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15/09/2013

L'appel de l'ouest !

Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 
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Celles et ceux qui me lisent régulièrement se souviennent sans doute que dans la nuit du 10 mars 2008 j'avais reçu un appel téléphonique du « Grand Nord » m'enjoignant de le rejoindre sans délai d'un ton comminatoire qui ne souffrait aucune contestation. Le bougre, grand manipulateur et connaissant mes points faibles m'avait d'ailleurs laissé entendre que si je ne répondais pas à son appel, je trahirais les mannes du héros de mon adolescence Jack London et je m'étais donc exécuté. J'en étais revenu frigorifié jusqu'à la moëlle et il m'avait fallu tout l'été pour me décongeler !


Et bien figurez vous que la nuit dernière sur le coup de deux heures du matin, voilà que mon téléphone a retentit au moment où en rêve (hélas !) j'étais en train de déguster un Romané Conti 1947 en compagnie de Miss Bourgogne. De surprise j'ai failli renverser mon verre sur les draps et en titubant je suis allé décrocher mon combiné.

« Allo, qui est à l'appareil ? » ai je balbutié d'une voix hésitante (sous l'effet du Romané Conti !) m'attendant une nouvelle fois au pire.

« C'est un appel de l'ouest, cher monsieur, il faut que vous veniez d'urgence ! » me répondit une voix rocailleuse

« Vous plaisantez je suppose, votre confrère du nord m'a déjà fait le coup l'an passé et j'ai eu la faiblesse de succomber à sa demande, ce qui m'a valu de revenir glacé comme un sorbet. Cette fois ci je ne me ferai pas avoir, allez au diable! »


«  Je ne peux pas aller au diable, cher monsieur, car vous savez comme moi que c'est une faribole inventée par les champions du goupillon pour effrayer leurs ouiailles et remplir les troncs d'église. Non il faut vraiment que vous alliez à l'ouest et je vais vous expliquer pourquoi : Vous tenez un blog qui s'appelle Eldorad-Oc qui a la prétention de nous emmener à la découverte des pépites du pays d'OC, or comme vous le savez les plus belles pépites se trouvent toujours à l'ouest, là où se couche le soleil, comme en témoigne les ruées vers l'or qui ont eu lieu aux Etats Unis. Or, que je sache, vous avez jusqu'à présent plutôt négligé l'ouest du pays d'Oc, ce qui nuit à la prétention d'exhaustivité de votre blog et peut laisser penser que vous êtes "ouestophobe" ! Ce qui peut vous valoir un jour un procès des gens du coin qui sont du genre sourcilleux.

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Aussi vous ai-je déniché un lieu idyllique qui mérite doublement votre visite puisque le village où je vous envoie s'appelle Dorres, niché au coeur de la Cerdagne et qu'il est en ce moment couvert d'or blanc. En matière de pépite on ne peut donc pas faire mieux et il serait malvenu de votre part de vous défiler. Vos lectrices et lecteurs vous prendraient pour un dégonflé ! »

Ebranlé par ces arguments j'ai tenté timidement de lui rétorquer « Mais je vais encore me cailler là haut et attraper la crève »

« A d'autres Ulysse, ne faites pas votre mauvaise tête, avez vous pensé aux nombreux vins chauds dont vous pourrez légitiment vous régaler ! » m'a-t-il alors répondu en ricanant.

Comment voulez vous que je résiste avec un pareil argument « OK » lui ai-je alors dit « mais à une condition c'est que les vins chauds me soient offerts! »

« Pas de problème mon cher Ulysse, je vous garantis le vin chaud à volonté ! Go West, old man et n'oubliez pas vos raquettes, elles vous seront indispensables pour crapahuter ! »

Voilà pourquoi je suis de nouveau obligé de m'absenter pour quelques jours en quête des pépites de Cerdagne que je partagerai avec vous à mon retour, enfin, si jamais je reviens !


Mais je préviens d'avance « l'Est » et « le Sud » que c'est la der des der et que s'ils me font le coup de l'appel nocturne je les enverrai balader! Promis, juré...........à moins que le Génépi ou l'Ouzo  ne soient offerts à volonté !



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A suivre....

 


Texte & Photos Ulysse

04/04/2011

Il pleut, il pleut bergère…..à Formiguères !

 

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Il pleut, il pleut bergère à Formiguères mais ne rentre pas pour autant tes blancs moutons !

 Quand je parle de moutons il s’agit, en fait, de notre petit groupe de six chevrettes et autant de vieux boucs qui avions prévu de passer quelques jours à faire de la randonnée en raquettes autour de Formiguères. Le ciel, ou plutôt les nuages qui y flottent c’est le cas de le dire, en ont décidé autrement. Déjà en approchant de notre objectif nous avions constaté que la neige cantonnée aux sommets régressait à vue d’œil sous la pluie battante.

  

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Il fallait se faire une raison,  notre projet, au sens propre comme au sens figuré, tombait à l’eau !  Mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser abattre comme ce vieux soleil catalan qui se laisse moucher par quelques nuages acariâtres, ce qui est au demeurant conforme à sa nature, car les catalans sont des gens fiers et « ombrageux ».

  

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 A peine arrivés à destination, nous revêtons l’équipement adéquat, adjectif particulièrement pertinent en la circonstance vu qu’il se trouve avoir le même radical que l’environnement aquatique dans lequel nous   allons devoir  évoluer.

Nous voilà donc partis au fil de l’eau si je puis dire, l’humeur nullement affectée par le taux d’hygrométrie ambiant, certains membres de la troupe poussant même la facétie jusqu’à porter des lunettes de soleil !

 

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 Ce genre de sortie est un excellent test quant à l’étanchéité des vêtements anti-pluie. A cette aune, la cape de l’armée suisse arborée par Rémi (là aussi le verbe est bien choisi car elle a l’aspect d’une forêt automnale !) est sans rivale . Cela dit, à celles et ceux qui ne sont pas familiers des capes, je donne ci-après un précieux conseil. Vu qu’elles arrivent à mi-jambes, elles font dégringoler la pluie dans l’entrebâillement de vos chaussures ce qui fait que vous avez très vite l’impression de marcher avec des éponges aux pieds. Un remède s’impose donc : porter des guêtres !

 

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 La différence notable d’une randonnée pluvieuse par rapport à une randonnée ensoleillée est ….…le silence qui règne dans le groupe….(enfin, si je n’étais pas galant je préciserais, parmi les éléments féminins du groupe). Il est vrai que, d’une part, les capuches empêchent le libre mouvement des maxillaires et que, d’autre part,  vu la fraîcheur des températures  on économise son énergie dont les conversations sont très consommatrices !

 A ce propos, savez vous que deux heures de conversation à bâtons rompus consomment autant qu’une demi-heure de jogging. C’est la raison pour laquelle on entend les groupes de randonneuses à trois kilomètres à la ronde, car cela leur permet de maximiser l’effet de l’effort physique sur leur ligne (j’ai comme l’impression que je vais perdre quelques lectrices !). Pour me faire pardonner j'ajouterai que si les hommes restent silencieux en randonnée c'est qu'ils n'ont généralement pas grand chose à dire, mis à part : "A quelle heure et qu'est ce qu'on mange, et pour certains dont je suis, qu'est ce que l'on boit ? "   

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 Si la pluie nous rend silencieux, elle n’éteint pas pour autant notre curiosité intellectuelle et nous nous dirigeons vers la chapelle dédiée à la vierge de Villeneuve; sainte patronne du Capcir. Mais comme dans de nombreux édifices religieux Dieu s’est enfermé à double tour . Soit qu’il est fâché avec ses créatures (ce que je suis prêt à comprendre !) soit qu’il veut siroter tranquillement le vin de messe oublié par les prêtres qui ne montent plus guère en ces lieux (et je lui accorde aussi dans ce cas mon indulgence !)

 

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 Un arbre majestueux et isolé offre à nos regards sa magnifique architecture végétale dont je me demande si elle est déjà présente sous forme de schéma dans la graine dont il est issu ou si elle est  le fruit de la confrontation hasardeuse du vent, du soleil et de l’énergie de la sève qui l'irrigue. Quelle que soit la réponse, il n’y a pas plus d’arbres que d’humains (même les vrais jumeaux) ni de flocons de neige qui soient identiques et c’est là un des grands mystères de l’univers.

 

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 Ce sapin qui chatouillait les cimes a été foudroyé par la tempête Klaus qui a balayé le sud ouest de la France en janvier 2009. Ainsi à tout moment l’Ankou peut nous moissonner et c’est pourquoi il ne faut pas être pusillanime et remettre à demain l’ouverture du flacon que l’on peut déboucher le jour même.

 

 

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 A l’image de cette rivière, il faut se ménager, se la couler douce, ne pas monter sur ses grands chevaux, ne pas chercher midi à quatorze heures ou la petit bête,  ne pas couper les cheveux en quatre ou se les arracher ou encore se faire des cheveux blancs. «  Cool Raoul », « à l’aise Blaise » « relax Max », « carpe diem » ou bien la devise nationale suisse « y’ a pas le feu au lac »  doivent être nos mantras si nous voulons profiter pleinement de l’existence  et rendre la vie agréable à notre entourage.

 

 

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La pluie donne au monde une beauté mélancolique. Les maisons de ce village de semblent se serrer plus étroitement les unes contre les autres pour ne pas dissiper leur chaleur intérieure. On imagine leurs habitants le nez collé à la fenêtre et, selon leur tempérament, soit maugréant contre le temps, soit remerciant silencieusement le ciel de leur donner l’occasion d’aller se réfugier sous la couette et de boire  un  vin chaud !

 

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L’église du lieu comporte un clocher dit « des demoiselles » ainsi nommé en raison de demoiselles  certainement un peu cloches qui y sont grimpées un jour pour échapper aux avances de leurs prétendants et qui prises de vertige n’ont jamais pu en redescendre.

 

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Les demoiselles-cloches sonnant midi, soudain nos estomacs se réveillent et nous incitent à pousser la porte de la première auberge venue pour y  célébrer dignement l’heureux mariage du couscous et du nectar local. Vous verrez qu’avec la progression de la « marinade » qui commence  à envahir l’horizon on bannira bientôt ce joyau de la  gastronomie maghrébine de nos cuisines et on nous mettra tous au régime « Vichy ». Défendons donc à coup de fourchettes la diversité culturelle qui fait la richesse de notre pays !

 

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 Après ces délicieuses agapes, nous reprenons nos pérégrinations dans les bois espérant y dissiper les calories absorbées et contemplant avec envie les arbres sveltes et élancés qui nous dominent. La malédiction de l’être humain est qu’il doit modérer son appétit s’il veut se porter comme un charme .

 

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Vers seize heures le soleil parvient enfin à transpercer la couche de nuages ce qui nous  permet de célébrer « tea time » en sa compagnie. Pour celles et ceux qui suivent la mode , je sens que les guêtres rouges et le chapeau cosaque vont s'imposer ce printemps !

 

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 Mais les nuages reviennent vite à la charge et la température chutant jusqu’au tréfonds du thermomètre, de la neige fondue  se met à tomber . Déterminés à  vaincre le mal par le mal nous rentrons à l’hôtel et nous nous réfugions….dans le jacuzzi de plein air !  Vous pensez bien qu'après une telle journée un bon vin chaud était ensuite de circonstance ! 

Le lendemain, la pluie tombant toujours en abondance , nous sommes allés nous mettre à l'abri dans une grotte mais j'en ferai le récit un peu plus tard....

 

Texte  Ulysse - Photos Ulysse et MG Buffler