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06/05/2013

Nous avons marché sur l’eau !

J'interromps momentanément le récit de mon périple dans les Pyrénénes pour poster une note d'actualité et quelle actualité : en effet, ce n'est pas tous les jours que l'on marche sur l'eau !

 

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Hello ! Ce sont les vacances de printemps et nous revoilà donc, la bande des quatre, Carla, Emilie, Tom et, moi, Romain, que les fidèles lecteurs de mon papi connaissent bien, partis pour de nouvelles aventures sur les sentiers de Peyriac de Mer. Mon papi et Gibus, qui sont nos guides, nous ont assurés que nous allions marcher sur l’eau. Bien évidemment nous ne les avons pas pris au sérieux car on sait bien que la seule personne qui ait réussi à marcher sur l’eau depuis que la terre existe est un certain Jésus. Et encore personne n’a jamais été capable de nous montrer une photo prouvant que ce n’était pas une vantardise. 

 

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Mais on a été bluffés quand on a pris le départ de la balade car effectivement nous avons marché sur l’eau et sans même mouiller la semelle de nos souliers ! Respect  les papis ! qui, pour une fois, ne nous ont pas raconté des balivernes. Il faut dire que de coté là ils ne sont pas en manque d’imagination, leur esprit est aussi alerte que leurs - pourtant vieilles – gambettes. Nous sommes tous les quatre plutôt fiers d’avoir des « grands  géniteurs» aussi verts que le citron qui sert à agrémenter leur apéritif préféré !

 

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Papi et Gibus nous expliquent que nous marchons au bord d’anciens marais salants et que la petite cabane dans laquelle vous m’apercevez était celle du « Gabelou » (le douanier) qui prélevait une taxe sur chaque sac de sel récolté. Dommage que l’activité ait cessé car je me serais bien fait un peu d’argent de poche !

 

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Par endroits nous retrouvons la terre ferme et je suis étonné de voir que ma sœur, qui est une parisienne pur jus, accepte de suivre sans broncher Carla, qui elle vit dans les montagnes, à travers un champ d’herbes hautes peuplées de bestioles toutes plus avides les unes que les autres de vous piquer. Que ne ferait–on pas pour ne pas perdre la face vis à vis d’une « grande », n’est ce pas honorable soeurette !

 

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Nous reprenons un chemin sur pilotis et je dois dire que c’est assez enivrant de marcher ainsi au ras de l’eau. Ce n’est pas étonnant que l’on parle encore de Jésus deux mille ans après, parce que ça c’est un truc de « ouf » et je suis sûr que je vais faire rêver mes potes quand je vais leur raconter ça. Bon il faut peut être pas que je me vante trop auprès de mes copines parce qu’elles risquent de me demander de multiplier leurs pains au chocolat, un autre truc que Jésus savait faire paraît-il.

 

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Bon cela dit, vous avez intérêt à ne pas être du genre rêveur sur ces pilotis  car vous auriez vite fait de prendre une collation d’algues et de crevettes.  J’espérais bien que mon papi, qui a constamment l’oeil rivé à son appareil photo, tombe à l’eau mais il ne nous a pas fait ce plaisir. J’étais tenté, avec l’aide de Tom, de le pousser à l’improviste, mais son copain Gibus, qui doit lire dans nos pensées, nous surveillait de près. Avant de me juger pour cette intention désobligeante à l’égard de mon papi, il faut que vous sachiez que lui ne se gène pas pour me pousser dans sa piscine ! C’est un abus de faiblesse caractérisé !

 

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Arrivés au port du Mour, Tom et moi avons soudain envie de faire un tour en bateau mais le bateau à voile n’a pas de voile et ni Tom ni moi n’avons notre permis pour bateau à moteur. De toute façon vu que l’étang est un vrai miroir on se dit finalement cela ne présente pas beaucoup d’intérêt. Et nous faisons donc nôtre la sagesse du renard de ce cher Jean de la Fontaine :

 

« Certain Renard gascon, d'autres disent normand,

Mourant presque de faim, vit au haut  d'une treille

Des raisins mûrs apparemment ,

Et couverts d'une peau vermeille.

Le Galand  en eut fait volontiers un repas ;

Mais comme il n'y pouvait point atteindre :

Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.

Fit-il pas mieux que de se plaindre? » 


Comme vous le constatez bien qu’étant en CP nous avons des « lettres » !  Et que l'on ne nous dise pas que les enfants d'aujourd'hui avec leurs SMS ne parlent plus qu'en onomatopées ! D'abord Tom et moi n'avons pas encore de portable et on n'est donc pas contaminés !

  

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Nous quittons les abords des marais salants pour grimper en haut du Mour, colline qui domine le village de Peyriac de Mer. Tom et moi qui vivons dans des pays où le ciel est le plus souvent gris nous sommes heureux de voir autant de bleu dans l’eau et dans le ciel. On se verrait bien prendre notre retraite en de tels lieux mais bon je crois qu’il va nous falloir attendre encore un sacré bout de temps  au train où vont les choses..



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 L’avantage de notre petite taille  est que les modestes ophrys lutea (ophrys jaune) qui fleurissent à cette saison n’échappent pas à notre œil averti. La macule brunâtre qui orne l’un de leurs sépales  ressemble probablement à la femelle d’un insecte pour l’attirer et polliniser ainsi la fleur.

 


 

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L’heure tournant, nous nous mettons à la recherche d’un coin de pique-nique et nos appétits, creusés par la marche matinale, nous motivent, Tom et moi, qui n’avons aucune peine à semer nos « sherpas ». Ils ont, il est vrai,  l’obligeance de porter nos repas.

 

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L’endroit que nous trouvons n’a pas l’heur de plaire aux autres membres du groupe qui trouvent qu’il est trop exposé au vent et qu’il n’y a pas assez de places pour s’asseoir. Non mais ! On prend des initiatives et voilà comment on est remercié. Vous ne serez donc pas étonnés de la réponse que je leur ai faite et auquel vous avez droit en direct !

 

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Nous finissons par trouver un coin qui sied à tous et pendant que nous pique-niquons nous jouissons d’un spectacle 3D qu’aucun cinoche du monde ne nous offrira jamais. A quoi sert finalement de dépenser 500 millions de dollars dans le budget d’un film quand avec le prix d’une paire de grolles de randonnée vous pouvez avoir beaucoup mieux !

 

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Nous reprenons notre balade et passons devant des filets de pêche qui sèchent sur quelques perches de bois plantées dans l’étang alors que le village de Bages semble flotter au loin sur l’étang. Les gens qui habitent là doivent avoir le sentiment d’être toujours en croisière !

 

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Nos anciens étant fatigués nous leur accordons une pause car il faut bien qu’on les ménage vu qu’ils  vont assurer le repas du soir et que nous avons de nouveau une faim de loup ! Vous nous direz que nous aurions pu aussi bien nous en charger nous même, mais je crois que vu l'état dans lequel sont nos chambres ils ne sont pas près de nous laisser faire la cuisine, et à vrai dire ce n'est pas plus mal !

 

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Nous en profitons pour « botaniser » un peu  et nous tombons sur un magnifique groupe de Neotinea Lactea (orchis lacté) que nous nous gardons bien de cueillir, car les fleurs sauvages ça se regarde, ça ne se cueille pas si l’on veut que les autres en profitent  !

 

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Nous reprenons le chemin sur pilotis emprunté à l’aller, mais le reste du groupe traîne derrière et nous ne nous privons pas pour les houspiller et  les mettre en boite, juste retour des choses car nos papis ne sont pas les derniers à se moquer de nous quand l’occasion se présente.

 

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Par pure mansuétude, émanant de notre bon fond humain que la société n'a pas encore corrompu selon les dires de J.J. Rousseau, nous les laissons enfin tranquille et nous filons jusqu’aux voitures, connaissant le chemin du retour.

 

Si vous appréciez mon blog Eldorad'Oc je vous invite à suivre mon périple en Andalousie sur mon autre blog :

 

Texte Ulysse et Romain Photos Ulysse


 

06/07/2012

Il y a de l’or ! Où ça ? A Lauroux !

 

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Bon, ne vous emballez pas, l’or dont je parle c’est celui des genêts qui couvrent les flancs des collines et des monts du Haut Languedoc au mitan du printemps . A vrai dire c’est le seul qui m’intéresse car l’autre, l’or métal, rend généralement idiots ou fous les gens qui le touchent.

La semaine dernière je vous ai fait admirer ces fameux genêts sous la pluie et pour vous récompenser  de votre courage, je vous les fait  découvrir aujourd’hui sur les pentes ensoleillées - ce qui ajoute à leur splendeur – des monts qui dominent Lauroux. C’est au cœur de ce pittoresque village du Lodévois, point de départ de notre randonnée,  que la rivière du Laurounet et le ruisseau du Rouzet convergent pour rejoindre un peu plus loin celle de la Lergue. Ce qui fait que les Lauroussiens et les Lauroussiennes ne manquent pas d’eau, mais comme ils sont civilisés ils n’en mettent jamais dans leur vin !

 

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Quelques vignes s’accrochent sur les coteaux exposés au sud, extrayant de la pierre une maigre pitance qu’elles transformeront par magie en un divin nectar.

 

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Mais dans les environs de Lauroux, il y a d’autres trésors que l’or des genêts. On y trouve, en effet, de nombreuses orchidées tel cet orchis pyramidal dont les fleurs rose bonbon illuminent les frondaisons vertes des pentes les plus humides.



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 Parmi les orchidées de notre région, les plus fascinantes sont, sans conteste, celles du groupe des « ophrys » qui veut dire sourcil en grec et qui selon Pline l’Ancien  désignait une fleur  dont les grecques se servaient pour teindre leurs cheveux et leurs sourcils (source La Garrigue Grandeur Nature de Jean-Michel Renault).  Cet ophrys à poils soyeux installé au bord du chemin est un enchantement pour les yeux. La beauté dans la nature n’est pas le fruit du hasard, elle répond souvent au besoin de séduire pour perpétuer l’espèce, ici le but est d’attirer un insecte pollinisateur .

 

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Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car nous apercevons bientôt sous les arbres qui bordent le chemin  un vieil homme qui tient un enfant dans ses bras la tête posée sur son épaule. Nous lui demandons s’il a besoin d’aide mais il nous répond en nous remerciant qu’ils ne font que se reposer un instant. Il nous informe qu’il est berger et qu’avec son petit-fils ils sont à la recherche d’une brebis égarée. Quelle merveilleuse région que la nôtre où les petits enfants courent avec leurs grands parents dans la montagne ! Leur sort est plus enviable que celui des petits citadins branchés de toutes parts et qui passent leurs journées de loisir à dégommer des soldats ennemis sur des consoles vidéo. Leur souhaitant bonne chance dans leur quête, nous reprenons notre chemin.

 

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Parvenus sur le plateau de l’Escandorgue, un splendide spectacle s’offre à nos yeux: les prairies sont couvertes de Cheveux d’Ange - que les botanistes nomment Stipes à feuilles pennées -  qui ondulent sous le vent et d’où émergent les rochers ruiniformes  qui ressemblent à des récifs  battus par une mer d’argent.

 

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Dans quelques jours les tiges de duvet blanc de ces stipes friseront  et les prairies paraîtront alors couvertes de troupeaux de moutons.

  

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En amorçant la descente vers le cirque de Labeil nous pénétrons dans une zone humide et protégée des vents du nord ou prospère une magnifique forêt de hêtres et diverses autres essences aquaphiles . Comme quoi des « êtres » respectables peuvent aimer l’eau !

 

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La forêt est tellement dense que les branches de certains arbres s’allongent démesurément pour aller chercher le soleil.

 

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La randonnée n’est pas une activité sans risque même sur des chemins réputés faciles comme en témoigne ce rocher tombé cet hiver de la falaise lors d'un violent orage et qui s’est planté en plein milieu du chemin. Nous avons soigneusement inspecté les lieux, mais apparemment il n’y avait pas de randonneur coincé en dessous !

 

 

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Nous en trouvons un second un peu plus loin et nous regardons avec inquiétude au dessus de nos têtes ayant à l’esprit le dicton « jamais deux sans trois ». Mais heureusement pour cette fois ci le ciel ne nous tombe pas sur la tête !

 

 

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Mais pour vous montrer combien l'hiver a été "chaud" dans le secteur, j'ajoute  à mon reportage la photo d'un ami qui montre les dégâts causés par un autre rocher sur  la route qui monte sur l'Escandorgue. Mieux vaut ne pas rouler chez nous quand il y a un orage !


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Mais revenons à notre périple où par endroits la forêt prend des allures tropicales. Gibus et moi  croyons être  revenus à Karukera (voir mon autre blog PIQUESEL).

 

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Ici les morts nourrissent les vivants dans un cycle perpétuel, spectacle propre à apaiser nos propres angoisses car  la mort nous apparaît alors comme la face cachée de la vie et non comme  sa terminaison.

 

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Je vous confirme que vous êtes bien quelque part dans l’Hérault et non pas au coeur de l’Amazonie. Pour la destination de vos prochaines vacances, si vous cherchez le dépaysement,  pensez y !

 

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Le chemin sort bientôt de cette forêt humide pour nous ramener en pente douce vers Lauroux.

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une D. Delorme)