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27/04/2012

Partons « aux matines » pour le Peyre Martine !


peyre martine,draille,calade,peigairolles de buèges

Me revoilà, comme promis, pour une nouvelle rando organisée par Gibus et mon papy. Vous savez que j’adore ça et que je ne laisserais  ma place pour rien au monde, même pas pour une montagne de « carambars ». Le seul problème est qu’il faut se lever « aux matines », si l’on veut pouvoir arriver sur les sommets à temps pour le pique-nique.

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Ce matin nous avons comme objectif le Peyre Martine qui culmine à 781 mètres, soit  600 mètres de dénivelé à avaler, ce qui n’est pas, si je puis dire, la mer à boire – combien pittoresque est la langue française -  mais bon, il ne faut pas, pour autant, que l’on traîne en chemin.

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Au départ nous empruntons une antique  et magnifique « draille caladée » qui, selon les explications données par les  anciens du groupe  – qui seuls peuvent savoir ces choses d’un si lointain passé - étaient empruntées lors de la transhumance des moutons. Les bergers passaient alors  l’été au sommet des montagnes dans des abris de pierre sans confort. Je n’envie certes pas leur sort mais au moins personne n’était sur leur dos pour qu’ils fassent leur lit, qu’ils se lavent les dents ou qu’ils rangent leurs affaires ! 

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Comme à l’habitude, Léo et moi sommes en tête, mais il est vrai que je ne porte pas de sac et que celui de mon frère est plutôt décoratif. Bon, je crois que j’ai loupé une bonne occasion de me taire et que je risque de me faire rabrouer, car Léo est à un âge où les garçons deviennent extrêmement susceptibles. Mais nous les filles on en rigole et on aime bien « mettre en boite » nos alter ego masculins qui tombent souvent dans le panneau ! Pour dire vrai, j’ai mis du temps à comprendre ces expressions assez bizarres car je ne voyais pas très bien comment on pouvait mettre quelqu’un dans une boite ou tomber dans un panneau !  Je pense que ceux qui ont créé la langue française devaient de temps en temps abuser de nectars chers à mon papy !

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Je trouve sur le bord du chemin une pierre qui a la forme d’une tête de molosse et mon papy m’affirme que c’est une tête de chien de berger fossilisé. Je ne suis pas dupe mais je fais semblant d’y croire car je me  rends bien compte qu’il a du mal à se faire à l’idée que je ne suis plus en maternelle. Je crois qu’il appréhende le jour pas si lointain où je grimperai plus vite que lui vers les sommet, car ça lui mettra un coup au moral !

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Etant arrivés au sommet du Peyre Martine dans le temps imparti malgré un « rallongis » imprévu, dû à une erreur d’aiguillage de nos guides,  qui se prétendent experts en la matière - mais on sait dans quel état les pseudo-experts ont mis le monde aujourd’hui – nous nous installons dans une bergerie où nous avons prévu de nous  sustenter .

 J’ai choisi délibérément ce verbe un peu précieux car il contient une idée de « soutien » approprié aux circonstances, vu que j’ai les jambes qui flageolent., alors que mon papy et Gibus courent à droite et à gauche pour faire une provision de bois pour le feu. Finalement, je me dis que ce n’est pas demain la veille que je grimperai plus vite qu’eux.

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Il faut reconnaître que, bien que l’on soit dans le Midi, le feu que Gibus nous allume est vivement apprécié par notre assemblée. Ce n’est pas tant sa chaleur, vite dissipée par les courants d’air qui traversent la bergerie, que sa vue qui nous réconforte. Nous avons probablement gardé dans nos gènes l’émerveillement et le sentiment de sécurité qu’éprouvaient nos ancêtres qui ont découvert le feu. De fait, je me sens un peu comme l’arrière arrière petite fille d’Ika et de Naoh, héros de la « Guerre du feu », sauf qu’ils n’avaient pas de  « Petits Lus » et de tablette de Toblerone dans leur sac à dos et j’avoue que ça, j’aurais du mal à m’en priver.

Bon je parle de mes « faiblesses » mais j’en connais d’autres qui n’auraient pas tellement apprécié de vivre parmi les Ulam (la tribu de Naoh) car ils leur auraient manqué le genre de flacon que vous apercevez  à mes pieds. Vous savez de qui je veux parler !

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Le temps n’étant guère propice à une sieste, Léo et moi faisons pression sur les anciens pour  lever le camp, le dernier carré de chocolat à peine avalé. Il faut dire que notre tour est venu d’assurer l’approvisionnement du feu et je dois avouer que  ni mon frère ni moi n’avons de prédisposition à ce sujet. On veut bien « mettre la main à la pâte » mais uniquement quand il s’agit de pâte à tarte ….et qu’elle vient de sortir du four de mamy !

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 Le sentier du retour chemine sur un plateau sédimentaire érodé qui comporte de nombreuses dépressions où s’accumule l’eau de pluie. Ces petites « lavognes » naturelles sont une providence pour les animaux et oiseaux qui vivent en ces lieux. J’avoue que je n’ai pas résisté au plaisir d’aller y contempler mon reflet . Un brin narcissique je suis en effet, mais « nobody’s perfect » , comme disent les albionais !

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Nous arrivons à un point de vue somptueux en dépit du temps un peu maussade qui confère au paysage une atmosphère mélancolique qui me sied. Il faut dire qu’un prénom comme le mien vous prédispose à être romantique.

On aperçoit au loin le Pic Saint Loup qui fait face à l’Hortus. Je précise pour ceux qui sont intéressés par la géologie qu’ils résultent du soulèvement d’un plateau sédimentaire lors de la surrection des Pyrénées, il y a environ quarante millions d’années. Vu que l’âge de mon papy me semble déjà une éternité, vous imaginez l’effet que ça me fait de savoir qu’il y a des choses qui sont infiniment plus vieilles que lui .

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Nous nous engageons dans la magnifique draille qui redescend dans la vallée et qui, selon les « anciens » du groupe, a été tracée à flanc de falaise par des générations d’hommes qui ne mesuraient pas leur peine, car cela conditionnait leur survie. Après avoir vu ce travail titanesque, je sais que je rechignerai dorénavant moins à faire mes devoirs, car  je me dis, finalement, que c’est un bonheur et un privilège de pouvoir apprendre l’imparfait du subjonctif  et les équations algébriques. Ce que, je l’avoue, je trouvais jusqu’à présent un peu barbant !

 

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Cette draille surplombe la sauvage  vallée de la Buège,  jolie rivière aux eaux cristallines bordée d’une végétation environnante qui  confère au lieu un aspect de paradis perdu ! Mais peut être ferais je mieux de n’en pas parler, car vu le nombre de lecteurs de ce blog, il risque d’y avoir désormais  affluence. Or moi qui vient de Paris, j’affectionne ces endroits calmes et sauvages.

 

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Bon ceci dit, étant d’un naturel généreux je ne voudrais pas vous priver du bonheur de marcher dans des lieux aussi idylliques. Je me demande d’ailleurs si le secret du dynamisme de Gibus et de mon papy n’est pas de baigner en permanence au sein d’une telle beauté, qui, à mon avis, a l’effet des bains de lait d’ânesse sur les princesses des contes de fée. Au demeurant ça ne me déplairait pas de prendre aussi un bain de lait d’ânesse, mais encore faut-il en trouver !

peyre martine,draille,calade,peigairolles de buègesComme j’ai pris un peu d’avance j’en profite pour m’allonger sur  Gaïa notre Terre-Mère. Car, oui vraiment nous sommes ses enfants, vu qu’au travers de tout ce que nous mangeons, notre corps est constitué d’éléments que les plantes , les fruits les animaux lui ont prélevés . C’est pourquoi nous lui devons le respect, mais combien aujourd’hui d’entre nous le savent !

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Nous apercevons le village de Peiguairolles de Buèges perché sur un éperon rocheux. C’est l’un des rares villages du Languedoc qui ne soit pas défiguré par les murs de parpaings bruts. Je  trouve navrant que dans un aussi beau pays les gens entourent ainsi leurs maisons de murs hideux qui défigurent les villages, sans que personne ne s’en émeuve. A croire que quand on vit au milieu de la beauté on finit par ne plus la voir !

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Quelques éboulis de pierre obstruant le chemin, je les franchis d’une façon que mon papy  et les autres membres du groupe sont loin de pouvoir imiter. Ca fait du bien psychologiquement d’avoir parfois l’avantage, moi qui suis la benjamine du groupe !

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Mais après un tel effort j’ai besoin de me désaltérer. Au demeurant, je crois bien que c’est la première et la dernière fois que vous aurez l’occasion de voir une bouteille d’eau sur le blog de mon papy !

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Hélas la balade se termine mais j’ai été très heureuse de la refaire en votre compagnie. Je vous donne rendez-vous aux prochaines vacances .

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PS: je vous invite à lire mon nouveau reportage sur l'Egypte sur mon autre blog PIQUESEL 


Texte Louna  Photos Ulysse

 

22/02/2011

Divines étaient les saucisses au Peyre Martine !

 

peyre martine,chomsky,cairn,séranne

Hello ! C’est moi Louna que vous apercevez de dos en compagnie de Gibus cheminant de bon matin pour faire l’ascension du Peyre Martine qui domine le Cirque de la Séranne du haut de  ses 785 mètres.

Pour une fois, nous faisons des infidélités au Caroux car j’avais envie de voir d’autres paysages. Comme le dit mon papy les voyages forment la jeunesse et même si je n’ai pas encore beaucoup de printemps à mon compteur, mieux vaut que je m’y prenne de bonne heure si je veux conserver ma jeunesse d’esprit. Car quand je vois les difficultés de mes « ancêtres »  à maîtriser leur « mulot » et  leur téléphone portable, je me dis qu’il faut que je me bouge pour retarder le plus possible le processus du vieillissement !

 

 

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Léo, mon grand frère est aussi de la partie avec quelques amis de mon papy et de ma mamy. Pour nous qui venons de Paris, on découvre avec bonheur que le ciel peut être bleu en hiver et qu’on peut aller se balader sans gants ni manteau ni bonnet. C’est une véritable injustice alors qu’il est écrit dans la constitution française que tous les français sont égaux en droit ! A mon retour de vacances, je vais saisir le Conseil Constitutionnel afin que toutes les écoles soient transférées dans le sud de la France !

 

 

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Quand on est enfant, on idéalise les adultes, surtout ceux qu’on aime, or cette randonnée a été pour moi l’occasion d’une des plus grosses déceptions de ma jeune existence.

En effet, alors que mon Papy et Gibus nous ont annoncé une  rando « relax » pour ménager nos jeunes jambes, le confortable chemin que  nous suivons depuis une heure se  révèle être une impasse.  Voilà donc deux être chers que je croyais infaillibles en matière de chemins et qui se plantent comme deux débutants. Quand survient un tel événement dans votre vie comment voulez vous avoir confiance dans l’avenir ?

Comme nous avons déjà grimpé plus de 300 mètres de dénivelé, personne n’a alors envie de faire demi-tour. Repérant une vague sente qui se dirige tout droit vers le sommet du Peyre Martine nous l’empruntons.  Elle nous oblige bien vite à nous transformer en quadrupèdes, ce qui ne me gène pas trop vu que c’est un état que je pratiquais il y encore quelques années. Mais pour mes « ascendants » l’ascension n’est pas aussi aisée,  paradoxe sémantique qui aurait ravi Noam Chomsky père de la grammaire générative et transformationnelle (et oui il est au programme du CM2 !)

 

 

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Je suis malgré tout admirative de voir des gens qui ont un demi siècle de plus que moi (une éternité, en quelque sorte !) réaliser une telle grimpette ! Je vais finir par croire mon papy qui prétend que le vin est un élixir de jouvence  et je me dis qu’avec la cave qu’il  a il est parti pour grimper les montagnes au delà de cent ans, si les montagnes sont encore là !

 

 

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Nous quittons la zone rocheuse pour aborder un grand pierrier, ce qui nous fait passer de Charybde en Scylla (j’ai beau n’être qu’en CM2 j’ai des « lettres » !) ou comme dirait mon papy de « Jacques  en  Nicolas » mais là je ne sais pas trop à quoi il fait référence ! Les pierriers sont, en effet,  les endroits les plus traîtres de la montagne car le sol s’effondre sous vos pieds et il vous faut faire trois pas pour avancer d’un seul.

 

 

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Après deux heures trente d’ascension nous arrivons sur une petite plateforme où l’on peut dresser notre campement pour le pique-nique et d’où l’on jouit d’une vue imprenable sur  la vallée de la Buège. De toute façon vu la difficulté pour y accéder, je doute que quelqu’un ait envie de nous la prendre cette vue !

 

 

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Gibus nous allume un feu  et aidé de Jo y fait griller les saucisses prévues au menu et que les « anciens » ont vaillamment portées sur le dos avec le reste du menu !  J’avoue que l’odeur des saucisses grillées qui effleure mes narines ranime toute mon estime et ma considération pour Gibus et mon papy!

N’allez pas croire que je suis vénale, mais je me dis qu’après tout  l’erreur est humaine  et que notre erreur de parcours est somme toute profitable puisqu’elle m’a permis de vérifier de quel exploit j’étais capable malgré mon jeune age ! Pour une petite parisienne, je suis assez fière de moi (j’ai mis « assez » pour ne pas paraître prétentieuse ) Mon frère aussi s’en est bien sorti, mais c’est un pré-ado déjà presque aussi grand que mon papy, il a donc moins de mérite !

Assurément divines sont les saucisses et je doute fort qu’aucun jeu vidéo puisse un jour me  donner le bonheur que j’éprouve à les croquer ainsi au soleil en si joyeuse compagnie. Je suis d’accord avec mon papy qui se désole de voir que des milliards sont engloutis de par le monde  pour mettre au point des jeux permettant de « singer » les activités humaines devant une "téloche" alors qu’il suffit d’enfiler une paire de chaussures de randonnées pour se sentir pleinement vivre ! A tous mes petits camarades je dis : " Mettez vos consoles à la poubelle et sortez, le bonheur est sur les sommets!"

 

 

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Revigorés par ces agapes « dyionisiaques » - cet adjectif valant surtout pour les anciens du groupe dont les saucisses ont vogué sur les flots de divins nectars - nous reprenons notre périple pour gagner le sommet du Peyre Martine.  Ayant atteint notre objectif, je célèbre cet exploit sur les épaules de Gibus, histoire de faire la pige à mon grand frère qui me prend toujours de haut ! (Ah ! si vous saviez comme est funeste le sort des cadets !)

 

 

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Un parapente passe à ce moment là au dessus de nous et je l’envie un peu quand je pense au chemin du retour.

 

 

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Je ferme alors les yeux et me mets à rêver que je suis un oiseau, mais hélas ça ne marche que dans les films d’Harry Potter !  Je suis donc condamnée à redescendre « pédibus cum jambis » avec le groupe !

 

 

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Pour corser un peu les choses, nous avons de nouveau un problème d‘orientation. Nous tombons, en effet, sur  un cairn placé au beau milieu  d’une plaque rocheuse sans pouvoir déterminer la direction à prendre car l’endroit est entouré d’un océan de buis dans lequel on ne voit pas le moindre chemin.

 

 

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Gibus et mon papy sont perplexes, mais là je dois reconnaître que leur compétence n’est pas en cause et nous nous engageons au hasard dans cet océan végétal  à la recherche d’un hypothétique chemin. Nous faisons vite marche arrière car le maquis dans lequel  nous progressons devient de plus en plus impénétrable.

 

 

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Revenus sur la ligne de crête, nous faisons une tentative dans une autre direction qui se révèle fructueuse car nous retrouvons enfin le chemin à mon grand soulagement. Il faut dire que vu ma petite taille le groupe risquait de me perdre dans les buissons. Je me demande d’ailleurs si ce n’était pas  leur  intention  pour  retrouver un peu de tranquillité car il faut que je vous avoue que dans la famille on me surnomme « Calamity  Louna ».

 

 

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Quand je parle de chemin, il s’agit en fait d’une vague piste qui descend le long de la ligne de crête et qui est presque aussi escarpée que celle  emprunté à la montée.

 

 

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Tous ces efforts m’ont desséché le gosier. Et moi qui suis d’ordinaire sobre comme une chamelle, au contraire  de mon papy qui boit sans  soif  et rarement de l’eau, je vide ma gourde en quelques secondes !

 

 

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Petit à petit la vallée se rapproche ravivant mon courage qui commençait à défaillir ! Il faut dire qu’avec mes petites jambes j’ai fait au moins deux fois plus d’efforts que le reste du  groupe. J’espère en conséquence avoir double ration de chocolat pour le goûter,  mais cela n’est pas gagné d’avance. Je vais devoir sortir mon sourire enjôleur qui a un effet dévastateur sur la volonté de mon papy

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Vous allez encore penser que je suis prétentieuse mais cette photo vous montrera qu’il est difficile de résister a mon sourire !  Bon, cela dit connaissant la faiblesse des hommes je n'en abuse pas,  je ne  l’utilise à des fins utilitaires que pour les bonbons et le chocolat !

 

Texte de Louna et photos d’Ulysse et de Marie

 

 

16/05/2009

Dès que sonnent les matines, partons pour le peyre Martine !

 

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Les intégristes de la santé et les hygiénistes qui nous mettent en garde contre le sel, le sucre, le vin,

les saucisses, le calendos, les ships, les pizzas, les gateaux, les charmes de la crémière ou de la patissière

sous le falacieux prétexte de préserver notre santé, nous prépare un monde de centenaires cacochymes

qui s'entasseront dans des mouroirs « clubmedisés » pour les plus fortunés et dans des mouroirs

« potagers » (car nous serons tous des légumes) pour les autres.



Finis le bon vieux temps des infarctus, des pneumonies, des ruptures d'anévrisme foudroyants qui nous

faisaient proprement passer de vie à trépas au cours ou au terme d'un bon repas ou d'une partie de

jambes en l'air, alors que nous étions encore dans la fleur -certes un peu fanée, mais fleur quand même -

de l'age. Maintenant on nous réanime, on nous tuyaute à neuf et on nous installe pour le restant de

nos jours dans une chaise roulante, ce qui permet au demeurant de gonfler l'audience de TF Hun et

de Merde 6, ainsi que de requinquer les cours de bourse de Michelin et consort, qui peuvent ainsi r

ecycler les pneus qu'ils n'arrivent plus à vendre aux constructeurs automobiles!



Pour ce qui me concerne je dis niet : je bois goulûment le sang du seigneur à chaque repas , je dévore

patés, rillettes,rillons, jambonneaux, saucisses et saucissons (je suis né dans la région de Rabelais)

je fais mon affaire d'une pizza pour huit, je pille les boites de gateau, je me gave de chocolat jet je fais

les yeux doux à ma crémière. Ma seule entorse à cette vie de patachon est la marche, et j'espère

bien que le jour où je croiserai la « faucheuse » ce sera sur un sentier,  bien qu'elle semble préférer

les routes et autoroutes , surtout dans l'Hérault. Je n'imagine pas en effet de plus beau « départ »

(ou retour ?) que celui de s'éteindre sur le bord d'un talus où au creux d'un bosquet comme un oiseau

(en l'occurence, pas mal déplumé !)



Et c'est pourquoi dès que je le peux, quand sonnent les matines je me mets en chemin qu'il pleuve,

qu'il neige qu'il vente ou qu'il fournaise.

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Un clair matin d'avril me voilà donc parti avec mes amis Gibus et Georges pour faire l'ascencion du Peyre

Martine, l'un des sommets du massif calcaire de la Séranne et qui atteint la respectable altitude de 798m.



Malgré l'heure matinale le soleil réchauffe nos vieilles jambes (plus d'un demi siècle et pas une rustine !)

qui grimpent avec ardeur le sentier pierreux qui zigzague sur le flanc sud du massif et offre une vue

splendide sur la vallée de la Buèges où trône, perché sur un mamelon, le village de Pégairolles de Buèges,

encore noyé dans la brume.

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Nous atteignons un sentier qui oscille autour de la ligne de crête offrant alternativement des vues sur les

gorges de la Vis au nord et de la Buèges au sud. L'érosion a déchiqueté le plateau calcaire sommital nous

obligeant à sauter de plaque en plaque en prenant garde de ne pas tomber dans des embryons d'aven en

formation.

Nous arrivons en vue du Peyre martine (peyre voulant dire pierre en occitan) qui dresse sa slhouette

trapue au dessus d'une garrigue de buis. L'infinité du ciel immaculé s'ouvre à nos yeux et nos esprits

et nous éprouvons l'intense bonheur d'un (trop) court moment de vie sans nuage.


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Du sommet, on découvre le splendide village de Saint jean de Buèges assoupi au pied dur Roc Trescastel

dont les parois sont appréciées par les hommes et femmes araignées de la région.

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Du haut des cieux les dieux admirent cette oeuvre des hommes, étonnés qu'ils puissent produire de telles

beautés tout en passant la plupart de leur temps à s'entretuer.

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Il nous suffit ensuite de nous laisser porter par le chemin qui descend vers le village bordé par un mur

ancestral délaissé par les hommes d'aujourd'hui, mais qu'ici et là un arbre charitable vient soutenir

pour lui éviter de sombrer.

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Parvenus dans la plaine quelques vénérables oliviers nous tendent une ombre rafraichissante à laquelle

nous ne pouvons résister.

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Requinqués par cette brève pause, nous quittons Saint Jean de Buèges dont la cave coopérative hélas

a fermé. Les coteaux environnants vont peu à peu perdre leur écharpe de vignes qui enverduraient

et, l'automne venu, enchatoyaient le paysage. Quand la terre du pays d'Oc sera ainsi partout mise

à nu, elle mourra d'une pneumonie qui nous décimera avec.

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Nous longeons la Buège dont les eaux fraiches et pures sont bues goulûment par les arbres qui se

pressent sur ses rives et offrent une ombre émeraude et chlorophyllée aux demoiselles ailées qui

vagabondent le long de son cours.

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Nous arrivons à l'endroit de sa source, lieu idyllque et serein où ne manquent que des ondines.

Mais si il s'en trouvait, pourrions nous repartir ?

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Bientôt le village de Pégairolles de Buège apparaît perché sur mamelon entouré d'un cirque de montagnes.

Il nous reste une dernière grimpette à gravir pour retrouver notre char et nos chevaux vapeurs que nous

avions perchés la haut, histoire de pimenter la fin de notre randonnée et d'aiguiser un peu plus notre appétit

et notre soif en vue du dîner !


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Texte & Photos Ulysse