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14/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (1ère partie)

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Depuis des années que nous arpentons le massif du Caroux, nous pensions, Gibus et moi, en avoir emprunté tous les itinéraires, le dernier que nous avions découvert en juillet dernier     la piste des charbonniers – s’étant révélé le plus périlleux !

Et puis en regardant à la loupe la carte IGN du secteur nous avons fini par trouver une vague piste en pointillés partant du col de Bertouyre et grimpant en ligne droite vers le Roc du Caroux qui donne son nom au massif.  Les prévisions météo étant favorables nous décidons d’aller l'explorer sans  tarder .

Nous voilà donc à pied d’œuvre après avoir accédés au Col de Bertouyre et découvert le départ de ce sentier dénommé « Piste des Aiguilles » selon la pancarte qui le signale.

 

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Son nom n’est, de fait, pas usurpé car cette piste remonte le flanc ouest du massif en offrant des vues vertigineuses sur les aiguilles rocheuses dont il est orné. Le brouillard qui submerge la plaine et les vallées environnantes confère au paysage un caractère fantomatique.

 

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Le soleil matinal dissipe peu à peu ce brouillard faisant émerger du néant d’énormes monolithes jaillissant d’une toison arborée.

 

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Dans cette atmosphère brumeuse les montagnes qui pèsent des millions de tonnes semblent flotter dans le ciel comme des montgolfières.

 

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Progressant dans notre ascension, nous passons au dessus du banc de brouillard qui ressemble à une énorme vague figée prête à engloutir le Caroux

 

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Nous contournons,  un peu plus haut, le Roc du Miral (887m) qui, émergeant  d’une mer de nuages, prend des allures d’Olympe. Ainsi coupés du monde des vivants, Gibus et moi scrutons les lieux pour voir si, par chance, quelques accortes oréades n’y gambaderaient pas, mais hélas notre quête reste vaine.

 

 

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Le seul être que nous croisons en ces lieux est une énorme murène qui, profitant du brouillard, a quitté  la mer pour  remonter  le cours de l'Heric et qui tente vainement de gober la lune.

 

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Dépités, nous poursuivons notre ascension en direction du Roc du Caroux. Nous escaladons d'immenses dalles rocheuses où la piste disparaît. Mais elles sont fort heureusement parsemées de cairns qui nous permettent de garder le bon cap.


 

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 Approchant du plateau sommital nous apercevons le roi du Caroux adossé contre une falaise et qui admire le lent flux de la mer de nuages qui baigne les flancs de son royaume.

 

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Et il est vrai que ce spectacle est royal et rois, aussi, nous sommes, Gibus et moi, seuls en ces lieux et libres de jouir sans restriction de la beauté du monde. 

 

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Enivrés de beauté (il n' y a pas que les vins d'Oc qui nous enivrent ! ) nous accédons enfin au plateau sommital dont nous entreprenons la traversée avant de redescendre vers la vallée.

 

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L’or roux des fougères brûlées par l’été, entremêlé du vert intense de genêts, illumine le plateau et entretient notre radieuse félicité. Un jour comme celui ci est un jour passé au paradis. 

 

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Hélas, nous redescendons bien vite sur terre car nous rencontrons sur le bord du chemin un pigeon blessé par des chasseurs que nous venons de croiser. Celui ci volette d’une aile en titubant,  l’autre ayant été brisée par une balle. Je ne veux pas diaboliser les chasseurs car je sais qu’il y a parmi eux dans le « civil » des gens respectables (bien que je ne comprenne pas que l’on prenne plaisir à tuer)  mais ils sont encore trop nombreux ceux qui sont de purs « viandards » prêts à tirer sur tout ce qui bouge.

A ceux là, je rappelle le poème De Victor Hugo intitulé : "A un homme partant pour la chasse ":

Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour.


Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,

Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête.

Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.


Te figures-tu donc être un tel but final

Que tu puisses sans peur devenir infernal,

Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,

Échiner le baudet, exténuer la rosse,


En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,

Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an ?

Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,

Confine à l'assassin et touche au sacrilège.


Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.


Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit

Pour donner meilleur goût à la caille rôtie


Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,

Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.


A suivre....


PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI


Texte & Photos Ulysse (sauf poème)

(Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur) 

 

 

 

08/06/2010

Des amis du plat pays amoureux des Hauts-Cantons….

 

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En créant mon blog je ne pensais pas qu’il donnerait naissance à une belle amitié avec des gens du plat pays belge, petit royaume qui se chauffe à la chaleur humaine et ensoleille pluies et brouillards, qui souvent l’assiègent, avec les effluves dorées de la bière .

Tout a commencé quand Marc, résidant en Wallonie, a croisé sur internet le chemin de mon blog. Amoureux du massif du Caroux qu’il sillonne une semaine par an depuis dix sept ans avec des membres de sa fratrie et ses amis, Jean Marie, Eric, Raymond et leurs épouses, il est devenu l’un de mes lecteurs assidus.

Esbaudi et ravi par cet amour porté par de lointains « estrangers » des plaines nordiques à la montagne que je chéris entre toutes, j’ai alors proposé à Marc de faire une randonnée en commun lors de sa prochaine visite. Tope là ! m’a-t-il aussitôt répondu et c’est ainsi que la semaine passée nous nous sommes retrouvés pour une virée sur les chemins de la Montagne de Rosis, située au nord du massif du Caroux.

Ceux qui connaissent ce massif savent qu’on ne peut résister à l’appel de sa voix rocailleuse et chantante qui s’élève de mille bouches perchées haut sur ses falaises rocheuses ou tapies dans ses bois profonds. Cette voix unique et envoûtante qui est parvenue il y a dix sept ans jusqu’à l’oreille de Marc et de ses compères au cœur de la Belgique !


 

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Il était tout naturel que Gibus, qui connaît le Caroux encore mieux que les agents du fisc connaissent mes poches (et dieu sait pourtant que ces gens sont des experts !), soit de la partie. En professionnel aguerri de la montagne il veille à notre sécurité lors de passages un peu technique, comme cette traversée de gué apparemment anodine, mais qui recèle quelques pièges sous la forme de pierres branlantes et glissantes. Les naïfs découvrent ainsi le caractère vicieux de l’eau qui explique ma méfiance à l’égard de ce breuvage.

 

 

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Randonner en montagne c’est ouvrir en grand les portes et fenêtres de sa vie pour y laisser entrer le soleil, la pluie, la neige, le vent, les orages qui, dans les temps anciens, ont forgé le cœur et l’âme de l’homme. C’est, ainsi, perpétuer cette énergie qui a permis à ce fragile bipède de partir à la conquête de la planète et d’y bâtir des empires.

 

 

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Randonner c’est aussi préserver en soi le sens du merveilleux qui a nourri les premières rêveries de l’homme et de sa compagne quand dans les cieux ils voyaient flotter la lune. Et c’est un fait qu’au cours de mes pérégrinations j’ai pu souvent constater que les êtres des contes et légendes, que les citadins désenchantés prennent pour des fariboles, existent vraiment

D’ailleurs, Marie, l’épouse de Gibus, qui a l’œil plus vif que mon gosier devant un verre de rosé bien frais, aperçoit soudain un « sangliéton » être mi-sanglier, mi-mouton en train de se gaver d’herbes tendres au milieu d’un clairière. Voyant qu’il a affaire à d’innocents promeneurs (certains comme moi, « innocent » tout court !) cet être fabuleux poursuit son festin sans s’inquiéter outre mesure.

 

 

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Un peu plus loin nous passons près d’un hêtre astucieux dont l’une des branches forme un nœud coulant avec lequel, je le soupçonne de capturer quelques rayons du soleil quand arrivent les derniers jours d’automne, qui le réchauffent tout l’hiver jusqu’à la venue du printemps.

 

 

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Nous entendons soudain le tiquètement d’un pic-vert sur le fût d’un châtaigner en quête de quelques insectes xylophages à manger. Je me mets alors à déclamer des alexandrins car je sais que les pic-verts sont friands de vers de douze pieds (ce sont les plus nourrissants) et le voilà qui, peu farouche, se pose à nos pieds et se met à picorer mes vers tombés à terre…

 

 

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Après un glorieux picnic au hameau fantôme de Caissenols, nous franchissons le portail de Roquendouire pour gravir la serre de la Mare qui culmine à 810 mètres. Nos amis belges sont un peu déçus car les ginestières (champs de genets) n’affichent pas encore la belle couleur de bière blonde qu’elles prennent quand elles sont en fleurs.

 

 

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Un rapace qui se joue des vents et de l’altitude ricane de nous voir suer, souffler, ahaner dans la pente. Mais pas rancuniers pour deux sous, nous admirons sa grâce et son expertise qui rendent jaloux les imbéciles qui les prennent parfois pour cible,

 

 

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Gibus veille à ce que personne ne reste en rade voulant éviter tout incident diplomatique avec un pays qui par mesure de rétorsion pourrait nous priver de ses exportations de frites . Mais nos amis belges se montrent à la hauteur et c’est ensemble que nous franchissons la crête.

 

 

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Comme les cairns où s’entassent des pierres libres à l’improbable équilibre et qui défient les lois de la pesanteur, les amitiés se tricotent avec des mots et des sourires et la passion commune des grands espaces, de la marche et du bon vin.

 

 

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Humbles conquérants de l’inutile, nous savourons en silence la plaisir de partager ensemble le spectacle de la nature environnante.

 

 

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L’univers ouvre au dessus de nous sa gueule bleue où virevoltent, pendant que nous marchons, nos méditations et nos rêveries.

 

 

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Au cours d’une pause près d’un abri séculaire de berger, Marie de nature un brin mystique (comme votre serviteur qui honorent les vignes du Seigneur)) entre en contact avec les dieux de l’Olympe afin qu’ils nous prévoient un demi bien frais à l’arrivée

 

 

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Notre chemin franchissant le Casselouvre nous en profitons pour nous y baigner, seul usage que nous apprécions de ce liquide que les anglais - peuple intelligent contrairement aux apparences - dénomment « water » et qu’ils réservent à juste titre au « closet »

 

 

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Le retour se fait par l’un de ces chemins que j’affectionne , bordé d’un muret de pierres, dont la longueur cumulé à travers le pays d’oc dépasse largement celle de la muraille de Chine. Mais alors que la muraille de Chine enferme un peuple soumis à une clique de dictateurs, ces murs là guident des hommes libres.

 

 

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Revenus au point de départ, nous constatons avec bonheur que les dieux de l’Olympe sont au rendez vous avec des Stellas Artois bien fraîches (bravo Marie), exquise délicatesse de leur part sachant que c’est la bière préférée de nos amis belges. Comme quoi les grecs n’ont peut être plus d’argent, mais ils ont encore du savoir vivre.

Cerise sur le gâteau, ou comme disent plutôt nos amis belges « moutarde sur les frites » Vulcain nous a même allumé un grand feu pour y faire cuire nos grillades.

 

 

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C’est ainsi qu’après avoir marché et contemplé ensemble la beauté des haut-cantons, nous partageons le pain, le vin, les rires et les saucisses, délicieux ciments d’une belle amitié. L’année prochaine c’est promis, nous recommencerons !

 

 

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Texte & photos Ulysse

 

17:59 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : rosis, frite, olympe, chine