ici aucun obstacle ne bouche la vue et l’on voit aussi loin que la courbure de la terre le permet.

 

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Nous nous dirigeons ensuite vers le Lucadou en empruntant une piste qui domine les vertigineuses gorges d’Héric. Un tapis élimé de neige recouvre le pelage roux du Caroux, tandis qu’au loin un polochon de nuages se traine sur le Sommail et la Montagne Noire.

 

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Puisque l’humeur du jour est à la contemplation, nous nous arrêtons un instant pour admirer l’océan de collines bleutées qui vient battre les flancs du Caroux.

 

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Le tapis de neige est un livre dont les pages blanches racontent, à ceux qui savent le lire, la vie intense qui va et vient en ces lieux quand l’homme, ce prédateur sans pitié craint de tous, n’y est pas.

 

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L’heure du déjeuner approchant, nous ramassons quelques branches mortes pour compléter notre fagot de bois et nous prenons possession du refuge de Font Salesse où un feu réchauffe bientôt nos abattis transis. Je ne dirai jamais assez la colère que m’inspire les stupides graffitis que des promeneurs se croient obligés de laisser pour immortaliser leur passage. Alors que les animaux urinent pour marquer leur territoire, ce qui n’a aucun effet délétère sur l’environnement et ne laisse aucune trace, l’homme lui y laisse ses immondices et vomissures matérielles ou cérébrales.

 

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Nous repartons en direction du secteur des Barmelles qui offre une vue somptueuse sur la vallée de l’Orb. Un arbuste installé au bord de la falaise y jouit d’une vue imprenable sur la mer qui gît comme un filon d’or au bout de la plaine bleutée.

 

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Non loin de là, un aigle reste niché dans son aire indifférent à notre présence. Sans doute attend-il la sortie de ses proies habituelles, serpents, lapins, mulots et autres campagnols, blottis dans leurs terriers du fait des conditions hivernales.

 

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En cheminant sur le plateau le matin même, Bernard m’avait indiqué que, selon des observateurs, le loup serait revenu dans notre région. Ce n’est donc qu’à moitié étonnés que nous le surprenons soudain au détour d’un chemin, à l’affût, gueule ouverte, attendant le passage de mouflons. Soit le bienvenu oh ! loup, toi qui, contrairement aux légendes, n’a jamais croqué de grand-mère, ni de chaperon rouge ni quiconque d’ailleurs ! Je te crains bien moins que les « nemrods » en vadrouille qui chaque année tuent ou blessent nombre de leurs congénères (146 en 2016 !!). Et ce ne sont pas les quelques moutons que tu croques ici et là (grassement indemnisés) qui me feront changer d’avis. Ce n’est qu’une peccadille - au demeurant justifiée par la nécessité de te nourrir – par rapport aux massacres de masse perpétrés par l’homme dans le monde animal et qui font qu’en l’espace de 40 ans plus de la moitié des vertébrés ont disparu de la planète. La génération à naître ne verra plus de lion, de guépard, d’éléphant, de rhinocéros, d’ours blanc ainsi que nos cousins les singes et bien d’autres espèces autrement que dans les zoos.

 

 

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Bernard m’emmène ensuite à la découverte du dolmen du Caroux qui atteste que ces lieux sont fréquentés et appréciés par l’homme depuis des millénaires. Il n’ y a pas de plus bel endroit pour y mettre une dépouille mortuaire afin qu’une fois dissoute par le gel, la pluie et le soleil ses atomes rejoignent le grand bal des atomes de l’univers.

 

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Nous traversons le cours de l’Albine dont les eaux en partie gelées offrent à Gaïa de magnifiques pendentifs de cristal.

 

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 Ceux qui ont vu au cinéma, le Seigneur des Anneaux reconnaitront tout de suite Golum que l’on aperçoit juché sur une énorme tortue à la recherche de son anneau magique perdu. J’aurais bien aimé le trouver moi même pour me rendre invisible et approcher ainsi les mouflons sans les effaroucher.

 

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Nous traversons le ruisseau de Combe Gairau qui lui aussi offre à Gaïa une magnifique parure en cristal. L’homme qui maltraite notre belle planète ferait bien de suivre l’exemple de ces modestes ruisseaux et respecter et honorer celle qui lui a permis de naître.

 

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Cet arbuste, que le hasard a fait naître dans l’étroite faille d’un rocher, atteste de la puissance de la vie. Il nous incite à faire face vaillamment à nos soucis et problèmes, à lutter avec courage contre le sort contraire qui peut nous assaillir. « Ne lâchez rien, ne cédez pas au découragement » semble-t-il nous dire   et me vient alors à l’esprit le souvenir de mon ami Marc qui fit preuve de tant de courage face à la maladie funeste qui l’a emporté. 

 

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Nous reprenons notre marche, petits hommes perdus sur ce vaste plateau, enivrés par l’air vif, éblouis par la lumière radieuse et la beauté austère des champs de bruyère fanées saupoudrées de neige.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour admirer la beauté simple et subtile de ces graminées dorées jaillissant de la neige et y projetant leurs fines ombres bleutées.

 

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Et c’est le retour à notre point de départ dans le vallon de Douch, où la lumière rasante du soleil illumine les ramures dénudées des hêtraies qui occupent les flancs et le creux du vallon, leur conférant une apparence de boules de coton poussées là par le vent !

 

NB: Je pars faire de la  rando-raquette dans le Queyras et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

*****

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir les chansons de mon nouveau CD "Ne perds pas tes rêves en chemin" sur :

Deezer (cliquez sur le nom)

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Mes autres blogs:

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes précédentes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

La dernière chanson mise en ligne s'intitule "Jennifer"

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite

 

Texte & Photos (sauf 1, 6 et 16 Bernard R.) Ulysse

 

17/12/2009

Première neige sur la montagne de Rosis !

 

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Après avoir dévalé les pentes du Mont Agut, l’automne s’est enfin installé dans la plaine languedocienne où, peu à peu, il  a recouvert d’orange, de pourpre et d’or les ramures du peuple des feuillus.

Le bulletin météo annonçant pour le mardi 1er décembre de la neige sur les hauts cantons, Gibus et moi décidons de nous y rendre, histoire d’aguerrir nos organismes en vue du traditionnel bain du 31 décembre (où je vous invite à nous rejoindre).

Le climat fort doux qui a, en effet, régné jusqu’ici sur les bords de la Méditerranée a émoussé notre résistance aux frimas, encore que l’on ait assidûment pratiqué les bains dans les torrents plutôt frisquets qui dévalent les montagnes héraultaises.

Nous voilà donc crapahutant vers le sommet de la montagne de Rosis (1055m), empruntant ces chemins séculaires bordés de murets de pierres que nous aimons tant. Une moquette de feuilles amortit nos pas tout en crissant et chuintant, ce qui a pour effet , hélas, d’alerter les mouflons qui affectionnent ces parages.

 

 

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Nous croisons un énorme lièvre qui s’apprête à s’enfuir, mais la peur le conduit à s’immobiliser pour se confondre avec l’entrelacement des troncs et des branches des taillis qui nous environnent. Croisant nos regards où perce une lueur d’intelligence (au moins dans celui de Gibus), il en déduit que nous ne sommes pas chasseurs et poursuit alors calmement son chemin, rasséréné.

 

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Nous parvenons au col d’Aussières couvert d’une tignasse de fougères brûlées par les premières gelées. Un vieil hêtre dresse vers le ciel ses membres décharnés implorant Diane, la déesse des forêts, qu’elle lui rende sa toison tombée à terre. Mais Diane reste silencieuse sans doute fort occupée à chasser le cerf dans les forêts de l’Olympe.

 

 

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Nous poursuivons notre chemin alors que les nuages envahissent le ciel et font de plus en plus grise mine. Mais il en faut plus pour nous inquiéter et d’ailleurs nous sommes venus ici pour affronter les intempéries.

 

 

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Soudain le sommet de la montagne de Rosis se révèle à nos yeux, couvert d’une pellicule blanche, alors que le soleil jette sur nos talons ses derniers feux.

 

 

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Nous sommes bientôt au sommet balayé par un blizzard de grésil. Appréciez le courage du photographe (c’est bibi !)  qui vous permet néanmoins de partager ces moments intenses alors que le vent glacial chargé de cristaux de glace  bombarde notre visage , congèle nos pieds et nos mains et escamote la preuve tangible de notre virilité.

 

 

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Fort heureusement, une fois passé le sommet nous trouvons refuge dans l’abri de Caissenols où nous nous réchauffons (et récupérons les signes extérieurs de notre virilité) auprès d’un ardent feu de cheminée. Ce qui me conduit à vous rappeler la règle N°1 du randonneur hivernal : toujours avoir dans son sac un journal et un briquet et si possible quelques brindilles sèches pour démarrer le feu !

 

 

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De nouveau à peu près secs, nous nous remettons en chemin. Une pluie abondante  nous accompagne qui recouvre le paysage d’un camaïeu de gris. Au risque de vous surprendre j’aime ces ambiances humides, glaciales et déprimantes où votre corps est parcouru de vagues de frissons. Car par contraste, elles font naître une jouissance intense quand, revenu à bon port, après une douche régénérante, vous vous enfouissez dans vos charentaises et dégustez un verre de vin chaud en écoutant  Melody Gardot chanter "Love me like a river does...." (Aime moi à la manière d'une rivière...)

 

 

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Puis nous franchissons le Portail de Roquendouire, cette curiosité géologique à visiter absolument, de préférence en mai quand les genêts sont en fleurs. Pour les moins courageux il faut partir du lieu dit  Nougayrol (situé entre Andabre et Castanet -le –haut sur la D22E12) situé à environ une demi heure à pied du portail (la clé est caché sous la 3ème pierre près du grand genet à l’entrée gauche du portail !)

 

 

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La chance ne souriant qu’aux audacieux, nous sommes gratifiés d’un superbe arc-en-ciel, signe annonciateur du retour du soleil. Nous sommes malgré tout un brin déçus, car nous ne voyons que la partie gauche de l’arc, alors que tout le monde sait que le filon d’or à l’origine des arcs en ciel se  trouve toujours au pied de la partie droite de l’arc

 

 

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Mais les dieux sans doute impressionnés par notre détermination nous révèlent bientôt la partie droite de l’arc et nous nous précipitons derechef pour faire moisson de pépites, fort bienvenues à l’approche des fêtes de fin d’année. Voilà qui va mettre du beurre dans nos épinards. A vrai dire, vu la grosseur des pépites on pourrait y mettre la crémière avec. Mais je rêve bien évidemment car cela fait longtemps que les crémières ont disparu de nos villages. Elles ont été remplacées par Mamie Nova qui trône dans les rayons frais des super-marchés. Et je ne suis pas du genre à mettre une mamie dans mes épinards ! Quand au lieu où se trouve le filon, inutile d’y courir mes ami(e)s, car vous vous doutez bien que nous n’ avons rien laissé !

 

 

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C’est d’un pas alerte que nous reprenons le chemin menant à notre carosse, poussés par le vent qui chasse les nuages noirs vers le levant et inquiets comme Harpagon que l’on nous tende un traquenard pour nous dérober notre «cassette» !

 

 

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Mais nous ne croisons personne, la nature nous entoure paisible et sereine avec le soleil revenu et le vent apaisé. Sur les sommets, qui nous dominent et sur lesquels nous avons crapahutés, la tempête aussi s’est calmée.

Nous achevons notre balade revigorés, fortifiés, oxygénés et prêts à une ripaille de mets et de bons vins entre amis, la nature et l’amitié  étant en ce monde livré aux spéculateurs les seules valeurs qui ne soient jamais dépréciées.

PS: les mots de couleur différente sont des liens vers des sites internets traitant le sujet (cliquez dessus)


Texte & Photos Ulysse

 

 

11:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : neige, rosis, melody gardot, or

14/01/2009

Flocons sur les coteaux, bon vin dans les tonneaux !

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Il a neigé sur les coteaux de Pomerols (34) et certains ne manquent pas de se gausser des experts du G.I.E.C.

qui nous annoncent un réchauffement climatique ! Et pourtant ils ont tort ces ricaneurs, car cet évènement inattendu n'est

qu'un épiphénomène qui ne remet pas en cause la tendance au réchauffement du climat (ce qui n'est pas le cas

malheureusement des relations humaines!). Cet épisode glacial est du, en effet, aux écarts de conduite d'une belle sud

américaine, la Nina, petite soeur d'El Nino, qui échappe à son emprise une fois tous les 8 à 10 ans et s'en vient danser au

large des côtes du Pérou et de l'équateur. Sa danse refroidit quelque peu notre climat. Car la Nina, loin d'être une

allumeuse est au contraire, pour utiliser le langage trivial des cours de récréation (il n'y a plus d'enfants !) un vrai glaçon !

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Donc la Nina ayant dansé tout l'été, les méditerranéens se trouvent cet hiver bien dépourvus face à une vague

de froid de canard comme ils en ont rarement vu.


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Mais ce temps à ne pas mettre un méridional dehors (déjà que même par temps chaud il a une forte prédilection

pour le lit ou le hamac !) n'est pas pour autant une catastrophe pour tout le monde. Car si certains hibernent sous leur

couette en attendant des jours meilleurs, d'autres se frottent les mains, comme mon copain Barnabé Sarrazin viticulteur

des Costières de Pomerols, fameuse appellation du Languedoc, à ne pas confondre avec la piquette bordelaise

de Pomerol



Je l'ai croisé le matin où je suis allé faire les photos pour illustrer cette note; il dansait la gigue au milieu de

ses vignes en chantant à tue tête « Flocons sur les coteaux, bon vin dans les tonneaux ! » Ce qui fort heureusement ne

veut pas dire que les années sans neige donnent de mauvais vins. Ce serait en effet dramatique si on ne pouvait vider

de bons flacons que les seules années à flocons !


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Pour ma part je n'y survivrais pas et ferais comme ce vieil arbre mort de soif au milieu des vignes !

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Mais le froid et la neige sont particulièrement bénéfiques pour la vigne car ils tuent la vermine qui l'infeste

et nuit à sa prodigalité. Notez donc sur vos tablettes que, sauf s'il se mettait à pleuvoir lors des vendanges, le millésime

2009 devrait être un nectar et il est, à mon avis, prudent de prendre d'ores et déjà des options chez les bons vignerons

de la région (voir la liste de mes bonnes adresses dans la rubrique « délices »)


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J'entends déjà les buveurs d'eau coincés du goulot serrer les rangs pour monter au créneau et tenter pour

la énième fois de diaboliser le « sang du seigneur » (ils ne sont pas à une contradiction près) qui a pourtant forgé l'âme,

le paysage et la culture de notre région. Mais ils trouveront à qui parler. Nos gosiers feront de la résistance et

prendront le maquis s'il le faut (j'en connais de nombreux entourés de vignes !)


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Mais Barnabé n'est pas le seul que la neige enchante ! Elle fait également le bonheur des rapaces qui peuvent

ainsi plus facilement traquer leur proies, tel ce faucon crécerelle que j'ai surpris en train de faire sa danse du ventre pour

mieux séduire une belle campagnole qui passait par là !


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Enfin où trouver plus belle oeuvre d'art que la trace des pattes d'un oiseau dans une neige vierge. Ne dirait-on

pas un tableau de Matisse ? De là à penser que ce grand maître se serait inspiré des oiseaux: un vulgaire copieur

Matisse ? oh !


Texte & Photos Ulysse

09:19 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : neige, flocon, vin, tonneaux

26/12/2008

Il neige ! Soyons fous, osons le Caroux !

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Bien que mon antre ne soit situé qu'à quelques lieues de la mer, j'ai le bonheur d'apercevoir dans le

lointain la ligne tantôt noire, tantôt bleutée des monts du Haut Languedoc, avec, en première ligne, la masse

imposante du Caroux



Dès que je mets le nez dehors, je jette un oeil (et l'autre aussi bien sur, n'étant pas borgne !) vers le

« ch'nord » afin de vérifier que ces chères montagnes, lieu privilégié de mes pérégrinations, sont toujours en place.

Sait-on jamais, un séisme nocturne pourrait les engloutir, ce qui serait pour moi une perte incommensurable dont

je ne me relèverais pas .


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Que vaudrait, en effet, de vivre sans leurs sentiers tortueux et odorants, sans leurs combes sauvages

abritant sangliers, chevreuils et mouflons, leurs forêts de pins, de hêtres, de chataigners ou de chênes pubescents

où rodent elfes, lutins, satyres et autres peuples merveilleux que nous snobons mais que nos anciens craignaient

et respectaient. Quelles couleurs aurait le monde sans leurs tapis mauves de bruyères ou leurs mers dorées de genets.

Qui ferait battre à tout rompre mon coeur assagi si ce n'est leurs pentes vertigineuses menant au ciel ?



Or, au matin du 16 décembre, quels ne furent pas ma surprise et mon bonheur d'apercevoir à l'horizon un

fil d'argent bordant la ligne montueuse : il avait neigé la nuit sur le Caroux ! Je levai les yeux au ciel et remerciai

en silence le père Noêl auquel j'avais écrit quelques jours avant pour lui demander un noël enneigé, ce qui pour

un « sudiste » est un présent d'une valeur inestimable ! Certes la livraison du père Noêl était en avance de quelques

jours, mais je comprenais bien son souci de réserver la nuit de Noêl aux enfants. L'essentiel était qu'il ait donné

suite à ma requête !


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Sans perdre un iota de seconde, j'appelai mon ami et compagnon « es chemins » Gibus. « Le Caroux est

enneigé » lui dis je « on se le fait demain, je passe te prendre à 8 H 30, ça te va ? ». La forme interrogative à vrai

dire ne s'imposait pas ! C'est comme de demander à mon plombier s'il veut « un » pastis, le oui est toujours de mise

et dans ce cas je peux même vous dire que « UN  » prend un « S » !



A 10 H 01 le lendemain matin, nous étions donc au pied du Caroux à 200m d'altitude, encapuchonnés et

emmouflés comme des inuits, la température flirtant avec le zéro degré. Nos sacs ressemblaient ce matin là à une

hotte de père Noël, vu que nous y avions mis du petit bois pour faire un feu dans le refuge de Fontsalès où nous

avions projeté de pique-niquer. Nous sommes des hommes rustiques et tous terrains certes, mais soucieux d'un

minimum de confort quand il s'agit de prendre ses repas (Comme le dit un dicton Lyonnais « les jeunes vivent

d'amour et d'eau fraiche et les seniors de saint amour et de ventrèche ») .


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Nous voilà donc partis en empruntant la piste goudronnée qui monte au hameau d'Héric et que nous

quittons bien vite pour emprunter un sentier muletier menant au col de Bertouyre à 700m d'altitude.



Pas après pas, mètre après mètre, je grimpe, courbé sous le poids du sac, les yeux rivés sur le bout de

mes chaussures, tandis que mon ami Gibus semble danser sur le sentier; cet homme là a du être mouflon dans

une autre vie tandis que moi j'étais fer à repasser !



Mais d'une seule traite nous arrivons au col où mes halètements font concurrence à la Tramontane.

Un abricot sec, un verre d'eau (et oui, il m'arrive d'en boire !) et nous voilà en route pour le refuge de Fontsalès

à 1055m d'altitude.


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Vers la cote 850, nous trouvons les premières plaques de neige cristallisées, ressemblant à des

paquets de sucre en poudre répandues par des Elfes facétieux sur les pierres du chemin.



Cette neige tant espérée nous tend un redoutable piège car l'eau qui en suinte a gelé dans la nuit et

recouvert les pierres du chemin d'une fine pellicule de glace. Je me retrouve bientôt à quatre pattes dans une

position où je semble rendre hommage aux divinités du lieu. Mais loin d'être des prières les propos que je prononce

alors feraient plutôt rougir le capitaine Haddock !



Mes premières tentatives pour me relever restent vaines et j'ai l'impression d'être une tortue renversée

sur le dos, mais j'arrive à agripper un buisson bordant le chemin et à reprendre ma progression pour le moins

« chaloupée » vers le sommet.


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Un arbuste audacieux, ignorant sans doute l'avis de ses aînés, s'est établi dans ces lieux inhospitaliers

et s'incline respectueusement sur notre passage, saluant le courage (que d'aucuns appelleraient inconscience!)

de ce duo de bipèdes sudistes que l'on voit plus volontiers en cette saison sur les terrains de pétanque.


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Nous arrivons enfin sur le plateau du Caroux complètement enneigé qui surplombe du haut de ses

1050 mètres, la vallée du Jour, affluent de l'Orb, noyée dans un brouillard bleuté. La température étant en

dessous de zéro, nos ne nous éternisons pas et je vous laisse un espace libre pour que vous composiez

vous même vos commentaires sur la beauté du lieu (à vos souris donc !):

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La vue du refuge nous fait presser le pas et nous nous y installons avec un bonheur qu'aucun 5 étoiles

sur Terre ne pourrait nous procurer. Nous sortons le bois de notre sac et allumons le feu.

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Au menu du jour nous avons : vin chaud, potage aux 5 légumes (selon les recommandations de l'Agence Alimentaire)

terrine aveyronnaise aux chataîgnes, salade de pommes de terre, orange ou pomme, zézettes de Sète (c'est un gateau,

je vous rassure !) chocolat noir, café ou thé, le tout arrosé d'un Pic Saint Loup du Château de Valflaunès, dont ce blog a

déjà dit le plus grand bien (voir la rubrique Délices)


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Nos batteries rechargées à bloc, nous sortons pour faire le tour du plateau du Caroux en cheminant

tout d'abord dans les bois qui entourent le refuge où des hêtres nous tendent désespérément les bras afin

qu'on les étreigne pour les réchauffer.


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Déclinant leur invitation, nous sortons du bois pour affronter le blizzard et éprouver ce plaisir ineffable

et primitif de défier les éléments. C'est en quelque sorte un retour à l'aube de l'humanité où la confrontation

avec la nature constituait la trame de la vie humaine et forgeait le corps, le coeur et l'âme de nos lointains ancêtres.


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Aujourd'hui dans nos pays développés, mis à part les plus déshérités d'entre nous, tout un appareillage

nous protège et nous éloigne de cet affrontement et nous rend fragile et dépendant. Les tempêtes de neige récentes

qui ont provoqué le chaos dans une partie de la France soulignent cette fragilité.


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Nous faisons ainsi le tour du plateau sans apercevoir âme qui vive; même les mouflons qui prolifèrent en

ces lieux se terrent dans les combes. Le bruit de la neige qui crisse sous nos pas et le hullulement du vent créent

une ambiance fantasmagorique qui me font frissonner de bonheur
!

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Puis nous regagnons le couvert du sous bois ayant brulé les calories de notre repas pantagruélique.

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Nous nous apprêtons à redescendre vers la vallée quand nous croisons un monstre écailleux tapi sur

le bord du plateau qui nous interpelle en nous posant la charade suivante à laquelle nous devons impérativement

répondre si nous voulons passer : « Nous sommes des milliards et tous différents ! Qui sommes nous ? »



Enfantin mon cher répondit mon ami Gibus qui donne la bonne réponse et nous sauve ainsi de la congélation !

Et vous auriez vous trouvé ? (Merci de laisser votre réponse en commentaire)


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Puis nous franchissons la brêche qui permet de redescendre vers le col de Bertouyre par le sentier toujours

aussi verglassé et qui nous fait regretter de ne pas avoir pris de patins à glace.


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Nous regagnons les replis protecteurs des contreforts du Caroux alors que les nuages plongent vers la vallée

entraînés par l'air glacial qui se déverse le soir venu dans la vallée.


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Nous franchissons enfin les eaux tranquilles du torrent d'Héric et rejoignons notre monture.


Quel bonheur que cette journée dans les monts du « ch'nord » ! La prochaine fois qu'il neigera sur le

Caroux, nous vous donnons rendez vous au refuge de Fontsalès, car, comme le dit l'adage, plus on est de fous....



Texte & Photos Ulysse

09:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : caroux, neige, fontsalès