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27/12/2009

L'Oranger de Pomerols (reprise d'archive)l)

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Nous sommes en avril 1908, au lendemain de la crise viticole qui a conduit aux tragiques évènements de 1907 et laissé l'économie du Languedoc exsangue.


Victor M., suivant l'exemple de nombreux jeunes gens de la région, après quelques jours de réflexion et d'hésitation, prend la route un matin, espérant trouver bonne fortune ailleurs. Après une journée de marche, il se retrouve sur le port de Sète où il s'engage comme matelot sur un cargo en partance pour Alger. Les années passent sans que sa famille n'ait aucune nouvelle. Tous ceux qui l'ont connu pensent ne jamais le revoir, quand un soir de décembre 1912, alors que les parents de Victor sont attablés pour le dîner, on frappe à la porte....


Dans la pénombre qui règne dehors, la mère ne reconnaît pas de suite son fils mais l'homme qui est dehors lui ouvre les bras et elle est soudain saisie d'une joie indicible. « C'est Victor ! » crie-t-elle. Victor se retrouve vite entraîné à l'intérieur, débarrassé de son sac et de son manteau, enlacé par son père et sa mère puis, après que l'émotion des retrouvailles soit apaisée, harcelé de questions.

Il raconte sa vie en Algérie où il a trouvé du travail comme mécanicien agricole . Ayant économisé un bon pécule, il a décidé de revenir au pays avec l'intention de créer son propre garage dans la région.

« On va fêter dignement ton retour » dit le Père, « nous allons réunir toute la famille pour le réveillon de Noël ». Lui adressant un grand sourire et soulevant son énorme sac, Victor lui rétorque alors « c'est une excellente idée, d'autant que je vais pouvoir jouer au Père Noêl ! »

Le soir de Noêl, la famille de Victor est donc rassemblée chez ses parents. Il y a là, la grand mère maternelle (ses autres grands parents étant décédés), son oncle et ses deux tantes, ses deux soeurs et leurs maris et leurs quatre enfants. Victor est enlacé, embrassé, harcelé de questions tant et si bien que dix heures sonnent sans qu'ils aient commencé à dîner.


La mère de Victor, entendant la cloche de l'église se lève soudain et s'écrie « Mon dieu «  j'ai oublié ma dinde dans le four, elle va être brûlée ». C'est le signal de ralliement autour de la table. La dinde fort heureusement se révèle exquise et le reste du repas aussi. Quand le dessert arrive et que le père de Victor met sur la table des bouteilles de Blanquette de Limoux (bien meilleure selon lui que le meilleur des Champagnes).

Victor se lève et dit à la cantonnade « je vous ai ramené quelques présents d'Algérie ».


Les enfants se mettent à crier et si les adultes ne manifestent pas leur exitation, leurs yeux parlent pour eux. Victor fait un peu de place sur la table pour y poser son sac et distribue les présents qu'il a rapportés. Les femmes reçoivent ainsi de superbes djellabas et les hommes des babouches en cuir ornées d'arabesques. Aux enfants Victor a ramené des poupées arabes pour les trois filles et un superbe couteau pour le garçon.

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Une fois ces cadeaux distribués, il reste sur la table une boite mystérieuse en bois ajouré de trente centimètres de haut sur dix de large. Intrigués les membres de la famille regardent Victor. « Et cette boite qui reste, c'est pour qui ? » demande alors le garçon, lançant la question que personne n'osait poser .


« Ah ça » dit Victor « C'est le plus beau cadeau que l'on puisse faire, un présent digne des mille et une nuits, et je le réserve à ma mère et mon père : c'est un arbre magique qui, à la saison de Noêl, se pare lui même de magnifiques boules d'or et dont la beauté surpasse tous les sapins de Noêl »


« Comment cela se peut-il ? » s'écrient en choeur les membres de sa famille « montre nous vite cette       merveille ! » Victor ouvre alors la boite et en sort fièrement un minuscule arbrisseau dans un pot de terre.

«  Quoi, c'est ça ta merveille ! » s'esclaffent en riant ses soeurs ! Ses parents, à qui le cadeau est destiné, et les autres membres de la famille n'osent quant à eux rien dire, mais ils sont un peu étonnés de l'apparence dérisoire de ce cadeau dont Victor fait si grand cas.


Victor, qui à vrai dire s'attendait à la réaction de ses soeurs, ne se laisse pas démonter « Riez , riez mes chères soeurs, Ignorantes que vous êtes ! il s'agit d'un oranger et vous verrez que d'ici quelques années sa parure d'oranges vous émerveillera ! »

De fait, après quelques années l'oranger prospéra et se couvrit d'oranges à chaque Noêl, faisant l'admiration de la famille et la régalant de ses fruits.

Un siècle après, il est toujours vaillant et constitue l'un des joyaux de Pomerols, pittoresque village de l'Hérault.

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Je souhaite un très joyeux Noêl à toutes celles et tous ceux qui passent sur mon blog en les remerciant de leur fidélité.



Texte & Photos Ulysse


PS : je remercie les propriétaires de l'oranger de m'avoir autorisé à le photographier et à publier ce conte qui n'est que pure fiction pour illustrer les photos.

10/02/2008

A deux pas de chez moi....quel émoi !

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Pour échapper aux stress et contraintes incontournables de l'existence, on rêve

souvent d'un ailleurs exotique et ensoleillé. On s'imagine que l'intensité du dépaysement est

proportionnelle au nombre de kilomètres parcourus et dépend de la consonnance du nom des

lieux où l'on se rend.


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De fait, il est plus valorisant socialement de dire que l'on revient du Belouchistan ou des

confins de la Mongolie que du Larzac ou d'avoir fait la Route de la Soie plutôt que la Route des

Vins du Minervois ou des Corbières .


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Celà dit, je ne jette pas la pierre aux amateurs de voyages lointains, étant moi

même voyageur. Notre planète est belle et offre une diversité inouïe de paysages, de cultures

et de peuples et les voyages, quant on ne se contente pas d'aller d'un cinq étoiles à l'autre,

sont le meilleur moyen d'apprendre à connaître et donc à respecter l'étranger, que parfois l'on

méprise ou dont on se moque par ignorance ou méconnaissnce de sa culture
.

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Mais n'oublions pas que le dépaysement nous attend aussi à notre porte pour peu que

l'on laisse ses préjugés (et son mobile !) au vestiaire et que l'on baguenaude les sens en alerte

et l'esprit disponible


http://eldorad-oc.midiblogs.com/images/DSC06739.JPG


Car l'intérêt de ce que l'on voit dépend du regard que l'on porte sur l'univers qui nous

environne. La routine recouvre notre environnement familier d'un voile qui masque leur beauté

intrinsèque.


Mais si l'on contemple cet univers comme si on le découvrait pour la première fois , alors on

redevient sensible à sa beauté.


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Pour ma part, j'habite un modeste village, Pomerols, niché sur un plateau valonné,

couvert pour l'essentiel de vignes dominant le bassin de Thau. L'environnement à première

vue n'a rien d'extraordinaire et pourtant si l'on s'y promène en étant attentif aux jeux de lumière

et d'ombre sur les vignes qui varient selon les saisons et l'heure, au défilé des nuages, aux

arbres et à la flore qui bordent les chemins, des merveilles s'offrent alors à votre

regard.


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Les photos qui illustrent cette note et qui ont été prises juste avant le coucher du

soleil sont une preuve que la beauté est, de fait, autour de nous.


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Je suis sur qu'à deux pas de chez vous des paysages aussi somptueux vous attendent.

Allez prenez votre manteau et sortez ! Bonne balade
!

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Texte & Photos Ulysse

18:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : pomerols, regard, voyage