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30/05/2015

Triplette de sommets dans le Castillonnais (1ère partie)- (Reprise d'archive)

 

casti ariège,ours,crabère,lac d'airaing

Mes jeunes années ne courent pas dans la montagne comme le chantait   Charles, vu que j’étais un petit citadin malingre et souffreteux que couvait sa maman poule. Mais je me suis bien rattrapé depuis et je peux vous dire que mes vieilles années, elles, ne font pas que courir dans la montagne, elles y volent dès que la météo le permet. Et, comme vous le savez, elles n’y volent pas seules car celles de mon ami Gibus, qui a eu la chance de naître au cœur des montagnes, toujours les accompagnent. A vrai dire, pour nous la montagne est une cure de jouvence et il n’est pas rare que l’on y croise  des jeunots qu’on laisse derrière nous dans les côtes et ça, croyez nous, ça fait rudement plaisir ! Nul n’est parfait, n’est ce pas !

Pour célébrer l’arrivée de l’été, Gibus et moi avons institué une tradition qui est de se faire une triplette de sommets  au cours d’une même journée. C’est en quelque sorte l’occasion pour nous de passer un contrôle technique et de vérifier que le moment n'est pas encore venu d’échanger nos grolles de randonnée contre des charentaises. Cette année nous avons choisi de gravir des sommets du Castillonnais au cœur des Pyrénées ariégeoises  à partir du refuge de l’étang  d’Araing. Jean-Pierre, un ami de Gibus et montagnard alpin nous accompagne, car il est désireux de découvrir les Pyrénées qui sont, entre nous soit-dit, bien plus sauvages et authentiques que les Alpes défigurées par les méga-stations de ski.

 

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Nous partons de Frechendech à 750 mètres d’altitude pour rejoindre le refuge de l’étang d’Araing situé à 1965 mètres soit presque 1200 mètres de dénivelé, ce qui, avec un sac à dos d’une douzaine de kilos, est une vraie promenade de santé !  L’expérience d’un montagnard  s’apprécie au demeurant au contenu de son sac.  Si l’on y trouve une couverture de survie, une brosse à dent dont le manche a été coupé en deux – chaque gramme compte – ainsi qu’une paire de boules « kiès », on a affaire à un(e) expert(e) (vous comprendrez pourquoi après). Par contre si l’on y découvre une paire de chaussons, un flacon de parfum ou une bombe de laque  c’est manifestement le sac d’un amateur ou d’une amatrice !

 

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Nous arrivons  sur le plateau d’Illau où s’ébattent de belles blondes et de belles rousses. Appréciant tous trois la compagnie féminine nous décidons d’y pique-niquer et d’y faire  ensuite une courte sieste au soleil histoire de recharger nos batteries.

 

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Puis nous reprenons notre ascension, l’altitude atténuant la chaleur des rayons du soleil ardent. Nous sommes agréablement surpris par la météo extrêmement clémente car l’Ariège, pays vert  chlorophylle, est réputé pour  être un brin « humide». Quand je dis un brin, c’est pour ne pas me fâcher avec les ariégeois, gens généralement charmants, sauf bien sûr ceux qui veulent la peau de l’ours ! Il y a heureusement des bergers favorables à la cohabitation avec l’ours et qui dénoncent la pratique des éleveurs qui ont une vision purement économique de la nature et pour qui les moutons - qu’ils  laissent d’ailleurs souvent vaquer sans protection sur les estives  alors qu’ils sont avachis dans un canapé devant leur téloche - sont de simples bêtes à prime.

 

 

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Après trois heures d’ascension nous arrivons enfin au refuge qui fait face à un magnifique cirque que domine le Pic de Serre Haute (2712m) au centre de la photo, encadré par le Pic de Crabère (2629m) à droite de la photo et le Pic de l’Har (2424m) sur la gauche.  Ce sont là nos trois objectifs pour le lendemain.

  

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Le refuge surplombe le lac d’Airaing dont les eaux vert émeraude reflètent les névés qui émaillent les flancs du cirque, formant une étonnante bande de fantômes aquatiques

 

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La lente fonte de ces névés charge l’air de vapeur d’eau qui se condense en atteignant les couches plus froides de l’atmosphère, nous offrant un magnifique ballet céleste de nuages .

 

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On a peine à croire que ces grosses boules de coton qui flottent comme des ballons dans le ciel peuvent peser jusqu’à un million de tonnes !

 

 

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Assis sur la terrasse du refuge en compagnie de Heine et Kein, de sympathiques blondes nordiques, nous nous remettons de nos efforts de l’ascension en contemplant ce spectacle sans cesse changeant.

 

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L’eau est assurément un élément qui suscite l’émerveillement :   elle existe sous forme liquide, gazeuse, nuageuse, neigeuse et solide lorsqu’elle gèle. Elle représente environ 60 % du poids d’un adulte soit 42 litres d’eau chez un homme de 70 kilos. Dans le cerveau la proportion atteint 80% et l’on comprend mieux pourquoi on a souvent des pensées vaporeuses !  Pour en revenir au 42 litres d’eau que contiendrait  mon corps, je suis vraiment surpris car je ne me souviens pas avoir bu toute cette eau là !

 

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Si vous n'avez jamais été dans un refuge, j'espère que ce spectacle vous convaincra du bonheur qu’il y a à passer quelques jours et quelques nuits en haute montagne, là où l’homme peut, comme l’oiseau, caresser  les nuages !

 

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Mais délaissant pour un temps ce fabuleux spectacle, nous nous penchons sur la carte IGN pour préparer notre périple du lendemain. La principale difficulté sera de rejoindre le Pic de Serre Haute après avoir gravi le Pic de Crabère, car il n’y a pas de sentier et il faut s’orienter à vue en évitant les barres rocheuse et les névés trop pentus (nous n’avons ni crampons, ni piolets). Nous demandons conseil au gardien du refuge qui nous fournit quelques repères .

 

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L’heure tournant et celle du dîner approchant nous ne sommes pas – comme vous pouvez le constater - les derniers à nous rendre à la salle à manger, lieu le plus agréable des refuges et où s’exprime la convivialité naturelle qui existe au sein de la confrérie des randonneurs. Ici s’échangent les récits de périples,  les expériences enivrantes, drôles ou parfois dramatiques vécues par chacun. Et les quelques bouteilles de divin nectar que vous pouvez apercevoir vous montre, s’il en était besoin,  que l’eau n’est pas le breuvage préféré des vrai montagnards !

 

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Après le dîner, nous allons contempler le fabuleux tiré de rideau vespéral qui va peu à peu faire disparaître les sommets environnants dans la  gueule de la nuit.

 

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Les efforts du jour et la perspective d’un lever matinal nous incitent à aller nous coucher tôt, d’autant que le sommeil profond  est une chose rare dans les refuges car l’intimité n’est généralement pas de mise et la confrérie des randonneurs comporte une proportion importante de ronfleurs ! Mais bien sûr  chacun prétend ne pas ronfler, ce sont toujours les autres. C’est pourquoi les randonneurs expérimentés ont toujours des boules « kiès » dans leur sac .

 

A suivre…

 
Mon premier single "Bidochon dream" est sorti sur les plateformes de musique numérique, vous pouvez le télécharger notamment  sur Deezer  (cliquez sur le nom) ou AMAZON (cliquez sur le nom) ou encore I Tunes. Si vous allez sur Deezer même si vous ne téléchargez pas la musique mais que vous l'appréciez, cela me ferait plaisir que vous cliquiez sur la rubrique "fan" .
 
 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une prise par  Jean Pierre)

01/12/2014

Crapahut vers le Montahut (1053m)

Chères lectrices, chers lecteurs, 

les intempéries ne m'ayant pas permis d'aller arpenter mes chères montagnes, je remets une note tirée de mes archives en vous invitant à vous rendre, si vous recherchez de l'inédit, sur mon blog

PIQUESEL

où j'ai posté la deuxième partie de ma visite "décoiffante" à Paris ....

 

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Crapahut ! voilà un mot comme je les aime : plein de « mâche » comme un vin tannique, tonitruant, rocailleux.  Sans le connaître, on en devine le sens : marcher en terrain difficile ! Le « cra » est là qui rappelle le bruit de nos (hélas !) déjà vieilles articulations, le « pas » s’impose puisque l’on marche et le « hut » sonne comme cette interjection lancée aux chevaux (de retour pour ce qui me concerne ! ) pour les faire avancer .

Quand on dit que l’on va crapahuter on ne va pas flâner ni baguenauder . Ces mots en « n » évoquent la nonchalance, l’allure d’un sénateur (mot qui commence au demeurant comme « sénile » et finit comme « profiteur »).

Mon ami Gibus et moi avions donc décidé de jour là d’aller crapahuter vers le Montahut  en partant de Mons la Trivalle et en passant par le Bardou, les Bourdils, le mont Gros  et la chapelle de St Martin du Froid soit environ 25km et 1300m de dénivelé cumulé.

A Mons la Trivalle, un chat que les premiers rayons du soleil vient de réveiller, nous regarde passer d’un air intrigué, les gens du cru n’ayant pas l’habitude de monter les rues pentues du village en caracolant, même quand il y a  la promesse d’un pastis au bout !

 

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De toute façon vu la sécheresse qui affecte le midi et dont témoigne le défunt torrent du Bardou qui alimente en temps normal le lac d’Airette, il va bientôt falloir faire une croix sur les glaçons et boire son pastis pur !

Espérons aussi que la raison (mais ne nous a-t-elle pas depuis longtemps quittés ?) nous conduira à bannir la culture du maïs et l’arrosage des pelouses et des ronds points dans nos régions, arrosage qui profite d’ailleurs généralement au bitume des chaussées environnantes, quand l’eau ne s’évapore pas avant de toucher le sol !

 

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Nous suivons un moment le fil séculaire d’antiques chemins de pierres qui font mon admiration. Les derniers survivants des chataîgneraies, dont les hommes autrefois tiraient nourriture et bois de charpente ou de marine, les abritent de leur ombre. Mais ces chataîgneraies sont aujourd’hui abandonnées et seront peu à peu remplacées, pour des raisons de rentabilité, par des pins tueurs de biodiversité. Notre logique comptable qui ignore la richesse du vivant et méprise l’humain envahit et détruit peu à peu le monde naturel.

 

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Nous parcourons les flancs du Mont Gros aujourd’hui envahis par les genets et les bruyères qui prolifèrent depuis la disparition des troupeaux de moutons qui abondaient autrefois en ces lieux. Ne subsiste qu’une brebis égarée qui, dressée sur ses pattes arrières, cherche désespérément des yeux son berger. En ces temps complexes et menaçants  les hommes déboussolés ne cherchent ils pas aussi des bergers qui leur promettent la sécurité. Prenons garde à ne pas choisir un jour , comme l’ont maintes fois fait nos ancêtres,  des loups déguisés en bergers.

 

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Parvenus au col de Landres, nous  contemplons le corps tourmenté de notre  Terre Mère  couvert d’une ombre bleutée qui gomme toute présence humaine.  C’est à la fois apaisant et exaltant de pouvoir contempler un monde en apparence vierge et sauvage. Cela réveille en nous un émerveillement venu du fonds des ages quand l’homme  en migrant découvrait peu à peu la planète et explorait des mondes inconnus. 

Nous avons besoin de conserver de vastes zones sauvages et naturelles pour pouvoir nourrir notre imaginaire, et satisfaire notre goût du mystère. Nous avons besoin de savoir qu’une partie du monde est encore libre et échappe à notre contrôle, que les ours , les loups, les mouflons, les éléphants, les tigres ont des espaces où ils peuvent évoluer en toute liberté. Car cette image de liberté qu’ils nous donnent est un antidote contre la tentation d’un monde insidieusement totalitaire centre-commercialisé, anti-dépresseuré, vidéo-surveillé, face-booké, dechavanisés, assurancetous-risquisé où nous évoluerons comme des  zombies lobotomisés.

 

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Un vieillard au visage buriné par la pluie, le gel, le soleil et le vent nous salue au passage, heureux de voir des humains en ces lieux isolés. Il nous  raconte qu’il a été berger  de Chavardès, un hameau en ruine situé plus avant sur le chemin et qu’à sa mort moyennant la livraison à Saint Pierre de 50kg de Pélardons et de 50litres de Faugères il a obtenu de pouvoir passer son éternité là où il a vécu, mais en étant condamné à l’immobilité, afin de ne pas aller troubler les vivants.

«  Certes  l’immobilité me pèse un peu » nous avoue-t-il « mais je suis en plein air et le paysage ici est tellement beau, alors qu’au paradis ça sent l’encens et la naphtaline car ils gardent les portes toujours fermées à cause des courants d’air et des resquilleurs ».

 

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Poursuivant notre route, nous longeons les contreforts du Montahut dont les cotes saillantes émergent d’une toison d’arbres qui commencent lentement à se parer de zébrures oranges sous les premières morsures des nuits fraîches de l’automne.

 

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Nous voilà au hameau en ruine de Chavardès où vécut notre berger rencontré un instant plus tôt. Le four à pain ouvre sa gueule noire qui n’a plus vu de feu depuis bien des lunes.  Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines alors que nos vies nomades qui vagabondent de cube de béton en cube de béton ne laisseront aucun signe de notre passage.

 

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De fait, notre société hyper moderne et nomade est fascinée par les   ruines antiques qui sont comme un fil auquel elle s’accroche pour ne pas sombrer dans le vide.

 

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Ayant franchi le col de Montahut, nous apercevons le roc d’Ourliades (1020m) qui semble nous mettre au défi de le grimper. Mais n’ayant pas 50Kg de Pélardons ni 50 litres de Faugères à livrer à Saint Pierre nous préférons nous abstenir ( j’ai horreur de l’odeur d’encens et je laisse toujours mes fenêtres ouvertes)

 

 

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Nous franchissons le col d’Ourliades gardé par une sorcière perchée sur son rocher qui nous laisse passer à condition de lui citer cinq vins portant le nom de saints, ce qui n’est pour nous qu’une simple formalité. 

 

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Mais qu’en aurait-il été pour vous chères lectrices ou lecteurs ? J’attends vos réponses dans les commentaires.

 

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Et soudain, le sommet du Montahut se révèle à nos yeux, occupé, oh sublime surprise  par un couple de jeunes mouflons et leur petit ! Constatant que nous ne sommes pas armés de fusils, ces phallus de substitution qu’arborent les nemrods pour se consoler du deuil  de leur virilité, les mouflons se laissent un instant admirer.

 

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Puis lentement ils se retirent pour nous laisser la place, la femelle traînant derrière à l’insu de son mari et restant perchée sur un rocher pour nous contempler, sans doute admirative de la belle taille de nos mollets .

 

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Nous en sommes émoustillés. Il faut dire que nous n’avons plus l’habitude que des regards « féminins » admiratifs se posent sur nous !

 

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La belle mouflonne partie, nous accédons au sommet, ajoutant le Montahut à notre collection de pics, de piochs, de monts, de rocs qui ont vu la semelle de nos godillots.

 

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Ayant entendu certaines de mes lectrices émettre des murmures dubitatifs à la lecture du passage relatif à la beauté de nos mollets, je vous livre en exclusivité une vue de ceux de mon ami Gibus en plein action et qui je pense vous convaincront. Certes les miens sont un peu moins musclés, mais j’ai l’excuse de ne pas être marathonien.

 

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D’ailleurs, au détour d’une piste qui traverse les Bourdils nous avons la surprise d’apercevoir de nouveau notre mouflonne qui, encore sous le charme, nous a suivis. Mais son époux jaloux la rappelle à l’ordre et elle nous quitte à regret. J’espère chères lectrices que vos maris ne font pas de même quand vous passez trop de temps à lire mon blog.

 

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Nous passons près de la chapelle de St martin du Froid qui domine le vallon de la Bayssière  et plongeons à pieds joints dans le vallon

 

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Il suffit alors de se laisser entraîner par la pente en se méfiant des cailloux du chemin qui en ont un peu marre de se faire marcher dessus et roulent traîtreusement sous vos pas . Mais  qui peut leur en vouloir ! Je suppose que quand on vous marche sur un pied, vous ne tendez pas l’autre ! 

 

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Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

 

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Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : montahut, caroux, mouflon, ours

04/11/2014

Où va-t-on aujourd'hui papi ? Sur le Caroux pardi !!!

 

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Un grand soleil était annoncé sur le massif du Haut Languedoc en ce jeudi 30 octobre, la fin des vacances était proche et à mes petits loups qui me demandaient « Où va-t-on aujourd’hui papi ? » je répondis « Sur le Caroux pardi ! ». Car aussi sûrement que je ne mettrai jamais d’eau dans mon vin, ni de glaçon dans mon Ti-Punch (crime puni de 40 jours d’abstinence !) il ne peut se passer de vacances sans que l’on aille rende visite à la mère des Montagnes. Je dis  « mère des montagnes » car le Caroux est, de fait, la plus vieille montagne du monde, puisqu’elle est composée pour partie du socle du massif hercynien né il y a 500 millions d’années  et qui, dans sa prime jeunesse, était aussi haut que l’Himalaya !

Pour la circonstance, mes petits loups - Emilie et Romain - ont le renfort de petits enfants - Laetitia, Alex, Colin et Max - d’un couple d’amis auxquels nous allons faire découvrir les beautés de cette antique et rude montagne.

 

 

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Antique et rude elle l’est assurément, car ses vieux os affleurent sous sa maigre tignasse de bruyère roussie par les premiers froids de l’automne. A ceux de mes lecteurs qui, comme moi,  croient encore aux farfadets, lutins, elfes (ils sont nombreux je pense)  et savent voir les merveilles du monde, il n’aura pas échappé qu’un mouton s’est assoupi dans cet amas de rochers, recourant à un parfait mimétisme pour échapper aux éventuels prédateurs (chien errant ou chasseur bredouille) qui passeraient par là.

 

 

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L’un des attraits de la montagne est qu’elle vous ouvre des horizons infinis qui happent nos esprits et âmes, restreints par les espaces bornés des campagnes et des villes. Il est difficile alors de ne pas courir emportés par cette irrésistible attraction et envahis du sentiment que l’on va pouvoir s’envoler.

 

 

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La vallée du Jaur et de l’Orb que domine le massif du Caroux est envahie par une mer de nuages qui semble prête à engloutir les collines environnantes.

 

 

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Emergeant de cette immense nappe de crème chantilly, on aperçoit dans le lointain le Seigneur du Roussillon, El canigo , dont j’ai eu le plaisir de gratter la couenne avec mes semelles il y a quelques années et je compte bien recommencer.

N.B Ceux qui seraient intéressés par le récit de mon ascension peuvent cliquer ICI

 

 

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La montagne nous apprend l’humilité en réduisant les constructions humaines, quelque soit leur arrogance et prétention, à  des jouets de poupée. Nos maisons deviennent ainsi  des morceaux  de sucre et les usines, des boites d’allumette.

 

 

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Alors que nous sommes condamnés par la pesanteur à la simple contemplation de ces espaces infinis, l’oiseau révèle ici sa supériorité en s’en rendant maître par d’infimes coups d’aile.

 

 

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Mais revenons à El Canigo qui mérite bien qu’on lui manifeste un peu de dévotion vu qu’étant farci de fer il sert de paratonnerre à toute la région. Il faut d’ailleurs éviter d’y grimper par temps orageux. De ses 2784 mètres il domine la plaine du Roussillon et est visible à plusieurs centaines de kilomètres de là. Vous pouvez le découvrir dans toute sa majesté sur le magnifique blog photos de Bruno Carrias qui depuis la Provence où il vit l’a souvent dans sa ligne de mire !

 

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La beauté du Caroux  doit beaucoup à la diversité des paysages qu’il comporte sur un espace relativement restreint. Outre des gorges profondes, des a-pics vertigineux, des landes à genêts et bruyères, des vallons recouverts de fougères, une vaste tourbière où prospère des plantes carnivores, on y trouve des hêtraies, des forêts de chênes verts et des pinèdes dont certains sujets sont séculaires. Mais les pins ont tendance à coloniser les autres espaces, comme je le constate depuis dix ans que je parcours les sentiers du Caroux,  ce qui à terme appauvrira ce magnifique patchwork d’écosystèmes et réduira la biodiversité.   Il serait bien que l’O.N.F se préoccupe de ce problème.

 

 

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Pendant la pause pique-nique nos petits loups se font une joie de nous prouver leur agilité et surtout d’affirmer leur autonomie en  prenant possession des rochers environnants. Ce désir d’aventure et d’exploration est inscrit dans les gènes de l’humanité et ce ne sont pas les jeux vidéos et leurs ersatz d’aventures  débiles  ou mortifères qui peuvent nourrir l’imaginaire de nos enfants et les préparer au monde de demain.

 

 

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Le moindre bâton de marche ramassé au bord du chemin vaut mieux que la baguette magique des sorciers d’Harry Potter car ce bâton là met à vos pieds une galaxie de monts bleutés.

 

 

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Et mille merveilles nous attendent au bord du chemin, comme cet aigle qui se repose dans son nid pour jouir paisiblement de ce sublime panorama sans être autrement inquiété par notre présence. Il sait que les humains qui s’aventurent ici sont respectueux de la nature et éprouvent un sentiment de fraternité avec les autres êtres qui partagent cette planète. Qui veut tuer le loup ou l’ours pour sauver ses moutons ne comprend rien à l’âme du monde.

 

 

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Les kilomètres ainsi défilent sans que personne ne bronche et pour cause : qui peut  être las ou s’ennuyer quand une telle beauté nous entoure ?

 

 

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Nous approchons du sommet du Caroux  matérialisé par un gros cairn dont la vue à chaque fois me transporte du fait des heureux souvenirs  qu’il fait naître en ma mémoire.

 

 

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De là, la vue est fabuleuse vers l’est sur le mont Ventoux et vers l’ouest  sur la montagne Noire, dont on aperçoit dans la brume  le pylone qui domine le Pic de Nore. J’ai aussi gravi ce « Pic » qui est aussi pointu que le ventre d’un sénateur et j’en ai fait un récit un brin moqueur ICI.

 

 

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Vers le sud, El Canigo est presque submergé par la mer de nuages qui, au fil des heures, sous l’effet des courants d’air chaud ascendants,  a débordé de la vallée où elle a pris naissance.

 

 

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Mais le soleil déclinant rapidement, il est temps d’entamer à regret la descente vers le hameau de Douch d’où nous sommes partis.

 

 

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Dans le soleil rasant, la canopée de certains arbres ressemblent à des îles d’or dans un océan vert bouteille, couleur que j’affectionne particulièrement comme mes fidèles lecteurs  le savent.

 

 

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Nous arrivons enfin en vue du hameau de Douch qui commence à être englouti par l’ombre portée des monts environnants. Dans un couple d’heures ce village, que ne pollue aucune source lumineuse humaine, s’endormira sous la vaste bannière étoilée du ciel languedocien. Les mouflons, les renards, les sangliers et autres mammifère sortiront  alors de leurs cachettes dans les espaces environnants et reprendront possession de ce magnifique royaume dont nous les avons pour quelques heures dépossédés. Nous leur en demandons humblement pardon !

 

PS : Au cours de cette balade j’ai croisé l’un de mes lecteurs qui m’a spontanément reconnu et salué en me remerciant de partager ainsi mes aventures. J’ai été très touché par son geste et ses propos qui m’encouragent à poursuivre ce partage malgré la lassitude qui parfois me gagne par crainte de « radoter ». Je  le salue à mon tour chaleureusement et lui souhaite bon vent en espérant pouvoir un jour de nouveau le croiser.

 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Gaïa Blues" (nouvelle version pour ceux qui la connaissent déjà)

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Texte & Photos Ulysse

 

 

09:45 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : caroux, douch, mouflon, loup, ours

29/07/2012

Première nuit en refuge - Fin : Secret de famille !


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Quand on annonce que l’on va dormir dans un refuge, c’est une façon de parler. De fait, on devrait plutôt dire que l’on va « passer » la nuit dans un refuge, car ce genre d’endroit n’est vraiment pas recommandé pour faire une cure de sommeil. Entre le concert de sonorités nasales et autres bruits physiologiques et le hurlement du vent qui tente d’arracher le refuge à la montagne, on a tout juste droit à quelques pointillés de sommeil au cours d’une nuit qui vous paraît interminable. Autant dire qu‘au moment du lever on n’est pas à son avantage et même ma sœur Emilie, que je trouve d’habitude plutôt jolie, ressemble à la sorcière du conte de Blanche Neige !

 

 

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Ceci dit, sans fausse modestie, moi je trouve que je m’en sors pas trop mal, mais je pense que c’est grâce à ma cure de fraises Tagada qui me donne un teint frais quelque soient les circonstances.

 

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A 7h30 on se retrouve tous pour le petit-déjeuner qui est absolument indispensable si l’on veut pouvoir redescendre les 600 mètres de dénivelé que l’on a grimpés hier, afin de retrouver nos véhicules qui nous ramèneront jusqu’à nos pénates, où l’on pourra enfin dormir !

 

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Je ne peux pas m’empêcher de vous montrer la bobinette ravie de ma soeurette chérie qui est privée de Nutella et qui contemple avec effarement un sachet de thé  - probablement récolté du temps des romains -  « trempouiller » dans son bol.


 

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Du coté des haut-savoyards les mines sont plus réjouies car ils ont l’expérience de la montagne et de la rusticité de ses traditions. Finalement je ne comprends pas pourquoi les gens tiennent tant à vivre dans les grandes villes polluées et tristes, où les gens vous marchent tout le temps sur les pieds, surtout sur ceux des petits comme moi ! C’est décidé quand je serai grand, je serai gardien de refuge, à condition bien sûr que je puisse disposer d’un stock de fraises « Tagada ».

 

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Nous voilà prêts pour le départ. Le mouton mascotte du refuge vient nous dire au revoir et je me dis que je m’en servirai bien comme monture pour redescendre. Le problème est que je ne vois pas ce que j’en ferais après car je ne suis pas sûr que maman et papa  acceptent que je le recueille dans ma chambre avec mes doudous.

 

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Pour prouver que ma petite faiblesse à la montée n’était que passagère je prends la tête du groupe avec Gibus. Je trouve que j’ai un sacré mérite vu la différence de longueur de jambes !


 

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Je n’ai pas encore beaucoup voyagé dans le monde mais le paysage qui s’offre à mes yeux est le plus beau que j’ai pu contempler. Mes grands parents ont vraiment de la chance de pouvoir se balader quand ils veulent dans ces montagnes. Finalement quand je serai grand je serai président de la République et je ferai voter une loi qui avancera l’âge de la retraite à 20 ans .

 

fraise tagada,ours,ruhle

J’accélère le pas car j’aperçois l’ombre d’un ours qui est quasiment sur nos talons et qui semble sur le point de sauter sur ma sœur inconsciente du danger. Mais mon papy m’assure que les ours de Pyrénées sont aussi inoffensifs pour les hommes que mes doudous et que celui-ci nous suit par simple curiosité. Certes, me dit-il, ils croquent de temps en temps un mouton, mais il s’agit de pauvres moutons abandonnés par ceux qui sont censés les garder. A vrai dire je suis un peu comme les ours car si les fraises Tagada ne sont pas gardées et bien je les mange !

 

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Ceux qui s’imaginent que les descentes sont plus fastoches que les montées se trompent lourdement, car les chemins sont malheureusement couverts de cailloux qui prennent un malin plaisir à rouler sous vos pieds pour vous faire tomber cul par dessus tête. Et quand votre cul passe par dessus votre tête, je peux vous dire que ça fait mal !


 

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Les plus petits cailloux sont les plus facétieux car ils s’insinuent dans vos chaussures dans l’espoir de voyager gratis. Mon papa en sait quelque chose qui a dû jouer les flamant-rose pour se débarrasser de l’un d’entre eux. 

 

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Pendant que je regardais papa enlever le caillou de sa chaussure, Gibus et Tom ont pris de l’avance et je dois accélérer le pas pour les rattraper car je ne veux pas que Tom aille ensuite raconter à ses copains que les petits parigots sont des mauviettes.


 

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Au moment où je les rejoins Gibus a la bonne idée de proposer une pause près de la cabane de berger de Garsan, ce qui me réjouit secrètement car cet effort m’a essoufflé. Tom qui a vu que j'avais quelques difficultés vient vers moi pour m'encourager. Il me confie que sa forme est dûe à un secret de famille jalousement gardé qu' il veut bien me révéler à condition que je le garde pour moi. "Tu sais" me dit-il "l'exceptionnelle condition physique des savoyards est dûe à la consommation quotidienne de reblochon fermier depuis notre plus tendre enfance. Ce fromage étant fabriqué avec du lait provenant de vaches broutant dans les alpages donne des ailes à ceux qui en consomment régulièrement". C'est vrai que j'ai promis de le répéter à personne mais je le dirai quand même à mon papy qui saura enfin pourquoi Gibus est toujours devant lui quand ils vont sur les sommets !

 

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Papy tient à nous prendre en photo avec nos frangines, ce qui ne nous réjouit pas Tom et moi car on était plutôt heureux de ne pas les avoir pour une fois sur le dos. Je peux vous dire que ce n’est pas un avantage d’avoir une grande sœur car c’est comme ci on avait deux mamans, Emilie se croyant autorisée à me donner des ordres et à me houspiller. La différence est que ma vraie maman après m’avoir grondé me fait des bisous, ce qui n’est pas le cas de ma frangine !

 

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Désireux d’épater Tom le savoyard et de lui montrer que les petits parisiens ont de la ressource même s'ils ne mangent pas tous les jours du  reblochon fermier,  j’enfile les bretelles du sac de mon papy dont il s’est débarrassé le temps de la pause. Tentant de me redresser je sens qu’il  reste scotché comme un huître au rocher sur lequel il est posé. Heureusement mon papy vient à mon secours en réclamant son sac à dos sous le prétexte que c’est un objet qui, comme les  brosses à dents, ne se prête pas. Mon honorable papy me sauve ainsi la face et je lui en suis reconnaissant. S’il me demande de lui céder une fraise Tagada, sûr que je ne refuserai pas !


 

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Dès que Gibus et papy donnent le signal du départ je me précipite en tête et prend vite le large. C’est pour moi une question vitale d’amour propre et d’estime de soi. Je veux pouvoir me raser dans la glace le matin (du moins faire semblant comme papa) et me dire "Romain t’es pas un traîne savates, je suis fier de toi". Bon maman vous dira que ça ne m’empêche pas de laisser traîner mes savates partout !

 

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Mais je ne me balade pas pour autant comme un valise et je prends le temps d’admirer le paysage qui est de toute beauté. Je comprends Gibus et mon papy qui aiment grimper là haut seuls sur les cimes ou personne  ne vient les embêter pour leur dire de pas faire et de pas faire ça et patati et patata…

 

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Et c’est vrai que la randonnée en montagne nous apaise et nous rend serein. Même Carla et Emilie finissent par nous oublier pour se réfugier dans leurs pensées. Finalement j’aimerais bien que nous passions  toutes nos vacances en montagne.

 

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Et puis la montagne nous apprend la patience. Mon papy m’explique qu’il a fallut des millions d’années pour que la pluie, le gel et le vent fendent ce rocher en deux. Bon cela dit j’espère que je n’attendrai pas aussi longtemps pour avoir le costume de chevalier dont je rêve.


 

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Nous suivons bientôt le cours du torrent de l'Aston qui alimente le lac du Leparan auprès duquel nous avons garé nos voitures. C’est avec regret que nous voyons le terme de notre périple approcher.


 

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Nous posons pour une dernière photo afin d’immortaliser ces moments mémorables de notre jeune existence : notre premier périple avec une nuit passée dans un refuge de montagne !

 

Texte & Photos Ulysse

08:26 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : fraise tagada, ours, ruhle