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05/08/2017

Avec les petits loups aux Canissals

 

layrac,canissals,papillon

J'ai de la chance : mes enfants et petits enfants sont tous des fans de la marche, ce qui fait que le programme des vacances se résume pour l’essentiel à mettre un pied devant l’autre. Cela paraît basique mais ce simple geste infiniment répété est une source de joies et de récompenses à nulle autre pareille ! Il permet d’accéder à un monde étrange peuplé d’êtres étonnants  que les bipèdes qui jouent les hot-dogs sur les plages ne soupçonnent pas : fleurs, arbres, papillons, abeilles, cigales et parfois, lièvres, renards, chevreuils mouflons, sangliers.   Un monde fou vous dis-je ! Aujourd’hui nous partons donc avec les petits loups à la découverte des Canissals, zone montueuse du parc régional des Hautes Causses, en empruntant une antique draille bordée de hêtres multiséculaires.

 

layrac,canissals,papillon

Après un superbe parcours forestier, nous abordons l’ascension des Canissals, grosses collines qui prolongent vers l’Est le massif du Marcou (1081m) l’un des plus hauts sommets du Languedoc. L’ascension est rendue difficile par le sol instable miné par des trous entre les mottes herbeuses.

 

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Mais le panorama qui s’ouvre au sommet sur le parc des Hautes Causses nous récompense de nos efforts et les Petits Loups, grâce à la vivacité de leurs gambettes mais aussi à la légèreté de leur sac à dos, en sont les premiers ravis. C’est à chaque fois un émerveillement de contempler d’une hauteur, qui donne à notre vison de l’ampleur et de la perspective, un bout de notre chère planète. Ici l’homme a su conjuguer l’aspect créatif de son génie aux beautés naturelles de Gaïa, créant un heureux patchwork de nature vierge et domestiquée. J’aime la nature pleinement sauvage et austère des hautes montagnes mais j’aime aussi l’aspect bucolique de la nature partiellement cultivée.

 

 

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Puis vient le bonheur de la descente surtout pour les petits loups qui se sentent pousser des ailes et dévalent les pentes herbeuses aussi vite que le feraient de jeunes mouflons.

 

layrac,canissals,papillon

Voici une photo qui nous prouve qu’effectivement le bonheur est dans le pré ! Heureux ceux qui peuvent le vérifier et ce n’est pas trop difficile : il suffit d’aimer et de pouvoir pratiquer la marche à pied !

 

layrac,canissals,papillon

Nous arrivons au col de Thalis où nous avons prévu de pique-niquer. La toison d’or d’un champ de blés témoigne que nous sommes au cœur de l’été. La végétation ne connaît plus l’effervescence du printemps et pour peu que les nuages soient immobiles on a le sentiment que le temps s’est arrêté.

 

layrac,canissals,papillon

Après le pique-nique vient pour moi l’heure de la sieste, tradition que les petits loups prennent grand plaisir à perturber malgré la menace terrible que je profère de les donner à manger au premier loup que nous croiserons, ce qui à mon grand étonnement ne les émeut guère !

 

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Puis nous reprenons notre périple en direction de la chapelle Saint Maurice en empruntant de tranquilles chemins forestiers qui se prêtent à la méditation. Marcher permet de rentrer en soi même et de rêvasser en cultivant ses mondes imaginaires. Ainsi nos vies prennent-elles plus de densité alors que les attraits du monde moderne nous happent à l’extérieur et nous vident de notre énergie.

 

 

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Et puis au cours d’une marche le monde nous offre des beautés incroyables telle cette abeille charpentière qui butine un cirse laineux en compagnie d’une sylvaine.

 

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Ou ce « citron » qui butine une cardère sauvage appelée aussi cabaret des oiseaux, car la pluie stagne à la base des feuilles recourbées.

 

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 Cet autre "citron" préfère la saveur des brins de lavande.

 

layrac,canissals,papillon

Tout comme ce magnifique flambé que l’on voit rarement en si belle forme, les ailerons de ses ailes étant souvent abimés.

 

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Ainsi que cette lucile dont les couleurs des ailes irradient sous les rayons du soleil.

 

layrac,canissals,papillon

Moins séduisant mais fort étrange est cet inonotus hispidus qui pousse sur le tronc d’un hêtre moribond vu les crevasses qui parcourent son tronc. Ainsi la vie n’est qu’une grande machine à recyclage dont nous faisons partie. Nos atomes seront peut être un jour champignon ou papillon !

 

layrac,canissals,papillon

Nous arrivons en vue du col de Layrac, terme de notre randonnée. Notre journée aura été riche d’émotions et de découvertes et tout cela rien qu’en mettant un pied devant l’autre.

Et pour conclure un court poème qui célèbre le bonheur de marcher, laissé en commentaire par Monique l'une de mes fidèles lectrices :

 

Marcher pour s'abandonner
à la beauté, au silence
s'offrir un lâcher-prise
et comme les papillons
boire à la source du bonheur.

 

 *****

Mon dernier CD "La casa de Maria" comportant dix chansons est disponible sur les plateformes musicales (Itunes, Google Play, Amazon, Spotify et Deezer)

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CANTA-la -VIDA

La dernière chanson mise en ligne étant Le Bernard l'Hermite

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Texte & Photos Ulysse (sauf les 4,5 et 7 Sébastien) 

 

25/09/2011

Périple pyrénéen : 2) Le Pic Rouge de Bassiès (2676m)

 

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Pour entreprendre une course en montagne, il faut se lever généralement avant le soleil, ce gros paresseux qui aime faire son lit dans le fond tiède des vallées. On baigne alors dans une atmosphère gris-bleutée qu’illuminent les taches argentées des lacs où se déverse la lumière qui envahit peu à peu le ciel.

 

 

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Soudain vers l’occident, la cime d’un sommet s’allume d’une lumière rose orange ; puis le feu s’étend et gagne les cimes avoisinantes et dévale les pentes, brûlant bientôt les derniers oripeaux de la nuit qui s’enfuit.

 

 

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L’esprit encore un peu ensommeillé nous suivons notre guide Gibus, profitant  des quelques mares d’eau que le sentier longe, pour nous rafraîchir les idées et  finir de nous réveiller.

 

 

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Nous sommes ici au pays de l’ours et d’ailleurs nous en croisons un qui se repose au soleil insouciant des polémiques que sa présence fait naître dans les vallées. Au nom de quel principe l’homme peut-il prétendre décider des espèces qui ont le droit de vivre en ces montagnes ? Une heureuse cohabitation est possible pour peu que chacun y mette du sien, n’en déplaise à ceux qui ont une approche exclusivement « picaillonnesque » de l’existence humaine.


 

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A un détour du chemin, nous apercevons au loin notre objectif, le Pic Rouge de Bassiès (2676m) dont la pente qui mène au sommet ressemble à une piste d’atterrissage. Peut-être est ce en ces lieux d'ailleurs qu’atterrissent et décollent les anges gardiens qui viennent de temps en temps sur terre pour veiller sur nous ; de moins en moins souvent au demeurant, ne trouvez vous pas, mais il faut dire que le comportement de l'humanité a de quoi les désespérer !.

 

 

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Quand on part faire un sommet mieux vaut ne pas trop regarder le but à atteindre sous peine de se décourager. La mesure de nos pas paraît en effet incongrue par rapport à la distance qui nous sépare de l’objectif et l’on doute de  jamais pouvoir l’atteindre.  Il faut alors se concentrer sur soi même, sur sa respiration, son cœur qui bat, s’installer dans son effort comme si c’était un état naturel  et avoir les dix prochains mètres du chemin pour horizon. Cet horizon « glissant » vous aspire alors dix mètres après dix mètres et vous arrivez enfin surpris et infiniment heureux au sommet.

 

 

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Mais pour l’heure nous n’y sommes pas encore  et nous levons quand même parfois les yeux pour jouir du spectacle féerique des montagnes environnantes qui forment une galaxie bleutée dont nous occupons le centre.

 

 

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Parvenus à un col, nous apercevons en contrebas le refuge et le chapelet d’étangs de Bassiès dont pas un souffle d’air ne vient troubler la surface. S’il n’y avait nos coeurs qui battent dans nos poitrines nous pourrions croire le monde frappé, par un sortilège, d’immobilité.

 

 

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Plus nous nous rapprochons de notre objectif et plus la pente devient ardue. Chacun se concentre et regarde ses pieds. Ce qui est beaucoup mieux que de se regarder le nombril comme nous y invite la société d'aujourd'hui. N'oublions pas que c’est avec ses pieds que l’homme a conquis le monde alors que la contemplation de son nombril conduit à un repli sur soi et à une conduite infantile, comme l'illustre abondamment la rubrique "pipole" des tabloïds.

 

 

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Nous faisons une halte « fruits secs » (indispensable aliment du randonneur) sur un replat herbeux, d’où l’on aperçoit le Pic des Carrots dont les contreforts sont revêtus d’une toison forestière. Celle-ci doit atténuer la morsure des grands froids sur sa peau pendant l’hiver, ce qui est bienvenu.  Car quand la montagne a froid, elle frissonne, ce qui provoque des avalanches et des chutes de pierres.

 

 

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 Passant au dessus de l’un des étangs de l’Escalé, nous apercevons à sa surface un immense papillon argenté, surprenant et éphémère mirage crée par le vent.

  

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Nous faisons  une dernière pause avant d’attaquer la pente finale constituée d’éboulis. Quand on voit les montagnes ainsi  taraudées, crevassées, leurs pentes jonchées de blocs de pierres on se les imagine dans leur prime jeunesse avec des parois lisses vertigineuses vierges de toute érosion. Mais il n’en a jamais été ainsi car leur gestation a pris plusieurs millions d’années, poussant de quelques millimètres par an et elles ont donc été ridées dès leur adolescence. Ces rides nous racontent leur histoire. Notre société, atteinte de jeunisme et angoissée par la perspective de la déréliction de nos organismes veut conserver des visages et des corps lisses sans histoire et donc sans vie.

 

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Nous voilà au sommet. Vous en êtes les premiers surpris ! Vous ne vous en pensiez pas capables et pourtant vous y êtes arrivés . Bon, il est vrai que je vous ai un peu aidé, mais la prochaine fois que vous irez seul, je ne doute pas que vous y parviendrez aussi  ! Essayez !

 

 

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La grande fierté que l’on éprouve alors c’est d’être à la même hauteur que les nuages, ces infatigables et merveilleux voyageurs qui nous narguent quand on se traîne en bas dans la vallée.

 

 

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La descente ensuite n’est que du bonheur ! Les jambes te l’esprit sont en « roue libre » et les lacs nous offrent leurs eaux rafraîchissantes.

 

 

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Mais attention !  Que l’extase qui vous gagne à la descente ne se transforme pas en arrogance et vous entraîne à dire : " Finalement le Pic de Bassiès, c’était fastoche " car vous seriez instantanément transformé par les Oréades, nymphes des montagnes extrêmement susceptibles,  en statue de pierre, comme ce pauvre bougre que l'on aperçoit ici  condamné à rester à jamais dans ces lieux ! Mais finalement est-ce un si funeste destin que de devoir rester ici .....?

 A suivre…..

Texte @ Photos Ulysse