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13/08/2016

Pic et pic et pic et colegram ! (1ère partie)

 

montcalm,pique d'estats,verdaguer,refuge du  pinet

Ayant eu soixante dix carats cet été – sans m’en trouver plus riche pour autant – j’ai décidé de m’offrir pour mon anniversaire, car on n’est jamais si bien servi que par soi même vu que l’on est généralement la personne qui se connaît le mieux, une course en montagne avec mes copains Gibus et Jo. Outre le bonheur que procure les randos en haute montagne, c’était aussi l’occasion de faire un bilan de santé en vérifiant si j’étais capable d’enchainer l’ascension du Montcalm (3077m) de la Pique d’Estats (3143m) et du pic de Verdaguer (3131m) situés dans les Pyrénées ariégeoises dans une matinée, comme Gibus et moi l’avions déjà fait il y a cinq ans déjà ! La météo étant favorable, nous voilà donc partis d’un parking au bord du ruisseau de l’Artigue situé à 1245 m d’altitude. Après avoir progressé une petite heure dans la dense et fraiche forêt de Fontanal, nous parvenons au niveau des estives où le soleil généreux combiné à nos efforts intenses nous fait très vite mouiller le « maillot » 

 

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Notre petit déjeuner n’étant qu’un très lointain souvenir, nos organismes fort sollicités par la lutte incessante contre la loi de la gravité, qui nous donne le sentiment qu’une troupe de farfadets ont malicieusement introduits quelques grosses pierres dans nos sacs, réclament leur dû ! Nous leur obéissons derechef et leur fournissons sous forme solide et liquide les calories nécessaires à la poursuite de notre équipée. Sur ce plan nous sommes des montagnards exceptionnels, non pas tant par nos performances qui sont seulement honorables, mais par le fait qu’étant épicuriens dans la plaine nous le sommes aussi sur les sommets et que toujours des flacons de divin nectar nous accompagnent, alors que les montagnards marchent généralement (et pas, pour autant, plus vite) à l’eau de source. Mais nos mines réjouies et la bonne santé que nous affichons témoignent du bonheur qu’il y a à déguster un verre de vin blanc à l’aplomb d’une magnifique chaine de montagne dominée par la Pique Rouge de Bassiès (2676m) que nous avons gravie il y a quelques années.

 

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Après un courte sieste, qui fait aussi parti de nos intangibles traditions, d’ailleurs recommandée par le corps médical (l’un des rares points sur lequel je suis en accord avec ses prescriptions ) nous reprenons notre ascension à un rythme moins soutenu du fait de l’énergie mobilisée par notre organisme pour la digestion. Mais le paysage est tellement sublime que nous ne sommes pas humiliés de devoir adopter un train de sénateur. A vrai dire aucun de nos « très chers » élus ne serait capable d’avancer dans une telle pente. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas facile de randonner avec un déambulateur !

 

 

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Après avoir gravi 1200mètres de dénivelé, nous arrivons enfin au refuge du Pinet installé à 2245m au bord du lac éponyme.

 

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Une scène incongrue en ces lieux nous fait sourire : l’un des enfants du personnel du refuge passe son temps à traverser le lac dans un superbe bateau gonflable bleu en s’imaginant peut être dans la peau de Vasco de Gama ou de Magellan. C’est réconfortant de voir un ado qui n’est pas contaminé par la folie de la chasse aux « pokémons » qui a saisi une bonne partie de la planète.

 

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Etonnante aussi est cette touffe de mousse qui a colonisé la partie émergée d’un rocher en s’adossant à deux cailloux, sans doute déposés là par la neige de l’hiver. Je suis toujours admiratif de la résilience de la nature qui nous survivra quand nous aurons détruit les ressources qu’elle nous fournit et qui nous permettent de vivre.

 

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Après avoir rafraîchi notre enveloppe corporelle dans l’eau limpide et tonique du lac, nous faisons de même pour notre gosier en l’aspergeant au jus de houblon, manifestant un œcuménisme fraternel en matière de breuvages festifs.

 

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Et puis histoire de compléter notre entraînement pour notre ascension du lendemain, nous allons faire un tour sur les mamelons rocheux qui dominent le refuge, seule manifestation d’une présence humaine à des dizaines de lieues à la ronde. C’est là le charme des Pyrénées dont une grande partie est épargnée par les usines à ski, au contraire des Alpes qu’elles ont défigurées.

 

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Le lendemain matin nous partons à la fraiche pour notre ascension en remontant le vallon encore ombragé creusé par le torrent d’Estats. Quelques plaques de neige subsistent ici et là qui vivent leurs derniers jours. Ce qui, nous l’espérons, n’est pas notre cas !

 

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Nous émergeons bientôt au soleil dans une zone caillouteuse où seules les balises nous permettent de repérer le chemin.

 

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La pente se fait plus raide mais nous avançons d’un bon pas, nos sacs étant plus légers que la veille car nous avons laissé notre « barda » de séjour au refuge.

 

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Puis nous entamons l’ascension du premier de nos sommets, le Pic de Montcalm (3077m) qui n’est qu’un immense tas de cailloux arrondi et dont le nom de pic est un peu usurpé !

 

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Dans la pente terminale notre souffle se fait un peu plus court et notre cœur se met à battre la chamade, mais la vue du cairn sommital nous insuffle un surcroît d’énergie.

 

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Parvenus au sommet nous dominons la chaine de montagne de Bassiès qui barre l’horizon vers le sud.

 

 

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Mais la montagne qui nous intéresse au premier chef est la Pique d’Estats (3143m) que l’on doit gravir et dont on aperçoit le sentier d’accès qui serpente sur son flanc nord. Ce sommet, le plus élevé de la Catalogne, marque la frontière avec l’Espagne d’où l’orthographe du mot « pique ».

 

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On aperçoit sur le sommet la croix sommitale et deux minuscules silhouettes. En face se dresse le pic de Verdaguer (3131m), qui est également à notre programme, mais dont l’ascension n’est qu’une formalité une fois que l’on a gravit la Pique d’Estats.

 

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Avant de faire l’ascension de ces deux sommets, il nous faut redescendre au col de Riufret (2978m), la descente offrant à nos organismes un bref répit, qui implique néanmoins un grande vigilance vu l’état du chemin.

 

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Et nous entamons l’ascension de la Pique d’Estats, bien plus pentue et chaotique que celle du Montcalm que l’on aperçoit en arrière plan.

 

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La phase terminale n’est qu’un amoncellement de rochers plus ou moins stables qui mettent à mal mes vieilles articulations. Mais celles-ci, qui ont franchi de bien plus périlleux obstacles, ne me laissent pas tomber.

 

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Et nous arrivons au sommet le cœur battant mais aussi vaillants que de jeunes futurs mariés arrivant à la mairie. Pour les gens de mon âge, la montagne c’est notre « septième ciel » !

 

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Ce sommet est mythique pour les catalans qui doivent le gravir au moins une fois dans leur vie. La croix qui l’orne est d’ailleurs recouverte de drapeaux apportés par les grimpeurs. Une fois n’est pas coutume, je vous montre ma bobine - ce qui vous changera du dos et des gambettes de Gibus – pour vous donner une idée de ce que peut être le bonheur sur terre !

 

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En contrebas vers le sud, nous apercevons deux magnifiques lacs espagnols dont la seule différence avec des lacs français est que lorsque l’on y plonge ça fait « plof » et non «plouf»! J’en profite pour vous préciser que dans un lac anglais ça fait « splash », dans un lac allemand « platsch » et dans un lac néerlandais « ploef » ! Et si vous n’êtes d’aucune de ces nationalités, dans votre pays ça fait comment ?

 

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Au loin nous apercevons le Pic d’Aneto (3404m) le plus haut sommet des Pyrénées que je grimperai peut être dans une autre vie….

 

A suivre……

 

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Je viens de publier mon dernier CD "Bulles de savon" sur les plateformes musicales Deezer, Itunes, Fnac Juke box, Google play etc...

Voici le lien vers : DEEZER

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical en accès libre

OLD NUT

(cliquez sur les noms en rouge)

 

Texte Ulysse & photos Ulysse & Gibus (21& 23ème)