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30/04/2009

Allez marcher au fond de la Méditerranée ....au pioch Laulet !

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Pour répondre à mon invitation inutile de mettre la maison sens dessus dessous pour retrouver dans les affaires

de plage un masque et un tuba, vous n'en aurez pas besoin ! De fait, nous allons cheminer sur un massif coralien laissé

par l'ancêtre de la Méditerranée il y a environ 145 millions d'années et que la poussée des Pyrénées a projeté à 800m

d'altitude .


Une fois n'est pas coutume nous partons d'un sommet auquel on peut accéder en carosse - le Pic Baudille - pour suivre

le GR 74 qui entaille le flanc du massif des Piochs jusqu'au mas d'Aubert et revenir par un chemin qui zigzague sur

la ligne de crête.


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La chaine des Piochs, que prolonge au nord est le massif de la Séranne qui culmine au Roc Blanc (914m), constitue

la limite sud des Causses, autrefois royaume des moutons et de la liberté et que les sociétés de chasse quadrillent

aujourd'hui de barbelés pour permettre à quelques « happy few » de satisfaire à leur sinistre « loisir » : tuer !


C'est un mondre âpre où le calcaire du sol engloutit avidement la moindre goutte d'eau, où le vent règne en maître et où

le règne végétal se limite aux herbes rases, au touffes odorantes de thym, aux massifs de buis et de génévriers. Les

quelques autres arbres qui s'aventurent en ces lieux ont des formes tourmentées, reflet de leurs impitoyables conditions

d'existence.


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Dans ce monde quasi minéral, une touche de poésie est apportée par les lichens qui brodent sur les pierres

des motifs ésotériques que, seules sans doute, savent décrypter les abeilles qui viennent butiner le thym.


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Ces lieux parmi les plus hauts du Languedoc ont été choisi par nos lointains ancêtres pour y construire leurs

sépultures. De là ils pouvaient à loisir observer la mystérieuse ronde de la Lune et des étoiles, étranges feux du ciel

qu'ils devaient associer à leurs divinités. C'était un temps où l'homme respectait encore sa mère Gaïa. Auourd'hui il

la maltraite sans comprendre que sa survie en dépend.


Près du dolmen en ruine on trouve, posté par une main anonyme mais éclairée, le discours prononcé en 1854 par

le chef indien Seattle de la tribu des Suquamish à l'occasion du transfert forcé des terres indiennes au gouvernement

fédéral des Etats Unis. Je vous en cite des extraits car c'est un texte que l'on devrait lire dans toutes les écoles :

« ...Il faut apprendre à nos enfants que la terre qu'ils fouleront est faite des cendres de nos ancêtres...Dites à vos

enfants que le sol est riche des vies de notre peuple. Apprenez leur ce que nous avons toujours appris aux nôtres que

la terre est notre mère. Nous savons que la Terre n'appartient pas à l'homme mais que l'homme appartient à la Terre.

Toutes les choses dépendent les unes des autres comme les membres d'une même famille.. L'homme n'a pas tissé

la toile de la vie, il n'en est que l'un des brins. Les dégats qu'il fait à la toile, c'est à lui qu'il les fait. ..... 
»

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On aperçoit au loin dans la brume les silhouettes fantomatiques du Pic saint Loup et de l'Hortus qui se font face

comme deux molosses gardant les portes du royaume enchanté des vins du Pic Saint Loup, cru prestigieux des Coteaux

du Languedoc



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Mais la piste qui y mène est longue et nous risquerions de mourir de soif avant de parvenir en ce fabuleux royaume.

Nous remettons à un autre jour une visite en ces lieux chéris par Bacchus. (Si vous souhaitez découvrir ces délicieux

nectars, consultez dans ma rubrique « Délices » la note sur le Château de Valflaunès)


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Nous voilà au sommet du Pioch Laulet qui offre une dalle confortable au dessus de laquelle , il y a environ 150 millions

d'années, mérous, requins, raies passaient en quête de proies. Aujourd'hui il n'y a aucun risque d'y faire de mauvaises

rencontres, si ce n'est un oiseau facétieux qui prendrait votre crâne pour un lieu d'aisance !.


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En revanche le pioch lui même n'est pas à l'abri d'un redoutable prédateur : l'érosion ! On la voit à l'oeuvre dans

les cavités que les cailloux remués par le vent et l'eau creusent patiemment dans son socle.


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Mais bien qu'il soit lentement grignoté et miné,le piochl offre pour quelques siécles encore un magnifique panorama

sur les Cévennes et le sommet longiligne de l'Aigoual encore enneigé.


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Revenant par le chemin qui navigue sur les crêtes, nous croisons une harde de cerfs qui se dorent au soleil

et ne semblent pas effarouchés par notre passage


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En de nombreux endroits ce massif affiche son grand age, les rides creusant ses membrent dénudés


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La silhouette d'un pin audacieux qui s'est aventuré sur la crête inhospitalière témoigne de la force de la Tramontane

qui prend plaisir à batifoler en ces lieux.


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Nous croisons un caïman assoupi qui attend patiemment le retour de la mer . Avec le réchauffement climatique

que notre inconscience a provoqué sans doute n'aura-t-il pas trop longtemps à attendre !


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Arrivé au terme de la randonnée je trouve sur le chemin un caillou auquel Gaïa a donné une forme de visage

humain comme si, à l'exemple du Chef Seattle, elle voulait nous rappeler que c'est elle qui nous a donné la vie et que

si l'on n'en prend pas soin , un jour prochain elle nous la reprendra.


PS: Le détail du circuit figure en fichier joint


Texte & photos ulysse