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26/12/2015

Les chevaux du Caroux

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Chers lectrices et lecteurs, je veux vous dire aujourd’hui combien j’apprécie vos visites et vos commentaires sur mes récits de randonnées qui font écho aux émotions que j’ai ressenties à les faire et en prolongent le plaisir. Pour vous remercier, j’ai cherché le cadeau que je pourrais vous offrir pour cette fin d'année. J’ai tout de suite écarté les Rolex, Ferrari, sac Vuiton et autre babioles futiles qui n’intéressent que les ectoplasmes  qui ont besoin de signes extérieurs de richesse pour exister. Et je me suis dit qu'étant, comme moi, amoureux de la nature, le seul cadeau qui pourrait vous ravir serait de partager de nouveau avec vous une fabuleuse rencontre que j'ai faite il y a trois hivers avec les chevaux libres du Caroux, alors que celui ci était recouvert de neige. Je dédie également cette note à mon ami Marc qui nous a quitté  cette année (et qui avait posté lors de sa première publication un commentaire sur cette note)  et je salue amicalement au passage ses proches et ses amis avec lesquels j'ai parcouru les sentiers de ce beau massif. 

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Partons donc à la rencontre de ces chevaux aux alentours de la jasse d’Alingri (ancienne bergerie)  où ils  paissent au milieu d’une ginestière, dont les fibres servaient autrefois à fabriquer le «grisaoudo », genre de grande cape que portaient alors les bergers, mais dont le seul  attrait aujourd’hui est de couvrir d’or les montagnes du Haut Languedoc lors de leur floraison en mai.

 

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Sous le piétinement des chevaux, la neige a partiellement fondu faisant apparaître de maigres et rares touffes d’herbes rases et gelées dont ils se nourrissent. De temps en temps, pour se réchauffer ils se lancent dans une brève cavalcade, magnifique ballet plein d’énergie et de grâce, dont on comprend qu’il ait fasciné l’homme depuis la nuit des temps, comme en témoignent les peintures rupestres des grottes de Lascaux ou de Chauvet.

 

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Mais les chevaux se sont rendu compte de ma présence et me regardent intrigués, espérant peut être que je viens leur apporter de quoi améliorer leur chiche pitance. Ces nobles animaux, plus généreux et intelligents que certains bipèdes,  ne semblent pas faire cas de la couleur de leur pelage et vivent, blancs, noirs ou alezans, en parfaite harmonie. Certains arborent des crinières dont je dois avouer que je suis un peu jaloux. L’hiver est certes une saison rude pour eux mais qui présente l’énorme avantage d’être exempte de mouches et ça, pour un quadrupède qui n’a que sa queue pour les chasser, c’est un énorme avantage !

 

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Constatant que j’ai les mains vides, les chevaux reprennent le cours de leur « déjeuner » sauf une pouliche,  plus effrontée que les autres, qui s’approche de moi en semblant me dire « T’as vraiment rien dans ton gros sac à dos qui ferait mon affaire ? ». Flatté d’avoir attiré son attention, je me dis que je pourrais bien faire le sacrifice d’une partie de mon sandwich, mais je crains de provoquer une ruée sur ma frêle personne et de me retrouver le cul dans la neige avec une quinzaine de chevaux faisant assaut d’affection, perspective qui ne me réjouit guère, même s’il y a dans le lot de jolies pouliches. Et puis de toute façon ce n’est pas un quignon de pain qui changera son existence à laquelle, au demeurant, elle semble fort bien adaptée. Je me contente de lui caresser le museau, ce qu’elle semble apprécier, mais elle retourne très vite à sa préoccupation première qui est de se sustenter ! Au contraire des humains les animaux ne  peuvent pas vivre que d’amour et d’eau fraîche !

 

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Je reste alors tranquillement à les admirer,  leurs robes – vêtement unisexe chez cet animal -  contrastant avec le vert intense des genêts. Conscientes de mon admiration, les juments du groupe se prêtent au jeu et défilent devant moi comme des mannequins, sauf que ces belles équidées ont sacrément plus de grâce et de beauté que les sacs d’os aux minois sinistres, empaquetés dans du Cardin ou du Dior, que l’on voit aux défilés de mode.

 

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La reine de la horde est sans conteste cette magnifique jument rousse à la crinière blonde qui arbore un foulard, offert sans doute par un admirateur.

 

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Elle se campe devant moi semblant me dire « Tu n’as pas envie de faire le tour du Caroux, ça me réchaufferait ! »  Je regrette amèrement  de ne pas avoir appris à grimper à cheval car j’aurais volontiers fugué avec elle ! Il n’ y  a pas d’âge pour perdre la tête !

 

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Mais soudain, j’aperçois de gros nuages qui déboulent en face de la montagne d’Aret poussés par la Tramontane et je m’empresse de relever le col de ma parka car je sais le sort qui m’attend pour l’avoir vécu plusieurs fois.

 

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En quelques minutes, je suis immergé dans un brouillard glacial et il n’est pas question que j'aille me réfugier dans la jasse pour y pique-niquer vu l’état de sa toiture. Je décide d’aller m’abriter dans le refuge de Fontsalès à une demi-heure de la pour y casser la croûte auprès d’un bon feu de cheminée. J’abandonne donc quelques instants mes compagnons à leur funeste sort, dont au demeurant ils ne semblent pas se soucier. Je ne regrette plus de ne pas avoir fugué avec la jolie jument rousse !

 

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Rassasié et réchauffé, je retourne les voir et les trouve au même endroit, continuant  placidement à brouter des herbes glacées qui sont, peut être,  finalement pour eux une friandise comme le sont pour nous les sorbets !

 

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Mon retour parmi eux ne passe pas inaperçu et je sens dans leur regard naître de l’affection pour le bipède que je suis et qui ose affronter les intempéries hivernales du Caroux pour venir les admirer. 

 

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Mais la Tramontane redouble de violence et mes amis quadrupèdes courent se mettre à l’abri des rares arbres qui ornent le plateau. Malgré ces conditions climatiques difficiles, leur sort est malgré tout plus enviable que ceux qui ont péri lors de la retraite de Russie ou dans les eaux glacées du lac Ladoga.

 

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Je reste encore quelques instants à admirer ces magnifiques créatures qui font face avec bravoure aux éléments. Me vient alors aux lèvres cette émouvante chanson de Georges Brassens  « Le petit cheval blanc » que je vous offre chantée en duo avec Nana Mouskouri en guise de bonus à mon cadeau de fin d'année.

 

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Si vous  appréciez ce blog je vous invite à aller écouter mes chansons diffusées sous mon nom d'artiste "OLD NUT" sur mon blog

OLD NUT

Vous pouvez aussi en écouter ou télécharger certaines sur

DEEZER

(ou Itunes, Spotify, Google play, Amazon....)

 

( Cliquez sur les mots "Deezer" ou "Old Nut" pour y accéder)

Texte & Photos Ulysse

  

25/04/2014

Je veux être berger........

Chères lectrices et chers lecteurs, les petits loups parisiens sont de retour mais avec nos nombreuses activités nous n'avons pas eu le temps d'écrire une nouvelle aventure, aussi je vous ressers une ancienne dont la relecture ou la découverte, pour ceux qui ne la connaissent pas, vous réjouira.

 

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Je m’appelle Romain,  j’ai trois ans et trois lunes et je viens de lire le rapport du G.I.E.C sur l’évolution probable du climat au cours de mon existence : ça va être chaud !  Faut dire que vous les adultes (y compris mon papy Ulysse qui se dit écolo)  vous ne vous êtes pas privés, vous vous êtes gavés au pétrole pire que moi avec les fraises Tagada ! Et vous ne semblez pas vraiment vouloir changer vos mauvaises habitudes.

Et c’est  nous, la génération qui monte( pas assez vite à mon goût) , qui allons devoir payer les pots cassés. Pour l’instant, encore heureux  que  je ne paye pas ceux que je casse (et j’en profite !) car je bénéficie de l’immunité  accordée aux mineurs ! Mais trop c’est trop , j’ai décidé de ne pas être plus longtemps complice de cette société gabégienne et orwélienne (je suis petit mais j'ai des lettres !): j’ai décidé d’être berger !

 

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Me voilà donc en route vers l’antique bergerie de Tédenat perdue au milieu d’un océan d’herbes et de buis  sur le  Causse du Larzac, burinée par le vent et le soleil, éclairée le soir par les écharpes d’étoiles chères à Giono, loin des néons où se pâment les vanités humaines.

 

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Certes la route est rude et longue pour mes  jeunes et frêles gambettes et  le soleil arbore sa mine réjouie de juillet, mais à cœur vaillant rien d’impossible ! Et les nuages compatissants font glisser sur ma tête de fraîches ombres, me sachant  innocent dans la tragédie climatique qui se prépare et qui les chassera bientôt de ce pays.

 

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Un magnifique macaon se régale du nectar que distille obligeamment un brin de lavande : comment les adultes peuvent ils mettre en péril de telles merveilles ? Sont ils à ce point écervelés pour ignorer que ce papillon et ce brin de lavande font partie de la trame qui soutient leur existence, comme mon doudou soutient la mienne ?

 

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J’arrive enfin à l’ancienne bergerie de Tédenat  mais, hélas,  je ne vois  pas la queue d’un mouton ni la moustache d’un berger (dans les contes pour enfants, les bergers ont toujours la moustache, comme les présidents portent toujours des Rolex)

 

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Je pousse un tonitruant (ramené à mon échelle !)  « y a quelqu’un ? »  et je vois soudain sortir de la bergerie une charmante bergère, qui présente de surcroît l’immense avantage d’être de ma génération .  Au moins, me dis je, voilà quelqu’un avec lequel je vais pour voir parler d’égal à égal sans  craindre de me faire remonter les bretelles parce que j’ai fait pipi à coté du pot ! Au demeurant les papas qui nous morigènent ne sont pas plus adroits que nous dans ce domaine là !

 

 

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Je hèle la demoiselle mais à mon grand désarroi elle s’enfuit . Je suis assez vexé car je me trouve plutôt mignon et  s’il y a généralement une chose que les garçons ne supportent pas c’est de se faire plaquer par une fille. Mettant mon amour propre dans ma poche je cours comme un dératé après elle, mais la donzelle, qui a des jambes de gazelle, me distance bien vite.

 

 

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Je m’arrête mon cœur battant à tout rompre d’épuisement ou peut être est ce de déception amoureuse.

 

 

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Mais étant d’un caractère plutôt bien trempé, j’oublie vite mon infortune et fais une pause pour me régaler d’un morceau de melon que j’avais pris soin d’emporter. Ma brève expérience de la nature humaine m’a appris que les garçons soignaient leurs déceptions amoureuses en ouvrant le frigo et les filles en faisant les magasins. C’est pourquoi le frigo des hommes célibataires est toujours vide tandis que  les placards des filles célibataires sont toujours pleins.

 

 

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Revigoré par cette agape  je prends le chemin du retour renonçant à mon projet de devenir berger sur le Causse. A vrai dire j’avais formé ce projet sur un coup de tête mais je m’aperçois que le retour à la nature, ce n’est pas si évident que ça ! Faudrait dire adieu le matin aux tartines de Nutella et mentalement je ne suis pas encore assez mûr pour ça !

 

 

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Bon, je cause , je cause mais je crois bien que je suis perdu et je suis un peu crevé aussi. Faut dire que j’ai 7 km dans les gambettes qui sont loin d’être aussi grandes que celles de papy Ulysse.

 

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J’aperçois là bas de jolies meules qui feraient un bon matelas pour une petite sieste, mais bon ça me ferait faire un détour….Ho hé ! y a-il quelqu’un qui pourrait me porter ?

 

 

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Soudain une vieille femme au visage ridé et grimaçant s’adresse à moi :

« Bonjour mon petit, que fais tu seul dans ces bois ? t’a-t-on abandonné comme le petit Poucet ?

« Aaaaah ! vous m’avez fait peur madame ! » (propos qui n’est guère galant j’en suis conscient, mais à mon age on ne maîtrise pas encore les règles de la politesse) « Qui êtes vous ? que faites vous ici ?

« Je suis une fileuse du temps,  je veille sur le cycle des saisons, je fais naître puis éclore les bourgeons au printemps et tomber les feuilles l’hiver »

« C’est vous qui nous faites grandir alors ? »

« En quelque sorte oui »

« Ca c’est chouette alors, vous pourriez me faire grandir un peu pour que je puisse attraper la boite de bonbons qui est dans le buffet de la cuisine ? »

« Désolé mais je n’ai pas le pouvoir d’accélérer le temps et même si je le pouvais je ne le ferais pas pour ne  pas te priver de ton enfance, car tu deviendrais alors un adulte incomplet comme un arbre sans fruits. Poursuis ton chemin à ton rythme, jouis de tes doudous et de tes fraises tagada, le monde qui t’attend ne sera pas tendre pour toi ; Tu auras besoin de puiser dans les trésors de ton enfance pour  y tenir droit »

Et sur ces mots elle disparut et je me remis en chemin

 

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Cette discussion philosophique m’ayant épuisé (mes propos habituels font plutôt appel à la trilogie enfantine éternelle pipi-caca-boudin) je reprends mon chemin un brin affamé, mais faute d’avoir été prévoyant ( mais les adultes l’étant eux mêmes rarement, j’ai des excuses de ne pas l‘être) je suis obligé de mâchouiller mon chapeau pour calmer ma faim.

 

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Au bout d’un moment, j’arrive enfin aux portes du village de la Vacquerie dont je suis parti. Je passe devant une porte cochère ornée d’un fer à cheval qui se veut protecteur et je suis sidéré par les enfantillages auxquels s’adonnent ainsi les adultes. Ils nous regardent, en effet, avec un sourire moqueur quand nous croyons au père Noêl, alors qu’ils clouent avec le plus grand sérieux un fer à cheval sur leur porte pour éloigner le mauvais sort.

On se demande parfois si ça vaut le coup de devenir adulte quand on les voit agir. Finalement elle a raison la fileuse du temps je préfère rester petit pour un bout de temps encore et jouir de mes doudous et mes fraises Tagada (encore que je connais des adultes qui se gavent de fraises Tagada, et si on m’embête de trop je donnerai les noms !)

 

 

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Ouf me voilà à la maison !  Je crois que cette nuit je ne vais pas avoir besoin de compter les moutons pour m’endormir ! Mais la prochaine fois que je partirai en vadrouille je mettrai un plus grand chapeau et je prendrai mon GPS !

 

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PS: Cette agréable et facile balade de 2H30 (7km) est décrite dans l'excellent Topo Guide l'Hérault à pied édité par la fédération Française de Randonnée (N°19 La bergerie de Tédenat)

 

Si vous avez aimé ma précédente  note "maritime" je vous invite sans plus tarder à aller chez Frans pour découvrir quelques merveilleuses photos dans le genre.

 

 

 

PS: Je vous invite également à aller à suivre la suite de nos aventures "décoiffantes" à Karukera sur mon blog PIQUESEL et écouter ma dernière composition "Léo, là Haut" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

10:07 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : tédenat, berger, mouton, rolex

18/11/2013

On ne gambade pas sur l’arête de Razigade !

 

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Ca fait un bouquet d’années que l’ami Gibus et moi arpentons les monts du Haut Languedoc et nous n’avons pourtant pas fini d’en découvrir tous les itinéraires. Ainsi l’autre jour, consultant nos grimoires, nous découvrons un circuit conseillé aux seuls randonneurs expérimentés, qui emprunte l’arête de Razigade permettant, à partir du hameau de Castanet-le-Haut, d’accéder au magnifique Plo (plateau) des Brus, dont l’origine du nom vous est contée ICI. De fait, cet itinéraire est décommandé à ceux qui n’aiment pas les pentes à plus de 50° et qui ont besoin d’un balisage pour ne pas se perdre .

 

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Les « marioles » (comme nous qualifient nos petits fils) qui, comme nous, sont prêts à affronter ces conditions sont récompensés de leurs efforts par le somptueux panorama sur les barres rocheuses du massif de l’Espinousse que l’on découvre au fur et à mesure de l’ascension.

 

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Mais surtout, comme c’est un endroit très rarement fréquenté par les bipèdes, on y rencontre ce magnifique animal qu’est le mouflon  qui prospère en ce massif. C’est habituellement un animal craintif mais ceux que nous apercevons ce matin là sont tellement sidérés de nous voir en de tels lieux qu’ils en restent coi (ah ! quelle est belle notre langue) ce qui nous permet de les observer à loisir (On aperçoit le dos de Gibus qui vous prouve, s'il en est besoin, que la photo est prise "in situ").

 

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Mais il se décident en définitive à nous fausser compagnie sans trop se précipiter, histoire sans doute de nous exposer longuement leur derrière pour nous montrer l’estime qu’ils ont pour le genre humain. S’ils ont croisé dans leur existence des chasseurs on comprend leur sentiment ! (on verra in fine une photo éloquente sur ce point )


 

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Nous poursuivons notre ascension de barre rocheuse en barre rocheuse, l’ami Gibus naviguant, avec art, au flair pour trouver le meilleur itinéraire. Heureusement que nous avons gardé, en même temps que nos âmes, nos tailles de jeune homme, car nous sommes parfois obligés de passer dans des anfractuosités larges comme le chas d’une aiguille. Bon, je sais que j’exagère vu que l’on pouvait passer à coté, mais bon si on se fait pas « mousser » un peu, qui le fera pour nous, hein ?

 

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Il y a des passages un peu plus techniques que d’autres  qui, je vous l’avoue, suscite chez moi quelques poussées d’adrénaline mais tout ce qui fait revenir «Aline » est bienvenu, n’est ce pas ! C’est Christophe, mon pote de jeunesse,  qui va être content. Fallait oser la faire celle là et j’ai osé !

 

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Bon, si vous avez le vertige je vous déconseille de regarder sur les cotés. Retenez votre respiration et filez droit devant vous en fixant le dos de Gibus. C’est personnellement ce que j’ai fait.

 

 

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 Ouf, après 1heure 40mn de grimpe nous voilà arrivés sur le Plo des Brus dont les bruyères, à cette saison malheureusement fanées, offrent l’été un somptueux spectacle.

 

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Ayant décidé de revenir par le ravin du Pas de la Lauze, autre itinéraire que nous ne connaissons pas encore, nous rejoignons la route de l’Espinousse qui y mène et qui offre une vue imprenable sur le vallon du Vialay. On y aperçoit le roc Fourcat au pied duquel se cache le magnifique lac Blond, où nous vous avons emmenés l’année passée à vos risques et périls ! C’est d’ailleurs étonnant qu’aucun de nos lecteurs ne nous ait encore fait un procès. Vous êtes vraiment des gens biens !

 

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Après avoir pique-niqué au refuge de Nostre Seigne  nous entamons la descente, qualifiée par notre grimoire de « dangereuse en cas de pluie ». Comme il fait grand beau, nous n’avons aucune appréhension et nous avons bien raison car nous allons effectuer l’un des plus beaux parcours en sous bois du Haut Languedoc.

 

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La sente que nous empruntons sinue, en effet, au milieu d’une magnifique forêt de hêtres qui a trouvé un lieu propice au pied de barres rocheuses qui permettent d’entretenir une constante fraîcheur et humidité.

 

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Comme ce lieu est aussi peu fréquenté que l’arête de Razigade, une bonne vieille vache, lassée de se faire traire à tout va, y a trouvé refuge. Nous la saluons au passage et lui demandons son nom. « Contribuable » nous répond-t-elle ! Un peu interloqués au début nous trouvons finalement  que c’est un nom qui convient bien à une vache à lait, vous ne trouvez pas ?

 

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Puis nous poursuivons notre descente dans un paysage féerique, le mot n’est pas excessif, bien que je l'avoue, nous n'ayons vu aucune fée !

 

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La seule crainte que nous ayons est qu’un rocher ait la malencontreuse idée de se décrocher sur notre passage et de nous transformer en crèpe (au rhum vu que le Ti-Punch est notre breuvage préféré !). Vous haussez les épaules mais la photo qui suit, que j’ai prise lors d’une précédente randonnée, vous montrera que ce genre d’incident  arrive parfois, hélas.

 

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L’enquête menée par la gendarmerie de Lodève, dont dépend le secteur où a été prise la photo, n’a pas encore permis déterminer l’identité de la victime dont on aperçoit la main sous le rocher. Mais, ne soyez pas trop affligés, car comme c’était un homme de plus de cinquante ans et qu’il ne portait pas de Rolex sa vie ne valait pas la peine d’être vécue !

 

 

 

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Nous, qui sommes encore en vie (et j’espère encore pour longtemps bien que nous n’ayons pas de Rolex)  nous jouissons pleinement du spectacle que la nature nous offre. Et là je dois dire que nous sommes bien plus privilégiés que ces couillons qui se payent à prix d’or des « gadgets de luxe » que n’importe quel chinois qui vend des chaussettes trouées à deux balles peut se payer .


razigade,castanet-le-haut,rolex,pas de la lauzeLe torrent de la Lauze qui a creusé le ravin offre de belles cascades et vasques malheureusement inaccessibles et je regrette donc de ne pas pouvoir offrir, à mes chères lectrices qui le réclament, la photo de Gibus se baignant en tenue d’Adam dans l’une d’elles. Ce sera pour une prochaine fois !

 

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Et pour finir, dans la série « Défense et illustration de cette noble tradition qu’est la chasse » vous avez droit cette semaine à une vue sur une magnifique collection de cartouches « oubliées » par les chasseurs. Que ces gens sont étourdis !

 

Texte & Photos Ulysse