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11/05/2014

A la conquête du Carlit !

 REPRISE D'ARCHIVE

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Pendant une grande part de notre existence terrestre (je le précise pour ceux qui croient au ciel !) le matin, un réveil sonne  pour nous rappeler que dans l’heure qui suit  nous avons rendez vous avec notre pingre d’employeur, pour qui nous n’en faisons jamais assez et jamais assez vite, ou avec Paul Emploi pour lequel nous n’avons jamais le bon profil : c’est une expérience traumatisante qui ponctue l’essentiel de nos vies dans nos sociétés dite « développées » (on peut se demander d’ailleurs à quoi s’applique cet adjectif si ce n’est aux profits de ceux qui tirent les ficelles). Je suis heureusement délivré de cette fatalité et pour moi le réveil ne sonne point mais chante les prémisses d’une superbe journée généralement passée sur les sentiers.

Ainsi ce matin mon ami Gibus et moi avons pour objectif de gravir le Carlit qui domine le secteur de Font Romeu de ses 2921m. Ayant folâtré la veille sur les deux Peric, aguicheuses mamelles de Gaïa notre terre mère, notre nuit fut riche en rêves enchanteurs et nous nous sommes réveillés épanouis et dispos dans les bras frais et laiteux de l’aube, 

 

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Notre itinéraire longe au départ une kyrielle de lacs qui rechignent à se débarrasser de leurs écharpes de brouillard, frêles protections contre l’air glacial matinal.

Ces innombrables lacs sont une véritable usine à nuages qui plus lourds que l’air  vont s’échouer dans le fond des vallées dont elles prolongent la nuit, alors que le soleil commence à caresser les sommets.

 

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Nous sommes bientôt au pied du Carlit à environ 2200m d’altitude, il nous reste 721m à grimper et les conditions s’annoncent idéales si ce n’est le va et vient incessant des hélicoptère de l’armée qui continuent à propager leurs pollutions sonores et leurs résidus de kérosène dans cet endroit idyllique, pourtant considéré comme une zone naturelle protégée. Décidément celle que l’on appelle la « grande muette »  ne se prive pas de bafouer le droit des citoyens à la tranquillité. Une lettre envoyée au préfet sur ce point pour m'étonner de cette violation est restée sans réponse.

 

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 Pas à pas nous prenons de l’altitude et les lacs que nous avons longés deviennent des morceaux de ciel plaqués sur le fond des vallées.

 

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Le sentier se fait plus sportif et aborde une zone de pierriers où des cairns édifiés par des mains amicales et solidaires  et qui défient les lois de la pesanteur nous guident dans un dédale de rochers.

 

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Nous abordons la partie la plus délicate car il nous faut franchir une paroi rocheuse sur laquelle nous devons nous transformer en crabes ou en araignée pour progresser. C’est ainsi que l’on comprend que chaque être sur cette terre aussi antipathique ou répugnante soit, pour nous,  son apparence, doit être respecté car chacun est un exemple de la merveilleuse capacité d’adaptation de la vie aux différents milieux. Trop souvent nos critères de beauté et de laideur sont guidés par l’arrogance ou l’ignorance. La belle leçon donnée à cet égard par le magnifique film E .T. est de nous montrer que des enfants sans préjugés peuvent manifester de la sympathie à des êtres que des adultes jugent effrayants.

 

 

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Nous voilà au sommet ! Oubliés le souffle court, les mollets et les cuisses « grinçantes »,  la sueur  brûlante dans les yeux, le cœur qui s’emballe et semble vouloir jaillir de la poitrine ! Quelle jouissance ineffable et indicible !

Cette jouissance vient d’abord de s’être vaincu soi même et d’avoir fait taire la petite voix qui vous sussure quand ça devient « difficile »« tu vas faire quoi là haut ? c’est aussi beau d’en bas ! Tu te crèves pour rien, même si tu vas pas au sommet personne n’en saura rien et de toute façon tout le monde s’en fout» C’est cette petite voix qui fait qu’au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, on renonce à ses ambitions et à ses rêves ! Et puis ce n’est pas vrai que c’est aussi beau d’en bas ! La haut, on embrasse un vaste bout de terre et cette communion vous grandit, étire votre âme et votre esprit et dissout les mesquineries qui nous assaillent quand on vit à ras de terre.BOn,  je m'arrête là car je deviens grandiloquent !

 

 

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Et c'est , de surcroît, un grand bonheur de voir le dos des nuages, ces nuages dont on ne voit sur terre que le ventre et qui parfois sur nous s’oublient !

 

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Mais il nous faut redescendre pour rejoindre nos compagnes qui nous attendent au col pour des agapes montagnardes. Le spectacle des lacs rassasie de beauté nos esprits mais nos estomacs ont leurs exigences aussi .

 

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Une passerelle de bois qui tangue et danse au dessus du torrent qui jaillit d’un lac nous mène en un lieu paradisiaque  où nous posons nos sacs et étalons nos carcasses sur un lit d’herbes tendres brodé de rhododendrons.

 

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En un tel lieu, on se dit que la beauté du monde n’est pas gratuite ou fortuite, elle est l’œuvre d’une « énergie » avec laquelle notre esprit entre en résonance . La beauté nourrit et élève l’esprit et il faut plaindre ceux de nos congénères qui en sont privés parce qu'ils vivent dans des lieux infâmes.

 

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En prime nous jouissons du spectacle d’Izards qui gambadent sur le névé d’en face. Insouciants et heureux animaux protégés de  la passion destructrice des chasseurs. Pour moi celui qui prend plaisir à tuer est un homme spirituellement mort, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il tue ne supportant pas la beauté et la vie !

 

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Nous levons le camp pour lentement redescendre vers le plateau des Bouillousses. Les lacs se succèdent qui aspirent goulûment le bleu du ciel. Nous y piquons une tête et constatons que le « bleu  montagnard » au contraire du « bleu méditerranéen » est une couleur froide, mais en tant qu’adeptes des bains du 31 décembre il en faut plus pour nous dissuader.

 

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Et c’est le retour au lac des Bouillousses que le jour quitte lentement sur la pointe des pieds plongeant ses berges dans l’obscurité.Comme dit le poète « C’est l’heure exquise où il faut prendre garde à la douceur des choses » car hypnotisés par tant de beauté  nous risquerions d'y rester jusqu'à la nuit et de geler sur place à la contempler.

Fort heureusement l’attrait d’une 1664 bien fraîche qui nous attend au bar de l’auberge du Carlit nous tire de notre rêverie. Nous avons une âme, mais un gosier aussi !

 

 

PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Ainsi va le monde... sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse

 

04/06/2009

Il faisait un temps de salamandre (fin)

 

 

 

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Lorsque nous repartons, le brouillard est toujours présent, la chaleur de notre feu n'ayant pas

réussi à le dissiper. Un arbre griffe le ciel de ses branches pour tenter de déchirer la couverture

de nuages et libérer les rayons du soleil qu'il attend désespérément pour faire éclore sa

frondaison d'été. Sans feuillage aucun oiseau ne vient s'y réfugier et les longs mois de solitude

qu'il doit affronter l'hiver commencent à lui peser.

 

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Soudain au détour du chemin nous apercevons un Septimanien (ancêtre des Héraultais) perdu

dans ses rêves. Nous sommes à la fois ravis et surpris car ils sont supposés avoir disparus

depuis 8000ans. Mais dans les forêts denses qui couvrent une partie de la montagne de Rosis

et qui sont aujourd'hui désertées subsistent de nombreux êtres légendaires que seuls les

randonneurs aventureux (d'aucuns diraient un peu barjo) qui ne craignent ni le froid ni la pluie

ont des chances de rencontrer.


Nous laissons le Septimanien, qui n'a pas remarqué notre présence, à ses rêves sans doute

peuplés de plantureuses septimaniennes en tenue d'Eve et de civets de sangliers (les rêves

de l'héraultais d'aujourd'hui-dont je suis- ne sont guère différents)

 

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Un peu plus loin, une autre rencontre émouvante nous attend : une mouflonne et son petit broutent

l'herbe d'une clairière, bucolique spectacle qui attendrit nos coeurs endurcis . Grâce au brouillard

et à notre discrétion , ils ne nous ont pas décelés et poursuivent leur collation.

 

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Mais soudain notre odeur leur parvient (malgré Sanex qui soi disant assure une protection

24H sur 24 ! Ah la publicité mensongère!) et les voilà qui se sauvent, triste manifestation

de la terreur que l'homme inspire au règne animal.


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Nous approchons du portail de Roquendouire (curiosié géologique dont je vous ai maintes fois

parlé) sur lequel sont perchés des animaux fantasmagoriques qui profitent du brouillard pour

sortir de leurs caches dans lesquelles ils se terrent habituellement.

 

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Le brouillard est si dense que nous ne trouvons pas le chemin du retour et nous devons graisser

la patte et rafraîchir le gosier du vieux et grincheux gardien du Portail pour qu'il veuille bien

nous l'indiquer.

 

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En perdant de l'altitude, le brouillard s'estompe un peu et nous pressons le pas, la bruine qui

tombe commençant à nous transformer en éponges.

 

 

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Nous retrouvons le couvert des chataigneraies où nous longeons d'antiques séchoirs à chataignes

appelés « clèdes » Ce nom vient de l'occitan « cleda » qui désigne la claie ou plancher à claire

voie sur lequel on déposait les châtaignes fraîches pour les sécher au moyen d'un feu sans flamme

que l'on entretenait au rez de chaussée.


Quand les « blanchettes » (chataignes fraîches) étaient déshydratées on les débarassaient de

leurs peaux et elles étaient conservées pour préparer pendant l'hiver la soupe de châtaignes,

la « bajhana »

 

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Les chataigneraies de la montagne de Rosis ne sont plus exploitées et les Septimaniens, Ourgas,

Lutins, Elfes, et autres êtres légendaires se nourissent des châtaignes délaissées par les hommes.

Mais peut être qu'un jour les hommes y reviendront, quand, à force de pesticides herbicides et

autres saloperies vendues à prix d'or par les grands groupes chimiques, leurs champs seront

devenus stériles.

 

 

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Il nous reste un dernier ruisseau à franchir pour rejoindre nos canassons à vapeur. Si le temps

avait été plus clément, il est certain que nous y aurons fait trempette, seul usage de l'eau

que j'apprécie !


FIN


Texte et photos Ulysse

16/05/2009

Dès que sonnent les matines, partons pour le peyre Martine !

 

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Les intégristes de la santé et les hygiénistes qui nous mettent en garde contre le sel, le sucre, le vin,

les saucisses, le calendos, les ships, les pizzas, les gateaux, les charmes de la crémière ou de la patissière

sous le falacieux prétexte de préserver notre santé, nous prépare un monde de centenaires cacochymes

qui s'entasseront dans des mouroirs « clubmedisés » pour les plus fortunés et dans des mouroirs

« potagers » (car nous serons tous des légumes) pour les autres.



Finis le bon vieux temps des infarctus, des pneumonies, des ruptures d'anévrisme foudroyants qui nous

faisaient proprement passer de vie à trépas au cours ou au terme d'un bon repas ou d'une partie de

jambes en l'air, alors que nous étions encore dans la fleur -certes un peu fanée, mais fleur quand même -

de l'age. Maintenant on nous réanime, on nous tuyaute à neuf et on nous installe pour le restant de

nos jours dans une chaise roulante, ce qui permet au demeurant de gonfler l'audience de TF Hun et

de Merde 6, ainsi que de requinquer les cours de bourse de Michelin et consort, qui peuvent ainsi r

ecycler les pneus qu'ils n'arrivent plus à vendre aux constructeurs automobiles!



Pour ce qui me concerne je dis niet : je bois goulûment le sang du seigneur à chaque repas , je dévore

patés, rillettes,rillons, jambonneaux, saucisses et saucissons (je suis né dans la région de Rabelais)

je fais mon affaire d'une pizza pour huit, je pille les boites de gateau, je me gave de chocolat jet je fais

les yeux doux à ma crémière. Ma seule entorse à cette vie de patachon est la marche, et j'espère

bien que le jour où je croiserai la « faucheuse » ce sera sur un sentier,  bien qu'elle semble préférer

les routes et autoroutes , surtout dans l'Hérault. Je n'imagine pas en effet de plus beau « départ »

(ou retour ?) que celui de s'éteindre sur le bord d'un talus où au creux d'un bosquet comme un oiseau

(en l'occurence, pas mal déplumé !)



Et c'est pourquoi dès que je le peux, quand sonnent les matines je me mets en chemin qu'il pleuve,

qu'il neige qu'il vente ou qu'il fournaise.

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Un clair matin d'avril me voilà donc parti avec mes amis Gibus et Georges pour faire l'ascencion du Peyre

Martine, l'un des sommets du massif calcaire de la Séranne et qui atteint la respectable altitude de 798m.



Malgré l'heure matinale le soleil réchauffe nos vieilles jambes (plus d'un demi siècle et pas une rustine !)

qui grimpent avec ardeur le sentier pierreux qui zigzague sur le flanc sud du massif et offre une vue

splendide sur la vallée de la Buèges où trône, perché sur un mamelon, le village de Pégairolles de Buèges,

encore noyé dans la brume.

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Nous atteignons un sentier qui oscille autour de la ligne de crête offrant alternativement des vues sur les

gorges de la Vis au nord et de la Buèges au sud. L'érosion a déchiqueté le plateau calcaire sommital nous

obligeant à sauter de plaque en plaque en prenant garde de ne pas tomber dans des embryons d'aven en

formation.

Nous arrivons en vue du Peyre martine (peyre voulant dire pierre en occitan) qui dresse sa slhouette

trapue au dessus d'une garrigue de buis. L'infinité du ciel immaculé s'ouvre à nos yeux et nos esprits

et nous éprouvons l'intense bonheur d'un (trop) court moment de vie sans nuage.


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Du sommet, on découvre le splendide village de Saint jean de Buèges assoupi au pied dur Roc Trescastel

dont les parois sont appréciées par les hommes et femmes araignées de la région.

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Du haut des cieux les dieux admirent cette oeuvre des hommes, étonnés qu'ils puissent produire de telles

beautés tout en passant la plupart de leur temps à s'entretuer.

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Il nous suffit ensuite de nous laisser porter par le chemin qui descend vers le village bordé par un mur

ancestral délaissé par les hommes d'aujourd'hui, mais qu'ici et là un arbre charitable vient soutenir

pour lui éviter de sombrer.

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Parvenus dans la plaine quelques vénérables oliviers nous tendent une ombre rafraichissante à laquelle

nous ne pouvons résister.

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Requinqués par cette brève pause, nous quittons Saint Jean de Buèges dont la cave coopérative hélas

a fermé. Les coteaux environnants vont peu à peu perdre leur écharpe de vignes qui enverduraient

et, l'automne venu, enchatoyaient le paysage. Quand la terre du pays d'Oc sera ainsi partout mise

à nu, elle mourra d'une pneumonie qui nous décimera avec.

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Nous longeons la Buège dont les eaux fraiches et pures sont bues goulûment par les arbres qui se

pressent sur ses rives et offrent une ombre émeraude et chlorophyllée aux demoiselles ailées qui

vagabondent le long de son cours.

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Nous arrivons à l'endroit de sa source, lieu idyllque et serein où ne manquent que des ondines.

Mais si il s'en trouvait, pourrions nous repartir ?

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Bientôt le village de Pégairolles de Buège apparaît perché sur mamelon entouré d'un cirque de montagnes.

Il nous reste une dernière grimpette à gravir pour retrouver notre char et nos chevaux vapeurs que nous

avions perchés la haut, histoire de pimenter la fin de notre randonnée et d'aiguiser un peu plus notre appétit

et notre soif en vue du dîner !


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Texte & Photos Ulysse

29/10/2007

Chaud, le Pic d'Anjeau !

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Je suis un passionné des cartes et je les « lis » comme un roman d'aventure. Pour les déchiffrer il suffit de connaître une cinquantaine de signes symbolisant les chemins, les cours d'eau, les espaces, les reliefs et toute une kyrielle d'autres éléments qui vous permettent, avec un peu d'expérience, de deviner le paysage avant même de l'avoir parcouru.

Mais parfois on a des surprises, on croit partir pour une promenade de santé et parce qu'un détail vous a échappé ou que la carte n'était pas assez détaillée, vous vous retrouvez embrungué sur un chemin que n'aurait pas renié Gaston Rebuffat !
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C'est la mésaventure qui nous est arrivée lorsque nous avons décidé de grimper le Pic d'Anjau qui s'élève non loin de Montdardier, étonnant village des Causses doté d'un chateau digne des chateaux de la loire !

Sur la carte le Pic d'Anjeau affiche un modeste 866m, hauteur qui n'était guère en mesure de nous impressionner, comparé aux 3032 m du Petit Vignemale que nous avions gravi un mois auparavant.
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Mais dès le départ nous aurions du nous méfier, les nuages qui s'accrochaient aux collines environnantes donnaient à la contrée un air de haute montagne qui sonnait comme un avertissement ;
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Et puis les immenses pins noirs d'Autriche qui bordaient notre chemin semblaient vouloir nous avertir que nous entrions dans un univers privilégiant la verticale.

Les cheminées de fées qui émergeaient des pentes environnantes témoignaient également de la présence d'un monde minéral plutôt mouvementé.
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Et soudain au détour du chemin le Pic d'Anjau s'imposa dans le paysage comme une gigantesque pyramide d'un pharaon exilé semblant nous défier.

Un instant le doute nous saisit quant à la faisabilité de notre objectif, mais Gibus, notre expert en la matière, nous indiqua de quelle manière nous allions aborder l'obstacle !
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Notre ascension commença alors sous l'oeil d'un guetteur de pierre semblant défendre l'accès au sommet. Mais sans doute somnolait il car nous pûmes passer sans encombre.
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Mais très vite les défis se succédèrent : un bout de chemin en balcon dominant le vide à franchir,
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puis un mur de quelques mètres qui faillit nous faire renoncer mais qûe finalement on se décida à escalader,
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une courte pause pour reprendre son souffle et admirer le paysage vertigineux...
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quelques pas àfaire sur chemin de crête sur lequel nous étions comme des funambules
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un dernier mur à gravir pour accéder enfin au sommet !
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Le Pic d'Anjau beau joueur reconnut sa défaite et nous laissa jouir en paix du panorama
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Le chemin de descente sur le flanc sud se révéla plus abordable nous immergeant bientôt l'océan de forêts environnant le pic.
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Et nous amenant bientôt en surplomb des magnifiques gorges de la Vis cachant dans ses replis de minuscules villages, dont les quelques habitants doivent tout ignorer du reste du monde.
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La fin du parcours se fit au travers de magnifiques forêts, bercé par le doux murmure de la lente respiration des arbres, et le discret bruissement des pattes d'un splendide calosome sycophante, grand prédateur de chenilles processionnaires, sur les feuilles mortes tapissant le chemin.
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Le circuit détaillé figure en fichier joint

Texte & photos Ulysse